05 juin 2018

AFIF INFOS - Mai 2018

Bulletin mensuel d'informations sur l'Iran

ASSOCIATIONDES DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE


Mai 2018
19 exécutions en Iran



Le 1er mai en Iran
Manifestations dans diverses villes, malgré la répression
ncr-iran.org, mai 2018
Des milliers de femmes et d'hommes, de travailleurs, de retraités et d'autres couches démunies de population ont défilé devant le Majlis [parlement] à Téhéran à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs et pour protester contre la misère économique qui frappe le pays.
Les manifestants ont réclamé la libération des travailleurs et syndicalistes détenus et scandaient "Pain, logement et liberté sont nos droits absolus" ; "Salaires astronomiques des dirigeants - misère généralisée du peuple", "Mort à l'oppresseur, salut aux travailleurs" …
Malgré les mesures répressives et les tactiques trompeuses du régime iranien, et son refus d'accorder l’autorisation de rassemblement aux travailleurs, la population a fait du ce 1er mai, une journée de manifestations contre la dictature et pour protester contre la situation économique désastreuse dans la capitale et dans plusieurs villes du pays.
Les forces de sécurité de l'État ont attaqué les marcheurs et ont violemment arrêté un certain nombre de manifestants à Téhéran. Le sort des personnes arrêtées reste inconnu. Une femme, Tahmineh Khosravi, a été identifiée parmi les personnes arrêtées.

Des accidents du travail en Iran ont tué 813 travailleurs en un an
IranHRM, 1er mai 2018
Les défenseurs des droits de l'Homme en Iran ont signalé qu'au cours des 12 derniers mois, au moins 813 travailleurs sont décédés des suites d'accidents du travail dus au manque d'environnements sécuritaires et conditions de travail. En plus de 813 décès, 1.486 cas de blessures liées au travail ont également été rapportés par les médias. Malgré ces statistiques significatives, il convient de noter qu'en raison du manque de transparence, de nombreux incidents liés au travail ne sont pas signalés dans les médias.

Plus de 70 000 internautes arrêtés en un an
IRNA/ncr-iran.org, 1er mai 2018
Kamal Hadifar, chef de la FATA (Cyber Police d’Iran), a déclaré qu'au courant de l’an passé [du 20 mars 2017 au 20 mars 2018] plus de 70 000 du cyberespace ont été arrêtés et renvoyés devant les autorités judiciaires.... Durant cette même période plus de 39.000 crimes cybernétiques ont été découverts.
Selon Hadifar, "30 186 chaînes et canaux criminels ont été identifiés dans Telegram, y compris 23 000 canaux d'activités immorales, 650 canaux antireligieux, anti-islamiques et coraniques ...
51% des crimes immoraux sont commis à Telegram, 23% à Instagram et 11% à WhatsApp ".

Charte des droits des citoyens de Rohani : un impact nocif
iranhumanrights.org, 1er mai 2018
La charte des droits des citoyens comprenant 120 articles les droits et libertés des citoyens iraniens tels qu'énoncés dans la loi iranienne, est signée par Hassan Rohani mais n'a aucun impact sur la situation des droits de l'Homme en Iran.
Les droits humains se détériorent en Iran depuis la signature de la dite charte, avec de nombreux abus par le propre ministère du Renseignements de Rohani.
Sa signature a même eu l’effet inverse car elle a détourné l'attention des causes des violations des droits en Iran et des réformes nécessaires…

Employée du British Council détenue par le ministère iranien du Renseignement, sans avoir accès à un avocat
iranhumanrights.org, 2 mai 2018
Des agents du ministère iranien du Renseignement ont arrêté Aras Amiri, une employée du British Council basé à Londres et l'empêchent de consulter un avocat pour des raisons de sécurité nationale.
"Arrivée à Téhéran le 8 mars, Aras s'est rendue à Amol [nord] pour rendre visite à sa grand-mère à l'hôpital", a déclaré Mohsen Omrani, le cousin d'Amiri, le 14 mai. Des agents du ministère du Renseignement se rendant à l'aéroport alors qu'elle était dans une voiture avec des membres de sa famille. La famille d'Amiri a rendu la nouvelle publique le 1er mai.

