Situation des Femmes en Iran

Public

05 janvier 2007

Bulletin mensuel d’informations sur l’Iran

Octobre 2006
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
116 Rue de Charenton
75012 Paris – France
Tél./Fax (331) 43 65 57 84
mailto:84afifem2001@yahoo.fr

La fille d'un prêtre assassiné arrêtée à Machad
Compass Direct News, 1er octobre
Ferechteh Dibaj, 28 ans, fille du révérend Mehdi Dibaj, et son mari Reza Montazami, 35 ans, ont été arrêtés à 7h du matin mardi 26 septembre à leur domicile à Machad (Nord-Est) en présence de leur fille de six ans...Mehdi Dibaj, Pasteur des Assemblées de Dieu, ancien musulman converti au christianisme, avait été assassiné en 1994 de manière épouvantable avec deux autres prêtres chrétiens. Avant son meurtre, le révérend Dibaj avait passé plus de neuf ans en prison, pour apostasie...

Téhéran fait une proposition à Paris sur l'enrichissement
AFP, 3 octobre
Téhéran propose à la France de " créer un consortium pour la production en Iran d'uranium enrichi ", afin de sortir de l'impasse sur le dossier du nucléaire, a affirmé mardi le directeur adjoint de l'Agence iranienne de l'énergie atomique Mohammad Saeedi...

Javier Solana constate l'échec de ses discussions avec l'Iran
Reuters, 4 octobre
L'Iran a refusé de suspendre ses activités nucléaires sensibles en dépit des intenses tractations menées depuis quatre mois, a déploré Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne, selon lequel le temps est désormais compté pour éviter des sanctions internationales...

Baisse des exportations germaniques
UPI, 4 octobre
Au cours du 1er semestre 2006 et suite aux pressions internationales, les exportations de l'Allemagne vers l'Iran ont baissé de 3.4 milliards de dollars à 3 milliards, soit une baisse de 12%...
Interdiction pour une championne de course automobile de défendre son titre The Guardian, 4 octobreLa carrière impressionnante de l'Iranienne, Laleh Seddigh, 29 ans, s'est arrêtée brusquement avec l'interdiction délivrée par les autorités de course automobile du pays de participer aux compétitions...Elle était la reine de la vitesse sur les pistes, devenue une icône féministe après avoir triomphé dans ce domaine exclusivement masculin et être devenue championne nationale de course automobile en Iran...

Pendaison à Ahvaz Fars, 4 octobre
Condamné pour vol à mains armées, un homme âgé de 32 ans, Abbas A., a été pendu dans la ville d'Ahvaz (sud). Deux autres hommes, Hamid Kh., 45 ans, et Ali S., 37 ans, ont été condamnés à mort pour la complicité dans ce vol...

L'UE préoccupée par la répression de la presse
UE, 5 octobre
Dans un communiqué de l'Union européenne, le bloc des 25 nations sous la présidence finlandaise, exprime " ses vives inquiétudes au sujet de la dégradation de la liberté de la presse en Iran ".Evoquant notamment la fermeture de quatre quotidiens en Iran le 11 septembre, dont le journal d'Etat Sharq, l'UE a appelé les autorités iraniennes à respecter la liberté de la presse et à permettre aux journalistes iraniens de pratiquer leur profession sans harcèlement ni intimidation...

L'une des populations carcérales la plus élevée ISNA, 6 octobre
Selon Ali-Akbar Saghi, directeur de l'Organisation des prisons, l'Iran fait partie des dix premiers pays dans le monde où le nombre des détenus est le plus élevé par rapport à la population...

Un opposant religieux arrêté
Reuters - Téhéran, 8 octobre
Un haut dignitaire religieux musulman chiite opposé au système de loi cléricale en Iran a été arrêté dimanche à la suite d'affrontements entre ses partisans et les forces policières devant son domicile dans la capitale iranienne...L'ayatollah Mohammad Kazemeini Boroujerdi a été mené en prison aux côtés de plusieurs de ses partisans...

