Situation des Femmes en Iran

Public

08 février 2009

Bulletin mensuel d’informations sur l’Iran

Janvier 2009
ASSOCIATIONDES DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
116 Rue de Charenton 75012
Paris – FranceTél./Fax (331) 43 65 57 84
84afifem2001@yahoo.fr
http://www.femmesiraniennes.blogspot.com/


Lapidation à Machhad
Site Rouz, 31 décembre 2008
Deux hommes ont été lapidés le 25 décembre à Machhad (Nord-est). Condamnés à la lapidation par la 5e chambre de la cour d’Assises de la province du Khorassan, les deux prisonniers ont été enterrés jusqu’à la taille au cimetière de Behecht-Reza à Machhad pour y être lapidés.
L’un des détenus, un ressortissant afghan, Mahmoud Q., a réussi à sortir du trou et à avoir la vie sauve. Mais l’autre, dont le nom n’a pas été révélé est mort déchiqueté à coups de pierres.


Attaque contre la maison de Shirin Ebadi
AFP, 1er janvier


Un groupe de manifestants a attaqué jeudi matin la maison de Shirin Ebadi et lancé des slogans contre elle, a annoncé cette avocate à l'AFP...
Selon elle, ils ont crié "L'Amérique et Israël commettent des crimes, Ebadi les soutient". Elle a ajouté que les manifestants s'étaient dispersés au bout d'une demi-heure après l'arrivée de la police et après avoir arraché l'enseigne de son cabinet d'avocat qui se trouve dans le même immeuble ont écrit des slogans sur les murs.

La police iranienne avait fermé le 21 décembre les bureaux du Cercle des défenseurs des droits de l'Homme, dirigé par Ebadi, au motif que l'organisation n'avait pas d'autorisation du ministère de l'Intérieur "pour mener des activités".


Un bahaï pendu à Khorassan
AFP, 1er janvier
Un Iranien, Houshang Kh., a été pendu pour viol et relation adultère, selon une information figurant jeudi sur le site internet du quotidien Khorassan.
La date de la pendaison n'a pas été précisée mais elle aurait eu lieu durant les derniers jours de l'année 2008. Le journal affirme que le dénommé serait de foi bahaïe.
L'Iran ne reconnaît pas la foi bahaïe et ses adeptes sont persécutés.



Un prisonnier pendu à Arak
Agence Fars, 3 janvier
Un détenu avait aussi été pendu dans la ville d’Arak dans le centre de l’Iran.


Pendaison de deux trafiquants à Zahedan
AFP, 3 janvier


Reconnus coupables de trafic de drogue , les dénommés Bahador Narou’i et Jalal Akbar Jom’eh Al-Bouchi ont été pendus samedi dans une prison de la ville de Zahedan (Sud-est), a rapporté la télévision. Ils avaient transporté 300 kilos d'une drogue.



Un commerçant kurde mort en détention
PDKI (Parti démocratique du Kurdistan d'Iran), 4 janvier
Hachem Ramezani, un commerçant de la ville de Bookan (Ouest) est mort sous la torture. Il était incarcéré à la prison de Mahabad où il avait subi des tortures physiques et mentales. 45 ans et marié, Ramezani avait été arrêté dix jours avant sa mort pour des accusations de contrebande de marchandises. Durant ces dix jours, Hachem a été gravement torturé dans les services de renseignements, sans la moindre preuve.
Malgré les efforts de sa famille, les agents des mollahs ont refusé de rendre son corps.



