Situation des Femmes en Iran

Public

13 février 2017

Après Plasco, 3000 immeubles à risque à Téhéran

L’effondrement de la tour « Plasco », au matin du jeudi 19 janvier au centre de la mégapole de Téhéran a secoué non seulement les habitants de la capitale mais beaucoup d’Iraniens à travers le pays. Même la diaspora est touchée et l’information est devenue mondiale. Or l’immeuble de « Plasco », un complexe commercial de 17 étages abritant 600 boutiques et ateliers de confection, était en quelque sorte « le bazar vertical » de Téhéran, vieux de plus d’un demi-siècle, tout un symbole.
Plasco dans les années70
Une autre raison qui a également ému le pays en entier et ébranlé la société iranienne, c’est la manière dont la tour a disparu de la surface de Téhéran. En l’espace de deux heures, l’immeuble est tombé en poussière pendant que les pompiers qui tentaient d’éteindre le feu se trouvaient toujours à l’intérieur.
C’est un incendie qui aurait donc provoqué l’écroulement de l’immeuble devant les Téhéranais horrifiés et les passants choqués dont on entendait leurs cris sur place dans les toutes premières vidéos postées sur le net.
Le régime iranien a annoncé à 16, le nombre des pompiers tués, mais certains en Iran parlent d’une trentaine de volontaires et soldats du feu tombés dont plusieurs se trouvaient encore à l’intérieur et sous l’immeuble, quatre jours après la catastrophe. 
Les médias d'Etat iraniens ont annoncé, le 24 janvier, qu’un officier de police du commissariat de Baharestan, avait déclaré que 200 personnes avaient été signalées comme ayant disparues dans l'incendie de Plasco. Depuis ce policier a été arrêté. 
Selon les agences de presse iraniennes, Plasco Building appartient à la Fondation des déshérités, l’une des institutions économiques contrôlées par le guide suprême Ali Khamenei en personne. Dans un très court message, Khamenei a réagi à la tragédie pour dire que les causes de l’incident devront être étudiées après l’opération de sauvetage… pour se décharger toute responsabilité.
La municipalité de Téhéran est également et en particulier montrée du doigt en tant que responsable de la destruction de Plasco, vu qu’elle est en charge de la sécurité des bâtiments à risques, du budget et de l’équipement des pompiers. 
Le conservateur Mohammad-Bagher Ghalibaf, maire actuel de Téhéran, est particulièrement visé. Proche du guide suprême et désigné par celui-ci chef des forces de police, après une candidature infructueuse à la présidence de la République islamique, il a remplacé Mahmoud Ahmadinnejad à la tête de la municipalité de Téhéran depuis septembre 2005. Il a entamé à nouveau une campagne en vue de la présidentielle en mai prochain. L’incendie de Plasco tombe ainsi mal pour lui.

Plasco en flamme
La députée de Téhéran au Majlis, Parvaneh Maafi a révélé que les occupants de Plasco avaient « à maintes reprises » averti la mairie que l’effondrement de l’immeuble est imminent mais leurs avertissements restaient « sans suite ». Maafi a souligné qu’une telle catastrophe était prévisible, qu’il aurait fallu évacuer auparavant ce vieil immeuble de 55 ans et procéder à sa « destruction ». « La municipalité de la capitale doit donc rendre des comptes », a-t-elle précisé. 
Masoumeh Abad, membre du Conseil municipal de Téhéran, a par ailleurs indiqué que 3000 autres immeubles dans la capitale ont reçu « un avertissement de sécurité ». Ils risquent donc d’avoir le même sort que Plasco.
Des dizaines de milliers de personnes ont assisté lundi 30 janvier aux obsèques des pompiers et des civils tués dans le drame. Les cris de Ghalibaf démissionne étaient scandés. 
Ce n’est pas seulement Mohammad-Bagher Ghalibaf qui est dans la ligne de mire de la population extrêmement mécontente de l’Iran. Les critiques fusent sur les gardiens de la révolution, la Fondation des déshérités, le régime et le gouvernement. Un jour ne passe en Iran sans rassemblements protestataires devant le parlement et manifestations à travers le pays. Le pouvoir chétif de velayate faghih* n’avait vraiment pas besoin d’une étincelle nommée « Plasco ». 

*La tutelle absolue du « guide » religieux issu du clergé

https://twitter.com/iran_policy/status/822033234062147584



Libellés : , , , , ,

csdhi

Les Iraniennes en révolte