Amnesty International appelle l'Iran à abolir la lapidation et la condamnation à mort de mineurs "délinquants"
10 octobre
A l'occasion de la Journée internationale contre la peine de mort, Irène Khan, Secrétaire générale d'Amnesty International, dans un communiqué a appelé la République islamique d'Iran à abolir la lapidation. Elle a qualifié cette pratique " la pire des violences ", destinée seulement à " infliger plus de souffrance à la victime "...
Selon Amnesty, " En Iran, les exécutions se poursuivent à un niveau alarmant. En 2005, 94 exécutions ont été recensées, et, déjà, plus de 80 mi-2006. Mais les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés...L'Iran est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Convention relative aux droits de l'enfant. Ces deux traités internationaux interdisent l'exécution de mineurs délinquants (personnes âgées de moins de 18 ans au moment des faits qui leur sont reprochés). Or, en 2005 huit de ces mineurs délinquants ont été exécutés en Iran. Deux d'entre eux au moins n'avaient même pas 18 ans lorsqu'ils ont été pendus.Le 13 mai 2006, un garçon de 17 ans, dont le nom n'a pas été cité, a également été pendu. Le 10 janvier 2005, le responsable du pouvoir judiciaire aurait qualifié de "propagande étrangère" les informations selon lesquelles les autorités iraniennes exécuteraient des personnes âgées de moins de 18 ans, déclarant qu'il s'agissait d'allégations "venant de l'extérieur et destinées à déformer l'image de la République islamique"...

1000 Ispahanais ont vendu leur rein
Baztab, 10 octobre
Djafar Esfandiari, responsable coordinateur dans les affaires de la greffe des membres à Ispahan (sud), a révélé que depuis les six premiers mois de l'année iranienne (21 mars 2006), 1000 personnes ont procédé à la vente de leur rein dans cette ville. D'après lui, les difficultés financières et économiques sont à l'origine de ces actes...

La BBC va lancer en 2008 une chaîne de télévision en farsi pour l'Iran
AFP, 10 octobre
La BBC a annoncé mardi le lancement en 2008 d'une chaîne télévisée en farsi à destination de l'Iran, qui viendra compléter ses programmes radio et internet.Cette chaîne devrait voir le jour au début de 2008 et sera basée à Londres. Elle diffusera d'abord des programmes huit heures par jour, sept jours par semaine, de 17h00 à 01h00, horaires où l'audience en Iran est maximale...

200.000 ouvriers impayés depuis des mois (syndicat officiel)
AFP - Téhéran, 12 octobre
Environ 200.000 ouvriers iraniens n'ont pas été payés depuis des mois, a déclaré Alireza Mahjoub, député de Téhéran et secrétaire général de la Maison de l'ouvrier, syndicat officiel, a rapporté jeudi la presse iranienne. "Quelque 200.000 ouvriers travaillant dans 500 usines n'ont pas été payés depuis des mois", a déclaré M. Mahjoub devant le Parlement. "Certains n'ont pas été payés depuis 50 mois", a-t-il ajouté. La presse a rapporté ces derniers mois des mouvements de protestation d'ouvriers impayés dans plusieurs villes. Il a demandé que le Parlement adopte une ligne budgétaire pour aider ces personnes.
13 millions Iraniens au dessous du seuil de pauvreté
Selon Mahjoub, 13 millions d'Iraniens (sur 70 millions) vivent sous le seuil de la pauvreté, soit 18,5% de la population. Il a également dénoncé la hausse de l'inflation au cours des derniers mois...Ces dernières semaines, des voix se sont élevées pour dénoncer la hausse de l'inflation, de l'ordre de 10% selon les chiffres officiels mais qui se situe en réalité autour des 20%.
Le problème est devenu suffisamment grave pour que le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, pourtant fervent défenseur du président Mahmoud Ahmadinejad, intervienne personnellement pour demander des mesures au gouvernement. M. Ahmadinejad, a réagi aux critiques sur la hausse de l'inflation en affirmant qu'une "vague créée par les médias nationaux et non nationaux au cours des derniers mois a renforcé l'inflation".

L'Europe jette l'éponge dans le dossier iranien EuroNews, 13 octobre
Assez, les 25 en ont semble-t-il assez des négociations avec TéhéranSelon un diplomate européen, les ministres des Affaires étrangères des 25 devraient annoncer mardi la fin des pourparlers avec l'Iran, en raison du manque de résultat. Les grandes puissances ont demandé à l'Iran de suspendre son activité d'enrichissement d'uranium, sans succès. Téhéran a donc jusqu'à mardi pour -peut-être- revoir sa position. Ensuite, la voie sera ouverte à d'éventuelles sanctions du conseil de sécurité de l'ONU...