Des femmes refoulées et plusieurs arrêtées à l’entrée des stades
 aftabnews.ir/women.ncr-iran.org, 3 mai 2018
Plusieurs femmes déguisées en homme ont été identifiées et arrêtées alors qu'elles tentaient d'entrer dans un stade de Khorramshahr (sud-ouest).
Partisans de l'une des meilleures équipes de football iraniennes, Esteghlal, elles s’apprêtaient d'entrer dans le stade en portant des barbes et moustaches artificielles le jeudi 3 mai 2018, pour regarder le championnat de leur équipe favorite, mais elles ont été identifiées et arrêtées.
Alors que devait se tenir le 2 mai un match de football à Ghaemshahr (nord), des dizaines de femmes ont profité pour faire une épreuve de force face au régime en bloquant l’entrée.
Les forces de sécurité ont empêché les femmes d'entrer et de prendre part à la célébration de la victoire de l'équipe gagnante.
Une jeune fille qui tentait de monter sur le mur du stade a été tirée vers le bas par un membre des forces de police, a suscité l’indignation de la foule.
Par ailleurs, le traitement insultant et violent des agents de sécurité à l'encontre d'une jeune femme qui avait grimpé sur un lampadaire pour assister à l'événement à l'intérieur du stade, a outré l'opinion publique en Iran et dans le monde.
Les Iraniennes cherchent des moyens pour briser la restriction discriminatoire imposée à l'accès des femmes dans les stades en Iran. Certaines, en se donnant une apparence masculine, ont réussi à le faire et ont publié leurs photos et films dans les médias sociaux.

Suicidé de la nièce d'un activiste kurde en danger d’exécution imminente
iranhumanrights.org, 4 mai 2018
Le prisonnier kurde Ramin Hossein Panahi n'a pas été exécuté en Iran le 2 mai 2018, comme prévu, mais sa nièce, Nishtiman Hossein Panahi, s'est suicidée après une intense campagne de menace et d'intimidation lancée contre sa famille par les forces de sécurité iraniennes.
La jeune Nishtiman a mis fin à sa vie le 2 mai après avoir été harcelée par des agents du ministère iranien du Renseignement et du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Expulsion d’une étudiante en raison de sa foi bahaïe
iranpresswatch.org, 4 mai 2018,
Selon la campagne «Non au harcèlement et à l'emprisonnement des compatriotes bahaïs», Kiana Sanaie, une résidente bahaïe de la ville de Gorgan (nord) et étudiante à l'université Mir Damad, a récemment découvert que son nom avait été retiré de la liste des étudiants par l'organisme d'évaluation. Spécialisée en architecture, Kiana Sanaie avait récemment terminé son deuxième trimestre.

Etude sur les prostituées à Téhéran
Site Web officiel iranart.ir, 4 mai 2018
«La prostitution n'est pas un phénomène nouveau, mais identifier ce qui en sont les causes constitue un travail important », a déclaré Jaleh Shadi-Talab, professeure de sociologie qui présentait lors d’une réunion une étude faite auprès de 300 prostituées dans les rues de Téhéran.
L’étude montre que 80% d’entre elles n'avaient pas d'emploi auparavant ; 43 % étaient au chômage et 15 % étaient des femmes au foyer ; 77 % ont dit avoir passé à l’acte pour la première fois pour acheter des drogues ; 9 % de ces femmes ont été forcées par leurs maris et 18 % par leurs parents- principalement par le père - à se prostituer ; 23 % ont consommé des drogues ; 12 % ont été détenues et emprisonnées ; 22% exerçaient un emploi.
Soulignant le fait que beaucoup de ces femmes étaient jeunes, Shadi-Talab a poursuivi que : «70 % avaient commencé à vendre leur corps depuis moins de cinq ans et pour des raisons telles qu’une histoire de détention, un père criminel, un mari toxicomane, un mariage raté…mais la raison principale est la pauvreté.
Concernant leur âge, la plupart d'entre elles ont commencé le métier à 20 ans, elles sont donc âgées 25 ans. Leur premier mariage a eu lieu quand elles avaient entre 15 et 18 ans. 11 % étaient mariées, 42% étaient célibataires, 39 % étaient divorcées et 44 % étaient veuves.
"6 % étaient analphabètes, 14 % avaient des diplômes universitaires ce qui est une alerte sérieuse", a souligné Shadi-Talab au sujet de leur éducation.

L'âge moyen des détenues en Iran est de 17 à 37 ans
Agences officielles IRNA et ISNA, 5 mai 2018
At'hareh Nejadi, directrice générale adjointe de la planification et de la coordination des affaires féminines, a déclaré : "D'après les visites que nous avons faites des prisons du pays, les femmes ne demeurent pas dans de bonne condition dans les prisons. Malheureusement, les mères qui ont commis des délits ou crimes involontaires sont détenues avec leurs petits enfants. Ces enfants ne se souviennent que de la vie à l'intérieur des murs de la prison..."
Concernant l’âge des détenues, elle a signalé que les prisonnières avaient pour la plupart, entre 17 et 37 ans ; mais qu’il y avait aussi des femmes âgées. Se basant sur les estimations de l'Organisation pénitentiaire, At'hareh Nejadi a indiqué à ISNA qu’en moyenne 250 femmes entrent chaque année dans les prisons accusées de crimes non intentionnels...
Cette responsable estime que "les cautions à payer pour la libération des prisonniers en général, sont très élevées ".

