06 avril 2026

AFIF INFOS Mars (2/2) 2026


Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE

Exécution des prisonniers politiques en pleine guerre et nouvel an iranien
Alors que l'attention mondiale est focalisée sur le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, le résidu de la théocratie  intensifie la répression interne. Menacé surtout par une population qui exige un changement radical face à la corruption et à l'incompétence, le régime utilise la peine de mort comme ultime outil de terreur pour assurer sa survie et compenser son manque total de légitimité politique, religieuse et moral.
Malgré les supplications poignantes de leurs familles et les protestations de la communauté internationale, le régime clérical a exécuté ces derniers jours plusieurs prisonniers politiques, notamment, 
Mohammad Taghavi Sangdehi, 59 ans, graphiste,
Akbar Daneshvarkar, 58 ans, ingénieur en génie civil, 
Babak Alipour, 34 ans, juriste, 
Pouya Ghobadi, 33 ans, ingénieur en électricité, 
Vahid Baniamerian, 32 ans, étudiant d'élite titulaire d'un MBA et professeur de physique, et 
Abolhassan Montazer, 65 ans, architecte et père de deux enfants.
Accusés d’appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), et condamnés à m0rt à l’issue de procédures dénoncées comme profondément injustes, ces vaillants résistants ont été pendus arbitrairement et en secret à la prison de Qezelhessar. Leurs familles et avocats n'ont pas été informés au préalable.


ONU-Iran
Le Conseil des droits de l'homme alerte sur l'escalade guerrière au Moyen-Orient
OHCHR – HCR 61, 16 mars 2026 
Le forum suprême des Nations unies pour les droits de l'homme s'est réuni à Genève le lundi 16 mars, dans un climat de vive inquiétude face au bilan civil croissant du conflit au Moyen-Orient. La guerre, déclenchée par des bombardements israélo-américains contre l'Iran, a entraîné des ripostes de Téhéran contre les États du Golfe et des échanges de tirs intenses entre Israël et le Hezbollah au Liban.
Un bilan civil tragique en Iran
Sara Hossein, présidente de la Mission internationale indépendante d'établissement des faits, a dressé un constat alarmant de la campagne aérienne lancée le 28 février par les États-Unis et Israël :
. Massacre d'écolières : Une frappe a détruit une école à Minab (sud de l'Iran), tuant plus de 168 personnes, majoritairement des fillettes dès l'âge de 7 ans.
. Infrastructures vitales touchées : Des zones résidentielles, des dépôts de carburant et une usine de dessalement ont été détruits. 
Lors de la 61ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (23 février - 31 mars 2026), Sara Hossain a présenté un rapport exhaustif décrivant une situation des droits humains profondément préoccupante dans le pays. S’appuyant sur une documentation étendue et des témoignages directs, elle a mis en garde contre la poursuite d’une répression systématique et l’intensification des violations des droits fondamentaux, ciblant tout particulièrement les femmes.
La Rapporteuse spéciale Mai Sato a précisé que 1 000 civils auraient déjà péri, et que des hôpitaux ainsi que des sites classés au patrimoine mondial ont été visés. Elle  évoqué  la crise humanitaire et environnementale, que les frappes sur les infrastructures pétrolières provoquent des catastrophes toxiques dans un pays déjà en pénurie d'eau. On compte désormais 3 millions de déplacés internes, aggravés par l'absence de sirènes d'alerte et d'abris antiaériens fonctionnels.
L'Iran entre marteau et enclume
Les experts soulignent que le peuple iranien est pris au piège entre une campagne militaire étrangère d'envergure et la répression continue de son propre gouvernement. 

Détérioration alarmante des conditions de détention à la prison d’Evin
Activistes, 17 mars 2026
Selon des témoignages recueillis auprès des familles de détenus, les conditions de vie au sein de la prison d’Evin se sont considérablement dégradées ces derniers jours. Les prisonniers font face à des pénuries critiques de produits de première nécessité, plongeant l'établissement dans une situation humanitaire de plus en plus préoccupante.
Un quotidien de plus en plus précaire  
Le quartier des femmes, où sont actuellement incarcérées environ 200 détenues, est particulièrement touché. Leur quotidien est marqué par  les coupures répétées d’eau chaude, pénuries graves de produits essentiels et de médicaments.
Les autorités soudent les portes d’Evin, mettant en péril les détenus.

