04 septembre 2020

AFIF INFOS - Août 2020

Bulletin mensuel d’informations sur les droits de l’Homme en Iran  
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE 

29 exécutions en août 2020 en Iran
dont une femme et un mineur délinquant 

Trois frères condamnés à mort, au fouet et à la prison pour avoir manifesté contre le régime
Iran HRM/CSDHI/Mail Online, 29 et 31 août 2020
Le champion de lutte iranien reçoit une double condamnation à mort en plus de 74 coups de fouet alors que ses deux frères sont emprisonnés pour un total de 81 ans pour avoir participé à une manifestation contre le régime
Le tribunal révolutionnaire de Chiraz a prononcé deux condamnations à mort contre le lutteur Navid Afkari Sangari, 27 ans, six ans et six mois de prison, et 74 coups de fouet pour le meurtre d’un agent de sécurité.
Son frère Vahid, 35 ans, a été condamné à 54 ans et six mois de prison, 74 coups de fouet, pour complicité de meurtre. Par ailleurs, le troisième frère, Habib, 29 ans, a été condamné à 27 ans et trois mois de prison et 74 coups de fouet.
Les autorités les ont arrêtés après qu'ils ont eu participé à des manifestations de Kazeroun et de Chiraz en août 2018 contre le régime.
La cour suprême a confirmé les peines et leur demande d’appel a été rejetée…
Appel à l'aide de la mère de trois jeunes manifestants iraniens pour sauver ses fils
Dans son enregistrement vidéo publié sur Internet le 30 août, Mme Bahieh Namjou  Afkari a déclaré "Des agents en civil sont entrés par effraction dans notre maison à 5 heures du matin en septembre 2018, sans montrer de mandat, et ont emmené deux de mes fils, Vahid et Navid. Au bout d'un certain temps, ils sont venus et ont emmené mon mari et mon beau-fils. Au bout de trois mois, ils sont venus et ont arrêté Habib… Ils ont torturé Habib psychologiquement et physiquement à tel point que trois fois, il s'est suicidé en prison... Plus tard, nous avons appris qu'il avait été torturé pour faire des (faux) aveux à Navid." 
Décrivant la procédure du régime comme injuste et fausse, Mme Afkari a appelé "le peuple du monde, le peuple d'Iran et toute personne qui peut entendre sa voix" à aider de toutes les manières possibles à sauver la vie de ses trois fils.

Les mères des victimes du massacre de 1988 se recueillent sur les fosses communes
women.ncr-iran.org, 28 août 2020
Les parents et les mères des victimes du massacre de 1988 se sont réunies dans la matinée du 28 août 2020 au cimetière de Khavaran, dans sud-est de Téhéran, pour commémorer leurs proches, dont la plupart ont été victimes de disparitions forcées sous le régime clérical durant l’été 1988.
Ces familles ont déposé des fleurs sur les emplacements des fosses communes des victimes.
Les parents et les mères des victimes du massacre de 1988 doivent surmonter de nombreux obstacles pour se rendre sur les tombes symboliques de leurs enfants dans divers cimetières du pays, car la dictature religieuse dissimule depuis des années les preuves de cet abominable crime contre l’humanité.

La veuve d’un manifestant exécuté forcée de payer une lourde amende
women.ncr-iran.org, 27 août 2020
Le pouvoir judiciaire des mollahs a convoqué la veuve endeuillée du manifestant iranien exécuté Mostafa Salehi, lui ordonnant de payer 425 millions de tomans, le prix du sang d’un milicien des pasdarans.
Selon ce jugement misogyne et inhumain, si la veuve de ce manifestant iranien exécuté, aujourd’hui cheffe de famille isolée, ne paie pas la lourde compensation, sa maison et le seul abri pour ses deux enfants orphelins – Nazanin, 4 ans, et Amir Hossein, 6 ans – seront confisqués. Le régime confisquera également le jardin appartenant à la famille de Mostafa Salehi.
Mostafa Salehi, 33 ans, était un ouvrier du bâtiment qui gagnait la vie de sa famille en travaillant comme chauffeur de taxi informel.
Lui et sa femme ont participé aux soulèvements nationaux qui ont duré plusieurs semaines de décembre 2017 et janvier 2018 pour protester contre les prix élevés et la corruption du gouvernement...

