Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
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Les cérémonies commémoratives du 40e jour pour des victimes du soulèvement national, organisées les 16 et 17 février, ont donné lieu à d’importantes cérémonies de recueillement dans de nombreuses villes.
Pris rapidement une dimension plus large, ces rassemblements se sont transformées en manifestations marquées par une forte expression de colère collective et par un défi politique assumé.
Au-delà du deuil, ces moments ont révélé la persistance d’une mobilisation populaire de poursuivre la contestation.
Le fait particulièrement marquant de ces commémorations a été le rôle central joué par les femmes. Leur présence visible et déterminée a souligné une fois de plus le rôle décisif qu’elles continuent de jouer, à la fois dans la transmission de la mémoire des victimes et dans la dynamique de mobilisation.
Zahra (Raha) Bahlouli Pour, tuée en janvier 2026 par les forces de sécurité
Parmi ces cérémonies, celle marquant le 40ème jour du décès de Zahra Bahlouli Pour, étudiante en langue italienne à l’Université de Téhéran et issue de la communauté turque qashqai, a revêtu une importance particulière. Elle s’est tenue dans sa ville natale de Firouzabad. La commémoration a rassemblé un grand nombre de femmes et de jeunes filles venues lui rendre hommage. Par leur présence et leur engagement, elles ont transformé ce moment de souvenir en un acte collectif de solidarité, de mémoire et d’espoir.
Des mineurs parmi les 30 personnes qui risquent la peine de mort en lien avec le soulèvement
UNICEF /Amnesty International, 19 et 20 février 2026
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a appelé, le 19 février, à la libération immédiate de tous les enfants détenus lors des manifestations en Iran et a souligné que la détention d’enfants sous toutes ses formes devait cesser.
Exprimant son inquiétude face au maintien en détention des enfants, l’agence onusienne a demandé un accès indépendant à ces derniers et a exhorté le régime iranien à respecter ses obligations au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant.
Amnesty International a annoncé qu’au moins 30 personnes, dont plusieurs mineurs, risquent d’être exécutées suite aux manifestations nationales de janvier 2026 et a appelé à l’arrêt immédiat des exécutions et à l’annulation des condamnations :
« Les autorités iraniennes démontrent une fois de plus leur mépris du droit à la vie et à la justice en brandissant la menace d'exécutions rapides et en prononçant des condamnations à mort lors de procès expéditifs, quelques semaines seulement après l'arrestation. En instrumentalisant la peine de mort, elles cherchent à semer la terreur et à briser le moral d'une population qui réclame un changement fondamental. »
https://www.amnesty.org.uk/latest/iran-urgent-action-children-among-30-at-risk-of-execution-after-grossly-unfair-uprising-related-trials/?utm_source=chatgpt.com
45% des manifestants étaient des étudiants de moins de 20 ans ; des enfants soumis à la torture et menacés d’exécution
wncri, 21 février 2026
Selon des informations publiées sur les réseaux sociaux et par des médias indépendants, des étudiants arrêtés ont fait face à des accusations fabriquées et à des aveux forcés. Dans les centres de détention, les autorités auraient recours à des méthodes sévères de torture pour extorquer des aveux, notamment des décharges électriques sur des parties sensibles du corps, des passages à tabac, l’utilisation de pinces, des tentatives de pénétration avec des tiges métalliques et des simulacres de noyade à l’aide d’eau et de tissus imbibés.
Ces abus seraient systématiques et non limités à une seule ville, bien que seule une fraction des cas ait été rendue publique.
Le 16 février, des informations ont fait état de la mort de deux sœurs âgées de 15 et 17 ans, à la suite de viols et d’actes de torture dans des centres de détention. Leur père a ensuite été arrêté dans le quartier de Khavaran à Téhéran.
Répression sécuritaire dans les écoles
Des agents du renseignement et des officiers en civil sont entrés dans des établissements scolaires à travers le pays, instaurant un climat de surveillance et d’intimidation.
Des enfants parmi les personnes condamnées à mort
Dans une déclaration publiée le 20 février 2026, des experts des United Nations ont appelé les autorités iraniennes à révéler le sort et le lieu de détention des personnes arrêtées, des victimes de disparition forcée et des personnes portées disparues depuis les manifestations, et à suspendre la prononciation et l’exécution des peines de mort liées aux manifestations.
L’exécution des femmes continue
Médias, 17 et 24 février 2026
La prisonnière Mina Nasirpour, 40 ans, a été exécutée le lundi 16 février 2026 à la prison centrale de Tabriz. Originaire d’Ardabil, avait été arrêtée il y a deux ans aux côtés de son mari pour des accusations liées aux stupéfiants. Tous deux avaient ensuite été condamnés à mort.
