03 février 2020

AFIF INFOS - Janvier 2020

Bulletin mensuel d’informations sur les droits de l’Homme en Iran  

ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE 


Des femmes d'élite tuées dans le crash de l’avion ukrainien abattu par les gardiens de la révolution
women.ncr-iran.org, 30 janvier, 2020
176 passagers ont été tués dans l'écrasement d'un avion de ligne ukrainien le 8 janvier 2020 par les missiles antiaériens de du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI). L'avion s'est écrasé seulement 6 minutes après le décollage. Vingt-huit des passagers étaient des femmes d'élite, titulaires de hauts diplômes universitaires.
Parmi les victimes, de nombreux étudiants diplômés. La majorité des femmes victimes étaient des étudiantes de l'université de Téhéran, de l'université industrielle Sharif et de l'université des sciences et de l'industrie.
La colère des universités iraniennes contre Khamenei et CGRI
L’immense colère a gagné les universités en Iran. Les étudiants protestent sur le campus et dans les rues contre Ali Khamenei, le guide suprême du régime. Dans leurs slogans, ils l'ont dénoncé comme étant la source de toutes les calamités qui affligent le peuple iranien.

Rassemblement de soutien à Strasbourg pour les deux anthropologues prisonniers en Iran 
L’Alterpresse68, 30 janvier, 2020
Les anthropologues, Fariba Adelkhah et Roland Marchal, ont été arrêtés en Iran au début du mois de juin 2019. Ils y sont toujours incarcérés à ce jour, accusés de “rassemblement et collusion en vue de porter atteinte à la sécurité nationale”, selon le ministère iranien des Affaires étrangères.
L’Iran a utilisé à diverses reprises des otages étrangers ou binationaux afin de servir de monnaie d’échange dans ses négociations avec certains pays. Et notamment depuis le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord sur le dossier nucléaire de Téhéran, en mai 2018. Une manière de mettre la pression sur les cocontractants Occidentaux.
Selon le site IranWire, l’Iran détiendrait au moins une dizaine d’étrangers et/ou de binationaux dans ses prisons.
Un comité régional alsacien s’est constitué en défense des deux chercheurs. Il organise un rassemblement de soutien à Strasbourg, le 11 février 2020, à 12h, Place Kléber.

Dans une lettre à l’ONU, Ebadi proteste contre la répression des libertés religieuses en Iran 
ir.voanews.com, 29 janvier 2020 
Shirin Ebadi, avocate iranienne et lauréate du prix Nobel de la paix, dans une lettre adressée au Haut- Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, a exprimé ses inquiétudes quant à l'application par le régime iranien de nouvelles restrictions aux libertés religieuses.
Ces derniers jours, des informations sur l'interdiction de délivrer des cartes d'identité nationales aux citoyens iraniens qui ne font pas partie des quatre religions constitutionnellement reconnues (islam, christianisme, judaïsme et zoroastrisme) ont circulé sur les réseaux sociaux. Cette nouvelle a été accueillie avec une grande inquiétude par les militants des droits humains et les utilisateurs des médias sociaux.
Elle a précisé que près de 350 000 bahaïs vivent en Iran, ainsi que des yarsans, des yazidis et de nombreux athées. En vertu de cette nouvelle interdiction, ces groupes sont privés de leurs droits civils….

Récit d’une militante en détention et confessions forcées
CSDHI, 28 janvier 2020
La militante civile iranienne, Sepideh Qolian, a publié le 20 janvier 2020, un document dans lequel elle a révélé les détails de sa détention et la réapparition d'Ameneh Sadat Zabieh-poor, une journaliste de la radio - télévision officielle pour enregistrer ses aveux forcés.

Iran pend 2 hommes dont un âgé de 81 ans
Agence de presse officielle Rokna, 27 janvier 2020
Deux prisonniers condamnés à mort pour meurtre ont été pendus à l'aube du lundi 27 janvier dans la province de Chaharmahal Bakhtiari (sud-ouest).
Abdolreza Ali-Mohammadi, procureur public et révolutionnaire de cette province, a déclaré qu’un des prisonniers dont les initiales est Kh. Gh., était âgé de 81 ans. Il habitait à Boroujen et avait été condamné à mort en 2017. L’autre prisonnier, A. Gh., âgé de 31 ans, résidant à Khan-Mirza, a été condamné à mort en 2013, a indiqué le 

Inondations en Iran : des Baloutches privés d’eau potable
Iran HRM/CSDHI, 27 janvier 2020
Plus de deux semaines après de graves inondations dans la province de Sistan-Baloutchistan, près de 80% des habitants touchés par cette catastrophe n'ont toujours pas accès à l'eau potable.
Saeed Lak, représentant de la direction des soins infirmiers du ministère de la santé, a déclaré lundi à IRNA que seules 23 % des résidents dans les régions inondées ont accès à l'eau potable. 
Les écoliers sont contraints d’étudier dans des classes inondées. Ils doivent garder les pieds soulevés pendant les cours !

200 parlementaires d’Europe demandent avec Maryam Radjavi l’envoi d’une mission d'enquête en Iran
Iran Focus, 26 janvier 2020
Quelques 200 parlementaires en Europe ont soutenu l’appel de Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne, lancé à l’ONU pour envoyer une mission d’enquête en Iran. 
En effet, le régime iranien refuse toujours de divulguer les chiffres de la répression du soulèvement de novembre.

L’Iran des mollahs, bourreau de femmes
AgoraVox, 23 janvier 2020         Par Simin Nouri
"Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine…", Victor Hugo.
«Parallèlement à la répression sanglante des manifestants anti régime, l’Etat iranien continue à appliquer la peine capitale comme s’il tenait à conserver son record mondial du nombre le plus élevé d’exécutions par habitant, par mineurs délinquants et par femmes…
Cette dictature religieuse reste aussi à l’heure actuelle le bourreau le plus actif des femmes dans le monde. A quand la fin du silence coupable des occidentaux face à cette ignominie?»