Morts suspects en détention
Secrétariat du CNRI, 6 janvier
« …Des informations sont arrivées de la prison Dastguerd d’Ispahan (Sud) disant que la semaine dernière, sous les terribles pressions et sévices infligés aux prisonniers, trois d’entre eux perdu la vie de manière suspecte.
Les victimes sont Djan-Ali Moradi-Gharibvand, 24 ans, détenu depuis cinq ans dans la section 3 de la centrale de Dastguerd, Ali Torki, 35 ans, incarcéré depuis quatre ans dans la section dite du « conseil de traitement ». Des informations sont aussi parvenues sur la mort suspecte de Hossein Chirazi, 46 ans, après 14 ans derrière les barreaux… »



Quatre étudiants arrêtés pour "insultes aux autorités"
Quotidiens Kayhan et Etemad Melli/Site Amir Kabir, 12 janvier
Quatre étudiants, Saïd Khalatbari, Enayat Taghavi, Abbas Rahmati et Ahmad Kohansal, ont été arrêtés à Chiraz (Sud), pour insulte aux autorités.
"Ces étudiants ont insulté le régime et les autorités les 6 et 7 décembre dernier lors de la journée de l'étudiant", a déclaré le procureur révolutionnaire de Chiraz, Jaber Banshi.
"Un ordre judiciaire a été immédiatement émis et ils ont été arrêtés", a-t-il affirmé, ajoutant qu'après la fin de l'enquête les quatre étudiants seront libérés sous caution.


Selon le site internet d'information de l'université Amir Kabir à Téhéran, les étudiants voulaient protester contre "la confiscation de la journée de l'étudiant par des organisations gouvernementales et protester contre le climat de répression dans la société et dans les universités".

Six étudiants sont "détenus par le ministère des Renseignements. Ces arrestations ont suivi un incident survenu durant la visite du président du Parlement iranien Ali Larijani à l'université de Chiraz. Un étudiant aurait profité de l'occasion pour lancer des slogans contre M. Larijani et le président Ahmadinejad.


Deux pendaisons publiques à Jahrom
Quotidien Kayhan/AFP, 13 janvier
Reconnus coupables de meurtre, deux hommes ont été pendus publiquement à Jahrom (sud). Le premier condamné, Mojtaba R., a été reconnu coupable d'avoir tué plusieurs personnes pour leur voler leur voiture, a déclaré le chef de la justice de Jahrom, Mohammad Esmi. Le second condamné, M. A., âgé de 24 ans, avait tué un autre jeune à coups de couteau.



Echa Momeni interdite de quitter l’Iran
AFP, 13 janvier


L'étudiante irano-américaine Echa Momeni, détenue pendant un mois fin 2008 pour atteinte à la sécurité nationale, est interdite de quitter le pays, a déclaré mardi le porte-parole de la justice, Alireza Jamshidi, lors d'un point de presse.
"Son passeport lui avait été remis mais une autre affaire est apparue et cela va prendre encore un mois" pour enquêter, a dit Jamshidi, en expliquant qu’Echa Momeni "a été de nouveau interdite de sortir du pays".
L'étudiante, qui réside aux Etats-Unis, avait été arrêtée le 15 octobre à Téhéran par des hommes en civil se présentant comme des policiers de la route.


L'UE "demande instamment" la fin des exécutions par lapidation
L’UE, 16 janvier
La présidence tchèque de l'UE a "demandé instamment" mardi à l'Iran de mettre fin à la pratique d'exécution par lapidation, après que le pouvoir judiciaire iranien eut confirmé que deux hommes avaient été lapidés à mort fin décembre dans le nord-est du pays.
Dans un communiqué, la présidence tchèque de l'UE dit "noter avec une vive préoccupation les informations récentes faisant état de nouveaux cas d'exécutions par lapidation en République islamique d'Iran".
Elle "demande instamment que les autorités centrales de la République islamique d'Iran enquêtent sur cette affaire et fassent en sorte qu'il soit mis effectivement et définitivement fin dans le pays à la pratique de l'exécution par lapidation", conformément aux accords internationaux signés par Téhéran.
Elle demande aussi à la République islamique d'Iran de "supprimer de son code pénal la peine cruelle et inhumaine que constitue la lapidation et de ratifier la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants"...

Actuellement, huit femmes et deux hommes font l'objet d'une condamnation à la lapidation.


Le programme nucléaire iranien "n'a aucune finalité civile"
AFP, 16 janvier


Le programme d'enrichissement nucléaire iranien "n'a aucune finalité civile", a affirmé vendredi le président français Nicolas Sarkozy à Paris en présentant ses voeux au corps diplomatique...


