18 mai 2026

AFIF INFOS (1/2) Mai 2026

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE

Alors que l’attention internationale reste focalisée sur la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, le prix du pétrole et les négociations diplomatiques, les résistants iraniens emprisonnés nous rappellent que la véritable histoire se joue dans les couloirs de la mort du régime. Un régime qui, par la répression et les pendaisons, prétend désespérément être toujours aux commandes. Mais les voix courageuses de la Résistance iranienne proclament une autre vérité : celle d’une quête de liberté inévitable et de la fin prochaine de cette dictature sanguinaire.
Le monde doit entendre le Chant de résistance entonné par six membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran en prison enregistré depuis la cour de la prison, avant d’être pendus.

Bataillon debout
"Si l’Iran est une terre dévastée, en ruines, Si ma vie et la tienne ne font qu’un avec celle de l’Iran, Si cette maison est sous l’ombre de la mort, Si les balles marquent jusqu’aux pétales des fleurs, Alors lève-toi, tel le tonnerre, Arme-toi, prépare ton combat, Debout, Bataillon combattant, Brise les obstacles sur ta route. Je suis la tempête - tremble, toi, plante vacillant ! Ton adversaire est aguerri, prêt à lutter. Je suis la foi, je suis la révolte pleine de conviction, Je combats pour rester debout, plus fort encore. Je suis le foyer de la rébellion (l’unité de résistance), qui a dit « présent » ! jusqu’au bout. Quand je prends mon arme en main, Je reprends ma patrie. Dans cette forêt, je suis le lion, Je reprends ma patrie. Regarde les têtes des jeunes florissants, Suspendues aux potences. Toutes les douleurs de l’histoire Se sont abattues sur nos vies. J’ai juré, par mon sang, De renverser l’oppresseur. Je vais fendre le plafond du le ciel, Et je bâtirai un monde nouveau. Je suis la tempête, je suis la révolte, Je suis le soulèvement, je suis le cri. Je suis une pluie de feu, qui déferle contre toi, Ô bourreau".


1er mai, Journée internationale des travailleurs
La situation alarmante des droits des travailleurs en Iran
Un nouveau rapport de HRANA, couvrant les 12 derniers mois, recense au moins 5 019 travailleurs blessés ou tués dans des accidents du travail, dont 586 décès, la majorité de ces cas n'étant jamais mentionnés dans les communiqués officiels.
Le rapport examine également le fossé grandissant entre les salaires et le coût de la vie : les travailleurs gagnent moins de la moitié du revenu de base d'un ménage, et au moins 613 mois de salaires impayés ont été recensés dans 119 entreprises industrielles et de services.
Au-delà de la situation économique, le rapport constate une forte baisse des manifestations et des grèves, non pas comme un signe d'amélioration, mais comme le reflet d'une répression accrue. Au cours de l'année écoulée, au moins 10 travailleurs et militants syndicaux ont été arrêtés, des responsables syndicaux emprisonnés et des organisations syndicales indépendantes visées par des accusations d'atteinte à la sécurité. Des enseignants, des retraités et des ouvriers du bâtiment figurent parmi ceux qui ont été arrêtés, condamnés et licenciés pour avoir revendiqué leurs droits fondamentaux…

Les femmes en première ligne de 1,2 million de travailleurs au chômage à cause de la guerre
wncri, 1er mai 2026
Des informations alarmantes révèlent que les femmes et leurs familles supportent le fardeau le plus lourd d’une crise économique qui s’aggrave, alors que la guerre et la récession ont laissé plus d’un million d’ouvriers du bâtiment sans emploi. Ce chômage de masse a plongé les foyers dans un cycle de pauvreté et de précarité, tandis que les coupures simultanées d’Internet ont davantage paralysé les moyens de subsistance des personnes handicapées, notamment de nombreuses femmes qui dépendaient de l’économie numérique pour survivre. "Ces familles sont ‘broyées’ sous le poids de la pauvreté et de la ruine financière…"  (Quotidien Sharq, 20 avril 2026)

