19 mars 2026

AFIF INFOS Mars (1/2) 2026

                            Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran



La date du 28 février marque un tournant historique et tragique. Depuis le déclenchement de ce qu'on appelle désormais la "Seconde Guerre de l'Iran", le pays a basculé dans un conflit ouvert avec les Etats-Unis et l’Israël dont "l'opération de décimation" et les frappes massives ont atteint une intensité record à la mi-mars.

Cette guerre survient alors que le régime clérical était déjà affaibli par des révoltes internes massives début 2026, créant une situation de "double front" pour la théocratie à savoir la répression intérieure et la guerre extérieure.
L'actualité des droits humains en Iran est ainsi marquée par une crise sans précédent. La situation combine une répression interne féroce suite aux soulèvements de janvier avec plusieurs milliers de manifestants tués et des dizaines de milliers d’autres arrêtés,  détenus et/ou disparus, ainsi que les conséquences humanitaires de frappes militaires récentes et en cours.

Le guide suprême
Ali Khamenei a été tué dès les premières frappes  sur Téhéran fin février. Le pays est actuellement dirigé par une sorte de commandement d'urgence des Gardiens de la Révolution dans un climat de chaos politique interne. 
Le seconde fils du guide Mojtaba Khamenei, a été présenté dimanche soir 8 mars comme le 3ème dirigeant du régime iranien. Il fut pendant des années l’un des acteurs officieux les plus influents du système et joua un rôle important au sein du noyau dur du régime.
Cette figure mystérieuse de l’ombre est l’un des principaux responsables de la répression des soulèvements populaires de la dernière décennie. Entretenant des liens étroits avec l’écosystème sécuritaire gravitant autour des services de renseignement des Gardiens de la révolution, il est étroitement lié aux crimes de son père.

État de siège et "Black-out" numérique
1er mars 2026 
Coupure d'Internet - Les autorités maintiennent un black-out quasi total (connectivité réduite à 1 %) et une surveillance biométrique accrue. Ces mesures visent à empêcher la documentation des abus commis par les forces de sécurité et la coordination de nouveaux rassemblements.
Des points de contrôle massifs ont été installés à Téhéran pour prévenir toute commémoration des victimes des mois précédents.

Situation humanitaire- Sort des blessés 
De nombreux manifestants blessés n'osent pas se rendre dans les hôpitaux de peur d'être arrêtés, le gouvernement ayant militarisé certains centres médicaux. Pénuries médicales aggravées par le blocus et arrestations dans les hôpitaux

Tragédie de Minab 
La période est marquée par des pertes civiles massives qui suscitent une réprobation internationale, notamment le drame de l'école de Minab. Le 1er mars, une frappe, attribuée à la coalition américano-israélienne par l'UNESCO, a pulvérisé une école de filles à Minab, tuant environ 170 enfants. 
ONU Femmes et des experts de l’ONU expriment leur vive inquiétude face à la mort d’écolières à Minab
Dans un contexte d’escalade des tensions militaires au Moyen-Orient et de préoccupations croissantes concernant les conséquences humanitaires du conflit, ONU Femmes a lancé une mise en garde sur les risques graves encourus par les civils, et plus particulièrement par les femmes et les filles.

ONU-Iran
4 mars 2026
L’ONU a lancé une alerte urgente contre des procès collectifs et condamnations à mort "accélérées" et des procédures de peine de mort "expéditives". Les autorités judiciaires iraniennes ont annoncé que les procès seraient organisés rapidement, avec des charges de "moharebeh" (guerre contre Dieu) passibles de l'exécution.
En 2025, l'Iran avait déjà atteint un record avec plus de 1 600 exécutions. Les experts de l’0NU craignent une accélération massive en mars pour "liquider" les dossiers des nouveaux prisonniers politiques.

Frappes sur la prison d’Evin et danger pour les détenus
3 mars 2026
Les environs de l’université Imam Hossein à Téhéran et une partie du mur d’enceinte de la prison d‘Evin ont été la cible de frappes aériennes. Des sections du mur de la prison ont été endommagées. Aucune information vérifiée n’a été communiquée concernant l’état des prisonniers ou d’éventuelles victimes.
Cet incident place une nouvelle fois la sécurité des personnes incarcérées à Evin, tout particulièrement celle des prisonniers politiques, notamment quelque 200 prisonnières politiques et des personnes interpellées lors du soulèvement de janvier, au cœur des préoccupations du public face à l’escalade des menaces militaires.

