Situation des Femmes en Iran

Public

02 août 2016

Bulletin mensuel d’informations sur l’Iran

Juillet 2016
ASSOCIATIONDES DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
116 Rue de Charenton 75012 Paris – France
Tél./Fax (331) 43 65 32 97
afifem2001@yahoo.fr



Interdite dans les stades parce qu'elle est une femme en Iran
Human Rights Watch 30 juin 2016

Par Amy Braunschweiger
https://www.hrw.org/news/2016/06/30/banned-stadiums-being-woman-iran
En février dernier, lorsque l'Iran a organisé une grande compétition internationale de Beach Volleyball, Mina s'est rendue aux jeux pour entrer dans le stade. C'était un risque, l'Iran a interdit aux femmes de regarder les matchs masculins de volleyball dans les stades depuis 2012…
Mina avait des raisons d'espérer qu'elle serait autorisée à regarder le match en direct… Mais elle a été stoppée à la porte par un garde de sécurité. Elle a fini par regarder les matchs depuis le toit d'un café à proximité, ainsi que d'autres fans de sexe féminin. Autrement dit, jusqu'à ce que les autorités arrêtent de permettre aux femmes de regarder les matches depuis les toits.
L'Iran a longtemps interdit aux femmes d'assister aux matchs de football masculins, sur la théorie parce que les femmes ne devraient pas entendre les fans masculins jurer et injurier. Mais quand ils ont élargi l'interdiction au volley-ball, cette excuse n'a pas cessé.
Mina, en collaboration avec d'autres militants, s'est consacrée à reverser cette interdiction de stade pendant une décennie. « L'exclusion des femmes des stades fait partie intégrante de l'exclusion des femmes dans la société », a-t-elle dit. « L'Iran doit comprendre les conséquences de ne pas laisser les femmes rentrer dans les stades »…


Iran : La terre des violations des droits humains légalisées
Canada Free Press / CSDHI, 1er juillet 2016
par Shahriar Kia
http://canadafreepress.com/article/iran-the-land-of-legalized-human-rights-violations
« Il est préférable d'attacher les mains et les pieds du sujet afin qu'il évite de bouger, ce qui pourrait conduire à fouetter les parties interdites de son corps»…
Flagellation
«La flagellation doit être effectuée alors que le sujet est couché sur l'estomac, avec ses vêtements, et les coups de fouet sont donnés sur la partie arrière du corps, et non sur la tête, le visage et les organes génitaux »...
« La flagellation doit être effectuée à un rythme continu »...
« Pour les femmes, la flagellation est effectuée avec la plus grande sévérité sur tout le corps, sauf la tête, le visage et les organes génitaux »...
Ce sont les articles mentionnés dans les « lois » de la « république islamique » d'Iran en vertu du régime du Guide suprême placent ce régime aux côtés de 32 autres pays qui soutiennent les méthodes de châtiments corporels…
Suicides
Un nombre croissant d'iraniens, en particulier les femmes et les pauvres, ont recours à se suicider comme le seul moyen de mettre fin à leurs souffrances sous le régime des mollahs en Iran. Au cours des 12 derniers mois, au moins 18 adolescents ont commis un suicide en Iran, la plupart d'entre eux étant des femmes, et le résultat de la privation et les pressions sociales imposées par les institutions misogynes des mollahs.


La liste mise à jour des prisonnières politiques dans la prison d'Evine
HRANA, 1er juillet 2016
https://hra-news.org/en/updated-list-political-prisoners-womens-ward-evin-prison
Dans le quartier de la prison d'Evine consacré aux femmes, il y de nombreuses mères qui sont gardées dans un mauvais environnement, appel téléphonique ne sont pas disponibles et les visites sont très limitées. Le rapport qui suit tente de donner un aperçu sur l'état et le statut des 24 prisonnières politiques dans cette prison.
Actuellement, 24 prisonniers politiques sont maintenus dans la salle des femmes dans la prison d'Evine…