Création de la Plateforme JÎNA au Kurdistan oriental
ANF News, 1er mai 2026
Cinq organisations féminines du Kurdistan oriental ont formé la Plateforme JÎNA, s'engageant à lutter ensemble pour la liberté, l'égalité et les droits nationaux des femmes.
Cette plateforme devrait servir de cadre civique et national, constituant un mécanisme de représentation pour la défense de la dignité, de la liberté, de l'égalité et des droits des femmes. 
Ses membres fondateurs sont l'Organisation pour la liberté des femmes du Kurdistan, l'Organisation des femmes kurdes affiliée à Komala, l'Organisation de lutte des femmes du Kurdistan, l'Union démocratique des femmes du Kurdistan et l'Association pour la liberté des femmes du Kurdistan du Rojhilat.
Dans un communiqué conjoint publié le 30 avril 2026, elles ont annoncé que les objectifs principaux de la " Plateforme Jina"  sont d’unifier la volonté nationale des femmes, de renforcer la position des femmes dans la société, de s’opposer aux forces d’occupation ainsi qu’à l’oppression systématique, et d’enrichir la lutte civile et politique des femmes.
La Plateforme a appelé toutes les femmes de la région à se rassembler autour de cette nouvelle structure.
Elle sera dirigée par un conseil exécutif composé de représentantes des différentes organisations, avec une direction tournante tous les deux mois.

La communauté internationale condamne la nomination du régime iranien à la vice-présidence de la Conférence nucléaire de l’ONU
CNRI, 1er mai 2026
La 11e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), ouverte à New York le 27 avril 2026, a provoqué une forte polémique après la nomination du régime iranien comme vice-président de la conférence. Plusieurs pays estiment que cette décision nuit à la crédibilité du TNP, car l’Iran est accusé de ne pas respecter ses engagements nucléaires et de limiter la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Les États-Unis, les Émirats arabes unis, l’Australie, le groupe E3 (France, Allemagne, Royaume-Uni) ainsi que les pays nordiques ont exprimé des inquiétudes notamment sur l’enrichissement d’uranium iranien et le manque de coopération avec l’AIEA.
Par ailleurs, plus de 80 pays dirigés par Bahreïn ont condamné les actions régionales de l’Iran et ses perturbations du trafic maritime international.

Féminicide à Saravan 
Le mari immole sa femme par le feu après une violente agression
Médias, 3 mai 2026
Mahsa Barahoui, une femme de 33 ans, a succombé à ses blessures après avoir été grièvement blessée et brûlée par son mari. Mère de trois enfants, elle est décédée samedi 2 mai 2026 dans un hôpital de Saravan, après deux jours d'hospitalisation.
L'agression a eu lieu jeudi soir à son domicile. Son mari, identifié comme Dehvari, l'a d'abord violemment battue et a tenté de l'étrangler. Face à sa résistance, il l'a aspergée d'essence et y a mis le feu.
Malgré l'intervention de voisins qui l'ont transportée dans un établissement médical, elle a succombé à ses blessures en raison de la gravité de ses brûlures et des retards de prise en charge.
Le suspect aurait été arrêté par la police vendredi et est actuellement en détention.

L'éradication totale de l'humanité 
Massacre systématique du droit à la vie dans l'abattoir judiciaire iranien
CNRI/Iran HRM/Tasnim, 3 et 4 mai 2026
À l’aube de ce dimanche 3 mai 2026, le jeune insurgé kurde, Mehrab Abdollahzadeh, 28 ans, a été exécuté à la prison d’Oroumieh pour avoir participé au châtiment d’un milicien du Bassidj lors du soulèvement de 2022. Aucune preuve judiciaire convaincante n’existait et Mehrab a rejeté point par point toutes les accusations.
Trois autres manifestants arrêtés lors des manifestations nationales de 2022 et de décembre 2025/janvier 2026 ont été pendus dans un lieu tenu secret à Machhad. 
Les trois hommes ont été condamnés à mort et à la confiscation de leurs biens en vertu de la "Loi sur le renforcement des peines pour espionnage et coopération avec le régime sioniste et les pays hostiles" pour avoir mené des "actions opérationnelles" pour le compte de gouvernements hostiles contre la sécurité nationale les 8 et 9 janvier 2026.
Ces exécutions interviennent alors que Mohseni Eje’i, le juge en chef, ordonne à plusieurs reprises d’accélérer le prononcé et l’application des peines de mort. 
Depuis le 18 mars, au moins 24 prisonniers politiques et quatre personnes accusées d'espionnage ont été exécutés