Détresse des détenues à Qarchak face à la guerre
5 mars 2026
Le personnel pénitentiaire a déserté les lieux, laissant les prisonniers, confrontées à la pénurie d’eau, derrière des portes verrouillées.
Plusieurs membres du personnel issus de divers services, notamment du corps médical, de l’infirmerie, de l’administration et même des unités de garde, auraient déserté leurs postes. Par conséquent, de nombreuses questions liées à la gestion et au bien-être des prisonnières restent dans l’incertitude. Les prisonnières dont environ 80 manifestantes, se plaignent du manque de réaction des autorités pénitentiaires face à une grave surpopulation ainsi qu’à une pénurie de ressources de base.


Mai Sato, la Rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Iran 
X, 8 mars 2026
« En cette Journée internationale des droits des femmes, je pense aux femmes et aux filles d'Iran qui devraient être parmi nous. Celles qui ont été tuées lors d'une frappe de missile sur une école primaire de filles. Celles qui sont détenues, disparues ou décédées en lien avec les manifestations nationales.  Leurs histoires doivent rester dans les mémoires. »

Attaques contre des installations pétrolières à Téhéran et Karaj  
Incendies massifs à Téhéran (Shahran), pluies acides signalées
HRANA/médias, 8 et 9 mars 2026
Suite aux frappes aériennes menées le soir du 7 mars contre plusieurs dépôts et installations pétrolières à Téhéran et Karaj, le ciel de la capitale s’obscurcit, d'importants incendies de réservoirs de stockage de carburant ont dégagé d'immenses quantités de fumée et de polluants dans le ciel de la capitale. Face à la persistance des incendies et à l'aggravation des risques respiratoires, les autorités ont également annoncé une réduction des quotas d'essence. Cette situation, conjuguée aux efforts croissants de certains habitants pour quitter Téhéran, pourrait entraver la circulation et les déplacements hors de la ville.

Déclaration des ONG alertant sur le risque d’exécution des prisonniers politiques comme en 1988
AFIF, 10 mars 2026
Une déclaration écrite conjointe soumise à l’ONU le 9 mars 2026 par Women's Human Rights International Association et 10 autres ONG dotées du statut consultatif spécial et cosignée par AFIF et d’autres associations, appelle la communauté internationale à agir : prévenir de nouveaux crimes, enquêter, préserver les preuves et renforcer les moyens de la mission d’enquête de l’ONU afin de garantir la responsabilité des auteurs et la justice pour les victimes.
Le texte dénonce une répression violente en Iran depuis fin 2025 : manifestations écrasées, milliers de morts, arrestations massives et coupure d’internet, pouvant constituer des crimes contre l’humanité.
Il souligne aussi le danger immédiat pour les prisonniers politiques, dont certains sont condamnés à mort ou risquent une exécution imminente à l’issue de procès injustes (aveux forcés, absence d’avocats) et met en garde contre une possible répétition des exécutions massives de 1988.

Rapport de la Mission d'Établissement des Faits (FFM) de l'ONU
11 mars 2026
La Mission d'enquête de l'ONU a averti dans un rapport accablant que l'ampleur de la répression institutionnalisée - incluant des meurtres de masse, des disparitions forcées et des actes de torture - pourrait constituer des crimes contre l'humanité. Le rapport souligne un ciblage systématique des minorités (Kurdes, Arabes Ahvazis et Bahaïs) sous couvert de sécurité nationale.

Répression transnationale - Menaces à l'étranger
L'ONU rapporte une extension de la répression transnationale, avec des menaces directes contre les familles de dissidents vivant en exil.

Au moins 90 citoyens arrêtés dans diverses provinces en lien avec la guerre
HRANA 14 mars
Ces 90 citoyens auraient été interpellés pour avoir diffusé des informations sur les frappes aériennes, critiqué l'implication du pays dans le conflit régional, ou simplement exprimé des doutes sur la gestion de la crise par les Gardiens de la Révolution (IRGC).