Une chrétienne a disparue depuis 10 jours
Iran HRM, 22 janvier 2020
Il n'y a aucune information sur le sort de Fatemeh (Mary) Mohammadi, une chrétienne iranienne qui a été arrêtée depuis le 12 janvier lors des récentes manifestations sur la place Azadi à Téhéran. 
Elle a été frappée au visage par une femme appartenant à la patrouille d'orientation qui a harcelé Mary et plusieurs autres femmes sous prétexte de faire respecter le hijab.
Lorsque Mary Mohammadi s’est approchée du poste de police 119 pour se plaindre de l’incident, au lieu de recevoir une réponse à sa plainte, elle a été arrêtée.

La prisonnière anglo-australienne a rejeté l'offre de l'Iran de travailler comme espion
The Guardian/Australia news, 20 janvier 2020
L'Iran a tenté de recruter l'universitaire de et prisonnière anglo-australienne, Kylie Moore-Gilbert, en tant qu'espionne de Téhéran en échange de sa libération, mais cette offre a été repoussée avec fureur, révèlent des lettres provenant de la prison d'Evin.
L’universitaire de Cambridge, spécialisée dans la politique du Moyen-Orient, est actuellement détenue en aile isolée de la prison Evin de Téhéran, dirigée par les Gardiens de la Révolution. Elle purge une peine de 10 ans pour espionnage, une accusation qu'elle et le gouvernement australien, rejettent comme étant totalement fausse.

105ème femme exécutée en Iran pendant le mandat de Rohani
women-ncr.org, 18 janvier 2020
Maliheh Haji Hassani a été pendue le 14 janvier 2020 à "Adelabad", la prison centrale de Chiraz. 
Arrêtée en 2016 pour le meurtre de son fiancé et emprisonnée depuis, Maliheh, âgé de 29 ans, est la deuxième femme exécutée en janvier et en 2020.
Selon les données recueillies à partir de documents publiés par la presse officielle iranienne, les militants des droits humains et leurs sites internet ou par des sources privées en contact avec la Résistance iranienne, 105 femmes ont été exécutées sous la présidence de Rohani. 

Iran : Des dizaines de blessées alors que les forces de sécurité utilisent une force illégale pour écraser les manifestations 
AI, 15 janvier 020
«Des séquences vidéo vérifiées, des photographies et des témoignages de victimes et de témoins oculaires au sol obtenus par Amnesty International confirment que les forces de sécurité iraniennes ont fait un usage illégal de la force contre des manifestants pacifiques qui s'étaient rassemblés dans tout l'Iran après que les autorités eurent admis avoir abattu un avion de ligne ukrainien le 8 janvier.
Les éléments de preuve indiquent que les 11 et 12 janvier, les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants pacifiques des balles pointues avec des fusils à air comprimé, habituellement utilisés pour la chasse, qui ont provoqué des hémorragies et des blessures douloureuses. Les forces de sécurité ont également utilisé des balles en caoutchouc, du gaz lacrymogène et du gaz poivré pour disperser les manifestants, et elles leur ont donné des coups de pied et de poing, les ont frappés avec des matraques et ont procédé à des arrestations arbitraires…
Amnesty International a appelé les États membres du Conseil des droits de l'homme des Nations unies à tenir une session extraordinaire sur l'Iran afin de demander une enquête sur les homicides illégaux de manifestants, la vague effroyable d'arrestations, les disparitions forcées et la torture de détenus, en vue de faire en sorte que les responsables rendent des comptes.»

Le deuil à l'enterrement de Soleimani a été mis en scène 
Les Iraniens ne se rallient pas derrière le régime 
euronews.com, 15 janvier 2020              Par Bob Blackman
«Si vous avez regardé les nouvelles la semaine dernière, vous avez peut-être vu des images des funérailles de Qasem Soleimani. Les foules "énormes" qui entourent son cercueil semblent donner du crédit aux affirmations souvent répétées sur le commandant de la force terroriste iranienne Qods... Le guide suprême Ali Khamenei a ouvertement pleuré lors de la cérémonie, entre deux vœux de vengeance.
Mais, si vous vous êtes connecté sur Twitter pendant les funérailles, vous avez peut-être rencontré un récit bien différent sur le commandant de la Force Qods et l'impact de sa mort. Là, des centaines de milliers de personnes ont tweeté en utilisant le hashtag #IraniansDetestSoleimani. De nombreux posts comprenaient des descriptions du carnage qu'il a perpétré, tant dans son pays d'origine que dans la région au sens large...
Les Iraniens ordinaires ne sont pas en deuil de Soleimani 
Dans la mesure où ils étaient présents dans les rues de Téhéran lors de ses funérailles, c'est en grande partie parce que le régime est passé maître dans l'art de gérer les manifestations publiques et de façonner un récit de propagande autour d'elles…
Les Iraniens ne sont peut-être pas prêts à risquer leur vie pour assister à un service commémoratif mandaté par l'État, mais ils le feront pour se rassembler un autre jour et répudier ce que ce terroriste mort représentait. »

104ème femme exécutée en Iran pendant le mandat de Rohani
Agence de presse officielle Rokna, 14 janvier 2020
Une iranienne, identifiée étant Sara M, a été exécutée la semaine dernière dans la prison de Machhad (nord-est). Arrêtée à l'âge de 32 ans en 2016 et après avoir passé deux ans en prison, elle a été pendue début janvier 2020.  
Sara M. est la première femme à être exécutée en Iran en 2020. 
En 2019, le régime iranien a exécuté 16 femmes simultanément à la répression et aux exécutions croissantes en Iran. Rien que dans les trois semaines de décembre 2019, six femmes ont été exécutées par le régime dans diverses prisons iraniennes.

Iran : boycotts et démissions en chaîne après le "mensonge" des autorités sur le Boeing abattu
France 24, 14 janvier 2020       Par Bahar Makooi
Boycotts et démissions se sont multipliés dans le milieu artistique et médiatique iranien pour dénoncer le "mensonge" des autorités, qui ont reconnu être responsables du crash du Boeing ukrainien, abattu par un missile. Le festival culturel de Fajr et la télévision d'État sont particulièrement touchés. 
Alors que le pays est en proie à des manifestations, la vague d'indignation atteint même des fonctionnaires de la télévision d’État.