Des milliers de pendaisons en Iran "pour guérir l'Europe de ses drogués" !
Huffington Post, 5 juillet 2016
http://www.huffingtonpost.fr/simin-nouri/des-milliers-de-pendaison-en-iran_b_10805094.html
« En visite officielle d'un jour et demi en France, le ministre iranien des affaires étrangères, Javad Zarif, a été auditionné le 22 juin 2016, au Sénat à Paris…
Quant à la question du nombre record des peines de mort prononcées et exécutées en Iran, Javad Zarif en bon et loyal représentant de la dictature théocratique des mollahs, retourne la question du sénateur français sur le flux du trafic de stupéfiants qui passe par l'Iran et justifie ainsi, la mise à mort des milliers de citoyens, des opposants au régime compris, accusé de la détention ou du trafic de drogues…
 …Bien que dans son rôle d'ambassadeur de "l'ouverture", Javad Zarif ne peut pas être inconscient de cette réalité, il a entamé sa tournée européenne effectivement dans le but d'attirer des investisseurs occidentaux, mais a visiblement du mal à convaincre les Occidentaux avertis comme les Iraniens eux-mêmes sur la stabilité politique du régime qu'il représente.»


A Evine, pas de nourriture pour les prisonniers qui ne jeûnent pas
CSDHI, 5 juillet 2016
Pendant le Ramadan dans les différents quartiers de la prison d'Evine, les magasins ont été fermés et deux repas avant l'aube et après le coucher du soleil, sont servis à un intervalle de plus de 17 heures, obligeant tout le monde à pratiquement suivre le jeûne.
Cette méthode crée beaucoup de problèmes aux prisonniers non-musulmans, athées et aux malades. Elle est imposée alors que la nourriture de la prison n'a même pas la qualité ni la valeur nutritionnelle nécessaire.
La population carcérale est un mélange de musulmans, non-musulmans et athées, mais les magasins d'alimentation d'Evine sont fermés de l'aube jusqu'au coucher du soleil, ce qui a provoqué des maladies chez ceux qui ne jeûnent pas.

Forcer les prisonniers à pratiquer des rites religieux, contraires à leurs croyances, est non seulement une violation de la liberté de culte, mais conduit également à une discrimination entre les détenus.
Au cours des derniers mois, il y a eu des nouvelles sur des permissions de sorties données aux prisonniers qui tentent de mémoriser le Coran. Selon les médias officiels, des privilèges comme l'amnistie leur auraient été accordés, alors qu'ils sont refusés aux prisonniers non-religieux ou non-musulmans.


Enquête sur l’attaque des roquettes sur le Camp Liberty
Amnesty International, 6 juillet 2016
https://www.amnesty.org/en/documents/mde14/4408/2016/en/
Amnesty International a publié une déclaration publique le 6 juillet au sujet de l'attaque à la roquette sur le camp Liberty près de l'aéroport international de Bagdad qui abrite les exilés iraniens.
Les dissidents iraniens résidents du camp de Liberty doivent être protégés contre les attaques, a déclaré Amnesty International et a appelé à une enquête indépendante, impartiale et rapide.
Le 4 juillet le camp a été la cible d'attaque d’une cinquantaine de roquettes qui a laissé 50 blessés et causé d'importants dégâts matériels.


L'opposition en exil dresse un sombre bilan de l'accord sur le nucléaire
AFP, 9 juillet 2016
Un an après l'accord historique sur le nucléaire iranien, estimant que le pays s'était depuis enfoncé dans la récession, coupé de ses voisins et durci en interne.
"L’économie du pays devait se remettre sur pied, mais elle est encore plus enfoncée dans la récession qu'auparavant, le système bancaire est en faillite et les entreprises ferment à oison",
a déclaré la présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), Maryam Radjavi.


Les petites mariées iraniennes
CSDHI, 11 juillet 2016
"Les petites mariées" est un article paru dans le journal gouvernemental "Shahrvand" en Iran qui parle du "mariage des fillettes de 7 à 11 ans dans le village de Passak Sofla", près de la ville de Khoy (nord-ouest).
D'après la journaliste Nargues Djoudaki, qui a rédigé cet article, "les fillettes de 7 à 11 ans sont fiancées. La cérémonie des fiançailles se passe en présence du mollah du village. Le sigheh (mariage provisoire) religieux est prononcé et la promise et le promis commenceront leur vie commune trois ou quatre ans plus tard". Une autorité du village dit que les habitants disposent d'un bureau dans la grande ville d'Oroumieh qui leur permet d'ignorer les lois en la matière.
Un habitant du village explique que "les fillettes qui tombent vite enceintes, contractent pour la plupart des maladies. Elles perdent leurs dents et leurs cheveux. Elles ont mal au ventre et tombent très souvent malades. Beaucoup ont leurs premières règles dans la maison de leur mari. Elles sont maigres et leurs enfants sont chétifs et gardent une petite taille."

