17 février 2026

AFIF INFOS Février (1/2) 2026

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE

Les Iraniens toujours en deuil national après la tuerie de janvier 2026 par le régime iranien sont inquiets des sorts de milliers de personnes, dont des mineures, arrêtées en lien avec les actions de protestation nationale déclenchées le 28 décembre 2025.  Ces détenus sont exposées à des risques graves et imminents. Ils encourent la disparition forcée, la torture et d’autres mauvais traitements, la mort en détention, ainsi que des peines d’emprisonnement prolongées ou des exécutions arbitraires à l’issue de procès manifestement inéquitables, souvent devant des tribunaux révolutionnaires. La communauté internationale, doit réagir urgemment.


Des lauréats du prix Nobel appellent à l’action face à la répression en Iran, alors que les manifestations de janvier deviennent meurtrières
Iran Focus, 2 février 2026 
Plus de 100 lauréats du prix Nobel ont publié une lettre ouverte condamnant ce qu’ils qualifient de violations massives des droits de l’homme en Iran, au cœur de la phase la plus sanglante des manifestations nationales depuis la révolution de 1979. Ils appellent les dirigeants du monde à prendre des mesures concrètes pour soutenir les manifestants.
Dans cette déclaration de janvier 2026, les lauréats du prix Nobel expriment leur vive inquiétude face aux violations flagrantes et choquantes des droits des citoyens et au recours à la force meurtrière contre les manifestants par les forces du régime.

Sit-in et manifestation des étudiants en mémoire des martyrs du soulèvement
Média, 1er au 3 février 2026
Alors que la résistance national en Iran se poursuit en février, le régime de Khamenei lance une campagne de représailles contre les professionnels de santé qui ont soigné et continue de soigner les blessés du massacre de janvier.
Face à cette brutalité, les campus sont devenus l’épicentre de contestation, bastions de la résistance.
Les étudiants des universités de médecine de Machhad , Chiraz, Téhéran et de la faculté d’odontologie de Tabriz, ont organisé des sit-in et des rassemblements. Ils scandaient " un étudiant peut mourir, mais n’accepte pas l’humiliation ! ",  "libérez l’étudiant emprisonné! " , "libérez médecin honorable! ", "Liberté ! Liberté !  ", "À bas le dictateur! " …

" Ô mères d’Iran"
À travers le destin bouleversant d’une mère iranienne éprouvée par la répression de la théocratie au pouvoir, Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf donne voix à des femmes que le pouvoir iranien  a voulu réduire au silence. Le destin de mère Ebrahimpour, un récit incarné, entre mémoire, deuil et résistance, au cœur de l’histoire contemporaine de l’Iran. (© Editions Intervalles)

Arrestation et disparition forcée de quatre sœurs à Téhéran
wncri 7 février 2026
Dans le contexte de la poursuite de la vague d’arrestations faisant suite aux manifestations nationales en Iran, des rapports font état de l’arrestation et de la disparition forcée continue de quatre sœurs à Téhéran. Des semaines après leur arrestation, leur lieu de détention et leur situation juridique demeurent inconnus.
Niusha Nakhai et Mona Nakhai ont été arrêtées il y a environ 26 jours, tandis que Kimia Davoudi et Tara Davoudi interpellées il y a près de trois semaines par les forces de sécurité et transférées vers des lieux non divulgués.
À ce jour, aucune information officielle n’a été communiquée concernant leur lieu de détention ni leur statut juridique, ce qui suscite de vives inquiétudes quant à la possibilité de lourdes condamnations à son encontre.

