03 août 2022

AFIF INFOS - Juillet 2022

 Bulletin mensuel d’informations sur les droits de l’Homme en Iran 
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE 
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67 personnes ont été exécutées en juillet 2022 en Iran

 
Nouvelle vague de Corona en Iran, 2 décès/h
RFI persan, 31 juillet 2022
Les statistiques montrent qu'au cours des 10 derniers jours (du 31 juillet au 9 août), une moyenne de 360 personnes ont été infectées et deux personnes sont mortes toutes les heures toutes les heures en Iran. 
Le ministère iranien de la Santé a annoncé dimanche que 61 patients du Covid-19 sont décédés dans le pays au cours des dernières 24 heures, et 9 727 autres patients ont également été recensés durant cette période.
Actuellement 120 villes sont en statut rouge, 112 villes en orange et 166 villes sont en jaune. Seules 50 villes restent en statut bleu.

Iran. Les autorités iraniennes doivent rendre des comptes pour l'amputation des doigts de deux hommes
Amnesty International, 29 juillet 2022
Les autorités iraniennes ont utilisé une guillotine pour amputer les doigts d'un homme reconnu coupable de vol le 27 juillet 2022. Pouya Torabi, âgé d'une trentaine d'années, a été transféré d'urgence dans un hôpital immédiatement après que ses doigts ont été coupés en présence de plusieurs fonctionnaires et d'un médecin à la prison d'Evin, à Téhéran.
Le 31 mai, les autorités ont également amputé les doigts de Sayed Barat Hosseini, sans lui donner d'anesthésiant. Depuis, il est placé à l'isolement dans la prison d'Evin et se voit refuser des soins de santé mentale et physique adéquats pour les infections et les traumatismes subis après l'amputation.

Iran : trois femmes pendues dans la même journée dans différentes prisons
Le Figaro/AFP/IHR, 29 juillet 2022
Les organisations des droits de l'Homme s'inquiètent du nombre grandissant de femmes exécutées en Iran, où l'on constate un nombre très élevé d'exécutions en 2022.
Nombre de ces femmes ont tué des maris abusifs, ou auxquelles elles ont été mariées alors qu'elles étaient enfants, notent les défenseurs des droits humains. Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, trois femmes condamnées pour avoir tué leurs maris dans trois affaires séparées, ont été exécutées mercredi dans différentes prisons de la République islamique. Au total, au moins dix femmes ont été pendues en 2022, selon l'ONG.
Senobar Jalali, ressortissante afghane, a été exécutée dans une prison située près de Téhéran, selon la même source. Soheila Abedi, mariée à l'âge de 15 ans, a été pendue dans une prison de la ville de Sanandaj (ouest). Elle avait tué son mari dix ans après leur mariage et avait été condamnée en 2015, a précisé l'ONG. Faranak Beheshti, condamnée il y a cinq ans pour le meurtre de son mari, a été pendue dans une prison de la ville d'Oroumieh. Selon un rapport publié en octobre 2021 par IHR, au moins 164 femmes ont été exécutées en Iran entre 2010 et octobre 2021.
Deux ONG, dont Amnesty international, ont dénoncé mercredi une «frénésie d'exécutions» en Iran, où plus de 250 personnes ont subi la peine capitale au cours des six premiers mois de l'année, «à l'issue de procès systématiquement iniques». Les femmes n'ont pas le droit de demander unilatéralement le divorce en Iran, même dans des situations de violence domestique ou d'abus, relèvent les défenseurs des droits humains.

Iran : bientôt un crime de posséder un animal de compagnie ?
Lefigaro.fr, 28 juillet 2022
Les autorités iraniennes ont interdit aux citoyens de promener leur chien dans des parcs.
Le gouvernement de Téhéran juge trop «occidental» la possession d'animaux de compagnie et les Iraniens, inquiets, expriment leur détresse sur les réseaux sociaux.
Sur les réseaux sociaux, les hashtags (#pasdecruautéenverslesanimaux,#nonauxmeurtresdechien...) appelant à la protection des animaux en Iran se multiplient. Depuis une décennie, le régime islamique de Téhéran tente d'introduire de nouvelles législations afin d'interdire la possession d'animaux de compagnie. Prochainement, le Parlement prévoit d'approuver une proposition de loi qui restreindrait considérablement les droits du public et des propriétaires. Une ambition portée par le désir de «désoccidentaliser» le pays…