70% des exécutés depuis la guerre sont des prisonniers politiques
Rapport HRANA
Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran et l’intensification de la répression intérieure et des mesures de sécurité, l’Iran a accéléré l’émission et l’application de peines d’exécution dans des affaires politiques et liées à la sécurité.
Un nouveau rapport, publié aujourd'hui par HRANA, examine l'impact sur les prisonniers politiques et sécuritaires, en particulier ceux détenus lors des manifestations de janvier 2026, et constate que dans certains cas, les procédures ont évolué de manière inhabituellement rapide, avec des délais considérablement raccourcis entre l'arrestation, la condamnation et l'exécution.
Le rapport comprend également des détails sur les verdicts, ainsi que les noms des personnes concernées et des résumés de leurs cas.
Du 30 avril au 13 mai, au moins 22 prisonniers politiques ont été pendus, en très grande majorité, des jeunes. 

Conférence à la salle Victor Hugo 
Les conditions de l’avènement d’une République démocratique dans l’Iran libre de demain
CPID, 4 mai 2026
Le Comité Parlementaire pour un Iran Démocratique (CPID) a organisé une importante conférence consacrée à l’avenir démocratique de l’Iran, le 4 mai 2026 à l’Assemblée nationale à Paris.
Plus de 250 participants ont pris part à cet événement en présence des députés français, représentants de l’opposition démocratique iranienne, membres du Conseil national de la Résistance iranienne, défenseurs des droits humains et acteurs de la société civile ainsi que les représentants des différentes communautés ethniques iraniennes.
Dans ce colloque, ont été abordés les exécutions quotidiennes de jeunes insurgés ainsi que la lutte du peuple iranien contre un régime qui viole les droits les plus fondamentaux de la population.  

L’héroïsme et la résistance des infirmières iraniennes lors du soulèvement de janvier 2026
wncri, 4 mai 2026
Tandis que le régime clérical, avec un mépris glaçant, cherchait à transformer les centres médicaux en extensions de ses cellules de détention, redéfinissant les crimes contre l’humanité par le sabotage des systèmes d’assistance vitale et l’enlèvement de blessés en pleine opération, la communauté médicale, et plus particulièrement les infirmières, s’est érigée en un rempart inébranlable de sacrifice de soi.
Celles qui ont été formées pour entretenir le souffle de vie au sein des unités de soins intensifs se sont retrouvées dans "l’unité de soins intensifs de la rue", protégeant la population de leurs propres corps face à une pluie de balles.
L’épopée des soins infirmiers durant ce soulèvement a été écrite par le défi de femmes qui ont honoré leur serment de soigner, même au prix de leur vie. Les figures lumineuses de cette lutte témoignent de cette vérité :
Samin Rostami, mère de deux enfants âgée de 42 ans et infirmière dévouée à l’hôpital Aram de Karaj, à l’ouest de Téhéran.
Mansoureh Heidari, l’histoire de Mansoureh et de son mari, Behrouz, est une chronique déchirante de dévotion. Alors qu’elle tentait désespérément d’administrer des soins au corps de son mari Behrouz tombé au sol, elle a été abattue par des tirs à balles réelles à Bouchehr.
Parvin Azizi, kurde yarsanie de 51 ans, elle est devenue un symbole vivant de la solidarité ethnique en Iran. Le 8 janvier 2026, dans la ville d’Andisheh, sa vie a été fauchée par des tirs à balles réelles.

Arrestations massives des avocates, manifestantes et aveux forcés d’une manifestante
HRANA/wncri, 8 mai 2026


Au moins 30 femmes liées aux manifestations de janvier en Iran sont détenues à la prison de Vakilabad à Machhad.
Beaucoup font face à des accusations telles qu’"inimitié envers Dieu","propagande contre l’État" et d’autres accusations pouvant entraîner de lourdes peines, voire l’exécution. Elles sont gardées dans le soi-disant "service de la paix" : un sous-sol d’isolement, de pression et de torture psychologique lente.



L’équipe féminine interdite de Jeux asiatiques par crainte de demandes d’asile
Médias, 9 mai 2026
La fédération de football justifie ce retrait par une "absence de perspective de médaille", un critère qui n’a pourtant pas été appliqué à l’équipe masculine depuis plus de deux décennies.
La Fédération iranienne de football a déclenché une vive polémique suite à sa décision d’interdire à l’équipe nationale féminine de participer aux prochains Jeux asiatiques de Nagoya, alors que la formation avait déjà décroché sa qualification parmi les douze meilleures nations d’Asie.
Cette décision semble être une réaction à certains "incidents", plus précisément aux défections de plusieurs joueuses survenues lors du précédent voyage de qualification de l’équipe en Australie.