Destruction de l'île de Kharg
Le 14 mars 2026
Donald Trump a annoncé que les forces américaines avaient "oblitéré" les cibles militaires sur l'île de Kharg, le principal terminal pétrolier de l'Iran, paralysant ses capacités d'exportation.

Bilan Humanitaire  de la 1ère  quinzaine de mars
Plus de 1 300 morts et 10 000 blessés civils  en Iran selon les autorités locales.
Une douzaine de civils tués par des missiles iraniens et des tirs du Hezbollah en Israël.
Près de 900 000 personnes déplacées dans toute la région en seulement deux semaines.

Les civils iraniens "pris en étau entre la guerre et la répression"
ONU Info, 16 mars 2026  
Les Iraniens sont coincés entre la campagne militaire menée par les Etats-Unis et Israël et une répression persistante de leur propre gouvernement, a alerté lundi la Mission internationale indépendante d’enquête des Nations Unies sur l’Iran.
Selon les enquêteurs indépendants de l’ONU, ce conflit au Moyen-Orient a donné lieu en près de trois semaines à "des rapports de plus en plus nombreux faisant état de victimes civiles, y compris des enfants" en Iran.
Des hôpitaux, des écoles, des sites du patrimoine culturel et des zones résidentielles auraient été endommagés ou détruits, et de nombreux dépôts de pétrole ainsi qu’une usine de dessalement auraient été touchés, causant de graves préjudices aux civils.
"Aujourd’hui, le peuple iranien est pris en étau entre, d’une part, une campagne militaire de grande envergure menée par deux pays et, d’autre part, son propre gouvernement, connu depuis longtemps pour ses pratiques répressives", a déclaré la présidente de la Mission d’enquête.
"Si nous plaçons le peuple iranien au cœur de toute solution, l’escalade militaire doit cesser et toutes les parties doivent reprendre immédiatement le dialogue diplomatique", a déclaré Mai Sato. "La communauté internationale doit veiller à ce que la protection du peuple iranien reste une question de la plus haute priorité ". Dans cette perspective, elle a réaffirmé sa condamnation des frappes "illégales" menées contre l’Iran. "Le droit international ne s’applique pas de manière sélective", relevant que plus d’un millier de civils auraient été tués.
Ces conséquences s’ajoutent à une succession d’épreuves déjà subies par la population iranienne : "une escalade militaire, une répression, des manifestations nationales réprimées par la force meurtrière et des détentions massives - et avant même qu’elle ait pu reprendre son souffle, l’armée frappe à nouveau" .
Pour les Iraniens, les conséquences humaines sont immédiates et profondes. "Tués, détenus, déplacés et coupés du monde. Pris entre les sanctions et une répression implacable. Il y a eu tant de violence, et tant de morts", a insisté Mme Sato.



08 mars 2026

AFIF INFOS Février (2/2) 2026



Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
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Commémorations du 40ème jour pour des victimes du soulèvement national


Les cérémonies commémoratives du 40e jour pour des victimes du soulèvement national, organisées les 16 et 17 février, ont donné lieu à d’importantes cérémonies de recueillement dans de nombreuses villes.
Pris rapidement une dimension plus large, ces rassemblements se sont transformées en manifestations marquées par une forte expression de colère collective et par un défi politique assumé.
Au-delà du deuil, ces moments ont révélé la persistance d’une mobilisation populaire de poursuivre la contestation.
Le fait particulièrement marquant de ces commémorations a été le rôle central joué par les femmes. Leur présence visible et déterminée a souligné une fois de plus le rôle décisif qu’elles continuent de jouer, à la fois dans la transmission de la mémoire des victimes et dans la dynamique de mobilisation.
 
Zahra (Raha) Bahlouli Pour, tuée en janvier 2026 par les forces de sécurité  
Parmi ces cérémonies, celle marquant le 40ème jour du décès de Zahra Bahlouli Pour, étudiante en langue italienne à l’Université de Téhéran et issue de la communauté turque qashqai, a revêtu une importance particulière. Elle s’est tenue dans sa ville natale de Firouzabad. La commémoration a rassemblé un grand nombre de femmes et de jeunes filles venues lui rendre hommage. Par leur présence et leur engagement, elles ont transformé ce moment de souvenir en un acte collectif de solidarité, de mémoire et d’espoir.