Ebadi : « L'Iran détient la clé de son propre réveil »
Le Monde, 17 janvier
« … Les jeunes générations, notamment de femmes iraniennes, sont déterminées à faire progresser les libertés publiques. Alors que l'on vient de célébrer le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, on pourrait se laisser aller au découragement. Avec toute la violence et les violations des droits que rien ne semble pouvoir arrêter, le Moyen-Orient est un terrain propice à un tel sentiment de désespoir. En effet, l'extrême violence qui règne actuellement à Gaza va laisser son empreinte sur des générations de jeunes, fragiliser les perspectives de paix, et aggraver une crise humanitaire déjà profonde. »



Intégrisme islamique et esclavage sexuel en Iran
sisyphe.org, 17 janvier
par Donna M. Hughes, professeur à l’Université du Rhode Island

«…Selon le chef d’Interpol à Téhéran, le trafic d’esclaves sexuelles est aujourd’hui une des activités les plus lucratives en Iran. Or, ce trafic criminel se fait au vu et au su des intégristes qui dirigent le pays, et avec leur participation. De haut fonctionnaires se livrent eux-mêmes à la vente, à l’achat et à l’exploitation sexuelle de femmes et de jeunes filles.
Beaucoup de ces jeunes filles sont originaires de régions rurales pauvres. La toxicomanie a atteint des proportions épidémiques en Iran, et certains parents vendent leurs enfants pour se payer de la drogue. Un fort taux de chômage (28 pour 100 chez les 15 à 29 ans et 43 pour 100 chez les jeunes femmes de 15 à 20 ans) incite les jeunes en quête de travail à accepter des offres d’emploi douteuses. Les trafiquants d’esclaves savent toujours profiter des situations où des femmes et des enfants sont vulnérables. Ainsi, après le récent tremblement de terre à Bam, des fillettes devenues orphelines ont été enlevées et transportées vers un marché d’esclaves connu de Téhéran, lieu de rencontre de trafiquants iraniens et étrangers.

Les pays arabes du Golfe persique sont des destinations privilégiées pour le trafic d’esclaves. Selon le directeur du système judiciaire provincial de Téhéran, les trafiquants cibleraient les adolescentes de 13 à 17 ans, mais d’après certaines sources, des fillettes de 8 ou 10 ans auraient aussi été envoyées à des pays arabes. Un réseau a été mis à jour après qu’une adolescente de 18 ans se fut échappée du sous-sol d’un immeuble où plusieurs jeunes filles étaient gardées captives en attendant d’être envoyées au Qatar, au Koweït et aux Émirats arabes unis.
Le grand nombre de femmes et d’adolescentes iraniennes expulsées des pays du Golfe persique témoigne de l’ampleur de ce trafic… »


Arrestation à l’aéroport de Téhéran des parents des résidents d’Achraf
Secrétariat du CNRI, 17 janvier
Dans l’après-midi du 16 janvier 2009, des dizaines de parents des résidents de la Cité d’Achraf qui se rendaient en Irak pour voir leurs proches ont été arrêtés à l'aéroport de Téhéran. Il s’agit en majorité de femmes âgées de 60 à 80 ans. Ces personnes ont été violemment battues par les agents du ministère du Renseignement (Vevak).

Les parents arrêtés ont été jetés en isolement cellulaire à la prison d'Evine, dans la sinistre section 209. Des perquisitions violentes ont été menées à leurs domiciles par les forces répressives du régime. Leurs biens ont été saisis et même leurs enfants ont été menacés par des hommes armés.

Certaines des personnes arrêtées sont :

Mme Sakineh Soleiman Zahed arrêtée avec sa fille Zahra Javadi. Mme Zahed, Mme Ferdos Mahboubi, Mme Ezzat Nouri, Mme Fatemeh Sadeghi, Mme Roghieh Amirkhizi et sa fille Kobra, M. et Mme Poureghbal et Mme Parissa Poureghbal, Mme Azizeh Shafinia, Mme Jamileh Mohammadzadeh, Mme Kobra Badiroudi, M. et Mme Bahrami et un certain nombre de proches de MM Vahid et Mehdi Reza’i, deux résidents de la Cité d’Achraf.