Arrestation des sœurs d’Akbar Daneshvarkar, opposant exécuté
Médias, 11 mai 2026
Le régime iranien arrête les sœurs d’un opposant exécuté sur fond de pressions accrues contre les familles de victimes.
Akram et Azam Daneshvarkar, sœurs d’Akbar Daneshvarkar, prisonnier politique exécuté le 30 mars 2026, ont été arrêtées après avoir tenté à plusieurs reprises de récupérer le corps de leur frère. Les arrestations ont eu lieu le 18 avril 2026, après plusieurs jours de démarches infructueuses auprès de la prison de Qezel Hessar, de l’organisation de médecine légale et des bureaux judiciaires. Les forces de sécurité auraient interpellé les deux sœurs lors de l’une de ces visites.

Etudiant d’élite emprisonné refuse une "grâce" qu’il qualifie d’humiliation
CNRI/CSDHI, 13 mai 2026 
AmirHossein Moradi, prisonnier politique et brillant étudiant de l’Université Sharif de technologie, a publié une lettre bouleversante depuis la prison d’Evin. Dans ce texte, il rejette fermement la proposition de libération présentée sous le nom de "grâce", dénonçant une mise en scène destinée à détourner l’attention de la vague d’exécutions qui frappe actuellement les prisonniers politiques en Iran.
Alors que six prisonniers politiques ont récemment été exécutés, AmirHossein Moradi décrit cette politique comme une mécanique de répression et de terreur visant celles et ceux qui osent contester le pouvoir. Pour lui, parler de « pardon » au moment où les pendaisons se multiplient revient à masquer la violence systématique exercée contre le peuple iranien.

120ème semaine de la campagne "Non aux exécutions du mardi" 
pression continue sur les prisonnières politiques en Iran
wncri, 13 mai 2026
Pour la 120e semaine consécutive de la campagne "Non aux exécutions du mardi", des prisonniers politiques dans 56 établissements pénitentiaires d’Iran ont de nouveau lancé une grève de la faim, le mardi 12 mai 2026, en dépit de l’intensification de la pression sécuritaire et du durcissement des restrictions. La poursuite de ces protestations intervient alors que les autorités carcérales ont tenté, ces dernières semaines, de mettre un terme à la participation des détenus, et plus particulièrement à celle des prisonnières politiques, par le biais de menaces, de sanctions disciplinaires et de mesures restrictives accrues.
Pression sur les prisonnières politiques et leur familles
Zahra Safaei, Forough Taghipour, Marzieh Farsi, Elaheh Fooladi, Arghavan Fallahi, Shiva Esmaeili et Golrokh Iraee, qui avaient déjà été privées de visites familiales pendant 3 semaines pour leur participation au mouvement, ont été frappées d’une nouvelle interdiction de visite de 3 semaines après avoir de nouveau pris part aux protestations.
Le climat sécuritaire renforcé à la suite du déclenchement de la guerre, affirmant que le régime iranien a intensifié sa répression contre la société et la dissidence politique sous couvert de l’état de guerre. Le texte souligne par ailleurs qu’au moins 23 prisonniers politiques ou poursuivis pour des motifs de sécurité ont été exécutés depuis le début de l’année iranienne 1405.
Le communiqué met également en lumière la pression constante exercée sur les familles des suppliciés, notant que, même après 40 jours, les dépouilles de plusieurs prisonniers politiques exécutés, dont Vahid Bani Amerian, Pouya Ghobadi, Babak Alipour, Akbar Daneshvar Kar, Mohammad Taghavi et Abolhassan Montazer, n’ont toujours pas été restituées à leurs proches.

Un autre manifestant exécuté et sa fille emprisonnée
Médias, 14 mai 2026
Le manifestant Mohammad Abbasi a été exécuté à l'aube de ce 13 mai à la sinistre prison de Qezel Hessar en banlieue de Téhéran. Accusé de "guerre contre Dieu" il avait été arrêté durant le soulèvement de janvier, ainsi que sa fille Fatemeh. Il a été condamné à mort et sa fille à 25 ans de détention. Sa famille avait été appelée ce matin à la prison pour une visite, mais elle n'a pas pu avoir lieu.  C'est alors qu'ils ont reçu un appel leur apprenant que l'exécution avait eu lieu. 