Droits de l'Homme et nucléaire : la question iranienne mobilise les députés
PE - Relations extérieures, 13 octobre
Le Parlement Européen a adopté, jeudi 13 octobre par 499 voix contre 43 et 89 abstentions, une résolution invitant l'Iran à reprendre le dialogue sur son programme nucléaire avec la communauté internationale. Le non-respect des droits de l'homme dans la république islamique est par ailleurs vivement condamné par les députés.Par sa résolution adoptée jeudi 13 octobre en session plénière à Bruxelles, les députés ont appelé l'AIEA à faire plein usage de ses capacités de contrôle et d'inspection. L'Iran est pour sa part appelé à reprendre le dialogue avec la Troïka. Les parlementaires ont par ailleurs appelé le gouvernement américain à appuyer les négociations, en offrant des garanties de sécurité à l'Iran...

Les députés ont par ailleurs exprimé leur sérieuse préoccupation sur la situation des droits de l'Homme en Iran. Ils condamnent vivement la peine de mort appliquée aux mineurs, souvent pour des motifs de relations ou d'orientations sexuelles, ainsi que le traitement réservé aux minorités comme les Kurdes, l'arrestation de femmes pour être "incorrectement voilées" ainsi que de cyberjournalistes...L'Iran est donc pressé de reprendre son dialogue avec l'UE sur les droits de l'Homme. Dans ce cadre, le Conseil est invité à suivre attentivement la situation dans le pays. La Commission s'est quant à elle vue demander d'utiliser l'Initiative européenne pour la Démocratie afin d'intensifier les contacts avec la société civile iranienne et les médias indépendants.

Téhéran, une ville très chère
Fars, 14 octobre
Selon l'Institut MERCER, la capitale iranienne a gravi 4 échelons sur la liste des villes les plus chères du monde pour occuper la 125ème place...

La Grande-Bretagne réprouve les violations des droits humains en Iran
CSDHI, 16 octobre
Le bureau des Affaires étrangères de Grande-Bretagne a dénoncé les violations des droits humains par le gouvernement théocratique d'Iran dans son rapport annuel de 2006 sur les droits humains." Ces douze derniers mois, une détérioration continue de la situation des droits humains en Iran s'est produite ", a affirmé le bureau des Affaires étrangères britannique." Des violations répétées et sérieuses de la liberté d'expression et d'association ont eu lieu. Les personnes responsables de la répression interne des années 1980 et 1990 ont été nommées aux postes de ministres du gouvernement ", accuse le rapport." L'avenir n'est pas positif. Il semble qu'il y ait une réticence de la part du gouvernement iranien à entreprendre les réformes des droits humains nécessaires. Des discussions sur le respect des droits humains doivent être accompagnées d'un engagement résolu pour l'amélioration de la situation des droits humains ", ajoute-t-il." Le début de l'année 2006 a vu une augmentation inquiétante du nombre d'exécutions connues comparé à la même période en 2005. Nous élevons notamment une objection contre le refus des autorités iraniennes de respecter même les règles minimums les plus fondamentales concernant l'application de la peine capitale. Un grand nombre de peines de mort sont exécutées en public. "" Selon les principales organisations internationales de défense des droits humains, l'Iran est le seul pays à continuer d'exécuter des enfants et des jeunes délinquants en 2005. Le nombre connu de peines de mort et d'exécutions de jeunes délinquants en 2005 semble avoir augmenté depuis ces dernières années ", selon le rapport.Le bureau des Affaires étrangères a réaffirmé que les craintes de la Grande-Bretagne autour des condamnations en Iran n'étaient pas limitées à la peine de mort. " Des châtiments draconiens, tels que le fouet, la lapidation et les amputations subsistent dans le code légal ", a-t-il affirmé.