Pendaisons publiques de trois manifestants à la veille de Norouz
Mizan/IranHRM, 19 et 20 mars 2026 
Au 21ème  jour de la coupure massive d’Internet et à la veille du Nouvel An iranien, les autorités ont exécuté trois  jeunes hommes arrêtés lors du soulèvement de janvier  2026. Au matin de jeudi 19 mars, Saleh Mohammadi 19 ans, champion national de lutte, Mehdi Ghasemi et  Saeed Davoodi, 21 ans, ont été pendus en public dans la ville sainte de Qom. 
Les accusations portées contre ces jeunes, alléguant le "meurtre d’agents", reposaient uniquement sur des scénarios sécuritaires et des aveux extorqués sous la torture brutale en isolement cellulaire. 
Des dizaines d'autres manifestants arrêtés en janvier ont été condamnés à mort par le régime et restent menacés d'exécutions similaires, parmi lesquels des enfants et des adolescents. 
En outre, des dizaines de milliers de détenus depuis janvier, et des centaines d'individus arrêtés pendant la guerre actuelle, courent le grave risque de procès accélérés pouvant aboutir à davantage de condamnations à mort.


Vague d’arrestations, de disparition et de répression à grande échelle
ONGs/AFIF, 22… mars 2026
La situation actuelle en Iran est marquée par une recrudescence alarmante de la répression. En ce début d'année 1405 le pays traverse une période de troubles intenses, mêlant instabilité politique interne et contexte de guerre.
Les chiffres officiels avancé par le régime évoquent environ 3 000 arrestations, mais les ONG estiment que le bilan réel pourrait dépasser plusieurs dizaines de milliers de citoyens à travers tout le pays. 
La répression frappe indistinctement des figures de la société civile, notamment : artistes et intellectuels, activistes , familles des prisonniers politiques… les autorités s'en prennent désormais aux proches de dissidents exilés pour faire pression sur ces derniers.
Accélération brutale des détentions
Les conditions de détention sont extrêmement préoccupantes, avec des signalements systématiques de torture, d'aveux forcés diffusés à la télévision d'État et de disparitions forcées. De nombreux manifestants arrêtés risquent une exécution imminente à la suite de procès expéditifs.
La célébration de Norouz, traditionnellement synonyme de joie, est ainsi assombrie pour des milliers de familles iraniennes dont les proches sont actuellement derrière les barreaux ou portés disparus.

Long silence numérique pour cachet la répression
Médias/AFIF, 22… mars 2026
Au-delà des arrestations, la société iranienne subit actuellement ce que les experts de NetBlocks qualifient de plus longue coupure nationale d'Internet jamais enregistrée dans un pays.
Depuis le début de la vague de protestations et l'intensification du conflit militaire fin février/début mars, la coupure est quasi totale. Elle a officiellement dépassé tous les records précédents de blocage à l'échelle d'une nation entière.
Le trafic internet global en Iran est tombé à seulement 4 % de son niveau habituel. Seul le Réseau National d'Information (l'intranet contrôlé par l'État) reste partiellement accessible pour les services administratifs et bancaires essentiels.
Le gouvernement utilise cette coupure comme une arme de guerre et de répression interne pour isoler la population, empêcher la diffusion d'images des frappes militaires (américano-israéliennes) et des victimes civiles. Et entraver la coordination, bloquer l'organisation des manifestations et des mouvements de résistance civile qui ont suivi l'annonce de la mort du guide suprême.
Nous craignons que ce silence numérique ne serve à couvrir les massacres et les exécutions dans les prisons sans que le monde ne puisse intervenir en temps réel. Cette coupure ne touche pas seulement les activistes ; elle paralyse l'économie, empêche les familles de se donner des nouvelles durant Norouz et isole totalement les étudiants et les chercheurs. C'est un véritable siège numérique.