PEN America 2026 décerné à Golrokh Iraee
PEN America, 16 mai 2026 
PEN America a décerné son prix 2026 de la Liberté d’écrire à Golrokh Iraee, écrivaine et prisonnière politique incarcérée au quartier des femmes de la prison d’Evin, lors de sa gala littéraire annuel à New York. La militante des droits humains Fariba Rad a assisté à la cérémonie en l’absence de Golrokh.
Golrokh Iraee à PEN America : Nous écrivons, même si notre liberté est enchaînée…
 

05 mai 2026

AFIF INFOS Avril (2/2) 2026

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE

Halte aux exécutions ! 1988 n’est pas fini !
Les prisonniers politiques exécutés dans la continuité d’un crime impuni
Alors que l’Iran est engagé dans un contexte de tensions extérieures, les autorités intensifient les pendaisons quasi quotidiennes de dissidents, marquant une volonté de répression interne systématique et une logique de terreur toujours impunie.
Les exécutions de prisonniers politiques et de manifestants arrêtés lors des mobilisations de janvier suscitent une profonde alerte. Prononcées à l’issue de procédures opaques et entachées de graves violations des droits fondamentaux, elles traduisent une escalade de la répression et une situation intolérable.
Parmi les personnes exécutées figurent notamment huit membres de l’Organisation des moudjahidines du peuple, mouvement d’opposition historique aux régimes successifs. Leur exécution en nombre significatif, comme en 1988, renforce les inquiétudes quant à la répétition de schémas de répression de masse.
Ces événements font écho au massacre des prisonniers politiques de 1988, durant lequel plusieurs milliers de détenus politiques ont été exécutés. Ils rappellent combien l’absence de justice pour les crimes passés nourrit leur répétition.
Seule la mémoire, soutenue par la vigilance, peut empêcher que ces violations sombrent dans l’oubli ou l’indifférence.

Les droits humains en Iran : Bilan 2025/2026
Rapport annuel d’Amnesty International, 21 avril 2026
« Le conflit armé entre l'Iran et Israël a entraîné des morts parmi les civils et des violations du droit international humanitaire. Les autorités iraniennes ont instrumentalisé ce conflit pour intensifier la répression intérieure. Des milliers de personnes ont été détenues arbitrairement, interrogées, harcelées et/ou poursuivies injustement pour avoir exercé leurs droits fondamentaux.
Les autorités ont eu recours à la force et aux armes à feu de manière illégale pour disperser les manifestations, causant des morts. Les femmes et les filles, les personnes LGBTI et les minorités ethniques et religieuses ont subi des discriminations et des violences systémiques. Le port du voile a été imposé. Plus de 1,8 million d'Afghans ont été expulsés illégalement ou contraints de retourner en Afghanistan.
Les disparitions forcées, la torture et autres mauvais traitements étaient généralisés et systématiques. Des châtiments corporels assimilables à de la torture, tels que la flagellation et l'amputation, ont été infligés. Les procès sont restés systématiquement inéquitables. La peine de mort a été appliquée arbitrairement et de manière disproportionnée contre les minorités. Le nombre d'exécutions a atteint un niveau record depuis 1989. L'impunité systémique a prévalu pour les crimes contre l'humanité et autres crimes de droit international, passés et actuels. Les autorités n'ont pas remédié à la dégradation de l'environnement qui a contribué à des milliers de morts… »

Exécution d'Amir-Ali Mirjafari, manifestant de janvier
HRANA/euronews.com, 21 avril 2026
Selon Mizan, l'agence de presse du pouvoir judiciaire, Amir-Ali Mirjafari a été pendu à l'aube aujourd'hui après que sa peine capitale a été confirmée par la Cour suprême. 
Ce manifestant est pendu pour avoir prétendument comploté l'incendie d'une mosquée de Téhéran et collaboré avec Israël et les États-Unis, alors que les groupes de défense des droits de l'homme dénoncent l'augmentation du nombre d'exécutions.
Il faut noter qu'à la suite du déclenchement du conflit militaire entre les États-Unis, Israël et l'Iran, le 28 février 2026, les exécutions de prisonniers accusés d'atteintes à la sécurité politique se sont accélérées.
D’après le rapport annuel de la HRANA, au moins 2 063 personnes, dont 61 femmes et 2 mineurs délinquants, ont été exécutées en 2025. Parmi elles, 11 exécutions ont eu lieu en public. Durant la même période, 172 autres personnes ont été condamnées à mort.

