Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
Exécution publique à
Esfarayen
iranhr.net/AFIF, 1er mars
2025
Un homme de 28 ans a été
exécuté vendredi matin 28 février 2025 en public sur le pont Behesht à
Esfarayen dans la province de Khorassan (nord-est).
L'identité
de ce prisonnier a été confirmée comme étant celle de Shoayb Rezapoor, 28 ans,
qui avait été condamné à qesas pour
"meurtre intentionnel".
Selon une
source fiable, il avait été arrêté il y a trois ans et demi pour avoir
poignardé une personne à mort et avait été condamné à la peine capitale.
Le site officiel
Hamshahri Online a annoncé la nouvelle de cette exécution publique sans
mentionner le nom du prisonnier. Il s'agit de la première exécution publique
enregistrée en Iran en 2025.
L'Iran est
l'un des rares pays où les condamnations à mot sont exécutées en public.
Une femmes et 6 hommes
exécutés à la prison centrale de Machhad Hengaw, 2 mars 2025
Sept
prisonniers dont une femme ont été exécutés le samedi 1er mars 2025 à
la prison de Vakilabad à Machhad.
La
suppliciée Asieh Ghavi-Cheshm, âgée de 45 ans et mère de deux enfants,
originaire du village de Khalghabad près de Machhad, avait été arrêtée pour des
accusations liées à la drogue et condamnée à mort.
Asieh Ghavi-Cheshm
est la 4e femme à être exécutée en Iran en 2025. Avant elle, 3 femmes ont été
pendues le 1er, le 6 et le 18 février à la prison
d’Adelabad à
Chiraz, à la
prison de Parsilon à Khorramabad et à la prison
centrale de Sari.
7000 personnes en
attente d’exécution, selon un expert en Iran
CSDHI, 3 mars 2025
Ahmad Bokharaei, un expert
affilié au gouvernement iranien, a déclaré le 27 février 2025 dans une
interview accordée à Didar News que le nombre de personnes en attente
d’exécution en Iran avait dépassé les 7000. Il a précisé que nombre d’entre eux
sont actuellement détenus à l’isolement et que leur sort est incertain : "Demain matin, on ne sait
pas combien d’entre eux seront encore en vie. Parmi eux, 54 sont classés comme
prisonniers de sécurité politique. Chacun d’entre eux représente plus qu’un
simple cas individuel, car leur exécution pourrait avoir des implications
sociétales plus larges ", a-t-il déclaré.
Un expert de l’ONU
condamne le recours du régime à la prise d’otages à des fins diplomatiques
ohchr,
4 mars 2025
La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la
torture, Alice Jill Edwards, a lancé un avertissement sévère concernant le
recours croissant des États à la prise d’otages, désignant le régime iranien
comme l’un des nombreux gouvernements qui détiennent des ressortissants
étrangers et des binationaux sur la base d’accusations fabriquées ou exagérées
pour obtenir un levier diplomatique. Dans son
rapport (A/HRC/58/55) au Conseil des droits de l’homme, Edwards a constaté qu’au
moins 66 cas de prise d’otages par l’État ont été signalés en Iran depuis 2010.
Elle a averti que les journalistes, les travailleurs humanitaires, les
universitaires, les voyageurs d’affaires et les défenseurs des droits de
l’homme sont particulièrement vulnérables à ces détentions. "La prise d’otages est une
cruauté pure et dure, qui implique presque toujours la torture", a-t-elle déclaré.
TRIBUNE. Les femmes
iraniennes, la force du changement, pionnières d’un combat universel
LA DEPECHE, 8 mars 2025
À l’occasion de la Journée internationale des
droits des femmes, un collectif international signe une tribune en soutien à la
lutte des femmes iraniennes pour la liberté. Dominique Attias,
présidente du conseil d’administration de la Fondations des avocats européens, Elisabeth
Badinter, philosophe, Ingrid Betancourt, autrice, ancienne sénatrice
de la Colombie, ou encore Laurence Tubiana, présidente de la Fondation
européenne pour le climat figurent parmi les signataires de ce texte, que La
Dépêche du Midi publie. «Le courage
surprenant des femmes iraniennes durant le soulèvement de 2022-2023 est resté à
jamais gravé dans nos mémoires. Dans son rapport au Conseil des droits de
l’homme de l’ONU, la mission internationale indépendante dénonçait « les
nombreuses violations graves des droits humains et des crimes de droit
international commis contre les femmes et les filles en République islamique
d’Iran… »
Premières Signataires :
Jelena Aparac,
ancien membre et présidente-rapporteur du Groupe de travail des Nations Unies
sur l’utilisation de mercenaires
Rosalia Arteaga,
ancienne présidente de la République de l’Équateur
Dominique Attias,
présidente du conseil d’administration de la Fondations des avocats européens
Elisabeth Badinter,
philosophe
Alice Benhamou
Panetta, Présidente Nationale Fondatrice de VLF (Vivent les femmes)
Ingrid Betancourt,
autrice, ancienne sénatrice de la Colombie
Alda M.
Facio, Ancienne présidente-rapporteur du Groupe de travail de l’ONU sur la
discrimination à l’égard des femmes et des filles
Ghada Hatem-Gantzer,
Praticien hospitalier, Fondatrice de la Maison des femmes
Elisabeth Rabesandratana,
avocate auprès de la Cour pénale internationale.