Marche et rassemblement des Iraniens à Berlin pour la démocratie et contre toutes les formes de dictature
wncri, Iran Focus, 8 février 2026
Le 7 février 2026, des dizaines de milliers d’Iraniens et de soutiens de la Résistance iranienne se sont rassemblés à Berlin pour réclamer une république démocratique, laïque et non nucléaire en Iran. Coïncidant avec l’anniversaire de la révolution de 1979, la manifestation a affirmé un rejet net à la fois du régime théocratique actuel et de tout retour à la monarchie.
Un slogan central - " À bas l’oppresseur, qu’il soit Chah ou Guide suprême " - a symbolisé cette position, soulignant que le peuple iranien refuse de remplacer une dictature par une autre. 
Plusieurs personnalités internationales, dont Charles Michel, Mike Pompeo et d’anciens responsables allemands, ont soutenu l’existence d’une alternative politique organisée et appelé à une politique internationale plus ferme face au régime iranien, notamment par des sanctions, la défense des droits humains et la liberté d’information.
Ils ont exprimé leur soutien au CNRI et au plan démocratique en 10 points de Maryam Rajavi, qui prévoit notamment le suffrage universel, la séparation religion–État, l’abolition de la peine de mort et l’égalité femmes-hommes.
Des représentants de minorités et de la société civile iranienne ont insisté sur le pluralisme, les droits des femmes, la fin de la censure et la nécessité d’un changement mené par les Iraniens eux-mêmes. Le rassemblement a illustré la mobilisation durable de la diaspora iranienne et sa volonté de relier son action aux luttes internes en Iran pour un changement politique profond.

"NON aux exécutions"      نه_به_اعدام#
107ème mardi de grève hebdomadaire des prisonniers en Iran 
AFIF, 10 février 2026 
Les prisonniers participants à la grève de la faim dans la campagne des "Mardis contre exécutions" qui entre dans sa 107ème semaine ont publié un communiqué sur  la détérioration des conditions carcérales, d’une part, et sur la forte hausse de l’application des sentences capitales depuis fin janvier en Iran, d’autre part. 
Ils ont fait également état des centaines détenus qui sont exposés au risque de voir une peine de mort prononcée ou exécutée. Les grévistes demandent à leurs concitoyens de réitérer l’appel à l’arrêt  des exécutions  et continuer de protester. 

Violations des droits humains en Iran,…
12 février 2026
L’oppression systémique, les traitements inhumains et les détentions arbitraires pratiqués par le régime en Iran.
Les députés condamnent les violences perpétrées par le régime iranien contre sa population, visant en particulier les acteurs de la société civile, les manifestants, les femmes, les minorités et communautés, ainsi que l’oppression des femmes. Ils appellent à la libération immédiate des femmes détenues, en particulier la lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi.
Ils expriment leur préoccupation à la lumière des informations selon lesquelles le bilan des victimes des récentes manifestations pourrait s’élever à environ 35 000 morts et avertissent que les actes documentés atteignent le seuil constitutif de crimes contre l’humanité. Ils appellent à ce que les atrocités fassent l’objet d’une documentation indépendante par les organes des Nations Unies et à ce que les éléments de preuve soient préservés en vue de poursuites ultérieures, soulignant la nécessité d’assurer la reddition de comptes par le biais des mécanismes judiciaires internationaux.
Dans la résolution, le Parlement demande la cessation immédiate de toutes les violences et de la répression exercées à l’encontre des civils, notamment les détentions arbitraires, les disparitions forcées et les actes de torture, et exhorte les autorités à mettre fin au harcèlement et aux poursuites engagées contre les médecins et les professionnels de santé qui dispensent des soins aux manifestants blessés.
Les députés réaffirment leur solidarité avec le peuple iranien et soulignent qu’il constitue la seule source légitime de souveraineté en Iran. Ils invitent le Conseil et la Commission à élargir le champ des sanctions ciblées. Ils exhortent en outre l’Union européenne et ses États membres à élaborer une stratégie de réponse visant à soutenir les familles des détenus et à empêcher l’utilisation délibérée par le régime iranien de la diplomatie des otages. Ils rappellent également que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), désigné par l’Union européenne comme organisation terroriste, joue un rôle central dans la répression.
La résolution a été adoptée par 524 voix pour, 3 voix contre et 41 abstentions. 

ONU-Iran
Avertissement sévère de Mai Sato contre l’escalade des exécutions et de la répression 
AFIF, 13 février 2026
Dans un message publiée sur Twitter, Rapporteuse spéciale de l’ONU a révélé que, dans les semaines précédant les manifestations nationales qui ont débuté le 28 décembre 2025, elle et d’autres experts de l’ONU avaient adressé plusieurs communications formelles aux autorités iraniennes concernant plusieurs affaires d’exécution et la dégradation des conditions de détention.
Dr. Mai Sato, a mis en garde contre une escalade de la répression en Iran à la suite de ces manifestations et a dénoncé des condamnations à mort prononcées à l’issue de procès expéditifs, l’usage d’aveux forcés, des conditions de détention inhumaines et un manque total de transparence sur le nombre de détenus, d’exécutés et de morts. 
Elle avertit que des manifestants risquent désormais l’exécution et rappelle le coût humain de la crise à travers le témoignage d’un adolescent tué.