Vague d’arrestations de femmes, torture et opacité judiciaire
HRANA/wncri, 22 et 24 avril 2026
Dans le sillage d’une vague croissante d’arrestations visant des femmes et des adolescentes dans plusieurs villes iraniennes, de nombreuses informations font état des conditions d’interpellation, de détention et du statut juridique des personnes arrêtées. 
Arrêtée souvent à leur domicile par les forces de sécurité, les personnes visées sont transférée vers un lieu tenu secret.
Ces arrestations, souvent marquées par l’ambiguïté, le déni d’accès à un avocat et l’absence de notification aux familles, accentuent les graves inquiétudes concernant les violations des droits humains et l’état des prisons en Iran. 

25 ans de prison pour une mère de famille après des aveux forcés
wncri, 24 avril 2026
Des aveux forcés conduisent à une peine de 25 ans de prison pour une mère de famille après les manifestations en Iran
Fatemeh Abbasi, une mère de famille de 34 ans qui compte parmi les milliers de personnes interpellées lors des manifestations de janvier 2026 en Iran, a été transférée à la prison d’Evin. 
Arrêtée aux côtés de son père, elle vient d’être condamnée à une lourde peine de 25 ans de réclusion criminelle suite à l’extorsion d’aveux sous la torture.
Son père, Mohammad Abbasi, encourt quant à lui la peine capitale dans le cadre de la même affaire.

Le meurtre d’une fillette de 9 ans scandalise le Baloutchistan
wncri, 24 avril 2026
Le corps mutilé et carbonisé d’une fillette de neuf ans, identifiée comme Fatemeh Zahra Hosseinbar, a été découvert quatre jours après son enlèvement dans la ville de Gascht (sud-est).
Le vendredi 17 avril 2026, cette fillette aurait été enlevée par des individus armés circulant à bord d’un véhicule Peugeot non immatriculé. Sa dépouille a été retrouvée ultérieurement parmi des tas d’ordures à la périphérie de la ville, où elle avait été brûlée.
C’est le lundi 20 avril que des habitants ont fait la macabre découverte. Selon des sources locales, les deux mains de l’enfant avaient été tranchées. En raison de la gravité des brûlures, le corps n’était pas identifiable immédiatement. Son identité n’a été confirmée qu’après que sa mère, conduite sur les lieux, a reconnu la plante de ses pieds.
Fatemeh Zahra Hosseinbar a été inhumée le mardi 21 avril au cimetière de Gascht. Ses obsèques ont attiré une foule considérable dans une atmosphère de profonde douleur. Les rues et les routes menant au cimetière étaient envahies par des personnes venues exprimer leur solidarité avec la famille Hosseinbar.
Les organisations de défense des droits humains au Baloutchistan indiquent que ce crime s’inscrit dans un cycle de violence alarmant. Selon des données documentées pour l’année 2025, au moins 45 enfants ont été tués ou blessés au Baloutchistan. 

Conférence à Paris 
"Iran : Comment sortir de l’impasse historique ? " 
Un appel unanime à soutenir l’alternative démocratique
CSDHI, 25 avril  2026 
Le jeudi 23 avril 2026, une conférence-débat s’est tenue à Paris Centre, réunissant des personnalités politiques françaises, des experts juridiques et des représentants de la Résistance iranienne. 
Face à une actualité marquée par l’escalade des tensions régionales et une vague d’exécutions sans précédent en Iran, la question centrale de la soirée était cruciale : Comment sortir de l’impasse historique ? La réponse des intervenants a été unanime : ni guerre étrangère, ni complaisance, ni retour à la dictature monarchique, mais un soutien indéfectible au peuple iranien et à sa Résistance organisée…
. La solidarité indéfectible des élus français
. Un hommage bouleversant aux martyrs des Unités de Résistance
L’alternative démocratique face au chaos

Erfan Kiani, jeune insurgé d’Ispahan, exécuté
ONGs, 25 avril 2026
Arrêté le 8 janvier, Erfan Kiani, l'un des participants aux soulèvements populaires de janvier 2026, a été exécuté par les autorités iraniennes le 25 avril.
Selon l'agence de presse Tasnim, Erfan a été pendu à Ispahan, dans un lieu non précisé. Il aurait "avoué" avoir participé à des incendies criminels de biens publics et privés. Il avait été condamné à mort pour "moharebeh", pour avoir brandi une machette, dans le but "d'intimider et de terroriser la population, d'afficher son pouvoir, de bloquer des rues et d'inciter à la guerre et au meurtre".
Au moins 30 manifestants de janvier ont été condamnés à mort et des centaines d'autres risquent d'être poursuivis ou condamnés à la peine capitale.
15 autres personnes ont été condamnées à des peines de prison à Ispahan.
Efan Kiani est le 9ème manifestant exécuté en lien avec les manifestations de décembre 2025/janvier 2026. 