Noanne Tenneson,
Directrice Générale de l’Alliance des Avocats pour les Droits de l’Homme (AADH)
Laurence Tubiana,
présidente de la Fondation européenne pour le climat
Catherine Wihtol de Wenden, Directrice de recherche CNRS
Une liste exhaustive
des prisonnières politiques en Iran par HRANA
Le 8 mars à la prison
d’Evin – Un témoignage de lutte et de résistance de Forough Taghipour
wncri, 8 mars 2025
À l’occasion de la Journée internationale de la femme, la
prisonnière politique Forough Taghipour, actuellement détenue dans le quartier
des femmes de la prison d’Evin, a rédigé un témoignage relatant de ses années
de résistance, d’emprisonnement et de défi inébranlable face à la tyrannie
religieuse. Familiarisée avec les notions de prison et de répression depuis son
enfance, elle raconte ses expériences personnelles et le chemin ardu que les
femmes iraniennes ont parcouru dans leur quête de liberté et d’égalité.
Inspirée par Maryam Radjavi, Forough Taghipour entrevoit un avenir libéré de
l’oppression et de l’injustice, réaffirmant sa foi inébranlable dans le
changement et en la victoire finale. Forough
Taghipour a été libérée en février 2023 après avoir purgé trois ans de prison,
avant d’être à nouveau arrêtée le 21 août 2023. Le 14 février 2024,
la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran l’a
condamnée à 15 ans de prison.
La Mission
d’établissement des faits de l’ONU signale la poursuite des crimes contre
l’humanité en Iran
ohchr, 12 mars 2025
La Mission internationale indépendante d’établissement des
faits des Nations Unies sur l’Iran a publié un résumé préliminaire de
ses conclusions en prévision de la présentation de son rapport complet lors de
la 58e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ce rapport, fondé sur
plus de 38000 éléments de preuve et 281 témoignages, confirme que la
dictature cléricale continue de commettre de graves violations des droits
humains et des crimes contre l’humanité à la suite des manifestations de 2022
déclenchées par la mort de Jina Mahsa Amini. La Mission
d’établissement des faits (MEF) a constaté que les autorités de l’État ont
systématiquement eu recours à la force meurtrière, à la torture et à la
détention arbitraire contre les manifestants et ont déguisé les exécutions
extrajudiciaires de "suicides". Elle a également
révélé que les simulacres d’exécution étaient largement utilisés comme forme de
torture psychologique dans les centres de détention.
Une 5ème
femme exécutée à Ispahan
IHRNGO/AFIF, 13 mars 2025
Depuis le
début de l’année 2025, une 5ème femme a été pendue à la prison
centrale d'Ispahan
(Dastgerd) le 1er mars. Son identité a été établie comme étant Nasrin
Barani, 29 ans, originaire d'Ispahan. Elle avait été condamnée au qesas (châtiment
en nature) pour meurtre. L'Iran est
le pays qui exécute le plus grand nombre de femmes dans le monde. En 2024, au
moins 34 femmes ont été exécutées pour des motifs liés à la drogue, au meurtre
et à la sécurité en Iran, ce qui représente le nombre le plus élevé
d'exécutions de femmes enregistré depuis plus de 15 ans.
Deux
autres femmes exécutées à Oroumieh wncri.org, 16 mars 2025
Mojgan
Azarpisheh et Kowsar Baghernejad avaient tous deux été reconnus coupables de
meurtre avec préméditation dans des affaires distinctes et avaient déjà été
condamnées à mort par le système judiciaire du régime iranien. Mojgan
Azarpisheh avait été emprisonnée pendant 6 ans, tandis que Kowsar Baghernejad
avait passé 4 ans derrière les barreaux, dans l’attente de son exécution.
Avec
l’exécution de ces deux femmes, le nombre de femmes exécutées en Iran en 2025
s’élève à sept.
Conférence virtuelle d'AFIF à la 69è NGO CSW
AFIF, 17 mars 2025
"Expérience
des femmes iraniennes face à la misogynie institutionnalisée" est le titre de la conférence virtuelle d’AFIF dans le cadre de la
69ème session de la Commission sur le statut des femmes de
l’ONU au 30e anniversaire de la Conférence internationale de
1995 ("Pekin +30").
Avocates,
juristes, ingénieurs et militantes des droits humains ont abordé l’arsenal
juridique discriminatoire du régime iranien envers les femmes et les
impacts de ces lois misogynes sur la vie, le sort et le quotidien des femmes et
des filles en Iran : . La hausse alarmante
des sentences et des peines de mort
. Exécutions
des femmes
. Mariage
forcé ou précoce, souvent associé de "crimes
d’honneur"
. Impact sur
l’éducation et l’emploi des femmes
. Les femmes
prisonnières politiques en Iran
. La
situation des femmes en Iran sous le régime iranien, un
rapport à Pékin +30
. La lettre
de Forough Taghipour, les jeunes et les unités de résistance à l’intérieur
Maître
Dominique Attias, présidente du Conseil d’Administration de la Fondation des
Avocats Européens, a conclu cette conférence en exposants son regard sur
la résistance des femmes iraniennes.
ONU-Iran
1er Rapport
de Mai Sato au Conseil des droits de l’homme des Nations unies
ohchr.org, 18 mars 2025
Mai Sato, rapporteuse
spéciale des Nations unies sur l’Iran a présenté son premier rapport (A/HRC/58/62) lors de la 58e session
annuelle du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève. Dans son premier rapport au Conseil des droits humains
des Nations unies, Dr Sato a déclaré que l’augmentation extraordinaire du
nombre d’exécutions signalées en 2024, avec plus de 900 cas enregistrés, fait
de l’Iran de loin le pays qui applique le plus la peine de mort par habitant
dans le monde. Elle se dit particulièrement préoccupée par les cas de
condamnation à mort de militantes, fondés sur des infractions liées à la
sécurité nationale définies de manière générale.
Le rapport fait état de l’augmentation de la violence
contre les femmes et des féminicides, d’au moins 179 cas de féminicide en 2024
et note que le système juridique iranien offre des protections troublantes aux
auteurs masculins…
Paris, 21 mars 2025