Le cimetière de Téhéran enlève des pierres tombales avec des photos de femmes sans hijab
Iran HRM, 28 juillet 2022      
L'organisation des cimetières de la province de Téhéran a déclaré que 98 pierres tombales comportant des images de femmes portant un "hijab inapproprié" ont été retirées des tombes. Saeed Ghazanfari, le directeur de Behesht-e Zahra, le plus grand cimetière d'Iran, a déclaré que ces pierres tombales sur lesquelles figuraient des images de femmes sans hijab ou avec un hijab inapproprié avaient été "corrigées". En annonçant la nouvelle, il a prévenu les tailleurs de pierre et les installateurs de pierres tombales "fautifs" que le cimetière Behesht Zahra cesserait de coopérer avec eux. 

Iran : Il faut mettre fin à l'effroyable vague d'exécutions
Amnesty International , 27 juillet 2022
Les autorités iraniennes se sont lancées dans une série d'exécutions, tuant au moins 251 personnes entre le 1er janvier et le 30 juin 2022, selon des recherches menées par le Centre Abdorrahman Boroumand pour les droits humains en Iran et Amnesty International. Les organisations ont averti que si les exécutions se poursuivent à ce rythme effrayant, elles dépasseront bientôt le total de 314 exécutions enregistrées pour l'ensemble de l'année 2021.
La plupart (146) des personnes exécutées en 2022 avaient été reconnues coupables de meurtre, dans un contexte bien documenté d'exécutions systématiques à l'issue de procès manifestement inéquitables. Au moins 86 autres personnes ont été exécutées pour des infractions liées à la drogue qui, selon le droit international, ne devraient pas entraîner la peine de mort. Le 23 juillet, les autorités ont exécuté un homme en public dans la province de Fars, après avoir interrompu les exécutions publiques pendant deux ans durant la pandémie.

Iran. Alors qu’il manque 100.000 infirmières, 100 à 150 quittent chaque mois le pays
RFI persan, 27 juillet 2022
Mohammad Taqi Jahanpour, directeur adjoint de l'organisation du système infirmier a critiqué le ministère de la Santé pour traiter des infirmières comme des travailleurs saisonniers : "Le ministère de la Santé ne peut pas embaucher des infirmières en cas de besoin, puis les débaucher. Il est injuste de traiter avec les forces qui ont travaillé dans les conditions les plus difficiles pendant ces deux années et dont le corps et l'âme se sont affaiblis."
Il a estimé que le nombre d'infirmières était très faible par rapport à la population et aux lits d'hôpitaux du pays : "Contrairement à la moyenne des pays qui ont au moins 4 à 8 infirmières pour 1000 habitants, nous n’en avons qu’une".

Les parlementaires et ONG du monde entier expriment leur solidarité avec le peuple iranien pour la liberté
CNRI, 25 juillet 2022
«…Le peuple iranien, en particulier la jeune génération, se bat pour la liberté. Ils ont été privés de leurs libertés fondamentales, raison pour laquelle ils ont rejeté la dictature monarchique et s’opposent à la tyrannie religieuse. L’Iran est sur le point de connaître un changement majeur. Après 100 ans de lutte contre la dictature, le peuple iranien veut un Iran libre et démocratique, une République fondée sur des élections libres et le rejet de toute dictature.
Chaque année, des dizaines de milliers d’Iraniens et des centaines de personnalités internationales du monde entier se réunissent pour être la voix d’une nation qui résiste. Les participants condamnent la dictature religieuse et expriment leur soutien à un Iran libre et le programme en 10 points de l’opposition pour une république laïque et non nucléaire, l’égalité des sexes, la fin de la discrimination contre les minorités ethniques et religieuses et le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme Droits et conventions internationales sur la liberté politique.
Le peuple iranien a le droit de résister au régime pour la liberté. Nous appelons nos gouvernements à se tenir aux côtés du peuple iranien et de sa résistance, du bon côté de l’histoire, et à reconnaître son droit à la liberté. »
Signataires : Commissions parlementaires, Syndicats, ONGs et villes