Une prisonnière politique brutalisée par de dangereuses détenues dans la prison de Qarchak
women.ncr-iran.org, 27 août 2020
La prisonnière politique Zahra Safaei a été brutalisée jeudi matin, 27 août 2020, dans la tristement célèbre prison de Qarchak par de dangereuses criminelles engagées et incitées par le ministère du Renseignement.
Les deux détenues criminelles condamnées pour vol et trafic de drogue ont attaqué Zahra Safaei, la frappant à la tête et au visage pour tenter de la blesser, un jour seulement après leur entrée dans son quartier. D'autres détenues sont intervenues pour arrêter les assaillantes.

Jean-Yves Le Drian avec son homologue iranien 
France diplomatie, 24 août 2020  
Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, s’est entretenu par téléphone le 24 août avec son homologue iranien, Javad Zarif.
Le ministre a rappelé la détermination sans faille des E3 (France, Allemagne, Royaume-Uni) pour préserver l’accord de Vienne (JCPoA). 
Il a réaffirmé dans ce contexte nos attentes constantes à l’égard de l’Iran, et notamment la fin des violations par les autorités iraniennes de leurs engagements au titre de l’accord de Vienne, et une coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) permettant de lui accorder les accès demandés. Le ministre a également rappelé notre préoccupation quant aux activités déstabilisatrices de l’Iran et aux conséquences de l’expiration de l’embargo des Nations unies sur les armes classiques, et lui a dit la détermination des E3 à rechercher des solutions préservant la sécurité et la stabilité régionales.
Le ministre a rappelé les attentes de la France d’une libération immédiate de notre compatriote Fariba Adelkhah, détenue depuis plus d’un an sans justification à la prison d’Evin.

Conférence en ligne : « Les exécutions, un moyen de survie des mollahs »
Appel à l'ONU pour la responsabilité du massacre de 1988
AFIF, 23 août 2020
Avec une augmentation des exécutions et condamnations à mort ces dernières semaines en Iran, la situation des droits de l'homme a été discutée lors d'une conférence en ligne ce samedi 22 août 2020 à partir de 18h intitulée "Les exécutions, un moyen de survie des mollahs", en abordant le massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988 et le rôle que les exécutions jouent dans la survie du régime. 
En été 1988, à la suite d’un décret de l'Ayatollah Khomeini, alors chef suprême, des prisonniers politiques ont été exécutés en masse en quelques mois. Ces exécutions ont été décrites par des experts et des organisations de défense des droits de l'homme comme un crime contre l'humanité. Nombre des auteurs de ces crimes occupent actuellement des postes clés au sein des pouvoirs judiciaire, exécutif et législatif en Iran. 
 La conférence était animée par des personnalités éminentes et des experts juridiques, ainsi que des témoignages de survivants du massacre de 1988 et des familles des victimes.
ImageLa répression violente des dernières manifestations en Iran et les récentes condamnations à mort de manifestants rappellent que le crime contre l'humanité se poursuit. Cette approche vise à empêcher une répétition tragique de l'histoire en mettant fin à l'impunité des responsables.

Détérioration de la santé de Nasrin Sotoudeh pendant sa détention et arrestation arbitraire de sa fille
fidh.org, 21 août 2020
«Fidh a été informé par la Ligue pour la défense des droits de l'Homme en Iran (LDDHI) de la grève de la faim et de la détérioration de la santé de Mme Nasrin Sotoudeh, avocate des droits de l'Homme et lauréate du Prix Sakharov 2012 du Parlement européen, ainsi que de l'arrestation arbitraire de sa fille, Mehraveh Khandan. Nasrin Sotoudeh est actuellement détenue à la prison Evin de Téhéran.
Selon les informations reçues, le 17 août 2020, vers 11 heures du matin, la fille de Nasrin Sotoudeh, Mehraveh Khandan, a été arrêtée par cinq agents de sécurité masculins à son domicile à Téhéran et conduite au tribunal de sécurité de la prison d'Evin. Les raisons de son arrestation n'étaient pas connues à l'époque, mais sa famille a rapporté plus tard qu'elle avait été accusée d'avoir agressé physiquement une femme agent de sécurité qui l'avait avertie de ne pas porter le hijab à la prison d'Evin en 2019. Fidh estime que cette action contre Mehraveh Khandan a été entreprise en vue de faire pression sur Nasrin Sotoudeh et en représailles à sa grève de la faim, qui a été suivie par des dizaines de prisonniers politiques. Mehraveh Khandan a été libérée sous caution sur garantie personnelle après quelques heures… »