À l’aube du lundi 23 février 2026, Sohaila Asadi a été exécutée à la prison de Dastgerd, à Ispahan.
Âgée de 30 ans et originaire de Kachan, Sohaila Asadi avait été victime d’un mariage forcé. Arrêtée il y a environ quatre ans pour meurtre, elle avait été condamnée à la peine capitale à l’issue de la procédure judiciaire.
Au moment de cette publication, son exécution n’a été annoncée ni par les médias officiels iraniens, ni par aucune source gouvernementale.
Avec la pendaison de Sohaila Asadi le nombre de femmes exécutées au cours de l’année civile 2026 s’élève désormais à 10.
Conférence internationale "Le leadership des femmes ; une nécessité pour un Iran libre et une république démocratique"
wncri, 22 février 2026
A l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, cette conférence internationale s’est tenue le samedi 21 février, en présence de Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI et de dizaines de personnalités politiques et parlementaires d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine qui sont intervenues lors de cette conférence.
«La Journée internationale des femmes 2026 appartient aux femmes et aux jeunes qui ont pris d’assaut le principal bastion de la misogynie dans le monde aujourd’hui », a déclaré Mme Radjavi. Elle a appelé les femmes conscientes et éprises de liberté du monde entier à se tenir aux côtés des femmes d’Iran et à les soutenir.
En présentant des programmes et des plans précis, le CNRI a insisté sur le principe que les droits humains sont des droits des femmes et doivent être reconnus dans tous les domaines :
– de la liberté d’élire et d’être élue,
– au droit de choisir librement ses vêtements,
– à la liberté de travailler, au droit à l’activité politique, sociale et économique,
– au droit d’utiliser toutes les moyens artistiques et sportifs sans discrimination,
– à un salaire égal aux hommes pour un travail égal,
– à la liberté de choisir son conjoint,
– à l’égalité du droit au divorce et l’interdiction de toute exploitation sexuelle des femmes, sous quelque prétexte que ce soit.
L’Hiver Pourpre : 50 jours de manifestations nationales en Iran (2025-2026)
HRANA, 23 février 2026
Ce rapport exhaustif examine les événements survenus au cours des 50 premiers jours suivant le déclenchement des manifestations nationales en Iran le 28 décembre 2025. Il dresse un compte rendu détaillé du déroulement des événements et de la réponse de l'État de décembre 2025 à février 2026.
Fruit d'un travail de documentation coordonné et mené par plusieurs équipes (HRANA de HRA, Spreading Justice, le projet de documentation Pasdaran et le Département des statistiques), ce rapport d'environ 1350 pages constitue un enregistrement structuré de la phase initiale des manifestations nationales iraniennes de 2025-2026 et de la réaction de l'État.
. Une Mobilisation Nationale et Étudiante Sans Précédent
. Un Bilan Humain Catastrophique
. Arrestations Massives et Intimidation Judiciaire
. Une Quête Inébranlable pour la Justice
Les conclusions sont tirées de plus de 143330 rapports HRANA, issus de sources confidentielles et publiques, collectés, vérifiés et analysés durant cette période de cinquante jours.
ONU-Iran
Annalena Baerbock : les droits des femmes en Iran à l’ONU
24 février 2026
Lors de son point de presse au Palais des Nations à Genève, Annalena Baerbock, présidente de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a mis l’accent sur l’impérieuse nécessité de défendre les droits humains à l’échelle mondiale. Elle a notamment évoqué plusieurs cas de violations des droits des femmes, citant tout particulièrement la situation en Iran.
Elle a déclaré que les jeunes filles sont désormais traitées comme des êtres humains de seconde zone, une notion inexistante et inadmissible en droit international. Elle a également dénoncé le cas d’une femme en Iran, visée par des tirs au visage pour avoir simplement manifesté pacifiquement. Baerbock a placé la situation iranienne aux côtés d’autres exemples graves de violations des libertés et a réaffirmé la nécessité, pour la communauté internationale, de se mobiliser fermement contre les atteintes aux droits des femmes et des filles partout dans le monde.
Iran : 109ème mardi de grève de la faim dans 56 prisons contre la peine de mort
AFIF, 25 février 2026
Pour la 109ème semaine consécutive, la campagne "Non aux exécutions" a franchi une étape symbolique majeure. Le mardi 24 février, des détenus répartis dans 56 centres pénitentiaires à travers l'Iran ont observé une grève de la faim coordonnée pour dénoncer l'usage systématique de la peine capitale par le pouvoir judiciaire.