Première exécution en public depuis deux ans en Iran
ici.radio-canada.ca, 24 juillet 2022
L'Iran a procédé samedi à sa 1ère exécution en public en plus de deux ans avec la pendaison d'un homme condamné pour le meurtre d'un policier, a signalé une ONG, alors que l'inquiétude grandit face à la répression croissante dans le pays.
Iman Sabzikar, un ouvrier reconnu coupable du meurtre d'un policier en février 2022 dans la ville de Chiraz a été pendu tôt le matin sur les lieux du crime, a détaillé l'ONG norvégienne Iran Human Rights (IHR) en s'appuyant sur des informations relayées par des médias d'État iraniens.
Sa peine avait été confirmée par la Cour suprême début juillet. Des images circulent sur les réseaux sociaux afin de relater cette exécution et montrent un homme habillé de vêtements de prisonnier suspendu plusieurs mètres au-dessus du sol à une corde attachée à la grue d'un camion.

En exil en Europe, l'Iranienne Shabnam Madadzadeh se bat pour la liberté de ses compatriotes restés au pays
Luxembourg Wort, 23 juillet 2022      Par Michael Merten
Shabnam Madadzadeh ne peut pas les oublier, ces moments où elle a cru que sa mort était imminente. «Ils m'ont dit qu'ils allaient m'exécuter. Qu'ils allaient arrêter ma famille, qu'ils allaient arrêter mes amis, qu'ils allaient les exécuter», raconte l'Iranienne en exil. Elle précise : «C'était de la torture mentale». Torture qui ne l'a cependant pas brisée : «En prison, je me suis laissé motiver par mes objectifs et mes idéaux : la liberté pour l'ensemble du peuple iranien».
Cela fait maintenant 13 ans que Shabnam Madadzadeh, qui était alors en troisième année d'informatique à Téhéran, a été arrêtée par le régime iranien. Elle a vécu des choses terribles pendant cette période; des choses avec lesquelles beaucoup de personnes concernées préfèrent tirer un trait, qu'elles préfèrent refouler...

Iran : la militante Nahid Taghavi autorisée à sortir de prison pour se soigner
Le Figaro/AFP, 22 juillet 2022
La militante germano-iranienne pour les droits humains Nahid Tgahavi a pu quitter la prison en Iran où elle est détenue depuis près de deux ans afin de bénéficier d'un traitement médical, a indiqué vendredi 22 juillet sa fille à l'AFP. «Elle a une permission pour pouvoir recevoir un traitement médical adéquat. Elle souffre d'hernies discales multiples au cou et dans le dos et d'un syndrome du canal carpien à la main gauche», a expliqué Mariam Claren, qui vit en Allemagne et milite pour la libération de sa mère.
Nahid Taghavi, 67 ans, qui milite depuis des années pour les droits humains en Iran, en particulier les droits des femmes, a été arrêtée dans son appartement à Téhéran le 16 octobre 2020, selon l'ONG Société internationale pour les droits de l'homme (SIDH).
L'architecte, accusée d'avoir «mis en danger la sécurité de l'État», a été condamnée en août 2021 à 10 ans et 8 mois de prison pour appartenance à un groupe illégal et pour propagande contre le régime. Un jugement considéré comme arbitraire et «incompréhensible» par les autorités allemandes.

L’opposition au hijab obligatoire est "une guerre contre Dieu"
CSDHI, 18 juillet 2022
Le porte-parole des forces armées iraniennes a déclaré que les personnes portant un " hijab inapproprié" , en particulier les célébrités et celles de l’industrie cinématographique qui ne respectent pas les lois sur le hijab obligatoire du régime, faisaient partie de "l’armée de Satan".
S’exprimant lors d’un festival du hijab, Abolfazl Shekarchi a déclaré que les personnes qu’il considère comme "incorrectement voilées" mènent "effrontément une guerre contre le Coran".
Le responsable militaire a utilisé le terme moharebeh ou guerre contre Dieu pour désigner ceux qui ne respectent pas les lois du régime sur le hijab, alors que, selon la jurisprudence islamique, le moharebeh est défini comme "l’utilisation d’une arme contre des personnes pour les effrayer" et que, selon l’article 282 du code pénal islamique iranien, le moharebeh est passible "d’exécution, de crucifixion, d’amputation de la main droite et du pied gauche, et d’exil"…