"Mollahs dégagez" :  Iran proteste après la catastrophe aérienne
Reuters, 13 janvier 2020           Par Babak Dehghanpisheh
«Les manifestants sont descendus dans les rues d'Iran pour dénoncer les dirigeants religieux du pays et la police anti-émeute déployée pour leur faire face lors de la troisième journée de manifestations lundi, après que les autorités aient reconnu avoir abattu un avion de ligne par erreur…
La colère du public iranien, qui gronde depuis des jours après que Téhéran ait nié à plusieurs reprises qu'il était responsable de l'accident d'avion, a éclaté lorsque l'armée a reconnu son rôle…»

L'Iran met en garde les manifestants alors qu'il est aux prises avec des troubles à la suite d'un accident d'avion
Wall Street Journal, 13 janvier 2020
Les autorités iraniennes ont averti les manifestants de ne pas organiser de nouvelles manifestations antigouvernementales. Une vidéo semblait montrer les forces de sécurité en train d'utiliser des gaz lacrymogènes pour contenir les manifestations du week-end.
Les manifestations ont éclaté après que l'armée iranienne a déclaré samedi qu'elle avait involontairement abattu un avion de ligne ukrainien la semaine dernière, tuant les 176 personnes à bord, après avoir nié pendant des jours sa responsabilité. Les manifestants ont dénoncé ce qu'ils ont qualifié de mensonge et d'incompétence de la part des dirigeants du pays.

L'ambassadeur britannique en Iran arrêté
CNN, 12 janvier 2020
Les protestations ont eu lieu alors que l'Iran fait face à de nouvelles critiques à l'étranger pour l'arrestation temporaire samedi de l'ambassadeur britannique Rob Macaire. Il a été accusé d'avoir fomenté et dirigé des manifestations radicales et destructrices, puis a été libéré. Macaire a déclaré sur Twitter qu'il rendait plutôt hommage aux victimes de l'avion ukrainien abattu. L'ambassadeur a ajouté qu'il avait quitté la zone après cinq minutes. Le ministre britannique des affaires étrangères Dominic Raab a qualifié l'arrestation de Macaire de "violation flagrante du droit international", un sentiment partagé par les ministères allemand et français des affaires étrangères. 

Crash près de Téhéran 
L'armée iranienne reconnaît 3 jours après, avoir abattu l'avion de ligne ukrainien par "erreur"
Le Monde/CSDHI, 11 janvier 2020
Volte-face, trois jours après le crash de l’avion d’Ukrainian Airlines en Iran. L’état-major des forces armées iraniennes a déclaré, samedi 11 janvier, qu’une "erreur humaine" était à l’origine de la catastrophe. Le Boeing 737, qui transportait 176 personnes, qui ont toutes été tuées, a été pris pour un "avion hostile" et a été "touché" alors que les menaces ennemies étaient au plus haut niveau, explique un communiqué publié par l’agence officielle IRNA.
Jeudi 9 janvier 2020, Newsweek avait cité des responsables du Pentagone et des renseignements américains et irakiens déclarant que l'avion de ligne ukrainien avait été abattu par un système de missiles antiaériens.

Des portraits de Soleimani sont arrachés et brûlés en Iran
CSDHI, 11 janvier 2020
De jeunes insurgés arrachent et brûlent portraits de Soleimani à Téhéran, Ahvaz, Kermanchah, Masjed-Soleiman, Zandjan, Khorramabad, Islamchahr, Pakdacht et d’autres villes d’Iran.
Pendant les grandes manifestations de ces deux derniers jours, les étudiantes et les jeunes ont lancé des slogans contre Soleimani et les pasdarans de Khamenei, comme "Soleimani assassin, tout comme son guide suprême assassin", "le régime des pasdarans, c’est vous notre Daech" et "pasdarans incompétents, assassins du peuple"…

La seule médaillée olympique féminine de l'Iran fait défection
AFP, 11 janvier 2020
Kimia Alizadeh, la seule médaillée olympique féminine d'Iran, a annoncé samedi qu'elle avait quitté définitivement son pays, invoquant l'"hypocrisie", "mensonge", "injustice" et "flatterie" d'un système qu'elle prétend humilier les athlètes tout en les utilisant à des fins politiques.
Alizadeh, qui a remporté une médaille de bronze en taekwondo aux Jeux olympiques de Rio en 2016, a cité l'oppression exercée par les autorités de la République islamique.
"Je suis l'une des millions de femmes opprimées en Iran avec qui elles jouent depuis des années", a écrit la jeune femme de 21 ans.
" Je portais tout ce qu'on me disait de porter ", a-t-elle dit, faisant référence au voile islamique, qui est obligatoire pour toutes les femmes en public en Iran.
Sans rien dire de ses projets, Alizadeh a assuré au "cher peuple iranien" qu'elle resterait "une enfant de l'Iran où qu'elle soit".

Sept militants des droits civils ont été emprisonnés
hra-news.org, 9 janvier 2020
Sept militants des droits civils, Mahrokh Rousta, Kaveh Mozaffari, Faraz Roshan, Jelveh Javaheri, Farough Saminia, Ahmad Zahedi Langeroudi et Houman Tahriri ont été arrêtés le 26 décembre 2019, lors de la cérémonie de commémoration qui s'est tenue 40e jours après l'assassinat de Navid Behboudi, l'une des victimes des manifestations de novembre dernier. 
Les militants arrêtés ont eu une brève conversation téléphonique avec leurs familles. Cependant, leurs accusations ne sont pas encore confirmées. 

Une militante kurde sous pression pour des aveux forcés 
kurdistanhumanrights.net, 8 janvier 2020
Parisa Seifi, militante kurde de la culture et de l'art, a été arrêtée et fait l'objet de pressions de la part des forces de sécurité pour obtenir des aveux forcés.
Détenue à la prison de Sanandaj depuis le 12 novembre 2019, Parisa n'a pu rencontrer sa famille qu'une seule fois et pour quelques minutes seulement. 
Les interrogateurs ont prévenu sa famille qu'ils ne leur permettraient de rencontrer leur fille que s'ils la convainquaient de faire des aveux forcés.
Sa peine d'emprisonnement a été prolongée à trois reprises, de 20, 15 et 10 jours.

Un jeune homme flagellé publiquement 74 fois dans le centre de l'Iran
Site officiel Internet Shahreza News/iran-hrm.com, 8 janvier 2020
Un homme de 23 ans a été publiquement flagellé le 8 janvier dans la ville de Shahreza près d’Ispahan, au centre de l’Iran.
Reconnu coupable de vol quand il était adolescent, le jeune homme a reçu 74 coups de fouet sur la place Shohada de la ville à 11 heures du matin.