L'âge des fugueuses a baissé à 9 ans
Radio Farda, 19 octobre
Le phénomène des filles fugueuses est en croissance à Téhéran et en province. La fugue des enfants et surtout des filles est devenue un mal social en Iran. Un rapport secret du ministère de l'Education, rendu public par quelques sites en persan, précise qu'il y a un nombre exceptionnellement élevé de fugueuses autour des centres de pèlerinage dans les villes religieuses telles que Machad et Qom.Le rapport mentionne la baisse de l'âge des " filles des rues " à 9 ans...ILNA avait fait part en juillet de 300.000 femmes et filles qui avaient fugué en Iran dont 86% d'entre elles étaient victimes de viols dès la première fugue...

" A Téhéran aussi, on se drogue et on se prostitue "
Courrier international, n° 833, 19-25 octobre
Azar Mansouri, Kanoon-e zanan (extraits), Téhéran Une journaliste iranienne dénonce la politique du régime, qui se montre incapable de prendre en compte les bouleversements de la société." Le taux de chômage en Iran est parmi les plus élevés du monde et touche principalement les jeunes de 15 à 29 ans. Ce problème politique et social concerne officiellement 12,1% de la population en 2006. Cependant, les syndicats iraniens contestent ce chiffre, qu'ils considèrent comme très en dessous de la réalité. Ce sont notamment les femmes qui en souffrent. Le nombre croissant de femmes qui entrent sur le marché du travail s'explique par le fait que la société iranienne a connu un bouleversement des structures traditionnelles : hausse du niveau d'études des femmes, mariages plus tardifs et accroissement du nombre de célibataires et de divorcées. Ainsi, 89% des chômeurs dans les villes et 60% en milieu rural sont des femmes qui ont au moins le niveau du baccalauréat. Entre 1997 et 2001, le nombre de chômeuses possédant un diplôme universitaire a été multiplié par quatre, ce qui met en évidence l'incapacité des structures économiques et sociales du pays à absorber le nombre croissant de femmes diplômées de l'enseignement supérieur.

Une partie des femmes des milieux démunis se tournent vers la consommation et le trafic de drogue ainsi que vers la prostitution. Les femmes représentent désormais plus de 10% des toxicomanes et leur nombre est en augmentation. Selon un rapport du ministère de la Santé iranien publié en 2003, il y a plus de 3,7 millions de toxicomanes en Iran. L'opium, l'héroïne et le haschisch sont les substances les plus utilisées. La consommation d'héroïne a doublé en 2005-2006, et 5000 consommateurs de ce produit sont morts l'année dernière. En 2005, les forces de l'ordre ont saisi 300 tonnes de drogue, ce qui représente six fois l'ensemble de la quantité découverte par les polices du reste du monde pendant la même période. Les spécialistes prévoient une augmentation de la consommation liée à la croissance de la population, à l'apparition de nouvelles drogues et à la persistance de la pauvreté, des inégalités sociales, du chômage, de la crise politique, etc., dans ce pays où 50% de la population a moins de 30 ans.La politique de lutte contre la drogue est dominée par une vision sécuritaire, centrée sur la réduction de l'offre et la criminalisation de l'usage. Cette lutte a coûté des centaines de millions de dollars pour contrôler les frontières et surveiller les prisons. Plus de 300,000 personnes ont été arrêtées, et la moitié des détenus sont incarcérés pour des délits liés à la drogue.

La toxicomanie est l'un des facteurs conduisant à la prostitution dans le pays. Bien qu'il s'agisse d'un fait indéniable et de plus en plus visible, il n'existe aucun chiffre officiel concernant le nombre de prostituées en Iran. Souvent les femmes se prostituent afin de payer la drogue consommée par leurs maris, pères et frères et faire vivre leur ménage. D'un autre côté, beaucoup de femmes divorcées sont amenées à se prostituer afin de survivre, à cause des difficultés liées à leur statut social. Les actions engagées au lendemain de la révolution de 1979, comme la démolition des " quartiers rouges " et l'exécution de quelques prostituées, n'ont pas mis fin au phénomène, bien au contraire. Près de trente ans après, le phénomène est de plus en plus visible et il est devenu un problème social, à tel point que les responsables reconnaissent l'existence de prostituées âgées d'à peine 13 ans. "

Rouzegar finalement interdit par les autorités
AFP - Téhéran, 23 octobre
Le nouveau quotidien modéré iranien Rouzegar, Le Temps, a été finalement interdit une semaine après son lancement, et après une première suspension, parce qu'il "ressemblait" trop au quotidien Sharq, interdit le mois dernier, a rapporté ISNA...