1700 femmes convoquées par la police de Kermanchah pour port de voile inapproprié
CNRI Femmes, 15 juillet 2022
Depuis mars 2022, quelque 1 700 femmes ont été convoquées dans les commissariats de la province pour port inapproprié du voile. C'est ce qu'a annoncé le chef de la police de la province lors d'une conférence de presse.
Ali Akbar Javidan a déclaré que plus de 22 000 avis publics avaient été donnés concernant la sécurité morale, le non-respect du hijab obligatoire, le port inapproprié du voile ou le repli sur le code vestimentaire du régime en trois mois et 20 jours.  En outre, 230 véhicules ont été saisis…

100 coups de fouet pour la mère d’un manifestant tué en novembre 2019
Iran Wire, 16 juillet 2022
Payman Qolipoor, frère du manifestant tué en novembre 2019, Pejman Qolipoor a annoncé que sa mère, Mahbobeh Ramezani, est condamnée à 100 coups de fouet.
En postant une histoire sur son Instagram, il a écrit que sa mère a été sous pression et a été menacée par les forces de sécurité pendant longtemps et finalement, le mois dernier, elle a été condamnée à 100 coups de fouet.
Mme Ramezani a été détenue le 11 juillet 2022, lorsque les forces de sécurité ont fait une descente dans les maisons de certaines des mères des victimes des manifestations de novembre 2019 ; comme l'a écrit son fils, il est maintenant confiné dans une cellule d'isolement.
Payman Qolipoor, qui a écrit sur l'arrestation de sa mère au domicile de la mère de Navid Behboodi, une autre victime des manifestations de novembre 2019, a déclaré que les forces de sécurité ont arrêté les mères parce qu'elles ont supposé que leur rassemblement concernait la campagne contre le hijab obligatoire. 

Iran - Arrestations arbitraires 
15 juillet 2022
« Trois grands cinéastes iraniens, MM. Jafar Panahi, Mohammad Rasoulof et Mostafa Aleahmad, ont été arrêtés arbitrairement en Iran les 8 et 11 juillet 2022.
La France est très préoccupée par ces arrestations et celles d'autres personnalités iraniennes engagées dans la défense de la liberté d'expression dans leur pays. Ces arrestations illustrent la détérioration inquiétante de la situation des artistes en Iran.
La France demande la libération immédiate de ces personnalités et appelle les autorités iraniennes à respecter leurs engagements internationaux, notamment pour garantir le plein exercice de la liberté d'expression et de création. »

L'ONU salue la condamnation "historique" d'un iranien en Suède
ONU, 15 juillet 2022
La Haute commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet a salué vendredi 15 juillet la condamnation "historique" par la justice suédoise d’un ancien responsable d’une prison iranienne pour son rôle dans des exécutions de masse d'opposants politiques en 1988
"Les États devraient faire usage de la juridiction universelle pour s’assurer que les crimes graves sont punis et faire prévaloir la vérité et la justice", a déclaré Michelle Bachelet dans un tweet de ses services.

RS de l'ONU se félicite du verdict historique dans une affaire de compétence universelle
ONU-Genève, 15 juillet 2022
Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en République islamique d'Iran, Javaid Rehman, a salué aujourd'hui la condamnation d'un fonctionnaire iranien par un tribunal suédois pour son implication dans des exécutions sommaires et des disparitions forcées contre des dissidents politiques en 1988.
Hamid Nouri a été arrêté dans un aéroport de Stockholm en 2019 et inculpé de crimes de guerre pour sa participation à l'exécution massive et à la torture de prisonniers politiques en Iran en 1988 sur la base d'un ordre émis par le Guide suprême de l'Iran de l'époque, Rohollah Khomeini. À l'époque, Nouri était procureur et fonctionnaire pénitentiaire. Les organisations de la société civile estiment que plusieurs milliers de prisonniers politiques ont été exécutés.
Le tribunal a déclaré Hamid Nouri coupable de crimes de guerre et de meurtre et l'a condamné à la prison à vie.