Davantage de journalistes iraniens arrêtés, maltraités en prison
RSF, 7 janvier 2020 
«Reporters sans frontières condamne l'arrestation  arbitraire de quatre journalistes Jelveh Javaheri, Kaveh Mzadari, Forough Sameinia et Ahmad Zahedi Langroudi dans le nord de l'Iran le 26 décembre dernier - ce qui porte à douze le nombre de journalistes détenus depuis le début d'une vague de protestations anti-gouvernementales à la mi-novembre - et le traitement inhumain et dégradant de deux éminentes femmes journalistes, Narges Mohammadi et Hengameh Shahidi à la prison Evin de Téhéran au cours des deux dernières semaines… 
"Javaid Rehman, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Iran, doit intervenir de toute urgence", a déclaré Reza Moini de RSF. "Le traitement inhumain et dégradant des prisonniers de conscience, y compris les journalistes et les citoyens-journalistes, constitue une violation flagrante de la Déclaration universelle des droits de l'homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont l'Iran est partie". » 
L'Iran est classé 179e sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse 2019 de RSF.

Plus de 50 morts dans une bousculade lors des funérailles de Soleimani
leparisien.fr, 7 janvier 2020
Plus de 200 personnes ont également été blessées ce mardi, alors qu’une foule immense accompagne à Kerman la dépouille de ce personnage clé du régime des mollahs… 
L’agence officielle khabarfoori.com a rapporté la vive réaction du député Ali Motahari : "Le tragique accident qui a coûté la vie à plusieurs de nos compatriotes lors des funérailles de…Soleimani, n'est pas une chose que nous pouvons facilement passer sous silence. A Kerman, nous avons des informations détaillées selon lesquelles 5 personnes ont protesté lors de la réunion du conseil de sécurité que si la population atteignait ce point précis, nous aurions des morts parce que la rue est étroite. Mais quelques autres n'étaient pas d'accord, disant que nous insistons pour montrer la foule et qu'il devrait y avoir une foule importante. Ceci a conduit à des décisions grossières qui ont entraîné la perte d'un certain nombre de personnes. Cela montre que nous n'accordons malheureusement pas de valeur à la vie des gens et que nous la mettons sur le compte de la passion religieuse des gens et que nous laissons ensuite cette question derrière nous".

La mort de Soleimani, n° 2 du régime 
Iran News Wire, 3 janvier 2020
Aux premières heures du 3 janvier, Qasem Soleimani a été tué lors d'une frappe aérienne américaine ciblée sur l'aéroport de Bagdad.
Il y a environ cinq ans, lorsque Soleimani, le commandant de la Force Qods, était au sommet de son art, un site Web dirigé par l’État iranien a écrit que seuls Batman, Superman et Spiderman seraient en mesure de l’éliminer.
Il s’est avéré que ce général, responsable de la mort de milliers d’Iraniens, d’Américains, d’Irakiens et de Syriens, n’était pas invincible après tout.
Beaucoup pensent que la mort de l'acteur clé de Khamenei dans sa stratégie de terrorisme régional a annoncé la chute de la théocratie iranienne en 2020.

Douze prisonnières politiques dénoncent la répression dans la prison d'Evin
women.ncr-iran.org, 6 janvier 2020
"Du 21 décembre 2019 au 26 décembre 2019, un groupe de nos détenues a organisé un sit-in de protestation au Bureau de la prison d'Evin à l'occasion du 40e jour anniversaire de la mort des manifestants de novembre. Cependant, leur protestation pacifique a malheureusement été malmenée et réprimée par les autorités de la prison. Narges Mohammadi a été enlevée de sa cellule sous prétexte de rencontrer son avocat, puis les forces de sécurité l'ont transférée à la prison de Zanjan sur ordre des autorités pénitentiaires. Selon les autorités de la prison, Atena Daemi a été transférée au pavillon 2A de la prison d'Evin le 26 décembre 2019. Nous, un groupe de prisonniers politiques, dans le quartier des femmes de la prison d'Evin, sommes préoccupées par la situation de nos codétenus et nous exprimons notre protestation contre l'exil, le transfert et tout autre traitement similaire envers les prisonniers politiques et nous demandons le retour de nos détenues".
La lettre est signée par :
Yasaman Aryani, Aras Amiri, Maryam Akbari Monfared, Leila Hosseinzadeh, Soheila Hejab, Monireh Arab-Shahi, Negin Ghadamian, Saba Kord Afshari, Mojgan Keshavarz, Samin Maghsoudi, Neda Naji, Samaneh Norouz-Morad.

Expulsée de l'équipe nationale d'échecs féminine pour avoir bafoué le voile
ISNA (isna.ir), 3 janvier 2020
La championne d'échecs iranienne, Mitra Hejazipour, a été exclue de l'équipe nationale d'échecs par la Fédération iranienne des échecs le 2 janvier 2020, pour ne pas avoir porté le hijab lors du championnat du monde d'échecs. 
Mehrdad Pahlevanzadeh, chef de la Fédération iranienne des échecs, a expliqué que "Hejazipour n'est plus sous le drapeau iranien depuis un an et n'a plus participé aux sélections internes et à celles de l'équipe nationale depuis longtemps".  D’après lui, la Fédération iranienne avait insisté à plusieurs reprises auprès de la Fédération internationale des échecs (FIDE) pour que cette joueuse ne participe pas à une compétition sous le drapeau iranien".
Mitra Hejazipour, née le 9 février 1993 à Machhad, a reçu le titre de femme grand maître (WGM) en 2015. Elle a remporté le championnat d'échecs féminin en Iran en 2012.

Une professeure de langue détenue et emprisonnée
Campagne pour la défense des prisonniers politiques et civils (kampain.info), 5 janvier 2020
Anisha Asadollahi, militante civile arrêtée à l'occasion de la Fête internationale du travail, le 1er mai 2019 et détenue par les agents des forces de l'ordre du pouvoir judiciaire a été emmenée le 4 janvier 2020 à la prison d'Evin pour y purger trois mois de prison. 
Cette professeure de langue, a été inculpée pour "propagation contre le régime", "rassemblement et collusion pour commettre des crimes contre la sécurité nationale" et "perturbation de l'ordre public". 