" Maryam Radjavi marque des points "
La Libre Belgique, 25 octobre
Par Gérald Papy" L'opposante au régime de Téhéran a été reçue au Sénat. Une visite non officielle qui a tout de même irrité Téhéran et a valu une convocation de l'ambassadeur de Belgique. Mme Radjavi plaide pour le retrait de son organisation de la liste noire de l'UE. Le vent tourne pour Maryam Radjavi. La "Présidente de la République élue du Conseil national de la Résistance iranienne" redevient en odeur de sainteté à mesure que le régime du président Ahmadinejad se révèle de plus en plus infréquentable. Une preuve en a été fournie mardi avec l'accueil qui lui a été réservé au Parlement belge.Le principe même de sa visite était sensible. Maryam Radjavi est aussi la dirigeante de l'organisation des Moujahidine du peuple (MKO), groupe armé inscrit sur les listes des organisations terroristes de l'Union européenne et des Etats-Unis. Un paradoxe, en particulier pour l'administration Bush particulièrement déterminée à affaiblir le régime iranien. Recevoir celle qui pour certains Iraniens est une icône de la résistance posait donc un problème diplomatique...Visite non officielle donc, mais tout de même rehaussée par l'accueil de la présidente du Sénat Anne-Marie Lizin, à titre personnel...A l'issue d'une rencontre avec plusieurs sénateurs et députés, toutes formations politiques confondues, c'est donc satisfaite de ce tour joué au gouvernement iranien que la dirigeante du CNRI s'est exprimée devant la presse. Elle a surtout dénoncé "la politique de complaisance des Européens" à l'égard du régime de Téhéran. Or, cette politique a échoué, a insisté l'opposante iranienne, se référant au constat d'échec acté par le Haut Représentant pour la politique extérieure de l'Union européenne, Javier Solana, sur le dossier nucléaire... "

Les ambassadeurs de Belgique et de Finlande en poste à Téhéran ont été appelés au ministère iranien des Affaires étrangères
Alterinfos, 25 octobre
Les ambassadeurs de Belgique et de Finlande ont été appelés à aujourd'hui mercredi au ministère iranien des Affaires étrangères pour qu'ils donnent les explications pertinentes sur l'invitation de Maryam Radjavi au parlement européen. Ebrahim Rahimpur, directeur général du ministère iranien des Affaires étrangères pour les affaires de l'Europe occidentale, a déclaré pendant cette rencontre avec les deux ambassadeurs sur l'attitude "peu amicale du Sénat belge", et il leur a transmis "la protestation énergique" du gouvernement de la République Islamique d'Iran.

La politique nataliste d'Ahmadinejad soulève un tollé à Téhéran
Le Figaro, 26 octobre
" Le président iranien veut lancer un défi démographique aux Occidentaux en doublant la population de son pays.Il n'y a pas que le nucléaire qui obsède le président de la République islamique. Sa nouvelle marotte : relancer le baby-boom, en appelant les Iraniennes à se concentrer sur leur " mission de procréation ". Son objectif, présenté en début de semaine devant le Parlement, est de défier, par voie démographique, les pays occidentaux. Il entend doubler la population, qui est aujourd'hui de 60 millions d'habitants. " Deux enfants par foyer, ce n'est pas suffisant, a-t-il dit. Notre pays a la capacité d'élever plus d'enfants et de faire vivre une population de 120 millions d'habitants. La croissance démographique dans les pays occidentaux est négative et leurs gouvernements craignent que, si notre population augmente, nous puissions rapidement triompher d'eux. " Rébellion féminine Mahmoud Ahmadinejad va jusqu'à suggérer que les femmes prêtes à procréer sans limite continuent à travailler à temps partiel, tout en touchant le salaire d'un emploi à temps plein. Son projet rappelle la politique nataliste lancée par la République islamique, au début de la guerre Iran-Irak (1980-1988), lorsque les familles étaient appelées à alimenter, de façon à peine voilée, " l'armée des vingt millions " voulue par l'ayatollah Khomeiny.
Au sortir de la guerre, le gouvernement revit à la baisse ses ambitions démographiques. Résultat : la fécondité a chuté de plus de 6 enfants par femme en 1986 à moins de 2 aujourd'hui. Ce déclin démographique va de pair avec l'urbanisation galopante, l'éducation des femmes et leur arrivée massive sur le marché du travail. Cependant, rares sont celles qui semblent prêtes à renoncer à ces acquis. Le projet présidentiel suscite un tollé. " Faire des enfants pour augmenter le taux de chômage des jeunes, pas question ", lance Maryam, une mère de famille. D'après la Banque mondiale, le taux de chômage tourne autour des 12 %. Officieusement, il attendrait le double. " Pour triompher sur l'Occident, ce n'est pas la croissance démographique qui compte, c'est le savoir-faire, la richesse, le bien-être et la sécurité ", vitupère, à la une de son édition de lundi, le quotidien réformiste Etemad-e Melli. Pour l'heure, le guide religieux, l'ayatollah Ali Khamenei, s'est gardé de tout commentaire. Mais son silence pourrait bien signifier sa désapprobation. "