D'Evin à Chabahar : Les prisonniers entre les flammes de la guerre et les salves des Gardiens 
Iran HRM, 22 mars 2026  
Alors que l'Iran entame son 22e jour de coupure nationale d'Internet, des rapports vérifiés révèlent un crime atroce commis entre les murs de la prison de Chabahar.
Dans les premières heures du mercredi 18 mars 2026, des prisonniers baloutches manifestaient contre la privation de leurs rations alimentaires. Les forces de sécurité ont répondu à ces protestations par des tirs à balles réelles dirigés directement sur les détenus. Le bilan fait état de plusieurs morts et de dizaines de blessés parmi les prisonniers…

Le blâme unanime du Conseil des droits de l’homme de l’ONU marque un tournant vis-à-vis du régime iranien
CSDHI, 26 mars 2026
Un consensus mondial condamnant l’agression régionale du régime iranien souligne l’échec de l’apaisement et l’urgence d’une responsabilisation.
Dans une démonstration inhabituelle d’unité internationale, le Conseil a adopté une résolution unanime condamnant les récentes attaques de missiles et de drones du régime iranien à travers la région du Golfe Persique.
La décision, prise lors d’une session d’urgence à Genève à la demande des États du Golfe, représente plus qu’un simple geste diplomatique de routine — elle signale un possible point d’inflexion dans la manière dont la communauté internationale fait face au comportement déstabilisateur de Téhéran.
La résolution du Conseil des droits de l’homme, présentée conjointement par Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Jordanie, condamne les frappes du régime iranien contre les États de la région ainsi que sa fermeture de facto du détroit d’Ormuz.
Elle appelle en outre à une compensation pour les dommages infligés aux infrastructures civiles et aux économies — une reconnaissance explicite de l’ampleur et des conséquences de ces attaques. Cette unanimité rare est politiquement significative.

Ecole bombardée en Iran : le chef des droits de l’homme de l’ONU réclame "justice"
AFP, 27 mars 2026

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a fustigé vendredi "l'horreur profonde" du bombardement meurtrier d'une école iranienne le 28 février, exhortant Washington à conclure rapidement son enquête et à "rendre justice" : "Le bombardement de l'école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab a provoqué une horreur profonde", a déclaré Volker Türk devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, soulignant qu'"il revient aux auteurs de l'attaque d'enquêter rapidement, impartialement, de manière transparente et approfondie".
"Les images de salles de classe bombardées et de parents en deuil ont clairement montré qui paie le prix le plus élevé de la guerre : les civils, qui n'ont aucun pouvoir sur les décisions qui ont mené au conflit". 
En session annuelle à Genève, le Conseil tenait vendredi une réunion d'urgence sur la sécurité des enfants dans le conflit au Moyen-Orient, après le bombardement mortel de l'école de Minab, dans le sud du pays, qui a selon Téhéran a fait plus de 165 morts.

114ème mardi de grève de la faim contre les exécutions en Iran
AFIF, 31 mars 2026
Les prisonniers participant à de la campagne" Non aux exécutions du mardi" ont annoncé la poursuite de la grève de la faim coordonnée dans 56 prisons à travers le pays. 
Ce mouvement, d'une résilience exceptionnelle, constitue aujourd'hui le cœur battant de la résistance intérieure en Iran. En atteignant sa 114ème semaine consécutive en ce début d'année 1405, dépasse le simple cadre de la contestation carcérale pour devenir un défi politique majeur au régime.
Les parents d’Akbar Daneshvarkar et de Pouya Ghobadi, des opposants exécutés il y a quelques jours, faisaient partie des familles actives mobilisées au sein de cette campagne pour la justice. Durant deux années, ils ont participé sans relâche à des rassemblements hebdomadaires, réclamant la fin des exécutions, en toutes circonstances et pour tous.