48 cas de mariages d'enfants enregistrés à Chaharmahal-Bakhtiari
mehrnews.com/hra-news.org, 4 janvier 2020 
Abdolreza Karimi, le chef de l'Organisation nationale de l'état civil de la province de Chaharmahal - Bakhtiari a confirmé l'enregistrement des mariages de 45 filles de 13 ans, de 2 filles de 12 ans et d'un garçon de 16 ans dans cette province au cours des neuf derniers mois. Il a également ajouté que le taux de divorce a augmenté de 0,4 % par rapport à l'année précédente.
Le nombre d'enfants mariés a augmenté en Iran ces dernières années. Les activistes des droits de l'enfant affirment que cela aura un impact négatif sur le bien-être des familles iraniennes à l'avenir.

Une militante civile emprisonnée
VOA news, 2 janvier 2020
L'activiste civile Sepideh Farhan (Farah Abadi), condamnée à 6 ans de prison et 74 coups de fouet, est transférée à la prison d'Evin pour y purger sa peine. 
Arrêtée le 2 janvier 2018 lors d'un soulèvement à Téhéran, Sepideh a été libérée sous caution de 250 millions de tomans le 17 février de la même année et été libre jusqu'à la fin de son procès et le retour en prison.

Huit pendaisons le 1er jour de la nouvelle année en Iran
iranhr.net, 2 janvier 2020
Au petit matin du mercredi 1er janvier, huit hommes ont été exécutés dans la prison de Rajai-Shahr, dans la ville de Karaj (ouest de Téhéran). 
Tous les hommes ont été condamnés au qisas (loi du talion) pour des accusations de meurtre. 
Deux des hommes ont été identifiés comme étant "Hossein Gholami", 28 ans, et "Saman Doosti", 30 ans, tous deux accusés de meurtre. 
L'exécution des huit détenus n'a pas été annoncée par les médias et les autorités iraniennes jusqu'à présent. 

271 exécutions en 2019 en Iran
1500 manifestants tués en novembre 2019
Stop au Fondamentalisme, 1er janvier 2020
Au moins huit mineurs délinquants et 16 femmes ont été exécutés en 2019.  Six des personnes exécutées étaient des prisonniers politiques.
En mars 2019, le Guide suprême du régime iranien Ali Khamenei a nommé Ebrahim Raisi, membre des "commissions de la mort" qui ont ordonné le massacre de milliers de prisonniers en 1988.
Quelques 3700 personnes ont été exécutées en Iran au cours des six dernières années sous la présidence de Rohani. 
Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains en Iran, Javaid Rehman a déclaré dans un compte rendu présenté à l'Assemblée générale des Nations Unies le 16 août 2019 que des violations persistantes du droit à la vie, à la liberté et à un procès équitable en République islamique se poursuivent, y compris 253 exécutions d'adultes et d'enfants signalées, ajoutant que "le nombre d'exécutions en Iran reste l'un des plus élevés au monde".

Une étudiante détenue transférée à la prison de Qarchak
Jamaran.ir/baharnews.ir, 1er janvier 2020
Saha Morezaei, étudiante universitaire incarcérée, a été transférée de la prison d'Evin à celle de Qarchak sans préavis en raison de sa grève de la faim et de son incapacité à payer la caution. Elle s'était auparavant vu refuser l'accès à l'enseignement supérieur.
Le système judiciaire avait fixé sa caution à 500 millions de tomans. En réponse au montant élevé de sa caution, elle a annoncé qu'elle entamait une grève de la faim.

La capitale religieuse de l'Iran compte le plus grand nombre de femmes toxicomanes 
radiofarda.com, 1er janvier 2020 
La ville de Qom, la capitale religieuse chiite de l'Iran au sud de Téhéran, est en tête du classement des femmes toxicomanes dans le pays, selon un site Internet local que Qom Farda a cité, selon un fonctionnaire du bureau du président de la République islamique.
L'adjointe à la coordination des affaires féminines, Zahra Javaherian, a également noté que Qom compte le plus grand nombre de femmes arrêtées pour des crimes liés aux stupéfiants et à la toxicomanie.
En outre, elle a affirmé qu'en moyenne, les villages autour de Qom ont le taux de divorce le plus élevé dans les zones rurales du pays.
"Qom est également la ville numéro un pour les filles qui abandonnent l'école primaire et secondaire ", a-t-elle déclaré.
En 2016, le chef du bureau de l'état civil de Qom avait déclaré que la ville avait le plus grand nombre de divorces en Iran, et le taux de pension alimentaire dans la ville a montré une croissance de 5 000 %.

04 janvier 2020

AFIF INFOS - Décembre 2019

Bulletin mensuel d’informations sur les droits de l’Homme en Iran  

ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE 




Décembre 2019
 26 exécutions dont 6 femmes
Soulèvement national dans 191 villes insurgées 
1500 manifestants tués dont 400 femmes et 17 adolescents
4000 blessés
12 000 arrestations depuis le 15 novembre

Les violences contre Nargess Mohammadi sont évoquées au parlement des mollahs
women.ncr-iran.org, 31 décembre 2019
Soheila Jelodarzadeh, membre du parlement des mollahs de Téhéran, a reconnu les pressions exercées sur les femmes prisonnières politiques.
Elle a évoqué le cas de la violence contre Nargess Mohammadi qui a été brutalisée le 25 décembre 2019, avant d'être transférée de force du quartier des femmes de la prison d'Evin à la prison de Zanjan…
Jelodarzadeh n'a cependant pas dit qui va rendre compte de l'arrestation arbitraire de plus de 12 000 manifestants lors des manifestations de novembre 2019 en Iran, et qui n'ont pas accès à un avocat ni à un procès équitable. Elle n'a pas mentionné, non plus, les blessés qui risquent de mourir sous la torture, ni les mères en deuil qui cherchent à clarifier l'identité de ceux qui ont assassiné leurs enfants.