Code vestimentaire : le parlement adopte un projet de loi
Télévision d'Etat, 26 octobre
Le parlement iranien vient d'adopter une nouvelle loi selon laquelle les femmes seront désormais dans l'obligation de se conformer strictement au code vestimentaire établi et en vigueur par la République islamique. Le choix de la tendance, la coupe ou la couleur des habits féminins sera dorénavant limité par cette loi. Rédigée en 11 articles, la loi précise que les deux ministères des Sciences et de l'Orientation islamique (culture), seront en charge de surveiller le comportement vestimentaire des femmes dans toutes les institutions d'Etat et l'administration.

L'Argentine accuse l'Iran de l'attentat antisémite de 1994
Le Figaro, 27 octobre
La justice argentine a officiellement accusé l'Iran et le mouvement chiite libanais Hezbollah d'être responsables d'un attentat contre une association juive, qui avait fait 85 morts et plus de 200 blessés à Buenos Aires en 1994. Les magistrats ont réclamé un mandat d'arrêt international à l'encontre de très hautes autorités du gouvernement iranien de l'époque, dont l'ancien président, Ali Akbar Hachémi Rafsandjani.Aucune condamnation n'a jamais été prononcée dans le cadre de l'enquête ouverte après cet attentat à la voiture piégée contre l'Association mutuelle israélite argentine (Amia)...Le président argentin actuel, Nestor Kirchner, avait pour la première fois reconnu en 2005 " la responsabilité de l'État " dans ce fiasco sécuritaire.La communauté juive argentine, la plus importante d'Amérique latine avec quelque 300 000 personnes, réclame, chaque 18 juillet, à l'occasion de l'anniversaire de l'attentat le plus meurtrier qu'ait jamais connu l'Argentine, que justice soit faite.Deux ans auparavant, un autre attentat commis contre l'ambassade d'Israël avait fait 29 morts.

Jacques Chirac évoque des sanctions "adaptées" et "provisoires" contre l'Iran
AP - Wuhan, 27 octobre
S'il est favorable au "dialogue" pour résoudre la question du nucléaire iranien, Jacques Chirac a estimé vendredi à Wuhan, en Chine, que "s'il apparaissait que ce dialogue n'aboutit pas, il faudrait probablement trouver des sanctions ajustées, adaptées, provisoires, réversibles" contre Téhéran...

L'Iran confirme l'accélération de son programme d'enrichissement
AFP, 28 octobre
L'Iran a officiellement confirmé samedi avoir installé et utilisé avec succès une deuxième cascade de centrifugeuses destinée à l'enrichissement d'uranium, alors que les grandes puissances négocient les termes d'une résolution imposant des sanctions à Téhéran.

L'Iran table sur des divergences parmi les grandes puissances
AFP, 29 octobre
L'Iran maintient une position de défi en développant son programme d'enrichissement d'uranium malgré les menaces de sanctions du Conseil de sécurité, tablant sur les "divergences" entre les grandes puissances...