D'après une étude faite par une chercheuse, sur 59 élèves inscrites à l'école primaire du village, seules dix sont arrivées en CM2 et aucune n'a poursuivie jusqu'au collège.


100 jours depuis Nazanin Zaghari-Ratcliffe a été arrêté
Amnesty International, 12 juillet 2016
https://www.amnesty.org/en/documents/mde13/4068/2016/en/
https://youtu.be/SKLhE42umhg
Aujourd'hui, le 12 juillet, Richard Ratcliffe, le mari de Nazanin, a adressé une lettre à David Cameron et l'a exhorté à prendre une action en faveur de cette mère irano-britannique détenue en prison en Iran depuis avril accusée par les Gardiens de la révolution de «chercher à renverser le régime».


Une nouvelle loi réduit les perspectives d'emploi pour les femmes en Iran
Campagne Internationale pour les droits de l'Homme en Iran, 15 juillet 2016
Le Parlement iranien a ratifié une loi amendée qui réduit les heures de travail des employés de sexe féminin avec certaines obligations familiales à 8 heures par semaine. Bien que la loi oblige les employeurs à payer des salaires à temps plein à ces femmes, les défenseurs des droits affirment que la loi va nuire aux perspectives d'emploi des femmes entrant sur le marché du travail et réduire la sécurité d'emploi des personnes déjà employées, car les employeurs rechignent à payer le coût de la législation auxquels ils s'exposeront.


La "Galaxie" des femmes qui veulent libérer l'Iran
Huffington Post, 16 juillet 2016
http://www.huffingtonpost.fr/simin-nouri/la-galaxie-des-femmes-qui-veulent-liberer-liran_b_10972208.html
 « … Plus d'une centaine de milliers d'Iraniens venant surtout d'Europe et des Etats Unis avec leurs supporteurs s'étaient donné rendez-vous au Bourget où près de six cent personnalités de tous bords des cinq continents les attendaient…
Elles ne s'étaient pas revues depuis neuf ans. Paria, 18 ans, a quitté l'Iran clandestinement en août dernier. Zahra, son ainée de trois ans, de passage en France, est sortie du camp de réfugiés qui abrite les opposants iraniens en Irak. Le père de ces deux jeunes femmes, devenu l'un des prisonniers politiques les plus célèbres d'Iran, passe à l'heure actuelle, sa dixième année de détention à la prison de Gohardasht près de Téhéran.
Interrogées sur place par la presse, Paria et Zahra ont raconté leurs douloureux parcours personnels pour avoir choisi la voie de la lutte contre une dictature théocratique, tout en faisant preuve d'une détermination étonnante de résister jusqu'au bout contre le régime ultraviolent et misogyne des mollahs au pouvoir en Iran… »
 

Cinq ans de prison pour une bahaïe
HRANA, 20 juillet 2016
Yekta Fahandezh-Saadi, l'une des quinze bahaïs arrêtés à Shiraz en 2010, a été condamnée à cinq ans de prison...
Elle a été arrêtée à nouveau par des agents du ministère des renseignements le 16 mars 2014. Les agents ont fouillé sa maison et confisqué des livres, un ordinateur portable et des effets personnels. Elle a été transférée au centre de détention 100 à Shiraz, et a été détenue pendant deux mois. Le 16 juin 2016, elle a de nouveau été jugée et condamnée à cinq ans de prison pour « propagande contre le régime » et « collusion ».