Iran. La condamnation d'un ancien responsable iranien pour son implication dans les massacres de prisonniers de 1988 est un pas important vers la justice
Amnesty International, 14 juillet 2022
Réagissant à la décision historique prise aujourd'hui par le tribunal de district de Stockholm de condamner un ancien responsable iranien, Hamid Nouri, à la réclusion à perpétuité pour des crimes liés aux massacres perpétrés dans les prisons iraniennes en 1988, à l'issue d'un procès mené selon le principe de la compétence universelle, Diana Eltahawy, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International, a déclaré
"La déclaration de culpabilité et la condamnation d'Hamid Nouri ce jour en Suède pour des crimes liés aux massacres perpétrés dans les prisons iraniennes en 1988 constituent une avancée sans précédent vers la justice pour les crimes commis en Iran.

Belgique/Iran : une affaire, un destin
Iran Focus, 12 juillet 2022
Le 6 juillet, la commission des relations extérieures de la chambre basse de Belgique a voté un traité avec le régime iranien pour échanger des « prisonniers condamnés ». Le traité avait déjà été signé le 11 mars, mais il a été tenu secret jusqu’au 30 juin, puis envoyé à la hâte au parlement pour approbation.
Le traité a fait face à de sévères objections, tant en Belgique qu’à l’étranger. Presque tous les opposants ont convenu que le « traité » avait été conçu pour garantir la libération du terroriste iranien condamné et emprisonné Assadollah Assadi, l’ancien troisième conseiller de l’ambassade d’Iran à Vienne, en Autriche.

Communiqué du CPID, 12 juillet 2022


Iran. Manifestation contre le Hijab Day alors que la police de la moralité intensifie la répression
Article 19, 12 juillet 2022
En Iran, des femmes participent à des campagnes de désobéissance civile contre la Journée nationale du hijab et de la chasteté du 12 juillet, organisée par la République islamique, pour protester contre le hijab obligatoire. 
À l'approche de cette journée, les militants ont utilisé le hashtag #No2Hijab ou #حجاب_بی_حجاب (Hijab_no_hijab) sur les médias sociaux pour susciter un soutien à la protestation avec des images de femmes sans hijab dans les espaces publics.
Cette manifestation fait suite à une récente escalade de la répression de la part de la police des mœurs du pays, qui repère et persécute les femmes qu'elle perçoit comme portant un "mauvais hijab" - ostensiblement des femmes qui refusent de suivre des lois et des directives strictes sur le code vestimentaire qui violent une série de leurs droits fondamentaux, notamment leurs droits à la liberté d'expression, de religion et de croyance, à l'égalité et à l'absence de discrimination. 
Cette journée intervient également dans un contexte de ségrégation sexuelle sur le lieu de travail et de tentatives visant à interdire aux femmes l'accès aux services publics, aux banques et à d'autres institutions publiques si elles ne respectent pas les règles vestimentaires obligatoires…
L'Iran s'est classé 143e sur 161 pays dans le Rapport mondial sur l'expression de 2022, le rapport annuel d'ARTICLE 19 sur le droit à la liberté d'expression et d'information dans le monde.

Nouvelle vague de détention des familles des victimes de novembre 2019
Independent Persian, 11 juillet 2022
Le lundi 11 juillet 2022, les forces de sécurité ont fait une descente au domicile de certaines des familles des victimes des manifestations de novembre 2019 et les ont placées en détention. 
Asef Bakhtiari, l'oncle de Poya Bakhtiari a posté un tweet indiquant que son frère a été détenu au début de l'été 2022, quelques minutes seulement après avoir posté le clip vidéo dans lequel Mehrdad Bakhtiari dit que les agents ont cassé leur porte et emmené Nahid Shirbisheh, la mère de Poya Bakhtiar, une victime des manifestations de novembre 2019.
Il est également rapporté que les mères de Pezhman Qoliboor et Navid Behboodi sont également détenues.
Selon le rapport, les agents ont battu le jeune frère de Navid. Ils ont également fait irruption dans la maison de la mère de Mohsen Jafar Panah et ont arrêté sa sœur Somayeh Jafar Panah. 
Saeed Damoor, frère de Vahid Damoor, tué lors des manifestations de novembre 2019, est également détenu. Au cours de son arrestation, les agents de sécurité ont également battu sa mère…