Un prisonnier politique baloutche exécuté à Zahedan
Haal Vsh/HRANA/IHR, 26 avril 2026
Amer Ramesh accusé d'infractions liées à la sécurité, notamment de "rébellion armée" et d'appartenance au groupe armé antiétatique, a été exécuté.
Les aveux de ce prisonnier politique baloutche affilié à Jaysh al-Adl, obtenus sous la torture, avaient déjà été diffusés par les médias d'État. Il est le 10ème prisonnier politique affilié à des groupes d'opposition interdits, à être exécuté au cours du mois écoulé.
Haal Vsh a rapporté que l'exécution a eu lieu à la prison centrale de Zahedan et qu'Amer a été privé de ses dernières volontés. Amer avait 18 ans lorsqu'il a été abattu et arrêté le 2 octobre 2024 alors qu'il travaillait dans une herboristerie du village de Balingi, dans le comté de Chabahar. Lors du raid, "les forces de sécurité ont utilisé des armes légères et semi-lourdes, notamment des lance-roquettes et des mortiers, faisant au moins trois morts et deux blessés".

Une 3ème manifestante condamnée à mort 
Free Iran, 26 avril 2026
Les autorités iraniennes ont condamné à mort Maryam Hodavand, une prisonnière politique détenue au quartier des femmes de la prison d’Evin, pour sa participation aux manifestations de 2026. Maryam Hodavand est la troisième manifestante à faire face à une exécution ces derniers mois. Plusieurs sources font état d’un manque total de transparence dans le processus judiciaire, du déni de son droit de choisir un avocat et du fait que le dossier repose sur des aveux obtenus sous la pression.

"Non aux exécutions"
118e mardi de grève de la faim dans 56 prisons 
AFIF, 28 avril 2026
Malgré les menaces des autorités, la campagne "Non aux exécutions du mardi" entame sa 118e semaine consécutive de grève de la faim hebdomadaire. Le mouvement touche désormais 56 centres de détention dans presque toutes les provinces.
Dans leur communiqué de cette semaine, les grévistes, pour la plupart des prisonniers politiques, dénoncent une dégradation brutale de leurs conditions sous couvert d'une "posture de guerre" adoptée par le régime. Ils alertent une instrumentalisation de la peine de mort à des fins politiques et soulignent que la multiplication des exécutions agit comme un levier de dissuasion systématique : en instaurant la peur, les autorités cherchent à verrouiller l'espace public et à paralyser préventivement toute future vague de protestation. 
Ils exhortent la communauté internationale et la mission d'établissement des faits de l'ONU à faire pression sur Téhéran et à obtenir l'autorisation de visiter les prisons et les centres de détention.

La famille de Narges Mohammadi, affirme que son maintien en prison équivaut à une condamnation à mort
The Gardian, 29 avril 2026  
La famille et les avocats de la militante iranienne Narges Mohammadi tirent la sonnette d'alarme sur son état de santé, jugé critique. Actuellement détenue à la prison de Zanjan, elle présente des symptômes inquiétants. Elle a subi une possible crise cardiaque le mois dernier et souffre de douleurs thoraciques persistantes ainsi que d'une tension artérielle dangereusement instable. Elle a perdu près de 20 kg, un affaiblissement attribué à ses années de détention et à ses multiples grèves de faim.
Les spécialistes affirment que les installations de Zanjan sont inadéquates. Elle nécessite une intervention chirurgicale et un suivi par son équipe médicale spécialisée à Téhéran.
En février 2026, elle a été condamnée à sept ans et demi de prison supplémentaires.
Au total, elle a accumulé 44 ans de condamnation au cours de sa vie et fait face à 154 coups de fouet pour son activisme en faveur des droits des femmes et contre la peine de mort.
Ses enfants, Kiana et Ali Rahmani, basés à Paris, ainsi que son frère en Norvège, appellent la communauté internationale à briser le silence. Ils décrivent une femme "épuisée" physiquement mais dont le courage reste intact. Pour son entourage, maintenir Narges Mohammadi en détention dans ces conditions s'apparente à une "condamnation à mort".
La fondation qui porte son nom demande une suspension immédiate de sa peine pour raisons médicales, affirmant que chaque jour passé derrière les barreaux met sa vie en péril immédiat.