Huit femmes exécutées en 2026 en Iran
HRANA/wncri, 15 février 2026
Accusée de meurtre, la prisonnière Esmat Najafi, a été pendu au matin du dimanche 15 février à la prison de Qom
Une autre détenue, Shahla Dolatabadi a été pendue à l’aube du 9 février à la prison de Kerman. Elle a été condamnée à la peine capitale pour homicide. 
Selon des rapports récemment publiés,  l’exécution de Shahnaz Javadi, avait déjà eu lieu le 12 octobre 2025 à la prison de Na’in. Elle avait été condamnée à mort pour des accusations liées à des infractions à la législation sur les stupéfiants.
Une autre prisonnière, Mahnaz Roshani, avait été pendue le 31 janvier 2026 à la prison de Dastgerd, à Ispahan.
Ces pendaisons porte le nombre de femmes exécutées au cours de l’année civile 2026 à 8.

50ème  jour des manifestations : intensification des poursuites pour atteinte à la sécurité et incertitude quant au statut des détenus 
HRANA, 15 et 16 février 2026
D'après les dernières données agrégées, au 50ème jour des manifestations, le nombre total de décès confirmés s'élève à 7015. Parmi eux, 6 508 personnes ont été recensées comme "manifestants". 226 des victimes étaient mineures. Par ailleurs, 214 membres des forces armées ou gouvernementales et 67 personnes "non militaires et non manifestantes" ont également perdu la vie. 11 744 cas sont encore en cours d'investigation. 
Alors que les arrestations massives par les forces de sécurité se poursuivent, l’identité des 13 personnes interpellées en lien avec les manifestations, dont 8 adolescents, dans plusieurs villes, a été confirmée.

02 février 2026

AFIF INFOS Janvier (2/2) 2026

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE


"Pire meurtre de masse de l’histoire contemporaine de l’Iran"
35 jours après le déclenchement des manifestations nationales qui a ébranlé le régime iranien,  la répression continue. Un rapport de médecins en Iran fait état d’au moins 16 500 personnes tuées et plus de 330 000 blessées, ces chiffres continuaient d’augmenter et que la coupure d’Internet empêchait toute vérification. 
Une intensification des pressions sur les médecins, le personnel médical et les avocats marquée par une vague d'arrestations, souvent ciblées et sporadiques dans plusieurs villes, de harcèlement judiciaire, avec le recours continu à des tactiques répressives telles que la diffusion d'"aveux forcés ".

ONU-Iran
Réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur l'escalade en Iran
un.org, 15 janvier 2026 
Le Conseil de sécurité fait le point sur la situation en Iran, alors que le pays est secoué depuis la fin décembre par un mouvement de contestation nationale violemment réprimé et que Washington a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'une action militaire contre Téhéran pour protéger les manifestants. 

39e session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme
ohchr.org, 23 janvier 2026
À l’issue de sa 39ème session extraordinaire, consacrée à "la détérioration de la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran", le Conseil des droits de l’homme a adopté  le 23 janvier 2026 une résolution (A/HRC/S.39/L) par laquelle il déplore vivement la répression violente des manifestations pacifiques en Iran, qui a entraîné la mort de milliers de personnes et fait de nombreux blessés, ainsi que l’arrestation et la détention arbitraires de milliers de personnes en lien avec les manifestations nationales qui ont débuté le 28 décembre 2025.
Le texte a été adopté par 25 voix pour, 7 voix contre et 14 abstentions
Le Conseil, tout en prolongeant de 2 ans le mandat de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur la République islamique d’Iran, prie ladite Mission de mener d’urgence une enquête sur les allégations de violations graves des droits de l’homme et de crimes commis dans le contexte des manifestations, y compris en vue d’éventuelles poursuites judiciaires. Le Conseil a en outre prolongé d’un an le mandat de Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Iran.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé vendredi la répression meurtrière des manifestations en Iran qui a entraîné la mort de" milliers de personnes, dont des enfants".
La rapporteuse spéciale Mai Sato a fait état de 20.000 tuées lors des manifestations a affirmé que le moment était venu pour la communauté internationale de réagir et de soutenir le peuple iranien dans sa quête de droits fondamentaux et de reddition de comptes.
Sara Hossain, présidente de la Mission a insisté sur l’importance de rassembler des preuves pour déterminer si des crimes au regard du droit international, y compris des crimes contre l'humanité, ont été commis. Les auteurs et les structures étatiques qui ont permis les violences observées doivent être identifiés et tenus pour responsables.