En décembre 2008, l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) a publié et envoyé aux autorités internationales une liste de 87 noms de parents d’autres résidents de la Cité d’Achraf, arrêtés et emprisonnés par le régime des mollahs après leur visite à Achraf…



Une activiste kurde condamnée à mort
Etudiants défenseurs des DH de Kurdistan, 19 janvier


Suite à la condamnation à mort de trois activistes ces dernières semaine, la prisonnière politique, Zeinab Jalalian, a été à son tour condamnée à la peine capitale. Originaire de Makou en Azarbaïdjan occidental, Zeinab est âgée de 27 ans. Elle est accusée d’être membre d’un parti politique d’opposition.


La peine de lapidation d’une femme commuée
Quotidien Etemad Melli, 20 janvier
Le chef de l'autorité judiciaire iranienne, l'ayatollah Mahmoud Hachémi Shahroudi, a commué la peine de lapidation d'une femme reconnue coupable d'adultère, à cent coups de fouet.
Kobra N., 48 ans, avait été reconnue coupable de complicité dans le meurtre de son mari et de relation adultère. Elle avait été condamné à huit ans de prison pour le premier chef d'accusation et à la lapidation pour le deuxième.
Elle a purgé ses huit années de prison et était maintenue en détention depuis cinq ans en attendant l'application de la peine de lapidation.
Son mari, toxicomane, obligeait la femme à se prostituer.


Un ancien responsable étudiant condamné à six ans et demi de prison
AFP, 20 janvier
Un ancien responsable de l'Association islamique des étudiants a été condamné à six ans et demi de prison pour propagande contre le régime.
Mohammad Sayadi était secrétaire politique de l'Association islamique des étudiants de l'université Bou Ali Sina de Hamedan (ouest).
Il a également été condamné à payer une amende de 2,5 millions de rials (250 dollars)...

Les associations étudiantes se plaignent d'un accroissement des pressions politiques dans les universités depuis l'arrivée au pouvoir du président Ahmadinejad en 2005 et de la mise à l'écart de professeurs ayant des positions critiques...


Paris et Londres veulent accroître les sanctions européennes contre l'Iran
Le Monde, 20 janvier
La France estime qu'il faut aider l'équipe Obama à mener une politique d'ouverture à l'Iran « avec un plus gros bâton ». Le sujet divise les Européens. Aider le président américain Barack Obama à traiter avec l'Iran en position de force ? C'est la motivation d'un groupe de pays européens, France et Royaume-Uni en tête, qui ont multiplié les démarches, ces dernières semaines, pour tenter de parvenir à de nouvelles sanctions de l'Union européenne (UE) contre la République islamique. L'Italie et, de façon plus nuancée, l'Allemagne, les ont rejoints. Mais les discussions entre Européens n'ont pas abouti à ce stade car les Vingt-Sept sont divisés.


Six et trois ans de prison pour 2 médecins accusés de "complot"
AFP, 21 janvier


Deux médecins iraniens accusés d'avoir participé à un complot contre l'Etat soutenu par la CIA américaine ont été condamnés à six et trois ans de prison.
"Arash Alaie a été condamné à six ans de prison et Kamiar Alaie à trois ans de prison. Je vais faire appel de ces verdicts", a déclaré leur
Avocat…
L'arrestation en juin des médecins, des frères connus à l'étranger pour leur lutte contre le virus du sida, avait été rendue publique en juillet par des ONG américaines.
Le directeur du contre-espionnage du ministère des Renseignements iranien avait affirmé lundi qu'ils faisaient partie d'un groupe de quatre personnes condamnées à des peines de prison pour collaboration avec les renseignements américains dans le but de renverser pacifiquement le régime islamique.


