Situation des Femmes en Iran

Public

11 avril 2005

A nos lecteurs et aux défenseurs des droits des femmes

ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
116 Rue de Charenton 75012 Paris – France
Tél./Fax (331) 43 65 57 84


Nous avons reçu, comme certains d’entre vous, à la veille de la Journée internationale des femmes, un courriel anonyme prétendant « dénoncer » notre association comme « une branche » ! des Modjahédines du peuple d’Iran, nous accusant de « manque de transparence », etc...

Prétendument rédigé par « une Iranienne » qui se dit soucieuse de la situation des femmes en Iran ! trois-quarts du contenu du texte rappelle curieusement le même langage et la même « littérature » qu’utilisent, depuis deux décennies, contre les opposants au régime, la police politique et l’appareil de propagande des mollahs, champions de toute catégorie de la violation aggravée des droits de l’Homme et notamment de la misogynie la plus débridée qui caractérise leur pouvoir médiéval. Il convient de rappeler que cette dictature religieuse a été condamné à 51 reprises par les instances concernés de l’ONU.

En ce qui concerne les allégations portée contre la Résistance iranienne et sa force axiale, les Modjahédines du peuple, connus pour être les ennemis jurés des fondamentalistes islamistes, ces derniers ont, à maintes reprises, par la voix de leurs porte-parole ou à travers des publications ou autres moyens montré, preuve à l’appui, le non fondé de ces accusations mensongères qui ne visent qu’à les diaboliser aux yeux de l’opinion publique occidentale qui, excédée et indignée par les crimes des mollahs, soutient les Modjahédines. A ce sujet, nous vous invitons à consulter les diverses publications, livres, vidéos... existants en contactant le Service des relations publiques du CNRI.

Quant à notre association, elle a débuté ses activités depuis bientôt dix ans conformément à la loi, et a pour vocation principale la diffusion et la communication de l’information concernant la situation des femmes Iraniennes et leurs droits. Nous sommes financièrement indépendantes et ne comptons que sur les contributions de nos membres, pour la plupart de simples salariées.

Aucune de nos membres ne fait partie des Modjahédines du peuple ou les instances y affiliées. Nous menons nos activités grâce aux efforts de quelques Iraniennes bénévoles parmi lesquelles se trouvent deux des anciennes détenues des prisons des ayatollahs. La sœur et le frère d’une de nos membres ont été exécutés lors du massacre des prisonniers politiques sur l’ordre de Khomeini en 1988. D’autres ont perdu proches, amies et amis, carrières et foyers depuis l’avènement des islamistes en Iran.

Nous bénéficions également de l’assistance précieuse des proches et des amis en Iran, ainsi que celle des amis français et occidentaux qui partagent avec nous les mêmes valeurs.

Nous diffusons certaines informations d’intérêt général pour permettre à nos lecteurs d’obtenir un portrait plus claire de l’évolution globale de la situation dans cette zone sensible de notre planète (informations politiques, économiques, sociales, culturelles, sportives,...). Outre la publication d’un bulletin mensuel, dont nous essayons de vous présenter aussi précis, complet et rigoureux que possible, nous participons, dans la mesure de nos possibilités, à tous les évènements qui touchent aux droits des femmes, aux activités féministes et plus particulièrement à la lutte contre le fondamentalisme islamiste dont le cœur bat à Téhéran... Et c’est peut-être là que le bât blesse.

Or au lieu de formuler, légitimement, des critiques ou des remarques sur l’amélioration de notre travail, l’auteur anonyme du courriel qui se déclare soucieuse de la condition féminine en Iran tout en reconnaissant l’exactitude de nos informations (!), préfère faire « découvrir » à nos lecteurs et associations amies un horrible secret en procédant à le dévoiler de manière digne d’un Sherlock Holmes !
Ainsi, AFIF a eu comme siège social celui des Modjahédines ! Et si elle a changé d’adresse il y a quelques temps vers la rue de Charenton à Paris, c’est pour redorer son blason en s’approchant des associations féministes qui y siègent !!

Elémentaire, ma chère ...

Seulement, notre limier a oublié ou négligé un petit détail. D’après notre propre enquête, l’Organisation des Modjahédines du peuple n’a de bureau ni de siège dans aucun pays d’Europe ou d’Amérique du nord depuis 1994.

Autant pour les « révélations » faites par notre correspondante anonyme.

Notre association n’a jamais caché le fait qu’elle soutenait la Résistance iranienne dans sa lutte de plus de deux décennies contre le fascisme religieux et misogyne au pouvoir à Téhéran. Notre combat (pour l’égalité homme-femme) étant essentiellement un combat politique, passe forcément par une lutte sans merci contre le fondamentalisme islamiste et « les valeurs » qu’il entend propager sur terre. De même, notre association soutient tout autre mouvement, en Orient ou en Occident, qui a pour objectif de vaincre l’intégrisme et l’obscurantisme et promouvoir les grandes valeurs humaines y compris celles instruites par les grandes religions monothéistes ou d’autres philosophies de vie. Ainsi, comme nous l’avons toujours proclamé haut et fort, nous soutenons de toutes nos forces le projet auquel le CNRI et les Modjahédines du peuple se sont engagés et qui consiste à l’instauration d’un Etat laïc et une démocratie plurielle en Iran débarrassée de la dictature des mollahs, toutes factions confondues.

Le succès de la démarche de l’AFIF semble gêner ceux qui ont réprimé le 8 mars dernier la manifestation spontanée d’un millier des femmes iraniennes au centre de Téhéran (Parc Laleh).
Après avoir fait interdire la grande manifestation des opposants iraniens sur la Place du Trocadéro à Paris le 10 février dernier, par les pressions exercées sur le gouvernement français, les agents des mollahs se sentent maintenant encouragés d’exporter davantage la répression de la liberté d’expression pratiquée dans les rues de Téhéran vers les rues de Paris. Ils tentent de faire taire les dernières voix de la liberté qui dénoncent les violations des droits élémentaires des femmes et des hommes d’Iran que représentent des associations telle que AFIF. Ce n’est guère étonnant que notre auteur anonyme fait l’éloge de cette interdiction anti-démocratique et appelle la Mairie de Paris de faire autant en privant notre association d’un moyen de libre expression.

Quant aux références, « citations » et « sources bibliographiques » proposées par notre correspondante anonyme à l’appui de ses « argumentations », tout le monde s’accorde pour considérer que les publications de type calomnieux, mises en chantier et financées par la police politique des régimes dictatoriaux dans le but de diaboliser leurs opposants font partie des pages noires de l’Histoire contemporaine. Les instigateurs de la démarche de notre auteur anonyme sont, à coup sûr, dans l’ignorance que l’humanité vient de tourner définitivement cette page.

Nous conseillons vivement à nos lecteurs de découvrir deux livres instructifs parus en 2004 en France sur les origines, le combat, la pensée et la pratique des Modjahédines du peuple iranien dont plusieurs chapitres traitent de façon détaillée des campagnes de dénigrement et de diabolisation dont ce mouvement a été victime :

. Mehdi Abrichamtchi, « Moudjahidines du peuple : la résistance aux ayatollahs », Picollec
. Yves Bonnet, « Le Livre blanc pour la réparation d'une injustice », l'Harmattan

csdhi

Les Iraniennes en révolte