Des mineurs parmi les 30 personnes qui risquent la peine de mort en lien avec le soulèvement
UNICEF /Amnesty International, 19 et 20 février 2026
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a appelé, le 19 février, à la libération immédiate de tous les enfants détenus lors des manifestations en Iran et a souligné que la détention d’enfants sous toutes ses formes devait cesser.
Exprimant son inquiétude face au maintien en détention des enfants, l’agence onusienne a demandé un accès indépendant à ces derniers et a exhorté le régime iranien à respecter ses obligations au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant.
Amnesty International a annoncé qu’au moins 30 personnes, dont plusieurs mineurs, risquent d’être exécutées suite aux manifestations nationales de janvier 2026 et a appelé à l’arrêt immédiat des exécutions et à l’annulation des condamnations :
« Les autorités iraniennes démontrent une fois de plus leur mépris du droit à la vie et à la justice en brandissant la menace d'exécutions rapides et en prononçant des condamnations à mort lors de procès expéditifs, quelques semaines seulement après l'arrestation. En instrumentalisant la peine de mort, elles cherchent à semer la terreur et à briser le moral d'une population qui réclame un changement fondamental. »
https://www.amnesty.org.uk/latest/iran-urgent-action-children-among-30-at-risk-of-execution-after-grossly-unfair-uprising-related-trials/?utm_source=chatgpt.com

45% des manifestants étaient des étudiants de moins de 20 ans ; des enfants soumis à la torture et menacés d’exécution
wncri, 21 février 2026
Signalements de torture et de violences sexuelles contre des mineurs détenus
Selon des informations publiées sur les réseaux sociaux et par des médias indépendants, des étudiants arrêtés ont fait face à des accusations fabriquées et à des aveux forcés. Dans les centres de détention, les autorités auraient recours à des méthodes sévères de torture pour extorquer des aveux, notamment des décharges électriques sur des parties sensibles du corps, des passages à tabac, l’utilisation de pinces, des tentatives de pénétration avec des tiges métalliques et des simulacres de noyade à l’aide d’eau et de tissus imbibés.
Ces abus seraient systématiques et non limités à une seule ville, bien que seule une fraction des cas ait été rendue publique.
Le 16 février, des informations ont fait état de la mort de deux sœurs âgées de 15 et 17 ans, à la suite de viols et d’actes de torture dans des centres de détention. Leur père a ensuite été arrêté dans le quartier de Khavaran à Téhéran.
Répression sécuritaire dans les écoles
Des agents du renseignement et des officiers en civil sont entrés dans des établissements scolaires à travers le pays, instaurant un climat de surveillance et d’intimidation.
Des enfants parmi les personnes condamnées à mort
Dans une déclaration publiée le 20 février 2026, des experts des United Nations ont appelé les autorités iraniennes à révéler le sort et le lieu de détention des personnes arrêtées, des victimes de disparition forcée et des personnes portées disparues depuis les manifestations, et à suspendre la prononciation et l’exécution des peines de mort liées aux manifestations.

L’exécution des femmes continue
Médias, 17 et 24 février 2026
La prisonnière Mina Nasirpour, 40 ans, a été  exécutée le  lundi 16 février 2026 à la prison centrale de Tabriz. Originaire d’Ardabil, avait été arrêtée il y a deux ans aux côtés de son mari pour des accusations liées aux stupéfiants. Tous deux avaient ensuite été condamnés à mort.
À l’aube du lundi 23 février 2026, Sohaila Asadi a été exécutée à la prison de Dastgerd, à Ispahan.
Âgée de 30 ans et originaire de Kachan, Sohaila Asadi avait été victime d’un mariage forcé. Arrêtée il y a environ quatre ans pour meurtre, elle avait été condamnée à la peine capitale à l’issue de la procédure judiciaire.
Au moment de cette publication, son exécution n’a été annoncée ni par les médias officiels iraniens, ni par aucune source gouvernementale.
Avec la pendaison de Sohaila Asadi le nombre de femmes exécutées au cours de l’année civile 2026 s’élève désormais à 10.