L'ONU accuse le régime iranien de bafouer le droit international
Al Arabiya anglais, 21 juillet 2016
L'Organisation des Nations Unies a accusé lundi dernier le régime iranien de violer de manière continuelle le droit international par l'envoi d'armes aux milices au Moyen-Orient. Le Sous-Secrétaire général de l'ONU pour les affaires politiques, Jeffrey Feltman, a déclaré que le régime iranien avait violé le droit international en envoyant des armes aux milices en Irak…


La fille d’une avocate interdite de quitter le pays
CNRI Femmes, 22 juillet 2016
Mehraveh Khandan, 17 ans, la fille de l’éminente avocate des droits humains, Nasrine Sotoudeh, a été interdite de sortie de territoire. Le bureau des passeports n’a pas délivré ce document à la jeune fille selon les instructions reçues du ministère du Renseignement.
C’est la deuxième fois qu’on lui interdit de quitter le pays. La première fois, elle avait seulement 12 ans.
Nasrine Sotoudeh a passé trois ans en prison. Elle a été en isolement et a mené plusieurs grèves de la faim pour protester contre les conditions de détention inhumaines et l'interdiction de voyager imposée à son mari et sa fille en 2012. Une de ses grèves de la faim a duré 49 jours.
Comme elle l’a écrit dans une lettre en 2012, Nasrine Sotoudeh croit que, comme tout autre enfant, sa fille a le droit de vivre à l'abri de la peur et de l'intimidation. Elle a dit : « Le châtiment des enfants est absolument illégal, et encore plus des sanctions politiques en raison de leurs parents. »


Plus de 100 adolescents arrêtés dans une fête mixte
rokna.ir, 25 juillet 2016
Le commandant des forces de l’ordre de l’ouest de Téhéran a fait état de l’arrestation de près de 150 filles et garçons dans une fête mixte qui se déroulait dans un jardin aux environs d’Islam-Shahr à l’ouest de la capitale iranienne.
L’assaut des forces de l’ordre continuera à surprendre d’autres participants, selon le commandant, qui dit que les beaux jardins de l’ouest de Téhéran attirent du monde avec l’arrivée de l’été.


Nargues Mohammadi met fin à sa grève de la faim après avoir obtenu satisfaction
HRANA, 25 juillet 2016
Nargues Mohammadi, prisonnière d'opinion, enfermée dans la section des femmes de la prison d'Evine, a mis fin à sa grève de la faim au terme de son vingtième jour, ayant obtenu satisfaction par rapport à ce qu'elle demandait. Elle avait fait objection à l'absence d'accès à toute communication avec ses enfants et a enfin reçu un appel téléphonique de ses enfants.
Cette militante des droits de l'Homme, qui a récemment été honorée comme une « championne de la liberté d'information », par les Reporters sans Frontières, a été condamnée à 16 ans d'emprisonnement par un tribunal présidé par le juge Salvati.
Sa principale accusation était sa collaboration visant à établir la campagne de LEGAM visant à abolir la peine de mort, étape par étape.
Cette militante civile souffre d'une embolie pulmonaire et de maladies musculaires invalidantes et selon les médecins, les symptômes de ces deux maladies sont exacerbés dans la prison et à cause d'un environnement stressant.
Elle a plusieurs fois fait des chocs nerveux en prison alors qu'elle était menottée à un lit à l'hôpital.


250 exécutions jusqu’ ici en 2016
Iran Human Rights, 26 juillet 2016
https://fr-mg42.mail.yahoo.com/neo/launch?.rand=c0s5c1los1ldd#6109671392
Selon un récent rapport d’Iran Human Rights (IHR), les autorités iraniennes ont exécuté au moins 250 personnes entre le 1er Janvier et le 20 Juillet de cette année. Cela représente une moyenne de plus d'une exécution par jour. Pourtant, les chiffres d'exécution à ce jour en 2016 sont nettement plus bas que les chiffres pour la même période en 2015.
Plus de 40 exécutions ont eu lieu au cours des trois premières semaines de juillet et d’autres dans les mois à venir sont à craindre. Iran Human Rights (IHR) appelle la communauté internationale et tous les pays ayant des relations diplomatiques avec l'Iran à mettre la situation de la peine de mort en Iran à la tête de l'ordre du jour de leurs entretiens bilatéraux avec les autorités iraniennes.