Centaine de prisonnières en grève de la faim à la prison centrale d'Oroumieh
kurdistanhumanrights.org, 19 août 2020
Près de 140 femmes détenues de la prison centrale d'Oroumieh ont entamé depuis mardi 18 août 2020, une grève de la faim pour protester contre le fait que les patientes infectées par le coronavirus sont gardées dans le quartier, qu'elles ne sont pas soignées et pas transférées à l'hôpital. Les autorités pénitentiaires ne répondent pas à la demande des détenues de garder les malades à l'infirmerie.
Il a été rapporté qu'au moins quatre détenues, Donya Piri, Mohabat Mahmoodi, Simin Seidi et Fatemeh Mirabi ont contracté le coronavirus et sont gardées dans une cellule avec les autres. (hengaw.net, 16 août 2020)

Exécution d'un mineur délinquant
irannewswire.org/kurdpa.net, 17 août 2020
Arsalan Yasini , un délinquant mineur a été pendu ce matin dans la prison centrale d'Oroumieh après avoir été transféré la veille à l'isolement. Il avait 17 ans lors de son arrestation il y a 12 ans. Arsalan Yasini a été gardé dans le centre de détention pendant un an après son arrestation pour le "meurtre" de ses grands-parents.
L'Iran a le nombre d'exécutions par habitant le plus élevé au monde et continue d'exécuter des délinquants mineurs.
Les tribunaux iraniens sont connus pour leur manque de respect des procédures et les délinquants sont généralement contraints de faire des aveux contre eux-mêmes. 
De 2014 à la fin de 2017, l'Iran a exécuté au moins 25 personnes pour des crimes commis lorsqu'elles étaient enfants, selon Amnesty International et Iran Human Rights. Rien qu'en 2018, l'Iran a exécuté sept mineurs au moment des faits.

#N'EXÉCUTEZ_PAS : En Iran, une campagne d’ampleur contre les pendaisons de manifestants
journaldemontreal.com, 14 août 2020
https://www.journaldemontreal.com/2020/08/14/nexecutezpas-en-iran-une-campagne-dampleur-contre-les-pendaisons-de-manifestants
«#N’exécutez_pas» : une campagne d’une rare ampleur rassemblant militants et personnalités derrière ce mot-clic exhorte l’Iran à renoncer à la pendaison de trois jeunes prisonniers arrêtés lors de manifestations contre les autorités de Téhéran, un lobbying dont le succès reste incertain.
La campagne contre les exécutions (#Edam_Nakon en persan) a pris une ampleur inédite après la décision le 14 juillet de la Cour suprême iranienne de confirmer la peine de mort pour Amir Hossein Moradi, Saeed Tamjidi et Mohammad Rajabi, trois jeunes hommes accusés de vandalisme et de pyromanie pendant les manifestations de novembre 2019...
ImageLa viralité du mouvement a permis d’obtenir un premier succès, avec l’annonce, le 19 juillet par l’Iran, de la suspension de l’exécution des trois jeunes. 
Un répit de courte durée puisque Mostafa Salehi, un autre manifestant, arrêté, lui, à l’hiver 2017-2018 dans la province d’Ispahan (centre) a été pendu, début août.
L’Iran a été secoué par plusieurs vagues de manifestations ces dernières années, en particulier en novembre 2019 et janvier 2020, notamment contre la hausse du prix du carburant. Une contestation durement réprimée par les autorités. 
Les militants prodroits de l’Homme s’inquiètent d’une recrudescence de l’usage de la peine de mort pour dissuader toute nouvelle manifestation…

COVID-19 dans les centres de détention en Iran, tous les défenseurs des droits de l'homme doivent être immédiatement libérés
fidh.org, 13 août 2020
https://www.fidh.org/en/region/asia/iran/iran-amid-heightened-risk-of-covid-19-in-detention-facilities-all
Alors que le COVID-19 continue de frapper l'Iran, avec un nombre croissant d'infections récemment confirmées dans les lieux de détention, il est urgent de libérer immédiatement et sans condition tous les défenseurs des droits de l'Homme détenus, a déclaré aujourd'hui l'Observatoire (FIDH-OMCT)…