Pression croissante sur les femmes prisonnières politiques à Evin et Qarchak 
women.ncr-iran.org, 31 décembre 2019
La prisonnière politique Golrokh Ebrahimi Iraee est interdite de visite à son mari. Il est possible que de nouvelles accusations soient portées contre Atena Daemi.  Leila Tirandari, militante des droits des femmes, a entamé une grève de la faim et Pouran Nazemi est dans un état incertain. 

Amnesty International demande la libération des prisonniers du soulèvement de novembre
AI, 28 décembre 2019
Amnesty International a mis en garde contre la possibilité que des manifestants détenus en Iran soient torturés et maltraités et a lancé un appel public à la libération des personnes détenues arbitrairement…
Trois militantes des droits des femmes Mahrokh Rousta, Jelveh Javaheri et Forough Samei-Nia, arrêtées lors de la commémoration des martyrs dans la province de Guilan (nord) sont toujours en détention et n'ont pas été libérées.
Une autre femme de 31 ans figure également parmi les personnes détenues. 

Manifestation des Iraniens au Trocadéro :
Célébration du 40e jour du décès des martyrs 
AFIF, 26 décembre 2019
Plusieurs dizaines de manifestants de l'opposition iranienne se sont rassemblés jeudi sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro à Paris pour dénoncer la récente répression sanglante du régime iranien et commémorer le 40ème jour du décès des victimes du soulèvement qui a commencé le 15 novembre 2019. 
Conformément au bilan fourni à Reuters par trois responsables du ministère de l'Intérieur iranien, 1500 personnes, dont au moins 17 adolescents et environ 400 femmes, ont été tuées en moins de deux semaines par les forces répressives de la théocratie au pouvoir. 

Le massacre caché de l'Iran : une enquête vidéo
France 24, 24 décembre 2019
«Entre le 15 et le 18 novembre, des centaines de personnes ont été tuées en Iran lorsque le gouvernement a réprimé les manifestations déclenchées par la hausse du prix de l'essence et a coupé les lignes téléphoniques et l'accès à Internet, mettant en place ce que le groupe de surveillance NetBlocks a appelé " une fermeture nationale quasi-totale d'Internet".
Mais des centaines de vidéos sont apparues montrant des soldats en uniforme et des policiers en train de tirer sur des civils non armés. L'équipe des observateurs a examiné plus de 750 vidéos et photos d'amateurs, en se concentrant sur les images montrant des coups de feu et des blessures…
L'équipe des observateurs s'est concentrée sur quatre villes et localités : Shahriar, près de Téhéran ; Sadra, près de Chiraz ; Marivan à l'ouest ; et Mahshahr sur le golfe Persique. Grâce à des techniques de géolocalisation croisées avec des témoignages de première main en Iran, les observateurs ont identifié l'emplacement exact - à cinq mètres près - de trois douzaines de vidéos montrant des hommes en uniforme en train de tirer et des civils blessés et tués.

Manifestations en Iran : des femmes assassinées par le régime
AFIF, 21 décembre 2019
Un grand nombre de femmes et de filles figurent au nombre des personnes tuées et arrêtées lors du soulèvement populaire de novembre 2019. Certaines sont des mineures. Beaucoup de victimes ont été tuées d’une balle dans la tête ou dans la poitrine. Les personnes arrêtées, notamment les femmes, sont détenues dans des conditions inhumaines et soumises à la torture et des persécutions. La Résistance iranienne a identifié les femmes assassinées par les forces de sécurité répressives du régime iranien lors de la répression en cours contre les manifestations en Iran :
Nikta Esfandani, 14 ans, tuée à Téhéran, Massoumeh Darabpour tuée à Ahvaz, Nassim Ghorbani à Téhéran, Halimeh Samiri à Abadan, Sepideh Hassani à Soldouz près de Naghadeh (nord-ouest)...
Nadia Sobhani, 25 ans arrêtée à Javanroud –Kermanchah (ouest), pour avoir filmé les manifestations, sa famille ignore ce qui lui est arrivé.

Iran/ONU : Les experts sont alarmés par les mauvais traitements qui seraient infligés aux manifestants détenus 
ONU-Genève, 20 décembre 2019
Les experts des droits humains de l'ONU ont appelé aujourd'hui les autorités iraniennes à libérer toutes les personnes détenues arbitrairement et maltraitées lors des récentes manifestations, et ont exprimé leurs préoccupations concernant les centaines de personnes qui ont été tuées.
"Nous sommes choqués par les informations faisant état des mauvais traitements infligés aux personnes détenues lors des manifestations de novembre 2019, et profondément troublés par le fait que le recours excessif à la force par les forces de sécurité iraniennes a fait un nombre incalculable de victimes, y compris des morts ", ont déclaré les experts…

Les eurodéputés condamnent la répression violente des récentes manifestations en Iran
Communiqué de presse, 19 décembre 2019
Dans une résolution adoptée jeudi, les députés dénoncent l’usage disproportionné de la force par les services de sécurité iraniens envers des manifestants non-violents :
« Au moins 304 personnes ont été tuées selon Amnesty International, de nombreuses autres blessées et des centaines arrêtées après que "des dizaines de milliers de personnes issues de toutes les régions d’Iran et de toutes les catégories sociales ont exercé leur droit fondamental de liberté de réunion [...] lors d’une révolte sans précédent depuis 40 ans", ont souligné les députés dans une résolution adoptée jeudi… »

L'ONU adopte la 66e résolution condamnant les violations des droits humains en Iran
AFIF, 18 décembre 2019
L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté le 18 décembre 2019 une résolution condamnant pour la 66ème fois les violations flagrantes et systématiques des droits humains en Iran. 
Avec les votes favorables de 81 pays, la résolution exprime de vives inquiétudes "devant la fréquence alarmante de l’imposition et de l’exécution de la peine de mort" en Iran, et devant le maintien de la peine capitale … contre des mineurs" et contre des individus sur la base "d’aveux forcés" en violation du droit international.
La résolution exhorte vivement le régime iranien "à éliminer, en droit et en pratique, toutes les formes de discrimination et autres violations des droits fondamentaux des femmes et des filles, à prendre des mesures pour assurer la protection des femmes et des filles contre la violence, ainsi que leur protection et leur accès à la justice dans des conditions d’égalité, à s’attaquer à l’incidence préoccupante des mariages d’enfants, des mariages précoces et des mariages forcés"…
La résolution a appelé les autorités iraniennes de libérer les personnes détenues uniquement pour avoir participé à des manifestations pacifiques ou pour avoir exercé leurs droits et libertés fondamentales.