Le nouveau chef des services de renseignement renforce le règne de la terreur en Iran
iranhumanrights.org, 11 juillet 2022
Au moins 16 membres de la société civile iranienne ont été arrêtés ou ont commencé à être condamnés à des peines de prison au cours des deux premières semaines de juillet 2022, y compris des membres de la famille de manifestants assassinés dans la rue et des réalisateurs de films acclamés.
Les militants des droits des femmes qui s'opposent à la règle du hijab obligatoire ont appelé à une campagne de désobéissance civile en se montrant en public demain, sans hijab, ce qui suscite de vives inquiétudes quant au risque de violences et de détentions demain, 12 juillet. L'appel à ces manifestations a été lancé en réponse à une annonce du gouvernement déclarant que demain serait la "Journée nationale du hijab et de la chasteté".
"La Journée nationale du hijab et de la chasteté n'est qu'une excuse destinée à cibler les femmes et à lancer une nouvelle vague de répression contre le peuple et en particulier contre les Iraniennes", ont déclaré des dizaines d'éminents défenseurs des droits des femmes dans une déclaration commune publiée aujourd'hui.
"Le silence international a été suivi par un nombre croissant d'Iraniens et d'étrangers se retrouvant derrière les barreaux en Iran sur la base d'accusations fallacieuses", a-t-il ajouté. "Nous ne pouvons que nous attendre à ce que cela continue et s'aggrave si le monde extérieur continue à regarder ailleurs."


Une professeure de danse emprisonnée pour avoir publié des photos de danseuses
HRANA, 11 juillet 2022
Le vendredi 8 juillet 2022 à Tabriz, les forces de sécurité ont arrêté , la professeure de danse Jila (Mitra) Ebrahimi pour avoir publié des photos de danseuses sur les médias sociaux et l'ont transféré à la prison de Tabriz. Ebrahimi est enseigne la danse et est membre d'une association culturelle. 

Un médecin sunnite a reçu 74 coups de fouet en prison
javanehha.com, 10 juillet 2022
Le Dr Nasser Fahimi, prisonnier d'opinion et détenu politique sunnite, a reçu 74 coups de fouet à la prison du Grand Téhéran.
L'année dernière, il a été condamné à six mois de prison et à 74 coups de fouet par la section 1051 du tribunal pénal du complexe judiciaire de Téhéran pour avoir "offensé les autorités judiciaires".
On dit que Nasser Fahimi est malade et que son état de santé s’est détérioré après avoir été fouetté. Bien qu'il souffre d'un grave problème cardiaque, il a été fouetté le samedi 9 juillet 2022.

Répression de l'État sous prétexte de "Chasteté et Hijab"
La lettre de Chastity and Hijab Base est révélée : intensifiez le filtrage
Iran Wire, 9 juillet 2022
Récemment, les médias iraniens ont publié une photo de la lettre du chef de la base Chasteté et Hijab du ministère de l'Intérieur adressée à l'une des autorités du ministère du Savoir-faire technique de la communication et de l'information. La lettre demande de "renforcer" le "filtrage" des renseignements pour "empêcher la propagation de la prodigalité dans la société."
La lettre écrite par Mohsen Khaki le conseiller du ministre de l'Intérieur et le chef de Chastity and Hijab Base a critiqué les actions du ministère de la Communication et du Savoir technique de l'information : "Jusqu'à présent, nous n'avons reçu aucun rapport sur les "mesures positives" prises par ce ministère."
Il a écrit qu'il est du devoir du ministère de l'Intérieur de superviser les activités des autres ministères, y compris le ministère de la Communication, conformément à la loi ratifiée par le Conseil supérieur de la révolution culturelle…