Ce mouvement de résistance non violente, initié au sein des prisons iraniennes, vise à alerter l'opinion internationale sur l'augmentation alarmante du nombre de condamnations à mort et d'exécutions à travers le pays. Initialement limitée à quelques établissements, la mobilisation s'étend désormais à 56 prisons, témoignant d'une organisation interne sans précédent malgré la surveillance stricte.
La mobilisation de ce mardi revêt une importance particulière car elle coïncide avec les cérémonies du 40ème jour marquant le deuil des nombreuses victimes du soulèvement de janvier 2026.
Cette synchronisation souligne d’une part l'unité des mouvements, un rapprochement croissant entre les prisonniers politiques et les manifestants à l'extérieur. D’autre part, le défi au régime : la contestation en milieu carcéral résonne désormais directement avec les aspirations des mouvements anti-gouvernementaux qui secouent le pays.
Cette 109ème journée n'est plus seulement un acte de protestation interne, mais le symbole d'une lutte nationale unifiée contre la machine judiciaire du régime.
Escalade de la répression universitaire en Iran
Vague de convocations et d’exclusions d’étudiants - 180 étudiants suspendus
Médias, 26 février 2026
Face à une mobilisation estudiantine qui ne faiblit pas, le régime iranien multiplie les mesures disciplinaires. En l'espace de 48 heures, au moins 180 étudiants ont été visés par des procédures d'exclusion temporaire, illustrant la fébrilité des autorités devant l'ampleur de la contestation.
Entre le lundi 23 et le mercredi 25 février, une vague de SMS a été adressée aux étudiants identifiés lors des récents rassemblements. Le message est sans équivoque : leur participation est jugée "contraire au règlement pédagogique et disciplinaire ".
Dans l'attente de leur comparution devant un conseil de discipline, ces étudiants font l'objet de mesures conservatrices immédiates : interdiction d’accès aux campus et aux salles de cours. Et suspension de l'accès aux services universitaires (bibliothèques, restaurants, logements).
Le mardi 24 février a marqué la 4ème journée consécutive de manifestations coordonnées, devenu un mouvement d'envergure touchant les principales facultés de Téhéran ainsi que plusieurs grandes villes de province.
Les slogans, de plus en plus explicitement anti-gouvernementaux, témoignent d'une rupture profonde entre la jeunesse et le pouvoir. Des heurts ont éclaté sur plusieurs sites universitaires entre les manifestants et les milices du Bassidj. Ces affrontements signalent une volonté du régime de briser la dynamique de groupe par la force, alors que l'agitation gagne des secteurs de plus en plus larges de la société académique.
28 février 2026
Premier jour de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran
Rapport initial sur l'ampleur des attaques et leurs conséquences humaines (HRANA)
Suite aux attaques militaires menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février 2026, les données préliminaires recueillies auprès de sources sur le terrain et dans les rapports publiés dressent le tableau d'une opération de grande envergure et en plusieurs phases : au moins 59 incidents recensés dans 18 provinces ; un minimum estimé à 333 victimes civiles ; des pertes militaires confirmées ; des dégâts aux infrastructures et aux centres éducatifs ; de graves perturbations d'Internet en plusieurs phases ; et une vague de réactions juridiques, politiques et humanitaires tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Iran.
La mort de plusieurs dizaines d'écolières à Minab
Le vice-gouverneur chargé des affaires politiques, sécuritaires et sociales de la province d'Hormozgan a annoncé qu'à la suite de frappes de missiles menées par l'armée israélienne sur le territoire iranien, une école primaire de filles nommée "Shajareh Tayyebeh" a été visée.
Cependant, le porte-parole du ministère de l'Éducation a annoncé par la suite que le bilan s'élevait à 53 morts et 63 blessés.
Ahmad Nafisi a ajouté : "Au cours de la matinée, dans cette école qui a été directement visée, 170 élèves étaient présents. Les opérations de déblaiement et de sauvetage des élèves sont en cours.
Volker Türk demande une enquête rapide, impartiale et approfondie sur les circonstances de cette attaque.
La responsabilité d’enquêter incombe aux forces qui ont mené cette attaque. Le Haut-Commissaire des
Nations unies aux droits de l'homme appelle à rendre publics les résultats de cette enquête et à veiller à ce que les victimes obtiennent justice et réparation.
Nations unies aux droits de l'homme appelle à rendre publics les résultats de cette enquête et à veiller à ce que les victimes obtiennent justice et réparation.