" Comment l'Iran tisse sa toile en Irak "
Le Figaro, 30 octobre
Par Georges Malbrunot " Pour augmenter son influence en Irak, Téhéran n'hésite pas à jouer les divisions au sein du parti du Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki et à infiltrer la milice du leader chiite, Moqtada al-Sadr. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, s'est rendu ce week-end à Damas où il a rencontré le président syrien, Bachar al-Assad. Les deux responsables ont appelé à " la fin de l'occupation " de l'Irak. Le régime de Téhéran pèse lourdement dans ce pays, où ses agents d'influence appliquent une stratégie du " chaos organisé "...

Sept femmes en danger de lapidation
CSDHI 30 octobre
Amnesty International a fait paraître cet appel en faveur de sept femmes en Iran menacées de lapidation

Parisa
a été arrêtée en avril 2004 alors qu'elle se prostituait à Chiraz (sud). Lors des investigations préliminaires, elle a " avoué " s'être rendue coupable d'adultère, expliquant que son mari l'avait forcée à se prostituer parce que leur famille était pauvre. Lors de son procès, en juin 2004, Parisa est revenue sur ses déclarations. Or, le 21 juin 2004, la 5e chambre du tribunal pénal de la province du Fars l'a déclarée coupable d'adultère et condamnée à la mort par lapidation. La 32e chambre de la Cour suprême a confirmé cette peine le 15 novembre 2005. Son dossier est actuellement réexaminé par la Cour suprême. Parisa est détenue dans la prison d'Adelabad à Chiraz.

Iran, membre du clan Bakhtiari de la minorité arabe d'Ahvaz (sud), aurait été attaquée par son mari, armé d'un couteau, tandis qu'elle parlait avec le fils d'un voisin dans la cour de sa maison. Elle a été sauvagement battue et abandonnée à même le sol, en sang et inconsciente. Avant qu'elle ne reprenne connaissance, l'homme aurait tué son mari avec son propre couteau. Lors d'un interrogatoire mené dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de son mari, Iran aurait " avoué " à la police qu'elle s'était rendue coupable d'adultère avec le fils de son voisin. Elle s'est cependant rétractée par la suite. Un tribunal de la province du Khouzestan l'a condamnée à cinq années d'emprisonnement pour complicité de meurtre et à la mort par lapidation pour adultère. Cette décision a été confirmée par la Cour suprême en avril 2006. L'avocat d'Iran a formé un recours contre sa condamnation. Cette femme est actuellement détenue dans la prison de Sepidar, à Ahvaz.

Khayrieh, issue de la minorité arabe d'Ahvaz, aurait été victime de violences domestiques de la part de son mari. Elle avait apparemment une liaison avec un proche de celui-ci, qui aurait assassiné son mari. La 3e chambre du tribunal de Behbahan (sud-ouest), l'a condamnée à la peine capitale pour complicité de meurtre, et à la lapidation jusqu'à ce que mort s'ensuive pour adultère. Bien qu'elle ait reconnu l'adultère, Khayrieh a nié toute implication dans le meurtre de son mari. Sa peine a été confirmée et son dossier aurait été soumis au responsable du pouvoir judiciaire afin qu'il autorise l'exécution. Khayrieh a déclaré : " Je veux bien qu'ils me pendent, mais pas qu'ils me lapident. Lorsqu'ils t'étranglent, tu meurs [quasi-instantanément], mais il est très difficile de recevoir une pierre à la tête. "

Shamameh Ghorbani ( alias Malek), arrêtée en juin 2005, a été condamnée à la mort par lapidation en juin 2006, par un tribunal d'Orumiyeh (nord ouest) qui l'a déclarée coupable d'adultère. Certaines sources indiquent qu'elle est détenue dans la prison d'Orumiyeh. Ses frères et son époux auraient assassiné un homme qu'ils avaient trouvé chez elle et l'auraient frappée à coups de couteau, au point qu'elle a échappé de peu à la mort. Le dossier de Shamameh Ghorbani ferait actuellement l'objet d'un réexamen.