Campagne de recrutement d'enfants-soldats en Iran
France 24, 31 mars 2026
Les Gardiens de la révolution ont lancé, en pleine guerre, une campagne officielle en Iran visant à recruter des enfants dès 12 ans pour ce qu’ils appellent la "défense de la patrie". 
Selon l'agence de presse iranienne ANA, cette campagne de recrutement s'adresse aux garçons et aux filles. Les jeunes recrues pourraient participer à des opérations de renseignement, "à des contrôles d'identité et à des patrouilles opérationnelles", mais aussi effectuer des tâches logistiques comme la préparation des repas, la distribution "d'articles nécessaires" aux combattants ...
Les ONG dénoncent des risques mortels et rappellent que l’utilisation de mineurs constitue un crime de guerre selon le droit international. 
La mort tragique d’Alireza Jafari, âgé de 11 ans, illustre cette réalité. Il a été tué le 11 mars lors d'une attaque de drone israélienne visant les forces de sécurité iraniennes sur un check-point de l'autoroute Artesh à Téhéran.
Dans une interview avec le quotidien iranien Hamshahri publiée le 15 mars, Sadaf Manfard, la mère de l'enfant, a expliqué que la nuit de l'attaque, le père d'Alireza lui avait expliqué qu'en raison d'un "manque de personnel", il devait emmener son fils avec lui afin qu'il soit "préparé pour les jours à venir". Le père est mort lui aussi dans cette attaque.

19 mars 2026

AFIF INFOS Mars (1/2) 2026

                            Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran



La date du 28 février marque un tournant historique et tragique. Depuis le déclenchement de ce qu'on appelle désormais la "Seconde Guerre de l'Iran", le pays a basculé dans un conflit ouvert avec les Etats-Unis et l’Israël dont "l'opération de décimation" et les frappes massives ont atteint une intensité record à la mi-mars.

Cette guerre survient alors que le régime clérical était déjà affaibli par des révoltes internes massives début 2026, créant une situation de "double front" pour la théocratie à savoir la répression intérieure et la guerre extérieure.
L'actualité des droits humains en Iran est ainsi marquée par une crise sans précédent. La situation combine une répression interne féroce suite aux soulèvements de janvier avec plusieurs milliers de manifestants tués et des dizaines de milliers d’autres arrêtés,  détenus et/ou disparus, ainsi que les conséquences humanitaires de frappes militaires récentes et en cours.

Le guide suprême
Ali Khamenei a été tué dès les premières frappes  sur Téhéran fin février. Le pays est actuellement dirigé par une sorte de commandement d'urgence des Gardiens de la Révolution dans un climat de chaos politique interne. 
Le seconde fils du guide Mojtaba Khamenei, a été présenté dimanche soir 8 mars comme le 3ème dirigeant du régime iranien. Il fut pendant des années l’un des acteurs officieux les plus influents du système et joua un rôle important au sein du noyau dur du régime.
Cette figure mystérieuse de l’ombre est l’un des principaux responsables de la répression des soulèvements populaires de la dernière décennie. Entretenant des liens étroits avec l’écosystème sécuritaire gravitant autour des services de renseignement des Gardiens de la révolution, il est étroitement lié aux crimes de son père.

État de siège et "Black-out" numérique
1er mars 2026 
Coupure d'Internet - Les autorités maintiennent un black-out quasi total (connectivité réduite à 1 %) et une surveillance biométrique accrue. Ces mesures visent à empêcher la documentation des abus commis par les forces de sécurité et la coordination de nouveaux rassemblements.
Des points de contrôle massifs ont été installés à Téhéran pour prévenir toute commémoration des victimes des mois précédents.

Situation humanitaire- Sort des blessés 
De nombreux manifestants blessés n'osent pas se rendre dans les hôpitaux de peur d'être arrêtés, le gouvernement ayant militarisé certains centres médicaux. Pénuries médicales aggravées par le blocus et arrestations dans les hôpitaux

Tragédie de Minab 
La période est marquée par des pertes civiles massives qui suscitent une réprobation internationale, notamment le drame de l'école de Minab. Le 1er mars, une frappe, attribuée à la coalition américano-israélienne par l'UNESCO, a pulvérisé une école de filles à Minab, tuant environ 170 enfants. 
ONU Femmes et des experts de l’ONU expriment leur vive inquiétude face à la mort d’écolières à Minab
Dans un contexte d’escalade des tensions militaires au Moyen-Orient et de préoccupations croissantes concernant les conséquences humanitaires du conflit, ONU Femmes a lancé une mise en garde sur les risques graves encourus par les civils, et plus particulièrement par les femmes et les filles.