Malgré la réduction significative du nombre d'exécutions par rapport aux deux dernières années, l'Iran reste à la tête de la liste des bourreaux, après la Chine. De plus, il n'y a aucune indication que la réduction du nombre d'exécutions est à ce jour en raison d'un changement de la politique par les autorités iraniennes. Les chiffres sont plus faibles que l'année précédente probablement en raison des élections législatives en février et mars de cette année et le mois sacré du Ramadan en juin dernier.

Certains faits de rapport récent d’IHR sur les exécutions entre le 1er Janvier et le 20 Juillet 2016 montrent que :
45% des exécutions ont été signalées par des sources officielles iraniennes
47% des exécutions étaient dues à des accusations liées à la drogue
39% des exécutions ont été pour des accusations de meurtre
19 personnes ont été pendues dans les espaces publics.


Anniversaire de la fatwa de Khomeiny qui a conduit au massacre de 1988 en Iran
ncr-iran.org, 26 juillet 2016
Durant l'été 1988, le régime iranien a sommairement exécuté des dizaines de milliers de détenus politiques à travers l'Iran. Il n'a jamais reconnu ces exécutions ni fourni la moindre information sur le nombre de prisonniers tués.


L’état critique de la chrétienne détenue après 23 jours de grève de la faim
ncr-iran.org, 28 juillet 2016
Maryam Naghash Zargaran, une chrétienne nouvellement convertie, a une pression sanguine de 70/50 et est paralysée à partir de ses genoux ; un médecin a confirmé qu’elle souffre d’une maladie cardiaque. La famille de Zargaran a demandé qu’elle soit libérée pour le traitement, mais les agents du ministère du renseignement du régime s’y sont opposés.
La prisonnière d’opinion chrétienne se retrouve dans un état critique après 23 jours de grève de la faim dans la sinistre prison d’Evin à Téhéran



Arrestation des femmes pour faire du vélo en Iran et fait signer promesse de ne jamais le cycle en public à nouveau

independent.co.uk, 28 juillet 2016
http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/women-arrested-for-riding-bicycles-in-iran-and-made-to-sign-pledge-never-to-cycle-in-public-again-a7159761.html



En Iran, des femmes mises en garde à vue car elles faisaient du vélo en public
Marie-Claire, 29 juillet 2016
http://www.marieclaire.fr/,iran-femmes-interdiction-velo,826675.asp
Mardi, des femmes qui faisaient du vélo en public ont été arrêtées par la police locale iranienne. Pour éviter des poursuites, elles ont été obligées de promettre de ne plus pratiquer ce sport sans être à l'abri des regards…


La mort lente des prisonniers politiques en Iran
Huffington Post, 29 juillet 2016
http://quebec.huffingtonpost.ca/simin-nouri/prisonniers-politiques-en-iran_b_11272038.html
L'actualité internationale récente, notamment le coup d'État manqué en Turquie qui a donné lieu aux lynchages et aux arrestations massives dans ce pays ont préoccupé les ONG de défense des droits de l'Homme, et du coup rendu quasi inaperçu un important rapport de l'organisation de défense des droits de l'Homme, Amnesty International, sur le voisin iranien de la Turquie.
Par un communiqué de presse, publié le lundi 18 juillet, Amnesty International confirme les témoignages clandestins et sporadiques des prisonniers politiques et ceux des membres de leurs familles en provenance d'Iran sur le traitement inhumain des autorités carcérales en les privant intentionnellement des soins médicaux.


Les azéris organisent des manifestations dans les principales villes iraniennes
CNRI, 30 juillet 2016
Les représentants du régime appellent à une répression accrue des Turcs iraniens.
Le 28 juillet des milliers de Turcs iraniens à Téhéran, Tabriz, Oroumieh, Zanjan, Ahar, Khoy et Ardebil ont organisé des manifestations pour protester contre le dénigrement des Azéris par les médias d'Etat.


Maryam Radjavi rencontre le Président Mahmoud Abbas
iranfocus.com, 31 juillet 2016
Dans la soirée du 30 juillet 2016, Maryam Radjavi présidente élue de la Résistance iranienne a rencontré Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne. Ils se sont entretenus sur les crises qui secouent la région.
Le président Mahmoud Abbas a souligné la nécessité de combattre l’intégrisme et le terrorisme dans la région et informé Mme Radjavi des derniers événements au Moyen-Orient, en particulier ceux ayant trait à la Palestine et à l’initiative de la France dans ce domaine.