Conférence internationale "Le leadership des femmes ; une nécessité pour un Iran libre et une république démocratique" 
wncri, 22 février  2026
A l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, cette  conférence internationale s’est tenue le samedi 21 février, en présence de Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI et de dizaines de personnalités politiques et parlementaires d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine qui sont intervenues lors de cette conférence.
«La Journée internationale des femmes 2026 appartient aux femmes et aux jeunes qui ont pris d’assaut le principal bastion de la misogynie dans le monde aujourd’hui », a déclaré Mme Radjavi. Elle a appelé les femmes conscientes et éprises de liberté du monde entier à se tenir aux côtés des femmes d’Iran et à les soutenir. 
En présentant des programmes et des plans précis, le CNRI a insisté sur le principe que les droits humains sont des droits des femmes et doivent être reconnus dans tous les domaines :
– de la liberté d’élire et d’être élue,
– au droit de choisir librement ses vêtements,
– à la liberté de travailler, au droit à l’activité politique, sociale et économique,
– au droit d’utiliser toutes les moyens artistiques et sportifs sans discrimination,
– à un salaire égal aux hommes pour un travail égal,
– à la liberté de choisir son conjoint,
– à l’égalité du droit au divorce et l’interdiction de toute exploitation sexuelle des femmes, sous quelque prétexte que ce soit.

L’Hiver Pourpre : 50 jours de manifestations nationales en Iran (2025-2026)
HRANA, 23 février 2026
Ce rapport exhaustif examine les événements survenus au cours des 50 premiers jours suivant le déclenchement des manifestations nationales en Iran le 28 décembre 2025. Il dresse un compte rendu détaillé du déroulement des événements et de la réponse de l'État de décembre 2025 à février 2026.
Fruit d'un travail de documentation coordonné et mené par plusieurs équipes (HRANA de HRA, Spreading Justice, le projet de documentation Pasdaran et le Département des statistiques), ce rapport d'environ 1350 pages constitue un enregistrement structuré de la phase initiale des manifestations nationales iraniennes de 2025-2026 et de la réaction de l'État.
. Une Mobilisation Nationale et Étudiante Sans Précédent
. Un Bilan Humain Catastrophique
. Arrestations Massives et Intimidation Judiciaire
. Une Quête Inébranlable pour la Justice
Les conclusions sont tirées de plus de 143330 rapports HRANA, issus de sources confidentielles et publiques, collectés, vérifiés et analysés durant cette période de cinquante jours. 

ONU-Iran
Annalena Baerbock : les droits des femmes en Iran à l’ONU
24 février 2026
Lors de son point de presse au Palais des Nations à Genève, Annalena Baerbock, présidente de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a mis l’accent sur l’impérieuse nécessité de défendre les droits humains à l’échelle mondiale. Elle a notamment évoqué plusieurs cas de violations des droits des femmes, citant tout particulièrement la situation en Iran.
Elle a déclaré que les jeunes filles sont désormais traitées comme des êtres humains de seconde zone, une notion inexistante et inadmissible en droit international. Elle a également dénoncé le cas d’une femme en Iran, visée par des tirs au visage pour avoir simplement manifesté pacifiquement. Baerbock a placé la situation iranienne aux côtés d’autres exemples graves de violations des libertés et a réaffirmé la nécessité, pour la communauté internationale, de se mobiliser fermement contre les atteintes aux droits des femmes et des filles partout dans le monde.

