Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
"Pire meurtre de masse de l’histoire contemporaine de l’Iran"
35 jours après le déclenchement des manifestations nationales qui a ébranlé le régime iranien, la répression continue. Un rapport de médecins en Iran fait état d’au moins 16 500 personnes tuées et plus de 330 000 blessées, ces chiffres continuaient d’augmenter et que la coupure d’Internet empêchait toute vérification.
Une intensification des pressions sur les médecins, le personnel médical et les avocats marquée par une vague d'arrestations, souvent ciblées et sporadiques dans plusieurs villes, de harcèlement judiciaire, avec le recours continu à des tactiques répressives telles que la diffusion d'"aveux forcés ".
ONU-Iran
Réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur l'escalade en Iran
Le Conseil de sécurité fait le point sur la situation en Iran, alors que le pays est secoué depuis la fin décembre par un mouvement de contestation nationale violemment réprimé et que Washington a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'une action militaire contre Téhéran pour protéger les manifestants.
39e session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme
ohchr.org, 23 janvier 2026
À l’issue de sa 39ème session extraordinaire, consacrée à "la détérioration de la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran", le Conseil des droits de l’homme a adopté le 23 janvier 2026 une résolution (A/HRC/S.39/L) par laquelle il déplore vivement la répression violente des manifestations pacifiques en Iran, qui a entraîné la mort de milliers de personnes et fait de nombreux blessés, ainsi que l’arrestation et la détention arbitraires de milliers de personnes en lien avec les manifestations nationales qui ont débuté le 28 décembre 2025.
Le texte a été adopté par 25 voix pour, 7 voix contre et 14 abstentions
Le Conseil, tout en prolongeant de 2 ans le mandat de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur la République islamique d’Iran, prie ladite Mission de mener d’urgence une enquête sur les allégations de violations graves des droits de l’homme et de crimes commis dans le contexte des manifestations, y compris en vue d’éventuelles poursuites judiciaires. Le Conseil a en outre prolongé d’un an le mandat de Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Iran.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé vendredi la répression meurtrière des manifestations en Iran qui a entraîné la mort de" milliers de personnes, dont des enfants".
La rapporteuse spéciale Mai Sato a fait état de 20.000 tuées lors des manifestations a affirmé que le moment était venu pour la communauté internationale de réagir et de soutenir le peuple iranien dans sa quête de droits fondamentaux et de reddition de comptes.
Sara Hossain, présidente de la Mission a insisté sur l’importance de rassembler des preuves pour déterminer si des crimes au regard du droit international, y compris des crimes contre l'humanité, ont été commis. Les auteurs et les structures étatiques qui ont permis les violences observées doivent être identifiés et tenus pour responsables.
Tedros Adhanom Ghebreyesus (OMS)
«…Ces derniers jours, des agressions contre des soignants ont été signalées, et au moins cinq médecins ont été arrêtés alors qu'ils soignaient des patients blessés. J'exige la libération de tout soignant détenu. Le personnel de santé ne devrait jamais subir d'intimidation.
OMS a confirmé que l'hôpital Khomeini, à Ilam( ouest) du pays, a été attaqué début janvier. Des violences ont été signalées à l'intérieur et aux alentours de l'établissement suite au transfert de blessés vers l'hôpital. Les services et l'approvisionnement médicaux ont été perturbés.
De nombreux établissements de santé ont été endommagés à travers l'Iran ces dernières semaines, notamment 10 postes de secours préhospitaliers, où plus de 50 ambulanciers ont été blessés et plus de 200 ambulances endommagées. Des gaz lacrymogènes auraient également été utilisés à l'hôpital Sina de Téhéran.
La crise récente a mis à rude épreuve le système de santé…
La santé ne doit jamais être prise pour cible. »
L’UE inscrit les gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes
AFP/Reuters, 29 janvier 2026
L’Union européenne a décidé, jeudi 29 janvier, d’ajouter les gardiens de la révolution en Iran à la liste des organisations terroristes de l’UE. Cette décision devrait être entérinée sous peu par le Conseil Européen. Une décision "historique", qui répond à la répression des manifestations qui secouent l'Iran. Kaja Kallas, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a affirmé que "la répression ne pouvait rester sans réponse". Considérés comme terroristes, le CGRI est mis "sur un pied d'égalité avec Daech, et Al-Qaïda", assure l'UE.
Dans le même temps, l’UE a adopté de nouvelles sanctions visant des responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur et des dirigeants des gardiens de la révolution impliqués dans la répression violente. Au total, 21 personnes et entités sont concernées par des mesures de gel des avoirs et d’interdiction d’entrée sur le territoire de l’Union.
Le Conseil de l’Union européenne a aussi imposé de nouvelles mesures restrictives en réponse aux graves violations des droits humains et au soutien continu de l’Iran à l’agression en Ukraine.
Blocage d’internet en Iran : que dit le droit international ?
Le Club des juristes, 29 janvier 2026
Après près d’un mois de blocage généralisé de l’accès à internet en Iran, décidé par les autorités en réponse aux manifestations, la connexion commence à être progressivement rétablie dans le pays. Ces coupures limitent les communications de la population et ont porté atteinte aux droits de l’homme.
Quatre femmes pendues en janvier 2026 en Iran
En parallèle des manifestations à l’échelle nationale et du blackout prolongé et généralisé d’Internet, la vague d’exécutions continue en Iran.
. Tayyebeh Hekmat, 53 ans et mère de trois enfants, a été exécutée à la prison centrale de Zandjan à l’aube du mardi 6 janvier 2026. Elle avait été arrêtée il y a environ 7 ans pour le meurtre de son mari et condamnée au qesas.
. Arrêtée pour des accusations liées à des infractions en matière de stupéfiants, Soheila Azizi a été pendue à l’aube du mercredi matin 7 janvier à la prison de Vakilabad, à Machhad.
. Condamnée à mort pour des accusations de meurtre, la prisonnière Akram Rezaei a été exécutée le mardi 13 janvier 2026 à la prison de Rasht.
. Kimia Khani a été pendue à l’aube du lundi 19 janvier, à la prison centrale d’Ispahan. Elle a été condamnée à mort pour des accusations liées à la drogue.