Un officiel iranien accuse Téhéran de dissimuler le bilan du Covid-19
Le quotidien qui a publié les allégations a aussitôt été fermé. La BBC soutient que le nombre de victimes est le triple de celui annoncé.
Le Monde, 11 août 2020          Par Ghazal Golshiri  
https://www.lemonde.fr/international/article/2020/08/11/un-officiel-iranien-accuse-teheran-de-dissimuler-le-bilan-du-covid-19_6048670_3210.html
« Pour la première fois depuis le début de la crise, un officiel iranien a contesté le bilan officiel des décès liés au Covid-19 et accusé les autorités d’avoir caché la vérité sur l’arrivée de l’épidémie dans le pays. " Les statistiques gouvernementales ne sont pas fiables", avait ainsi annoncé un ancien membre du groupe de travail de lutte contre le Covid-19, Mohammad Reza Mahboubfar, au quotidien Jahan-é Sanat, dimanche 9 août. Ses propos ont causé, lundi 10 août, la fermeture du quotidien qui a osé les publier.
Dans le même entretien, l’homme accuse les autorités iraniennes de "dissimuler " les vrais chiffres en raison de leurs "considérations sécuritaires et politiques" et d’annoncer des bilans beaucoup moins importants. "Dès le début, les informations n’ont pas été données à la société de manière transparente et (…) les statistiques ont été maquillées", a précisé Mohammad Reza Mahboubfar.
Un nombre de décès trois fois supérieur à celui annoncé
Le retour de bâton n’a pas tardé. Seulement vingt-quatre heures après la publication de cet entretien, le quotidien Jahan-é Sanat a reçu un ordre de fermeture administrative. On ne sait pas pour le moment si des poursuites judiciaires seront engagées contre le quotidien ou l’interview… Le pays le plus touché de la région est depuis quelques semaines frappé par une nouvelle vague de contaminations d’ampleur… »

Coronavirus se répand à nouveau à la prison des femmes à Oroumieh
kurdistanhumanrights.org, 11 août 2020
Une source bien informée a déclaré que le coronavirus se répand à nouveau dans le pavillon des femmes de la prison d'Oroumeih où certaines sont infectées dont Mohabat Mahmoodi, condamnée à mort : "Au cours des deux dernières semaines, un groupe de prisonnières du quartier des femmes présentant des symptômes de coronavirus a été transféré à l'infirmerie de la prison, au lieu de les transférer dans un hôpital à l'extérieur.  Le groupe a été mis en quarantaine pendant une seule semaine à l'isolement". "Mohabat Mahmoodi et une autre prisonnière sont dans un état grave, mais les autorités de la prison ne leur ont donné que des médicaments prescrits par le médecin de la prison. Elles ont été retournées à leurs cellules une semaine plus tard sans être soignés". 

6,4 millions d’Iraniens n'ont pas mangé de viande rouge depuis un an
CSDHI, 9 août 2020
Les résultats d'une récente enquête menée par le Centre de sondage d'opinion des étudiants iraniens (ISPA) montrent que 8,2 % des ménages iraniens, soit l'équivalent de 6,4 millions de personnes, n’ont pas consommé de viande rouge au cours de l'année dernière…
Auparavant, le Centre de recherche du Parlement iranien avait publié un compte-rendu mettant en garde contre la diminution du panier de la ménagère iranienne et contre l'impact d'une inflation d'environ 30 % au printemps et au cours de l’été 2020 sur les déciles inférieurs de la société également...
Selon les médias officiels iraniens, le seuil de pauvreté pour une famille de quatre personnes a atteint 9 millions de tomans (1 836 €) en mai 2020.
Aujourd'hui, avec un seuil de pauvreté de 9 millions (1836 €) et un salaire de 1,8 million (374 €), comment une famille de travailleurs peut-elle subvenir à ses besoins, alors que son salaire mensuel représente environ un cinquième du seuil de pauvreté ?