Kobra Najjar, actuellement détenue dans la prison de Tabriz (nord-ouest), risque d'être exécutée très prochainement. Elle a été condamnée à huit ans d'emprisonnement pour complicité dans le meurtre de son mari, ainsi qu'à la mort par lapidation pour adultère. Elle devait être exécutée après avoir purgé sa peine, c'est à dire il y a deux ans. Kobra Najjar aurait écrit à la Commission judiciaire des grâces afin que sa condamnation à la mort par lapidation soit commuée ; aujourd'hui, elle attend la réponse de cette instance. Son mari, un héroïnomane qui se livrait à des violences sur elle, l'aurait forcée à se prostituer. En 1995, après qu'il l'eut sauvagement battue, elle a fait part de son projet de tuer son époux à un de ses clients réguliers. Kobra Najjar se serait entendue avec celui-ci pour conduire son mari à un endroit précis, où l'homme l'aurait tué. Il a été condamné à mort mais a obtenu le pardon de la famille de la victime après lui avoir versé le prix du sang.
Soghra Molai a été condamnée à quinze ans d'emprisonnement pour complicité dans le meurtre de son mari, Abdollah, tué en janvier 2004, ainsi qu'à la mort par lapidation pour adultère. Lors d'un interrogatoire, elle a déclaré : " Mon époux ne cessait de me tourmenter. Mais je n'ai jamais eu l'intention de le tuer. Le soir où cela s'est passé [...] après qu'Alireza a tué mon mari, je me suis enfuie avec lui parce que je craignais que mes beaux-frères ne me tuent si je restais à la maison. " Alireza a été condamné à la peine capitale pour le meurtre du mari de Soghra Molai, ainsi qu'à recevoir 100 coups de fouet pour " relations illicites ". Ces condamnations sont en cours d'examen par la Cour suprême. Il y a lieu de penser que Soghra Molai est détenue dans la prison de Raja'i Shahr, à Karaj, près de Téhéran.

En mai 2005, la 71e chambre du tribunal pénal de la province de Téhéran a condamné Fatemeh (Amnesty International ne connaît pas son nom de famille), en vertu du principe de qisas (" réparation ") pour complicité de meurtre, et prononcé la peine de mort par lapidation pour " relation illicite " avec un prénommé Mahmoud. Son époux a été condamné à seize ans d'emprisonnement pour complicité dans le meurtre de Mahmoud. La Cour suprême a été saisie de cette affaire. Selon un article paru en mai 2005 dans le quotidien Etemad, une querelle aurait éclaté entre Mahmoud et le mari de Fatemeh. Celle-ci aurait reconnu avoir serré une corde autour du cou de Mahmoud, provoquant l'asphyxie. Selon ses déclarations, elle avait seulement l'intention de lui attacher les mains et les chevilles une fois qu'il aurait perdu connaissance, afin de le livrer à la police.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
D'après les informations reçues par Amnesty International, deux autres femmes ont été condamnées à la mort par lapidation en Iran : Ashraf Kalhori (voir l'AU 203/06, MDE 13/083/2006 du 27 juillet 2006, ainsi que sa mise à jour), et Hajieh Esmailvand (voir l'AU 336/04, MDE 13/053/2004 du 16 décembre 2004 et sa mise à jour). Bien que le responsable du pouvoir judiciaire ait annoncé un moratoire sur les peines de lapidation en décembre 2002, certaines sources indiquent qu'un homme et une femme ont été lapidés à mort en mai 2006.Amnesty International suppose que des professionnels de santé doivent être impliqués dans les lapidations, probablement en déterminant que la mort a suivi ce traitement cruel.

Pendaison d'un voleur à main armée
AFP, 31 octobre
Un Iranien reconnu coupable de vols à main armée a été pendu mardi matin à la prison de Bandar Abbas (sud).Parviz Minaki avait participé à plusieurs vols à main armée au cours des dernières années et avait tué un automobiliste, selon ISNA. Cette pendaison porte à au moins 104 le nombre de personnes exécutées en Iran depuis le début de l'année, selon un décompte établi par l'AFP à partir d'informations de presse et des témoins.
Selon Amnesty International, 94 personnes ont été exécutées en Iran en 2005. La trahison, l'espionnage, le meurtre, l'attaque à main armée, le trafic de drogue à partir de plus de cinq kg d'opium saisis, le viol et la sodomie, l'adultère, la prostitution et l'apostasie sont passibles de la peine de mort en Iran.

csdhi

Les Iraniennes en révolte