ONU-Iran
La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme met en garde contre une répression croissante en Iran dans un contexte de conflit
UN News, 29 avril 2026
Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a averti mercredi que les droits des Iraniens étaient bafoués de manière "dure et brutale", citant une recrudescence des exécutions, des arrestations massives et des exactions présumées dans un contexte de répression croissante de la dissidence durant le conflit en cours.
Volker Türk, s'est dit "consterné de constater que, outre les conséquences déjà graves du conflit, les droits du peuple iranien continuent d'être bafoués".
Au moins 21 personnes ont été exécutées et plus de 4 000 arrêtées depuis fin février pour des accusations liées à la sécurité nationale, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Parmi les personnes exécutées figurent des individus liés aux manifestations, des membres présumés de groupes d’opposition et des personnes accusées d’espionnage.
M. Türk a souligné que, même en temps de guerre, les protections fondamentales doivent être respectées.
"En temps de guerre, les menaces qui pèsent sur les droits de l’homme augmentent de façon exponentielle", a-t-il déclaré, ajoutant que les droits fondamentaux tels que la protection contre la détention arbitraire et le droit à un procès équitable "doivent être respectés absolument, en toutes circonstances"...

Exécution de Hanifeh Avandi, victime d’un mariage forcé à 17 ans
11ème femme pendue depuis le début de l’année
HRANA/AFIF, 30 avril 2026
Le dimanche 19 avril 2026 au matin, Hanifeh Avandi, une turque de 24 ans originaire de Tabriz, a été exécutée à la prison centrale de Tabriz. Elle avait été condamnée à mort pour meurtre.
Contrainte au mariage à 17 ans sous la pression familiale, elle était accusée d’avoir tué son époux il y a cinq ans, après environ 11 mois de vie commune. Un médecin de la prison, évoquant son état mental, a déclaré qu'elle avait souffert de troubles psychologiques durant son incarcération et qu'elle était suivie médicalement. Le médecin a également souligné l'injustice de la situation et a estimé que sa condamnation à mort était injustifiée.

Exécution d’un manifestant de 21 ans suscite l’indignation
CSDHI, 30 avril 2026 
L’exécution de Sasan Azadvar Junaqani, jeune athlète détenu lors des récents troubles, a eu lieu mercredi matin à Ispahan.
Alors que les autorités le décrivent comme un attaquant violent agissant contre la sécurité de l’État, des groupes de défense des droits humains soutiennent que les preuves contre lui restent floues et que l’affaire a été marquée par de graves préoccupations juridiques et au respect de la procédure régulière.
L’affaire de Sasan Azadvar Junaqani intervient dans un contexte d’augmentation plus large des exécutions en Iran liées à des accusations de sécurité. Les autorités insistent sur le fait que de telles actions sont nécessaires pour maintenir l’ordre, en particulier pendant les périodes de troubles.

Iran : la population prise en étau entre la guerre et une répression brutale
Amnesty International, 30 avril 2026
En Iran, la population est prise au piège. Une répression sanglante du régime iranien contre son propre peuple. Et un conflit régional qui a déjà coûté la vie à des milliers d’Iraniens.  
Malgré le cessez-le-feu actuel entre les États-Unis et l’Iran, la situation demeure fragile et temporaire, menaçant la vie de millions de civil·es. Nous appelons à un cessez-le-feu durable dans la région.
Depuis des années, nous documentons, nous alertons et dénonçons les crimes commis en Iran. Il est temps que l’impunité cesse. 
En Iran, la répression est sanglante. Depuis des décennies, la société iranienne est maintenue sous le contrôle strict du régime des Mollahs. Les autorités iraniennes ne reculent devant rien pour faire taire celles et ceux qui se lèvent pour leurs droits et réclament la fin de décennies d’oppression. 
Face aux graves violations contre les droits humains dont sont victimes les Iranien·nes dans le pays, Amnesty International se mobilise depuis de nombreuses années. Sur place, notre équipe récolte des preuves, recueille des témoignages, et compile des informations cruciales pour documenter ces crimes.