Un producteur de films demande de fouetter les femmes qui protestent les abus sexuels dans le cinéma iranien
Iran International/ Etemad Online, 8 juillet 2022
S'en prenant aux 800 signataires d'une proposition de règlement formulée par des femmes de l'industrie cinématographique, concernant la nécessité de lutter contre les abus sexuels dans l'industrie cinématographique iranienne, Hossein FarahBakhsh, producteur de films, a demandé que ces femmes soient fouettées.
Qualifiant cette démarche de "propagation de la prostitution", FarahBakhsh a déclaré : "Si le pays a un responsable, ces 800 femmes doivent être fouettées". Il a qualifié ces signataires de "personnes sans aucune capacité juridique".
Les protestations des femmes de l'industrie cinématographique en Iran contre les abus sexuels remontent au début du printemps de cette année. Dans une déclaration, des dizaines d'entre elles ont condamné toute forme de violence sexuelle, d'abus ou de chantage sur le lieu de travail. Pour que cela cesse, ils ont demandé que les contrevenants soient sévèrement punis.   

Iran. Une mère et son bébé se voient refuser des soins appropriés en prison
Amnesty International, 7 juillet 2022
Les autorités chargées des poursuites et les agents du ministère du Renseignement refusent à So'ada Khadirzadeh, une Iranienne kurde détenue arbitrairement, des soins postnatals et post chirurgicaux après avoir accouché le 20 juin 2022 à l'hôpital par césarienne. Elle se voit également refuser des soins adéquats pour ses problèmes rénaux et cardiaques, ainsi que pour ses douleurs dorsales. Quelques heures après l'accouchement, les autorités l'ont transférée avec son nouveau-né à la prison d'Oroumieh, où elle n'a pas pu voir son avocat depuis son arrestation le 14 octobre 2021.

Des ressortissants français détenus inculpés en Iran
HRANA, 7 juillet 2022
Le porte-parole du pouvoir judiciaire iranien a annoncé l'inculpation de deux Français, Cécile Kohler et Jacques Paris. Auparavant, la télévision d'État iranienne avait accusé ces deux personnes d'entretenir des relations avec le Conseil de coordination des associations professionnelles d'enseignants iraniens et les récentes manifestations nationales d'enseignants.
Selon Rokna, ces deux ressortissants français ont été mis en examen.
Quelques jours après l'arrestation, la télévision d'État a affirmé que les deux ressortissants français étaient associés à des militants du syndicat des enseignants et les a accusés d'organiser des manifestations pour provoquer "l'agitation, le chaos et le désordre social". 
Cécile Kohler est membre du syndicat de l'enseignement français FNEC FP-FO.

La France a déconseillé formellement, mardi, à ses ressortissants de se rendre en Iran "quel qu’en soit le motif"
Dans un communiqué mis à jour le 5 juillet 2022 et publié sur son site, le Quai d’Orsay a précisé que tout visiteur français en Iran, y compris binational, s’expose à un risque élevé d’arrestation, de détention arbitraire et de jugement inéquitable.
Ce risque concerne également les personnes effectuant une simple visite touristique, souligne le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.
"Les Français qui se trouveraient en Iran sont invités à faire preuve de la plus grande vigilance et à prendre les précautions indispensables pour assurer leur sécurité", relate la diplomatie française dans son communiqué.
"Il leur est notamment fortement conseillé de limiter leurs déplacements à l’intérieur du pays, d’éviter impérativement tout type de rassemblement et de se faire connaître auprès de l’ambassade de France à Téhéran"..."La capacité de l’ambassade de France à Téhéran à assurer la protection consulaire des ressortissants arrêtés ou détenus en Iran est très contrainte".

En un mois, au moins 24 citoyens bahaïs ont été convoqués, détenus, emprisonnés et interdits de travail
Radio Zamaneh, 5 juillet 2022
Dans son dernier rapport, la Communauté mondiale bahaïe a fait état de la violation des droits des citoyens bahaïs en Iran. Au moins 24 citoyens bahaïs ont été convoqués, détenus, jugés et emprisonnés. 
Selon ce rapport, la campagne systématique du régime iranien pour supprimer cette minorité s'est intensifiée au cours des dernières semaines dans tout le pays ; au moins 18 citoyens bahaïs ont été jugés et emprisonnés.