Les activités de la BBC en persan interdites en Iran
ILNA/AFP, 21 janvier
Le ministre iranien de la Culture, Mohammad Hossein Safar-Harandi, a averti que les activités de la nouvelle chaîne de télévision en persan de la BBC étaient interdites en Iran...
La BBC a lancé le 14 janvier une chaîne de télévision en persan, moins d'un an après la naissance de la "BBC Arabic Television".
La "BBC Persian TV", qui émet par satellite, est destinée à l'Iran (70 millions d'habitants), l'Afghanistan (20 millions) et le Tadjikistan (10 millions).
Les programmes radio de la BBC sont déjà très écoutés dans ces trois pays.
Selon les autorités iraniennes, au moins 30% de la population ont accès aux télévisions satellitaires étrangères, malgré l'interdiction des antennes paraboliques.
Les Iraniens peuvent déjà regarder une vingtaine de chaînes de télévision satellitaires en persan, notamment la Voix de l'Amérique (VOA), qui émet plusieurs heures par jour...


Exécution par pendaison de 22 personnes en Iran
France diplomatie, 22 janvier
« Nous condamnons l’exécution par pendaison de 22 personnes en Iran les 20 et 21 janvier. La France, qui est particulièrement engagée avec ses partenaires européens en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort, observe avec inquiétude le nombre croissant de condamnations à mort et d’exécutions en Iran.
Nous appelons les autorités de ce pays, comme celles de tous les pays où la peine de mort est encore appliquée, à étudier les voies pour abolir la peine de mort, le cas échéant en instaurant dans un premier temps un moratoire sur les exécutions et les condamnations.
La peine capitale est contraire à la dignité humaine et n’a aucun effet dissuasif avéré. »


Quatre exécutions à Machhad
Quotidien régional Khorasan, 24 janvier
Quatre jeunes de 18 à 20 ans ont été pendus dans la ville de Machhad, dans le nord-est.


Six hommes pendus à Bojnurd
IRNA/AFP, 25 janvier


Six personnes, reconnues coupables de trafic de drogue et d'autres crimes, ont été pendues dans la prison de Bojnurd (Nord-est).
"Ces personnes ont été pendues pour vente et possession de drogue, viol, attaque au couteau, consommation d'alcool, enlèvement et vol", a déclaré le procureur de Bojnurd, Mir Alam Seyedi. Il n'a pas identifié les condamnés à mort ni précisé la date des exécutions.


Le site de Khavaran doit être préservé en vue d'une enquête sur les massacres
AI, 20 janvier et AFP, 25 janvier


Amnesty International appelle les autorités iraniennes à mettre un terme immédiatement à la destruction de centaines de tombes et de fosses communes ne portant aucun nom à Khavaran, au sud de Téhéran, afin que soit préservé le site et qu'une enquête médico-légale puisse être diligentée dans le cadre d'une enquête approfondie, indépendante et impartiale, trop longtemps attendue, sur les exécutions de masse qui ont commencé en 1988 et dont on parle communément en Iran comme du « massacre des prisons ». L'organisation craint que ces actions des autorités iraniennes ne visent à détruire des preuves de violations des droits humains et à priver les familles des victimes des massacres de 1988 de leur droit à la vérité, à la justice et à des réparations.

Selon les informations dont nous disposons, entre le 9 et le 16 janvier 2009, les nombreuses indications ajoutées par les familles de personnes exécutées au cours des années précédentes pour marquer l'emplacement des tombes ont été détruites par des bulldozers. Le site a été au moins partiellement recouvert de terre et des arbres ont été plantés...

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le Centre iranien des défenseurs des droits de l'Homme, dirigé par Shirin Ebadi, a condamné dimanche la récente destruction du cimetière d'opposants politiques tués, selon lui, à la fin des années 1980...
Selon le Centre, le cimetière de Khavaran, situé à la limite sud-est de Téhéran, contient les tombes d'"un grand nombre de prisonniers politiques des années 80 pendus dans les prisons de la République islamique".
A cette époque, de nombreux membres des Moudjahidine du peuple, qui combattaient par les armes le régime, ainsi que des membres des groupes marxistes étaient détenus dans les prisons iraniennes.
Selon le Centre, les responsables de la destruction du cimetière, intervenue à une date non précisée, "cherchaient semble-t-il à remplacer les restes du cimetière pour en faire un parc ou un espace vert".