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Juillet 2016
54 exécutions 


Six personnes exécutées à Karaj
asriran.com, 14 juillet 2016
Un homme accusé d’homicide et de vol et cinq autres détenus ont été pendus hier matin dans l’enceinte de la prison Rajai-Shahr de Karaj.


Cinq pendaisons à Arak et une à Maragheh
HRANA, 16 juillet 2016
Cinq prisonniers accusés d’infractions liées à la drogue ont été pendus à l’aube du 11 juillet dans la prison centrale d'Arak (centre).
Tous accusés d'infractions liées à la drogue, ils ont été identifiés étant Massoud Taqi-Pour, Hassan Faraj-Pour, Mehdi Baqeri, Baqer Jalili et Hamid Haqvin.
Un autre prisonnier a également été exécuté le 11 juillet, dans la prison de Maragheh (nord-ouest) après avoir passé huit ans de prison.


Deux trafiquants exécutés à Rasht
Iribnews.ir, 16 juillet 2016
Le procureur de la province de Guilan (nord) a fait état de l’exécution de deux trafiquants ce samedi accusés de détention de 675gr de drogue chacun, dans la prison centrale Lakan à Rasht.
Leurs noms n’ont pas été donnés, mais qui sont supposés être âgés de 40 et 49 ans.


Trois prisonniers exécutés à Birjand
HRANA, 17juillet 2016
Selon le rapport des militants des droits humains HRANA, le matin du dimanche 17 juillet, trois prisonniers accusés d'infractions liées à la drogue ont été exécutés dans la prison Birjand dans la province de Khorassan (nord-est).
Les prisonniers ont été identifiés étant Mansour Zaferani, Yousef Barahouyi et Ghasem Delshad. Ces prisonniers avaient été transférés à l'isolement, le jeudi 14 juillet.


Deux pendaisons publiques à Mehr-Shahr à Karaj
Tansimkhabar.com, 17 juillet 2016
Accusés d’enlèvement et de viol, deux hommes issus de même famille identifiés par les initiales « Gh. J » et « M R » ont été pendus en public ce matin à Mehr-Shar de Karaj (ouest de Téhéran).


Neuf détenus dont une femme pendus à Qezel Hessar à Karaj
hra-news.org, 17 juillet 2016
A l’aube de cette matinée, neuf détenus ont été pendus dans la prison de Qezel Hessar à Karaj. L’une des suppliciée était une femme. Seyed Mohammad Taheri, Amir Khadem Rezaiyan Saeid Ahmadi, Said Saberi et Moslem Bahrami faisaient partie des exécutés.


Neuf détenus exécutés en prison à Karaj
Hra-news.org, 21 juillet 2016
Six hommes accusés d’homicide ont été exécutés ce jeudi matin dans la prison de Rajai-Shahr à Karaj. Les identités des condamnés sont : Mohsen Khan-Mohamadi, Mehdi Keshavarz, Ali-Reza Rezaï, Saïd Teymouri, Jalil Ramezani et un ressortissant Afghan.
Trois autres prisonniers ont été pendus le même jour au pénitencier de Karaj. L’identité d’aucun de ces hommes n’a été révélée.


Pendaison publique à Sonqor
Samamdena.ir, 25 juillet 2016
Accusé d’avoir tué un enfant de 5 ans, un homme a été exécuté par une pendaison en public dans la ville de Sonqor, près de Kermanshah (ouest).


Sept prisonniers pendus en une seule journée 
kurdistanhumanrights.net (KHRN), 27 juillet 2016
Six hommes ont été pendus à 2h du matin le 27 juillet dans la prison centrale de la ville d’Orumieh (nord-ouest). Ils sont identifiés étant Rahman Fouladi, Abdolmajid Herkouli, Abdollah Qaderi, Tchangiz Shiri, Mojtaba Shirkhani et Ali Talati.