ONU-Iran
4 mars 2026
L’ONU a lancé une alerte urgente contre des procès collectifs et condamnations à mort "accélérées" et des procédures de peine de mort "expéditives". Les autorités judiciaires iraniennes ont annoncé que les procès seraient organisés rapidement, avec des charges de "moharebeh" (guerre contre Dieu) passibles de l'exécution.
En 2025, l'Iran avait déjà atteint un record avec plus de 1 600 exécutions. Les experts de l’0NU craignent une accélération massive en mars pour "liquider" les dossiers des nouveaux prisonniers politiques.

Frappes sur la prison d’Evin et danger pour les détenus
3 mars 2026
Les environs de l’université Imam Hossein à Téhéran et une partie du mur d’enceinte de la prison d‘Evin ont été la cible de frappes aériennes. Des sections du mur de la prison ont été endommagées. Aucune information vérifiée n’a été communiquée concernant l’état des prisonniers ou d’éventuelles victimes.
Cet incident place une nouvelle fois la sécurité des personnes incarcérées à Evin, tout particulièrement celle des prisonniers politiques, notamment quelque 200 prisonnières politiques et des personnes interpellées lors du soulèvement de janvier, au cœur des préoccupations du public face à l’escalade des menaces militaires.

Détresse des détenues à Qarchak face à la guerre
5 mars 2026
Le personnel pénitentiaire a déserté les lieux, laissant les prisonniers, confrontées à la pénurie d’eau, derrière des portes verrouillées.
Plusieurs membres du personnel issus de divers services, notamment du corps médical, de l’infirmerie, de l’administration et même des unités de garde, auraient déserté leurs postes. Par conséquent, de nombreuses questions liées à la gestion et au bien-être des prisonnières restent dans l’incertitude. Les prisonnières dont environ 80 manifestantes, se plaignent du manque de réaction des autorités pénitentiaires face à une grave surpopulation ainsi qu’à une pénurie de ressources de base.


Mai Sato, la Rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Iran 
X, 8 mars 2026
« En cette Journée internationale des droits des femmes, je pense aux femmes et aux filles d'Iran qui devraient être parmi nous. Celles qui ont été tuées lors d'une frappe de missile sur une école primaire de filles. Celles qui sont détenues, disparues ou décédées en lien avec les manifestations nationales.  Leurs histoires doivent rester dans les mémoires. »

Attaques contre des installations pétrolières à Téhéran et Karaj  
Incendies massifs à Téhéran (Shahran), pluies acides signalées
HRANA/médias, 8 et 9 mars 2026
Suite aux frappes aériennes menées le soir du 7 mars contre plusieurs dépôts et installations pétrolières à Téhéran et Karaj, le ciel de la capitale s’obscurcit, d'importants incendies de réservoirs de stockage de carburant ont dégagé d'immenses quantités de fumée et de polluants dans le ciel de la capitale. Face à la persistance des incendies et à l'aggravation des risques respiratoires, les autorités ont également annoncé une réduction des quotas d'essence. Cette situation, conjuguée aux efforts croissants de certains habitants pour quitter Téhéran, pourrait entraver la circulation et les déplacements hors de la ville.

Déclaration des ONG alertant sur le risque d’exécution des prisonniers politiques comme en 1988
AFIF, 10 mars 2026
Une déclaration écrite conjointe soumise à l’ONU le 9 mars 2026 par Women's Human Rights International Association et 10 autres ONG dotées du statut consultatif spécial et cosignée par AFIF et d’autres associations, appelle la communauté internationale à agir : prévenir de nouveaux crimes, enquêter, préserver les preuves et renforcer les moyens de la mission d’enquête de l’ONU afin de garantir la responsabilité des auteurs et la justice pour les victimes.
Le texte dénonce une répression violente en Iran depuis fin 2025 : manifestations écrasées, milliers de morts, arrestations massives et coupure d’internet, pouvant constituer des crimes contre l’humanité.
Il souligne aussi le danger immédiat pour les prisonniers politiques, dont certains sont condamnés à mort ou risquent une exécution imminente à l’issue de procès injustes (aveux forcés, absence d’avocats) et met en garde contre une possible répétition des exécutions massives de 1988.