Malgré le massacre de 1988, la résistance contre la dictature s’est développée en Iran
CNRI, 9 août 2020 Par Shamsi Saadati
https://www.ncr-iran.org/fr/actualites/droits-humains-2/malgre-le-massacre-de-1988-la-resistance-contre-la-dictature-sest-developpee-en-iran/
« Il y a trente-deux ans, le régime iranien a tenté d’anéantir lors d’une entreprise sanguinaire sans précédent la plus grande force de l’opposition démocratique en Iran. Sur la base d’une fatwa émise par le fondateur du régime islamiste, Rouhollah Khomeiny, déclarant les prisonniers politiques récalcitrants des ennemis de Dieu, des "commissions de la mort" ont été mis sur pied dans les prisons de tout l’Iran et ont commencé à interroger les détenus sur leurs opinions politique. Ces simulacres de procès duraient parfois une minute et on envoyait les prisonniers à la potence par milliers… »

15 filles et garçons arrêtés lors d'une fête près de Téhéran
Site officiel rokna.net, 10 août 2020
Le procureur du comté de Robat Karim a annoncé que 15 filles et garçons ont été arrêtés lors d'une fête mixte dans un des jardins de la région de Robat-Karim.
Selon Rahim Alishpoor, "Ils sont venus de Téhéran dans l'un des jardins-villas de Robat-Karim et voulaient organiser une fête nocturne, mais ils ont été arrêtés par les forces de police vigilantes.
Il a déclaré que quelques véhicules ont été confisqués au cours de cette opération. Les filles ont été remises à leurs familles après avoir promis de ne pas répéter un tel acte jusqu'à ce que leurs dossiers soient traités. 

Deux Iraniennes condamnées à 36 ans de prison 
hra-news.org, 8 août 2020
Shahin Khakpoor résidente de Chiraz et Arshia Naqavi, de Bandar Abbas ont été condamnées par le tribunal révolutionnaire de Kerman à 18 ans de prison chacune pour "avoir agi contre la sécurité nationale en formant et en administrant des groupes dissidents", pour "appartenance à un groupe dissident", pour "avoir offensé Khomeiny et la direction (de Khamenei)" et pour "propagande contre le régime"…

30 coups de fouet et plus de 5 ans de prison pour une manifestante 
CNRI femmes, 8 août 2020
Fatemeh Davand, âgée de 42 ans et mère de trois enfants, a été incarcérée à la prison centrale d’Oroumieh le 6 août 2020, afin d’entamer sa peine de prison pour avoir participé aux manifestations de Boukan (Kurdistan iranien) en novembre 2019. Après son arrestation, elle a été libérée temporairement de la prison centrale d’Oroumieh, le 25 mars 2020, moyennant une caution d’un milliard de tomans. Elle a été condamnée le 6 février 2020 à 65 mois de prison et à 30 coups de fouet pour avoir troublé l’ordre et le calme publics en participant à des émeutes" et pour avoir "retiré son voile" puis jugée le 12 mai pour "assemblement et collusion contre la sécurité nationale".
Amnesty International a posté un tweet le 6 août, disant que "la Kurde iranienne Fatemeh Davand a été emprisonnée après un procès inéquitable qui a utilisé des ‘aveux’ qu’elle aurait faits sous la torture et d’autres mauvais traitements pour la condamner".
Au moins 400 femmes faisaient partie des 1500 personnes qui ont été tuées par les forces de sécurité et de renseignement du régime iranien et des agents en civil lors des manifestations de novembre 2019. Au moins 12 000 autres ont été arrêtées et emprisonnées pendant les manifestations nationales.

Voile obligatoire - Eté et nouvelles mesures de répression
CNRI Femmes, 7 août, 2020
https://women.ncr-iran.org/fr/2020/08/07/lois-sur-le-voile-obligatoire-ete-et-nouvelles-mesures-contre-les-femmes/
…Les mois d’été offrent au régime iranien davantage de possibilités de sévir contre les femmes sous prétexte de faire appliquer les lois sur le voile obligatoire. Les plages et autres lieux de loisirs, en particulier dans le nord de l’Iran, ont fait l’objet de mesures de sécurité à l’encontre des femmes sous le prétexte de lois sur le port du voile. Les commandants de police de deux provinces au bord de la mer Caspienne ont annoncé simultanément leurs plans de répression pour l’été...
A Mazandaran, 2 000 policiers, marins, assistants de police et sociétés de services de sécurité surveilleront le littoral et les routes principales en utilisant 210 équipes de patrouille à pied, 249 patrouilles en voiture, 77 patrouilles à moteur, 20 patrouilles à moto sur quatre roues, 27 patrouilles en bateau et 22 embarcations…