L'assassinat de manifestants en Iran : un crime contre l'humanité, selon les familles 
radiofarda.com, 18 décembre 2019 
Un groupe de mères et de proches des manifestants et des militants politiques tués en Iran au cours des quatre dernières décennies affirment dans une déclaration que la répression des récentes manifestations constitue un " crime contre l'humanité ".
Parmi les signataires de cette déclaration, largement diffusée sur les réseaux sociaux, figurent la mère de Pouya Bakhtiari, qui a été abattue lors des manifestations de novembre à Karaj, les mères de plusieurs manifestants tués lors des manifestations contre l'élection présidentielle de 2009, la mère de Saeed Zeinali, qui a disparu lors des manifestations étudiantes de 1999, ainsi que Mansoureh Behkish, qui a perdu six membres de sa famille lors des exécutions sommaires de 1980.
Les signataires de la déclaration ont également proposé de désigner le 26 décembre comme journée internationale de commémoration des victimes de la manifestation de novembre en Iran.
Ils ont demandé à l'ONU d'envoyer en Iran sa Haut-Commissaire aux droits de l'homme et son Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en République islamique.
Les mères et les proches des victimes ont également demandé à l'ONU de former un comité de recherche de la vérité au sein duquel les familles des victimes seraient représentées afin d'enquêter sur les dimensions de la répression des manifestations, de révéler le nombre réel de morts et d'identifier les auteurs des crimes commis contre les manifestants.

Une prisonnière politique privée des soins médicaux
humanrightsinir.org, 17 décembre 2019
Samaneh Nowruz Moradi, prisonnière politique à la prison d'Evin, est privée de soins médicaux. Elle souffre de douleurs articulaires et doit être envoyée à l'hôpital en dehors de la prison, mais ce droit lui a été refusé. Elle a été arrêtée en mai 2019 par des agents de sécurité et a été transférée dans le quartier des femmes de la prison d'Evin. 

Affrontements à la prison de Kachuii menacent la vie de Parvin Mohammadi 
radiozamaneh.com, 16 décembre 2019
Arrêtée dans la zone 1 du pouvoir judiciaire à Karaj le 8 décembre 2019, Parvin Mohammadi, vice-présidente du Syndicat libre des travailleurs iraniens, a été transférée au quartier pour détenues de droit commun à la prison de Kachuii pour une peine d'un an de prison. 
Au cours des dernières soirées, de graves affrontements ont eu lieu dans cette prison et certaines prisonnières ont menacé de s'entretuer. Maintenir Parvin Mohammadi dans de telles conditions est une menace pour sa vie.  

Six femmes pendues en décembre 2019 en Iran
17 femmes depuis le début de 2019
6 femmes exécutées en 2018,
10 femmes en 2017 
9 femmes en 2016

103 femmes exécutées sous la présidence de Rohani depuis 2013

Fatemeh R., 21 ans, condamnée à la peine capitale pour la mort de son mari, tué dans une querelle familiale en 2015 a été pendue le 9 décembre 2019 dans la prison de Gohardacht à Karaj (ouest de Téhéran). La jeune femme avait été Elle était une mineure de 17 ans au moment des faits (T. news.ir/ aftabnews.ir, 16 décembre 2019)
Maryam, 32 ans, et son mari ont été pendus le 8 décembre à la prison centrale de Machhad. (Agence ROKNA du 11 décembre 2019) 
Somayeh Shahbazi Jahroui avait été pendue l’aube du 4 décembre 2019 à la prison Sepidar d’Ahvaz pour s’être défendue contre son violeur. 
Somayeh, 33 ans, victime d'un viol, selon sa famille, était en prison depuis six ans. 
Selon l'un de ses proches, "la victime du meurtre avait tenté de violer Somayeh. Quand l'homme est mort, Somayeh a eu peur et a sorti le corps de la ville et l'a incendié". La famille du violeur avait d'abord demandé 10 milliards de Toman (environ un million de dollars) comme prix du sang, puis a rétracté.
Deux autres femmes ont également été exécutées le 4 décembre 2019 à la prison de Gohardacht, à Karaj.

Une grand-mère de 80 ans reçoit 70 coups de fouet à Khoy
kurdistanhumanrights.net, 13 décembre 2019
Salbi Marandi, une femme de 80 ans a été convoquée le 28 novembre 2019 au parquet et après l'application de sa peine de 70 coups de fouet, a été transférée en très mauvais état au quartier des femmes de la prison de Khoy (nord-ouest). 
Salbi Marandi est la mère de Behzad Zinalnejhad, un prisonnier mort dans la même prison. Behzad a entamé le 15 janvier 2019 une grève de la faim en se coudant la bouche en signe de protestation contre le refus de prolonger son congé temporaire. Le cinquième jour de sa grève, il décède étrangement. Les autorités pénitentiaires ont qualifié sa mort de " suicide". 
La famille du détenu a rejeté la version de suicide et a suivi l'affaire auprès du bureau du chef de la prison. Cependant, les comportements inappropriés de ce chef et du juge qui supervise la prison conduisent à un affrontement et à la destruction de plusieurs biens dans le bureau de la prison.  Suite à cet incident, le chef de la prison et le juge ont porté plainte contre la famille et le tribunal de Khoy a condamné " Salbi Marandi " (mère) et " Atefeh Zinalnejhad " (fille) à 70 coups de fouet et 8 mois de prison chacune. Atefeh Zinalnejhad ne s'est pas encore présentée devant la cour. 