Une prisonnière politique kurde privée de congé médical malgré son état grave
Iran HRM, 5 juillet 2022
Près de 800 jours après avoir été bannie de la prison de Yazd, la prisonnière politique kurde Zeinab Jalalian est privée du droit de recevoir la visite de sa famille et de son avocat. Elle s'est également vu refuser des soins médicaux.
Selon une source, "il y a environ 20 jours, les parents âgés de Jalalian ont parcouru une longue distance entre le village de Mako et la prison de Yazd, mais ils n'ont pas été autorisés à rendre visite à leur fille"… "elle est en mauvais état de santé, le médecin de la prison a souligné que Zainab Jalalian devait être envoyée dans un hôpital hors de la prison pour un traitement urgent, mais les agents pénitentiaires empêchent son transfert à l'hôpital sur ordre du ministère des Renseignements", a ajouté la source.

Menaces concernant la question du hijab 
isna.ir/radiozamaneh.com, 3 et 4 juillet 2022
Suite à l'ordre d’Ali Khamenei adressant aux autorités judiciaires d'exécuter "le décret divin concernant la promotion de la vertu et l'interdiction du vice", les autorités de la République islamique ont intensifié leurs attaques contre les gens, les menaçant de se conformer au "modèle souhaitable de tenue et de comportement" sous la République islamique, au cours des dernières semaines.
Le gouverneur de la province de Fars, Mohammad Hadi Imanieh, a fixé le délai du 21 juillet 2022 aux organisations et bureaux de la province pour résoudre les problèmes liés au hijab et aux tenues vestimentaires : "Ceux qui ne peuvent pas se conformer au cadre doivent demander un congé sans salaire jusqu'à ce qu'ils puissent respecter les lois". "S'il y a un avertissement, c'est pour prévenir la corruption", a prévenu le gouverneur.

"Les mal-voilées ne doivent pas entrer dans le métro" !
Iran International, 3 juillet 2022
Le bureau du procureur de Machhad a demandé à l'adjoint du gouverneur de la province de Khorasan Razavi et au gouverneur du comté de Machhad d'empêcher l'entrée des "femmes sans hijab", telles que décrites par la charia, dans le métro. Les agents du métro doivent signaler la présence de "femmes sans hijab" aux forces de l’ordre.
Le 12 juillet est la journée de "chasteté et hijab" et les agences gouvernementales ont prévu des événements à cette occasion.

La tuberculose se propage dans la prison de femmes de Qarchak 
HRANA, 2 juillet 2022
Il y a environ un mois, l'infirmerie de la prison de Qarchak à Varamin a confirmé qu'une détenue avait contracté la tuberculose.
Après 2 semaines, la détenue malade a été gardée seulement 3 jours en quarantaine, puis renvoyée dans sa cellule où quatre détenues ont été contaminées.
Environ 40 détenues présentent actuellement des symptômes suspects de tuberculose. Jusqu'à présent, aucune mesure n'a été prise à l'égard de ces détenues pour empêcher la propagation de la maladie dans la prison. 
La tuberculose est connue comme la 2ème maladie mortelle au monde. 

Le rythme alarmant des exécutions en juin en Iran
Iran HRM/AFIF, 1er juillet 2022
Parallèlement aux récentes manifestations dans certaines villes iraniennes, dans le but d’intimider les manifestants et de mettre fin aux protestations, le pouvoir judiciaire a augmenté le nombre d’exécutions en Iran. Au moins 86 exécutions ont été enregistrées par le Groupe de recherche sur la surveillance des droits humains en Iran en juin. Parmi les exécutés, 23 ont été condamnées pour des crimes "liés à la drogue", mais aucune n’a été annoncée officiellement, 51 accusés dans des affaires de "meurtre avec préméditation" , 2 accusés de "moharebeh" et 9 pour "viol" . Une femme a également été exécutée en juin, ainsi que 4 ressortissants afghans.
Au moins 251 personnes, dont 6 femmes et 67 membres de la minorité baloutche, ont été exécutées dans les prisons iraniennes au cours des 6 premiers mois de 2022. C’est le double du nombre d’exécutions au cours de la même période en 2021 où 117 personnes ont été exécutées.