Privées de faire du chant
hra-news.org, 6 mai 2018
Afsaneh et Nazli Jahanigiri deux chanteuses de la tribu Qashqaii qui devaient chanter le vendredi 4 mai 2018 au festival culturel et artistique de Gachsaran (sud-ouest), ont été empêchées de chanter à la dernière minute. Cest arrivé à un moment où le programme était annoncé et où les gens s'étaient rassemblés dans la salle.
Aminollah Hejazi, l'imam de la prière du vendredi de Gachsaran, était contre leur performance et les forces de sécurité sont intervenues pour arrêter les artistes et le programme a été annulé.
Afsaneh Jahangiri, née en 1956 à Firozabad dans la province de Fars et est une chanteuse populaire de la tribu. Elle a chanté auparavant dans les villes de Téhéran, Chiraz, Ahvaz, Yasooj et dans certaines villes du nord de l’Iran.

L’une des "filles de la rue Enghelab" arrêtée à nouveau
hra-news.org /radiozamaneh.com, 8 mai 2018
Shaparak Shajari-zadeh a été arrêtée avec son fils de 9 ans lors d'un voyage de divertissement à la ville de Kashan. La police de Kashan l'a arrêtée en l'accusant de dévoilement. Nasrin Sotoodeh, son avocate a précisé que cette interpellation est une arrestation arbitraire et illégale, et l'arrestation de son fils de 9 ans est un cas de maltraitance de l’enfant.
Shaparak Shajari-zadeh a été détenue une semaine en février-mars 2018 pour avoir ôté son voile en public et l'avoir mis sur le bout d'un bâton en signe de protestation.

Iran - 37.000 mariées de moins de 15 ans
Site officiel irna.ir, 8 mai 2018
Parvaneh Salahshori, cheffe de la fraction des femmes du Majlis (parlement), a déclaré à IRNA : "Les statistiques montrent qu'au cours de l'année dernière, 37.000 filles se sont mariées alors qu'elles avaient moins de 15 ans. Dans la même période, 2000 femmes ont divorcé ou sont devenues veuves"… "

Une élève de 15 ans toujours sous arrestation
hra-news.org/zandaniran.uk, 8 mai 2018
La santé de Maedeh Shabani-nejad, lycéenne de 15 ans originaire d’Abadan, arrêtée pour des activités dans des réseaux sociaux en février 2018 par des agents du Renseignement et détenue depuis dans la prison Sepidar d'Ahvaz, se détériore.
Bien qu'elle souffre de saignements d'estomac, elle est privée de traitement médical. La durée de sa détention est constamment renouvelée. Sa famille ne peut pas engager un avocat et ne peut pas faire la navette entre Abadan et Ahvaz pour lui rendre visite et suivre son cas en raison de problèmes financiers. Certains de ses proches notamment sa tante et son oncle arrêtés en même temps qu’elle demeurent toujours en détention.

Deux jeunes kurdes arrêtées à Ravansar
Kurdpa, 9 mai 2018
Rizan Ba'waysi, 28 ans et Fatemeh Ba'waysi, 26 ans, ont été arrêtées le 8 mai par les services de renseignement et transférées vers un lieu inconnu.
Originaires du village de Qouri Qale près de Ravansar (province de Kermanchah), ces jeunes femmes sont accusées d’avoir de liens avec " Daech". Aucunes nouvelles précise sur le lieu ou sur le sort de ces femmes, n’ont été données depuis.

Une prisonnière dans le couloir de la mort depuis 15 ans
hengaw.net, 10 mai 2018
Jamileh Sadeghi, prisonnière de Qarveh (province du Kurdistan), emprisonnée depuis 15 ans dans la prison centrale de Sanandaj, n'a pas bénéficié d’un congé jusqu'à présent. D’après une source sûre, cette femme avait été arrêtée en 2003, accusée d'avoir assassiné son mari. Jamileh a été condamnée à mort par le tribunal pénal du canton de Qarveh et demeure dans le couloir de la mort depuis lors.