Ils ont été accusés d'infractions liées à la drogue.
Hra-news.org, 27 juillet 2016
Un septième homme, identifié comme Reza Sabzevari un ancien officier de police, 32 ans a été exécuté à Mashhad (nord-est). Père de deux enfants de 2 et 10 ans, il avait été enfermé dans la prison de Mashhad pendant environ 18 mois.

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01 août 2016

La mort lente des prisonniers politiques en Iran

Par : Simin Nouri
Architecte franco-iranienne, présidente de l'Association des Femmes Iraniennes en France

LE HUFFINGTON POST, 29 juillet 2016 : L'actualité internationale récente, notamment le coup d'État manqué en Turquie qui a donné lieu aux lynchages et aux arrestations massives dans ce pays ont préoccupé les ONG de défense des droits de l'Homme, et du coup rendu quasi inaperçu un important rapport de l'organisation de défense des droits de l'Homme, Amnesty International, sur le voisin iranien de la Turquie.

Par un communiqué de presse, publié le lundi 18 juillet, Amnesty International confirme les témoignages clandestins et sporadiques des prisonniers politiques et ceux des membres de leurs familles en provenance d'Iran sur le traitement inhumain des autorités carcérales en les privant intentionnellement des soins médicaux.

«Les autorités iraniennes jouent avec la vie de prisonniers d'opinion et d'autres prisonniers politiques en refusant qu'ils bénéficient de soins de santé adéquats, ce qui les expose à un risque élevé de décès, de handicaps permanents ou d'autres dommages irréversibles à leur santé», écrit l'organisation dans ce nouveau rapport.

La synthèse de l'enquête d'Amnesty International auprès de détenus politiques et de leurs familles en Iran met en évidence le caractère prémédité des refus quasi systématiques de la part des responsables carcérales d'accéder aux soins nécessaires.

«L'enquête dévoile que les autorités carcérales bafouent ouvertement les droits des détenus à la santé, en confisquant leurs médicaments et provoquent des hématomes sur les mains et les pieds en les menottant.»


Déni de soins pour obtenir des «aveux»
Le rapport présente «des éléments convaincants selon lesquels l'appareil judiciaire, en particulier le parquet, et l'administration carcérale bloquent délibérément l'accès à des soins de santé adaptés, dans de nombreux cas par cruauté, afin d'intimider, punir ou humilier des prisonniers politiques, ou pour leur arracher des "aveux" forcés ou des déclarations de "repentir"».

«Priver des prisonniers d'opinion de soins médicaux est cruel et absolument indéfendable», a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

L'enquête dévoile que les autorités carcérales bafouent ouvertement les droits des détenus à la santé, en confisquant leurs médicaments et provoquent des hématomes sur les mains et les pieds en les menottant.

Des détenus rencontrés par Amnesty International ont par ailleurs indiqué que les médecins de la prison étaient parfois complices de ces violations et que certains d'entre eux minimisaient ou ignoraient systématiquement leurs problèmes de santé, les qualifiant de «fruits de leur imagination».

«Privations de soins médicaux spécialisés à l'extérieur de la prison»
Le rapport s'est penché sur dix-huit «cas choquants» de prisonniers privés d'aides médicales appropriées qui «risquent de voir leur santé compromise de manière permanente.»

Le gouvernement du «pragmatique» Hassan Rohani et son ministère de la Justice qui gère d'ailleurs l'Organisation des prisons iraniennes porte une responsabilité particulière dans ces crimes visant à empêcher toute activité politique des opposants après leur sortie éventuelle de la prison. Le recordman du nombre de pendaisons dans le monde semble chercher ainsi un autre trophée pour le nombre des prisonniers politiques qui agonisent dans ses prisons.

L'absence du personnel médical féminin dans la section des femmes de la prison d'Evine à Téhéran révèle également la double souffrance des détenues politiques et prisonnières d'opinion. Des examens médicaux urgents et certains soins par des professionnels de la santé de sexe masculin jugés «inappropriés» selon la mentalité des islamistes au pouvoir en Iran, leur sont carrément refusés. Ces militantes détenues sont souvent cibles «des insultes et des actes de harcèlement à caractère sexuel, pour n'avoir pas respecté la règlementation très stricte concernant le port du voile», indique le rapport.