Déclaration du Haut Représentant Josep Borrell Fontelles au nom de l'UE sur les récentes manifestations en Iran
Conseil de l'Union européenne, 8 décembre 2019
«… De plus en plus d'éléments indiquent qu'en dépit des appels répétés à la retenue, la réaction disproportionnée des forces de sécurité iraniennes aux récentes manifestations a fait un grand nombre de morts et de blessés. Pour l'Union européenne et ses États membres, le recours généralisé et disproportionné à la force contre des manifestants non violents est inacceptable.
Nous demandons instamment aux autorités iraniennes de veiller à ce que des enquêtes transparentes et crédibles soient menées afin de faire la lumière sur le nombre de morts et d'arrestations, et de garantir une procédure régulière à tous les détenus...
La décision de l'Iran de fermer l'accès à Internet aux réseaux mondiaux pendant plus d'une semaine a empêché la communication et la libre circulation de l'information pour les citoyens iraniens. Il s'agit d'une violation flagrante de la liberté d'expression. Les droits fondamentaux tels que la liberté d'expression et de réunion doivent toujours être respectés. Les autorités iraniennes doivent respecter leurs obligations internationales, en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques… »

ONU : Michelle Bachelet dénonce la violence de la répression en Iran
Reuters- Genève, 6 décembre 2019
La Haute commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, a condamné vendredi «"les graves violences" commises par les forces de l'ordre iraniennes lors des manifestations antigouvernementales du mois dernier…
Les autorités iraniennes ont reconnu pour la première fois cette semaine que des manifestants avaient été tués par les forces de l'ordre.
"Des séquences vidéo authentifiées montrent que des violences graves ont été commises à l'encontre de manifestants, notamment par des membres des services de sécurité qui ont ouvert le feu du toit d'un bâtiment du ministère de la Justice dans une ville et depuis des hélicoptères dans une autre", déplore Michelle Bachelet dans un communiqué…
"Nous avons également reçu des images montrant que les forces de l'ordre ont tiré dans le dos de manifestants non armés qui s'enfuyaient et qu'elles avaient délibérément visé la tête et les organes vitaux, dans d'autres cas", poursuit-elle, jugeant la situation "extrêmement inquiétante".»

Hervé Saulignac dénonce : « Le silence de la France est insupportable »
AFIF, 4 décembre 2019
Le député Hervé Saulignac, du groupe Socialiste et apparenté, choqué par la violence et l’ampleur de la répression du soulèvement en Iran, a interpellé le 3 décembre le Premier ministre lors de questions orales à l’Assemblée nationale, atterré par le silence de la France…


Iran : après la répression sanglante, la chasse aux journalistes est ouverte 
RSF, 4 décembre 2019
Reporters sans frontières exprime sa plus vive inquiétude face à la répression qui s’abat sur les journalistes iraniens et notamment les photographes et reporters d’images.
Depuis le 16 novembre, début des manifestations contre le régime, au moins onze d’entre eux ont été arrêtés notamment à Téhéran, Ispahan, Abadan, Gachsaran et Sarpol–e Zahab…

Une militante condamnée à 5 ans de prison
humanrightsinir.org, 4 décembre 2019
Neda Naji, militante civile est l'une des personnes arrêtées lors des manifestations de mai 2019 devant le parlement, a été condamnée à 5 ans de prison au total. Elle a déjà été jugée par la section 28 de la Cour islamique de Téhéran pour " association et collusion ", "propagande contre l'État", "trouble à l'ordre public" et "rébellion contre les ordres de la police" lors de la manifestation.

Sept militants civils condamnés à 29 ans de prison au total
hra-news.org, 4 décembre 2019
Sept militants civils, Raha Ahmadi, Armin Surani, Mohammad Abulhassani, Saman Zandian, Moien Hajizadeh, Vahid Ghadirzadeh et Leila MirGhafari, ont été condamnés à 29 ans de prison par la section 15 du Tribunal islamique à Téhéran. 

Manifestation à Paris en soutien au soulèvement en Iran
AFIF, 2 décembre 2019
A l’appel d’une dizaine d’associations et comités notamment le Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID), la Fondation France-Libertés Danielle Mitterrand, les Nouveaux droits de l’homme, le Comité de soutien aux drits de l’homme en Iran (CSDHI) et l’Association des Femmes iraniennes en France (AFIF), une manifestation s’est déroulée le lundi 2 décembre à Paris pour alerter contre le massacre des manifestants en Iran.
Les sympathisants de la résistance iranienne se sont réunis sur le Parvis des droits de l’homme, place du Trocadéro en soutien au soulèvement de la population iranienne qui a débuté le 15 novembre et qui s’est étendu aux quelques 187 villes en Iran. 
Les participants, notamment des élus tels que Michèle de Vaucouleurs et des maires de France, Jean-François Legaret, Jacques Boutault, … ont appelé à mettre fin au massacre des manifestants en Iran. 
Maryam Radjavi, présidente élue de la résistance iranienne, a appelé dans son message la France, à prendre la tête d’une initiative européenne pour envoyer une mission d’enquête internationale visiter les prisons et les salles de torture de Khamenei en Iran.

Une ado de 13 ans tuée à Behbahan, cinq femmes arrêtées à Sirjan
Asr-e Iran, 29 novembre /CNRI Femmes, 1er décembre 2019
Abdolreza Nazeri, commandant des forces de sécurité de la province de Kerman, a annoncé le 28 novembre 2019 que ses forces avaient arrêté 25 personnes à Sirjan, dont cinq femmes qui avaient participé aux manifestations contre la hausse du prix du carburant.
Les dernières nouvelles indiquent qu’une adolescente de 13 ans et trois jeunes ont été tués à Behbahan, en recevant une balle dans la tête par derrière.

La vague d’arrestations se poursuit dans diverses régions du pays. Les agences de presse officielles en Iran ont rapporté que les forces de sécurité de l’Etat ont arrêté 412 personnes dans quatre provinces de Téhéran, Kermanchah, Fardis de Karaj, et Kurdistan, le 1er décembre 2019. Le nombre d’arrestations augmente de jour en jour dans tout le pays.
Fereshteh Cheraghi, journaliste, militante civile et défenseure de l’environnement renommée de Sarpol-e Zahab, a été arrêtée à son domicile le 29 novembre 2019 par des agents des services de renseignements des pasdarans. Elle a été transférée à Kermanchah. 
Elle est l’une des principales sources d’information sur le séisme et les incendies suspects qui ont éclaté dans cette ville.
Par ailleurs, un tribunal d’Oroumieh a condamné une Kurde, Sheida Najafian, à cinq ans de prison. Elle avait été arrêtée en septembre 2019 pour appartenance à un groupe d’opposition kurde et est actuellement détenue à la prison centrale d’Oroumieh.