Tedros Adhanom Ghebreyesus (OMS)  
«…Ces derniers jours, des agressions contre des soignants ont été signalées, et au moins cinq médecins ont été arrêtés alors qu'ils soignaient des patients blessés. J'exige la libération de tout soignant détenu. Le personnel de santé ne devrait jamais subir d'intimidation.
OMS  a confirmé que l'hôpital Khomeini, à Ilam( ouest) du pays, a été attaqué début janvier. Des violences ont été signalées à l'intérieur et aux alentours de l'établissement suite au transfert de blessés vers l'hôpital. Les services et l'approvisionnement médicaux ont été perturbés.
De nombreux établissements de santé ont été endommagés à travers l'Iran ces dernières semaines, notamment 10 postes de secours préhospitaliers, où plus de 50 ambulanciers ont été blessés et plus de 200 ambulances endommagées. Des gaz lacrymogènes auraient également été utilisés à l'hôpital Sina de Téhéran.
La crise récente a mis à rude épreuve le système de santé…
La santé ne doit jamais être prise pour cible. »

L’UE inscrit les gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes
AFP/Reuters, 29 janvier 2026 
L’Union européenne a décidé, jeudi 29 janvier, d’ajouter les gardiens de la révolution en Iran à la liste des organisations terroristes de l’UE. Cette décision devrait être entérinée sous peu par le Conseil Européen. Une décision "historique", qui répond à la répression des manifestations qui secouent l'Iran. Kaja Kallas, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a affirmé que "la répression ne pouvait rester sans réponse". Considérés comme terroristes, le CGRI est mis "sur un pied d'égalité avec Daech, et Al-Qaïda", assure l'UE.
Dans le même temps, l’UE a adopté de nouvelles sanctions visant des responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur et des dirigeants des gardiens de la révolution impliqués dans la répression violente. Au total, 21 personnes et entités sont concernées par des mesures de gel des avoirs et d’interdiction d’entrée sur le territoire de l’Union.
Le Conseil de l’Union européenne a aussi imposé de nouvelles mesures restrictives en réponse aux graves violations des droits humains et au soutien continu de l’Iran à l’agression en Ukraine. 

Blocage d’internet en Iran : que dit le droit international ?
Le Club des juristes, 29 janvier 2026 
Après près d’un mois de blocage généralisé de l’accès à internet en Iran, décidé par les autorités en réponse aux manifestations, la connexion commence à être progressivement rétablie dans le pays. Ces coupures limitent les communications de la population et ont porté atteinte aux droits de l’homme.

Quatre femmes pendues en janvier 2026 en Iran
En parallèle des manifestations à l’échelle nationale et du blackout prolongé et généralisé d’Internet, la vague d’exécutions continue  en Iran.
. Tayyebeh Hekmat, 53 ans et mère de trois enfants, a été exécutée à la prison centrale de Zandjan à l’aube du mardi 6 janvier 2026. Elle avait été arrêtée il y a environ 7 ans pour le meurtre de son mari et condamnée au qesas.
. Arrêtée pour des accusations liées à des infractions en matière de stupéfiants, Soheila Azizi a été pendue à  l’aube du mercredi matin 7 janvier à la prison de Vakilabad, à Machhad.
. Condamnée à mort pour des accusations de meurtre, la prisonnière  Akram Rezaei a été exécutée le mardi 13 janvier 2026 à la prison de Rasht. 
. Kimia Khani a été pendue à l’aube du lundi 19 janvier, à la prison centrale d’Ispahan. Elle a été condamnée à mort pour des accusations liées à la drogue.