  • La jeune militante kurde Zeinab Jalalian, torturée pour avoir avoué son appartenance à l'opposition kurde, est sur le point de perdre la vue en prison ;
  • Pour avoir refusé de collaborer sur des projets militaires, le physicien emprisonné Omid Kokabee, 33 ans, n'est toujours pas transféré à l'hôpital pour un cancer de reins ;
  • Le cancer d'intestin dont souffre le détenu politique kurde Afshin Sohrabzadeh ne peut être soigné, car les autorités lui réclament une caution faramineuse pour lui accorder la sortie ;
  • Le dirigeant de la communauté bahaï Afif Naimi, atteint d'un trouble grave de la coagulation, ne reçoit pas de soins réguliers et souffre de saignements et de pertes de connaissance ;...


Le quartier n° 8 de la tristement célèbre prison d'Evine à Téhéran est réputé d'être le «quartier le plus horrible» et un «lieu d'exil pour les prisonniers politiques».

À la liste d'Amnesty peut s'ajouter le cas de l'Irano-Canadienne Homa Hoodfar, l'anthropologue et professeure à la retraite de l'Université Concordia à Montréal, incarcérée depuis le 6 juin soupçonnée d'avoir «coopéré avec un État étranger contre la République islamique d'Iran». Cette universitaire de 65 ans qui vit depuis 30 ans au Canada est atteinte d'une maladie neurologique grave pour laquelle elle a besoin de médicaments spécifiques. Sa famille n'a, à ce jour, aucune information sur son sort.

L'infatigable résistant, Ali Moezi, 65 ans, souffre d'une tumeur à la vessie et des problèmes rénaux, mais l'accès aux soins dans un hôpital à l'extérieur d'Evine lui a été refusé par «le juge». Il n'a jamais été libéré ne serait-ce que pour un court congé depuis plus de quatre ans de détention.

Il a adressé clandestinement un message du quartier 8 d'Evine aux Iraniens du monde entier les encourageant à participer au grand rassemblement pour un «Iran Libre» qui s'est déroulé le 9 juillet au Bourget et les a appelés à soutenir la résistance iranienne.

Le quartier n° 8 de la tristement célèbre prison d'Evine à Téhéran est réputé d'être le «quartier le plus horrible» et un «lieu d'exil pour les prisonniers politiques» et de nombreux opposants politiques au régime iranien y demeurent dans un espace surpeuplé en étroite proximité avec des détenus de droit commun.

«Le recours à la grève de la faim est le cri de contestation et l'ultime appel à l'aide dans les prisons iraniennes. Les détenus sont poussés ainsi à se mettre en danger de mort.»

«Grèves de la faim»
Souvent emprisonnés sous accusations sans fondement et même ridicules, de «propagande contre la République islamique», «contact avec les médias étrangers», «insultes envers le Guide suprême et des valeurs sacrées», ou pour «être sympathisant de l'opposition», les détenus politiques et prisonniers d'opinion n'ont pas droit à un procès équitable. Ils ne peuvent pas, non plus, bénéficier d'une aide juridictionnelle et rarement des services d'un avocat. Ils doivent demeurer en détention des semaines voire des mois dans l'attente de leur procès. La plupart sont souvent condamnés à de longues peines d'emprisonnement, bien loin de la durée de détention prévue même selon les lois sévères en vigueur de la théocratie au pouvoir.

Le recours à la grève de la faim est le cri de contestation et l'ultime appel à l'aide dans les prisons iraniennes. Les détenus sont poussés ainsi à se mettre en danger de mort.

Le prisonnier politique Rassoul Hardani continue sa grève de la faim entamée le 1er juillet et Maryam (Nassim) Naghash Zargaran, emprisonnée pour s'être convertie au christianisme, refuse également de s'alimenter réclamant sa libération inconditionnelle.

Enfin, pour protester contre son arrestation arbitraire et l'ingérence des services de renseignements des Gardiens de la révolution dans son dossier judiciaire, le prisonnier politique Saïd Hosssein-Zadeh est entré en grève de la faim le 18 juillet, le jour où le rapport d'Amnesty International a été rendu public.

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csdhi

Les Iraniennes en révolte