Le grand ayatollah dissident, Hossein Ali Montazeri, a également protesté contre cet acte.
"Sous l'ancien régime, on respectait les morts. Les cimetières détruits appartenaient-ils aux infidèles? Même avec les infidèles il n'est pas permis d'insulter les morts", a déclaré l'ayatollah lors d'une rencontre avec des dirigeants de l'opposition nationalo-religieuse, selon son site internet.
Il a ajouté que parmi les personnes exécutées à l'époque figuraient des "gens condamnés à un de prison et qui ont été pendus". "Et aujourd'hui on agit contre leurs tombes et on crée des problèmes à leurs familles"...



Les Moudjahidine du Peuple rayés de la liste terroriste de l'UE
AFP, 26 janvier


Après trois ans de bataille juridique, les Moudjahidine du Peuple, principal groupe d'opposition iranien, ont obtenu d'être retirés de la liste des organisations terroristes de l'UE, un retrait jugé "inacceptable" par Téhéran.
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont avalisé lundi une nouvelle liste d'organisations terroristes sans les Moudjahidine, pour "tenir compte" d'une décision des juges européens du 4 décembre dernier ébranlant sérieusement la base juridique de l'inscription des Moudjahidine.
Le tribunal de première instance de la Cour européenne de justice avait en effet annulé alors le gel des fonds de l'organisation, principale conséquence de son inscription sur la liste terroriste.
Le ministère des Affaires étrangères iranien a "condamné fermement la décision inacceptable" de l'UE…
Maryam Rajavi, leader des Moudjahidine et du Conseil national de la résistance iranienne, a au contraire applaudi un retrait qualifié de "défaite cuisante pour la politique de complaisance de l'Europe" envers le "régime des mollahs" en place à Téhéran.
"L'inscription de la résistance iranienne sur la liste noire a contribué à prolonger le régime du fascisme religieux en Iran", selon elle, et l'UE doit maintenant "compenser les dommages infligés au peuple iranien".

Cette décision intervient après plus de trois ans de recours des Moudjahidine devant la justice européenne et un lobbying intense auprès des médias et des eurodéputés.


Six bahaïs et un chrétien arrêtés
AFP, 27 janvier
Le porte-parole de la Justice iranienne, Alireza Jamshidi, a annoncé mardi l'arrestation de six Iraniens de confession bahaïe et d'un chrétien pour propagande contre le régime et insulte aux valeurs religieuses...
Jinous Sobhani, l'ex-secrétaire du Centre des défenseurs des droits de l'Homme dirigé par Shirin Ebadi, arrêtée à la mi-janvier, est accusée de "propagande contre le régime et d'action contre la sécurité nationale".
Aucun autre détail n'a été fourni par M. Jamshidi. Jinous Sobhani est également de confession bahaïe, une religion interdite en Iran.


Les USA prêts à tendre la main à l'Iran s'il desserre le poing
AFP, 27 janvier


Le président américain Barack Obama a réaffirmé lundi son intention de permettre l'ouverture de discussions avec l'Iran et de tendre la main au régime islamique si ce dernier "desserre le poing".
"Je pense qu'il est important que nous soyons prêts à parler à l'Iran, pour dire très clairement où sont nos divergences, mais aussi où se trouvent les possibilités de progrès", a dit M. Obama dans un entretien qu'il a accordé à la chaîne al-Arabiya.



Hillary Clinton appelle l'Iran à "manifester sa volonté de dialogue sérieux"
AFP, 27 janvier


La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a appelé mardi l'Iran à "manifester sa volonté de dialogue sérieux" et annoncé la participation des Etats-Unis à la prochaine réunion des Six sur le programme nucléaire iranien.
"En ce qui concerne l'Iran, les Iraniens ont une occasion claire, comme le président l'a dit dans son interview, de manifester leur volonté de dialogue sérieux avec la communauté internationale", a déclaré la chef de la diplomatie américaine à l'occasion d'une courte rencontre avec la presse...