Les prisons contaminées par le virus sont toujours pleines de défenseurs des droits de l'homme, alors que les attaques se poursuivent
Amnesty International, 6 août 2020
Dans une nouvelle note d'information, "Oser défendre les droits de l'homme en cas de pandémie", qui documente les attaques contre les défenseurs des droits de l'homme pendant la pandémie, Amnesty International souligne l'hypocrisie de gouvernements comme l'Égypte, l'Inde, l'Iran et la Turquie, qui ont laissé des prisonniers d'opinion croupir dans des conditions épouvantables malgré des programmes de libération de prisonniers largement médiatisés…
« …En Iran, les autorités ont annoncé qu'elles avaient temporairement libéré 85 000 prisonniers, mais de nombreux défenseurs des droits de l'homme continuent d'être détenus pour des motifs politiques dans des conditions épouvantables.
Parmi eux figure Narges Mohammadi, une défenseure des droits de l'homme qui souffre de graves problèmes de santé préexistants et qui présente des symptômes suspectés de COVID-19. Les autorités continuent de refuser à Narges Mohammadi des soins de santé en prison, et refusent de l'informer des résultats d'un test COVID-19 effectué le 8 juillet.
En pleine crise, les autorités iraniennes ont également continué à arrêter et à emprisonner arbitrairement des défenseurs des droits de l'homme… »

Iran exécute Mostafa Salehi pour avoir manifesté contre la vie chère
farsnews.ir/CSDHI, 5 août 2020
L'agence de presse officielle du pouvoir judiciaire iranien (mizanonline.com) a annoncé que Mostafa Salehi, un jeune homme arrêté pour avoir participé à des manifestations fin 2017 et début 2018, a été pendu à l'aube du 5 août dans une prison d'Ispahan.
Salehi était l'un des manifestants contre la vie chère arrêtés à Kahrizsang lors du soulèvement de décembre 2017-janvier 2018 de centaines de villes et villages du pays.
Jugé par la première section du tribunal pénal d'Ispahan, il a été accusé d'avoir tué un membre des Gardiens de la révolution avec un fusil de chasse pendant les manifestations, et d'avoir battu et blessé six autres personnes. Il aurait été torturé et forcé d’avouer.

6 août
 - 1) Amnesty International condamne l'exécution du manifestant Mostafa Salehi, qui a eu lieu à la prison d'Ispahan le 5 août, malgré de sérieuses inquiétudes quant au caractère inéquitable du procès, notamment en ce qui concerne la torture et les autres mauvais traitements, et le refus de lui permettre de consulter un avocat pendant la phase d'enquête de son dossier.
2) Mostafa Salehi a été reconnu coupable de meurtre pour l'assassinat d'un membre des gardiens de la révolution lors des manifestations nationales de décembre 2017-janvier 2018. Il a clamé son innocence et les rapports des médias indépendants suggèrent que les autorités du ministère public n'ont pas fourni de preuves de sa culpabilité.
3) Les autorités iraniennes ont un bilan déplorable en ce qui concerne l'application de la peine de mort. L'exécution de Mostafa Salehi montre, une fois de plus, que les autorités iraniennes sont plus intéressées par la vengeance que par la justice.
4) L'exécution de Mostafa Salehi fait craindre pour le sort de cinq autres manifestants condamnés à mort en relation avec les manifestations de janvier 2017-déc. 2018. Ils le sont : Mohammad Bastami, Mehdi Salehi, Hadi Kiani, Abbas Mohammadi et Majid Nazari.
5) Amnesty International demande aux autorités iraniennes d'annuler immédiatement les condamnations à mort de ces cinq hommes et de leur accorder un nouveau procès équitable sans recours à la peine de mort. Toute personne détenue uniquement pour avoir participé pacifiquement aux manifestations doit être libérée. 
6) @amnesty s'oppose à la peine de mort dans tous les cas sans exception, quelle que soit la nature/circonstances du crime ; la culpabilité, l'innocence ou d'autres caractéristiques de l'individu ; ou la méthode utilisée pour procéder à l'exécution. Nous faisons campagne pour l'abolition totale de la peine de mort.

Une jeune femme pendue à Machhad après 6 ans de prison
Site officiel Shahraranews.ir, 4 août 2020
Une femme de 32 ans a été pendue le dimanche 2 août 2020 à la prison centrale de Machhad. Identifiée uniquement par son prénom, Mehri, selon le quotidien public Khorasan, elle était accusée d'avoir assassiné son mari. La jeune femme avait déjà purgé 6 ans de prison dans le couloir de la mort.
C'est la troisième exécution de femmes en 2020 qui a été annoncée par les médias officiels.
Avec cette exécution, le nombre total de femmes exécutées pendant le mandat de Hassan Rohani atteint le nombre de 106. 
L'Iran a le taux le plus élevé d'exécutions par habitant (AFIF).