Rapport de la Mission d'Établissement des Faits (FFM) de l'ONU
11 mars 2026
La Mission d'enquête de l'ONU a averti dans un rapport accablant que l'ampleur de la répression institutionnalisée - incluant des meurtres de masse, des disparitions forcées et des actes de torture - pourrait constituer des crimes contre l'humanité. Le rapport souligne un ciblage systématique des minorités (Kurdes, Arabes Ahvazis et Bahaïs) sous couvert de sécurité nationale.

Répression transnationale - Menaces à l'étranger
L'ONU rapporte une extension de la répression transnationale, avec des menaces directes contre les familles de dissidents vivant en exil.

Au moins 90 citoyens arrêtés dans diverses provinces en lien avec la guerre
HRANA 14 mars
Ces 90 citoyens auraient été interpellés pour avoir diffusé des informations sur les frappes aériennes, critiqué l'implication du pays dans le conflit régional, ou simplement exprimé des doutes sur la gestion de la crise par les Gardiens de la Révolution (IRGC).

Destruction de l'île de Kharg
Le 14 mars 2026
Donald Trump a annoncé que les forces américaines avaient "oblitéré" les cibles militaires sur l'île de Kharg, le principal terminal pétrolier de l'Iran, paralysant ses capacités d'exportation.

Bilan Humanitaire  de la 1ère  quinzaine de mars
Plus de 1 300 morts et 10 000 blessés civils  en Iran selon les autorités locales.
Une douzaine de civils tués par des missiles iraniens et des tirs du Hezbollah en Israël.
Près de 900 000 personnes déplacées dans toute la région en seulement deux semaines.

Les civils iraniens "pris en étau entre la guerre et la répression"
ONU Info, 16 mars 2026  
Les Iraniens sont coincés entre la campagne militaire menée par les Etats-Unis et Israël et une répression persistante de leur propre gouvernement, a alerté lundi la Mission internationale indépendante d’enquête des Nations Unies sur l’Iran.
Selon les enquêteurs indépendants de l’ONU, ce conflit au Moyen-Orient a donné lieu en près de trois semaines à "des rapports de plus en plus nombreux faisant état de victimes civiles, y compris des enfants" en Iran.
Des hôpitaux, des écoles, des sites du patrimoine culturel et des zones résidentielles auraient été endommagés ou détruits, et de nombreux dépôts de pétrole ainsi qu’une usine de dessalement auraient été touchés, causant de graves préjudices aux civils.
"Aujourd’hui, le peuple iranien est pris en étau entre, d’une part, une campagne militaire de grande envergure menée par deux pays et, d’autre part, son propre gouvernement, connu depuis longtemps pour ses pratiques répressives", a déclaré la présidente de la Mission d’enquête.
"Si nous plaçons le peuple iranien au cœur de toute solution, l’escalade militaire doit cesser et toutes les parties doivent reprendre immédiatement le dialogue diplomatique", a déclaré Mai Sato. "La communauté internationale doit veiller à ce que la protection du peuple iranien reste une question de la plus haute priorité ". Dans cette perspective, elle a réaffirmé sa condamnation des frappes "illégales" menées contre l’Iran. "Le droit international ne s’applique pas de manière sélective", relevant que plus d’un millier de civils auraient été tués.
Ces conséquences s’ajoutent à une succession d’épreuves déjà subies par la population iranienne : "une escalade militaire, une répression, des manifestations nationales réprimées par la force meurtrière et des détentions massives - et avant même qu’elle ait pu reprendre son souffle, l’armée frappe à nouveau" .
Pour les Iraniens, les conséquences humaines sont immédiates et profondes. "Tués, détenus, déplacés et coupés du monde. Pris entre les sanctions et une répression implacable. Il y a eu tant de violence, et tant de morts", a insisté Mme Sato.