L'holocauste est un "gros mensonge"
IRNA/AFP, 27 janvier
Le porte-parole du gouvernement iranien a qualifié mardi l'holocauste des juifs de "gros mensonge", créé selon lui pour instaurer l'Etat d'Israël au Proche-Orient.
"L'holocauste est un concept issu d'un gros mensonge afin d'établir un régime sans racines au cœur du monde islamique", a dit Gholam Hossein Elham, lors d'une conférence consacrée à Gaza à Qom (centre).
Le 27 janvier marque la journée internationale de la commémoration de l’Holocauste...



L'UE condamne fermement l'exécution de Molla Gol Hassan, un citoyen afghan
Déclaration de la présidence au nom de l'UE, 27 janvier
L'Union européenne condamne fermement l'exécution de Molla Gol Hassan, un citoyen afghan condamné pour un crime qu'il était accusé d'avoir commis à l'âge de dix sept ans. Il a été exécuté à la prison d'Evin, à Téhéran, le 21 janvier 2009.
Par ailleurs, l'Union européenne condamne fermement l'exécution de vingt-et-une personnes en Iran, les 20 et 21 janvier: dix à Téhéran, neuf dans la province de Yazd et deux à Ispahan. L'UE continue de demander aux autorités iraniennes d'abolir complètement la peine de mort et, en attendant, d'instaurer un moratoire sur les exécutions, comme le réclame l'Assemblée générale des Nations unies dans ses résolutions 62/149 et 63/168...



Une dizaine de nouveaux sites bloqués, notamment RFI et Deutsche Welle
RSF, 28 janvier


Reporters sans frontières condamne la vague de censure qui touche de nombreux sites d’informations iraniens et internationaux en langue persane depuis le 24 janvier 2009. Ces sites contiennent généralement des articles critiques vis-à-vis du gouvernement et du président Mahmoud Ahmadinejad, dont le mandat se termine le 12 juin prochain. Depuis le 26 janvier, des sites de médias internationaux sont également bloqués…

Par ailleurs, les cyberféministes Parvin Ardalan, Jelveh Javaheri, Maryam Hosseinkhah et Nahid Keshavarz ont été une nouvelle fois convoquées par la 34e chambre de la cour d’appel de Téhéran, le 27 janvier. Leur avocate, Nassrin Sotoudeh, a déclaré que la publication d’articles défendant les droits des femmes n’étaient en rien des “activités subversives” ou “des informations publiées contre le régime”. Elle demande l’abandon des charges à leur encontre.
Ces cyberféministes avaient déjà été condamnées, en septembre 2008, à six mois de prison pour “publication d’informations contre le régime”. Les autorités leur reprochent de collaborer aux journaux en ligne…


Deux exécutions à Ispahan
Agence Fars, 29 janvier
Accusés de meurtre, deux prisonniers ont été pendus à Ispahan. Il s'agit d'Ahmad Abed Ebrahimi, 34 ans et Reza Adéli détenu dans la section des jeunes depuis 3 ans.


Une prisonnière exécutée à Rafsanjan
Iran Human Rights, 30 janvier
Selon les informations en provenance d’Iran, une femme dénommée Masoumeh Ghale-Jahi a été exécutée hier matin.
Condamnée à avoir tué son mari, Masoumeh, 32 ans, a passé 12 ans en prison dans l’espoir d’être acquittée.


Pendaison à Kazeroun et Chiraz
AFP, 31 janvier


Trois condamnés pour meurtre ont été pendus dans le sud, ont rapporté samedi les médias. Le premier meurtrier, dont le quotidien Iran ne donne que le prénom, Heshmat, a été exécuté au cours de la semaine écoulée dans la prison centrale de Kazeroun (sud).
Les deux autres ont été pendus mercredi dernier à la prison Adel-Abad de Chiraz (sud), a rapporté le quotidien Etemad.

csdhi

Les Iraniennes en révolte