Le trafic systématique des jeunes filles iraniennes
Iran Focus (anglais)/CSDHI, 3 août 2020
https://csdhi.org/index.php/actualites/repression/14315-iran-le-trafic-systematique-des-jeunes-filles-iraniennes
Les femmes et les jeunes filles iraniennes sont systématiquement victimes du trafic des êtres humains vers d'autres pays par des gangs criminels, et des représentants de l’État leur accordent l’immunité ou y participent carrément.
C'est ce qu'a reconnu en 2018 Hamideh Zarabadi, membre de la Faction des femmes au Parlement du régime.
Zarabadi a déclaré : « Des statistiques non officielles montrent que le trafic des femmes se produit également dans notre pays. Les informations indiquent que la plupart de ces trafics ont lieu dans les pays arabes. Malheureusement, les auteurs de ce phénomène ne sont pas punis de manière décisive et il y a une grande tendance au déni. »
Par la suite, le département d’État des États-Unis a encore une fois désigné l’Iran comme un pays de niveau 3, soit le rang le plus bas possible, dans son « Rapport sur la traite des êtres humains » de 2019 : « Le gouvernement de l’Iran ne respecte pas pleinement les normes minimales pour l’élimination de la traite des personnes et ne fait pas d’efforts importants pour y parvenir ; par conséquent, l’Iran est demeuré au niveau 3. »
Le compte-rendu parle également de l'immunité dont jouissent les réseaux de traite des êtres humains en Iran…

Bahareh Hedayat condamnée pour son rôle dans les manifestations pacifiques de janvier
FRONT LINE DEFENDERS, 1er août 2020
Le 25 juillet 2020, Bahareh Hedayat, étudiante et défenseure des droits de l'homme, a été condamnée à quatre ans et huit mois de prison pour avoir protesté pacifiquement après que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran ait admis avoir abattu le vol 752 d'Ukraine International Airlines, tuant les 176 civils à bord en janvier 2020…
Bahareh Hedayat a été détenue et emprisonnée à plusieurs reprises et a fait l'objet d'un harcèlement judiciaire de la part des autorités en raison de son travail de défense des droits de l'homme en Iran. Elle a passé plus de six ans (2010-2016) en prison pour ses activités pacifiques, notamment pour avoir fait campagne pour les droits des femmes dans le cadre de la "Campagne d'un million de signatures pour le changement de la loi discriminatoire à l'égard des femmes en Iran". Elle a été libérée de prison en septembre 2016 à la suite d’un appel du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire qui a demandé sa libération immédiate en mai 2016.
Front Line Defenders est très préoccupée par la condamnation de la défenseuse des droits humains Bahareh Hedayat, qui semble être en représailles à son travail pacifique et légitime de défense des droits humains en Iran.

Des lettres officielles rendues publiques révèlent que l’État iranien ignore la crise liée au COVID-19 dans les prisons
Amnesty International, 31 juillet2020
Des documents officiels qu’Amnesty International s’est procuré révèlent que le gouvernement iranien a ignoré les demandes réitérées de ressources supplémentaires formulées par de hauts responsables de la gestion des prisons en Iran en vue de contrôler la propagation du COVID-19 et traiter les détenus atteints. L’organisation a examiné des exemplaires de quatre lettres signées de la main de responsables de l’Organisation des prisons d’Iran, qui relève du pouvoir judiciaire, adressées au ministère de la Santé et tirant la sonnette d’alarme quant aux graves pénuries d’équipement de protection, de produits désinfectants et d’appareils médicaux essentiels. Le ministère de la Santé n’y a pas répondu et les prisons iraniennes ne sont toujours pas équipées pour faire face aux épidémies…
Depuis mars 2020, les conditions lamentables de détention dans les prisons iraniennes et les inquiétudes quant à la propagation du COVID-19 ont entraîné des grèves de la faim, des mouvements de contestation, des émeutes et des tentatives d’évasion dans les prisons du pays. Les autorités ont généralement répondu aux mouvements de contestation dans les prisons par la violence, ayant recours à une force injustifiée et, dans certains cas, en tirant du gaz lacrymogène, des balles de plomb et des balles réelles, causant ainsi des blessures et des morts.