Iran : 109ème mardi de grève de la faim dans 56 prisons contre la peine de mort
AFIF, 25 février 2026 
Pour la 109ème semaine consécutive, la campagne "Non aux exécutions" a franchi une étape symbolique majeure. Le mardi 24 février, des détenus répartis dans 56 centres pénitentiaires à travers l'Iran ont observé une grève de la faim coordonnée pour dénoncer l'usage systématique de la peine capitale par le pouvoir judiciaire.
Ce mouvement de résistance non violente, initié au sein des prisons iraniennes, vise à alerter l'opinion internationale sur l'augmentation alarmante du nombre de condamnations à mort et d'exécutions à travers le pays. Initialement limitée à quelques établissements, la mobilisation s'étend désormais à 56 prisons, témoignant d'une organisation interne sans précédent malgré la surveillance stricte.
La mobilisation de ce mardi revêt une importance particulière car elle coïncide avec les cérémonies du 40ème jour marquant le deuil des nombreuses victimes du soulèvement de janvier 2026.
Cette synchronisation souligne d’une part l'unité des mouvements, un rapprochement croissant entre les prisonniers politiques et les manifestants à l'extérieur. D’autre part, le défi au régime : la contestation en milieu carcéral résonne désormais directement avec les aspirations des mouvements anti-gouvernementaux qui secouent le pays.
Cette 109ème journée n'est plus seulement un acte de protestation interne, mais le symbole d'une lutte nationale unifiée contre la machine judiciaire du régime.

Escalade de la répression universitaire en Iran 
Vague de convocations et d’exclusions d’étudiants - 180 étudiants suspendus
Médias, 26 février 2026 
Face à une mobilisation estudiantine qui ne faiblit pas, le régime iranien multiplie les mesures disciplinaires. En l'espace de 48 heures, au moins 180 étudiants ont été visés par des procédures d'exclusion temporaire, illustrant la fébrilité des autorités devant l'ampleur de la contestation.
Entre le lundi 23 et le mercredi 25 février, une vague de SMS a été adressée aux étudiants identifiés lors des récents rassemblements. Le message est sans équivoque : leur participation est jugée "contraire au règlement pédagogique et disciplinaire ".
Dans l'attente de leur comparution devant un conseil de discipline, ces étudiants font l'objet de mesures conservatrices immédiates : interdiction d’accès aux campus et aux salles de cours. Et suspension de l'accès aux services universitaires (bibliothèques, restaurants, logements).
Le mardi 24 février a marqué la 4ème journée consécutive de manifestations coordonnées, devenu un mouvement d'envergure touchant les principales facultés de Téhéran ainsi que plusieurs grandes villes de province. 
Les slogans, de plus en plus explicitement anti-gouvernementaux, témoignent d'une rupture profonde entre la jeunesse et le pouvoir. Des heurts ont éclaté sur plusieurs sites universitaires entre les manifestants et les milices du Bassidj. Ces affrontements signalent une volonté du régime de briser la dynamique de groupe par la force, alors que l'agitation gagne des secteurs de plus en plus larges de la société académique.

28 février 2026
Premier jour de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran

Rapport initial sur l'ampleur des attaques et leurs conséquences humaines (HRANA)
Suite aux attaques militaires menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février 2026, les données préliminaires recueillies auprès de sources sur le terrain et dans les rapports publiés dressent le tableau d'une opération de grande envergure et en plusieurs phases : au moins 59 incidents recensés dans 18 provinces ; un minimum estimé à 333 victimes civiles ; des pertes militaires confirmées ; des dégâts aux infrastructures et aux centres éducatifs ; de graves perturbations d'Internet en plusieurs phases ; et une vague de réactions juridiques, politiques et humanitaires tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Iran.
La mort de plusieurs dizaines d'écolières à Minab
Le vice-gouverneur chargé des affaires politiques, sécuritaires et sociales de la province d'Hormozgan a annoncé qu'à la suite de frappes de missiles menées par l'armée israélienne sur le territoire iranien, une école primaire de filles nommée "Shajareh Tayyebeh" a été visée.
Cependant, le porte-parole du ministère de l'Éducation a annoncé par la suite que le bilan s'élevait à 53 morts et 63 blessés.
Ahmad Nafisi a ajouté : "Au cours de la matinée, dans cette école qui a été directement visée, 170 élèves étaient présents. Les opérations de déblaiement et de sauvetage des élèves sont en cours.
Volker Türk  demande une enquête rapide, impartiale et approfondie sur les circonstances de  cette attaque. 
La responsabilité d’enquêter incombe aux forces qui ont mené cette attaque. Le Haut-Commissaire des
Nations unies aux droits de l'homme appelle à rendre publics les résultats de cette enquête et à veiller à ce que les victimes obtiennent justice et réparation.