Golrokh et Atena retournent à Evin
ir.voanews.com 12 mai 2018
Les prisonnières politiques, Golrokh Ebrahimi Iraee et Atena Daemi avaient été transférées le 24 janvier 2018 à la prison de Qarchak, où sont détenues des criminelles de droit commun.
Après 81 jours de résistance et de grève de la faim pour protester contre ce transfert, et grâce à la vague de solidarité nationale et internationale, elles ont été retournées le 10 mai à la prison d’Evin.

Le % de femmes toxicomanes en Iran est passé de 3 à 12%
Agence de presse officielle IRNA, 12 mai 2018
Les stupéfiants ont un impact plus destructeur sur les femmes que sur les hommes. Il faut 8 ans pour que les hommes recourent à l'injection de drogue, mais les femmes ouvrent cette voie en seulement 2 ans.
La toxicomanie chez les femmes a également des conséquences plus dévastatrices et affecte plus de gens autour d'eux, y compris leurs enfants.
Ahmad Kaheh, directeur général de l'éducation publique à la Direction des affaires sociales de la Force de sécurité de l'Etat, a annoncé que "le pourcentage de femmes droguées était de 3% dans le passé, mais des chiffres non officiels indiquent qu'il a atteint 12% de la population toxicomanes".
D’après lui, 36% des consommateurs de stupéfiants sont des étudiants, alors que dans le passé, seuls 5% des toxicomanes avaient fait des études supérieures.

Pendaison publique à Bandar Abbas
Site officiel jamejamonline.ir, 13 mai 2018
Mohammad-Sadegh Akbari, responsable du pouvoir judiciaire de la province d’Hormozgan, a annoncé l’exécution d'un homme à 5h30 du matin du 13 mai sur le boulevard Khalij-e-Fars dans la ville de Bandar Abbas.
Cette pendaison publique avait été confirmée par la cour suprême. L’Homme était accusé d’homicide.

Deux hommes exécutés en public à Machhad
Agences de presse Tasnim et Fars, 15 mai 2018
L’exécution de deux membres du gang des " Crabes noirs " a eu lieu ce matin à Machhad, en Iran. L’affaire qui concerne ces deux individus a été traitée plus tôt que les autres, en tant que premiers coupables, accusés de "corruption sur terre" et de "moharebeh" (guerre contre Dieu).
L'affaire a été transmise à la cour pénale après la publication des actes d'accusation.
La mise en application de la condamnation à mort des deux hommes a eu lieu en public dans la région de Koshesh.

Tournois féminins ne sont pas diffusés à la télévision iranienne
varzesh3.com/radiozamaneh.com, 16 mai 2018
L'équipe féminine du futsal d'Iran est devenue la championne des tournois féminins de ce sport en Asie. Mais ses compétitions ne seront pas diffusées par la télévision et les médias officiels.
Mohammad-Reza Davarzani, adjoint au développement du sport professionnel auprès du ministère iranien des sports et de la jeunesse, essaie de justifier cette interdiction en soulignant que : "Nous devons accepter que peu importe à quel point le code vestimentaire de nos athlètes est correct, mais les joueuses des équipes adverses peuvent ne pas porter du hijab convenable". D’après lui la diffusion de ces compétitions ne rentre pas dans le cadre des valeurs du régime iranien. Il a ajouté : " L'Iran ne pouvait pas fouler aux pieds ses valeurs pour la diffusion d’un match".

Le nombre de femmes victimes du sida est multiplié par dix en deux ans
khabaronline.ir, 19 mai 2018
Dans une interview accordée à ce jour à Khabar on Line, Minou Mohraz, directrice du Centre de recherche sur le sida, a annoncé que "Le nombre de femmes souffrant du sida augmente chaque année. Même au cours des deux dernières années, le nombre de victimes du sida parmi les femmes a été multiplié par dix".

Manifestation pacifique à Kazeroun plonge dans la violence
CSDHI, 21 mai 2018
Les habitants de Kazeroun située au sud-ouest de l’Iran, se sont rassemblés le 16 mai 2018 sur la grande place de la ville pour protester contre la division leur ville.
La police a procédé aussitôt à des arrestations de manifestants. Un groupe de citoyens s'est rassemblé dans la soirée devant le commissariat pour exiger la libération des détenus mais il a été réprimé par la police (Radio Zamaneh, 17 mai 2018).
Des témoins oculaires attestent que la police a tiré sur des manifestants et des agents en civil ont commencé à interférer plongeant la manifestation dans la violence. Les images des blessés et des personnes tuées ont été publiées sur Internet.
L'AFP a cité des sources officielles iraniennes disant que les forces armées et de sécurité en République islamique d'Iran ont ouvert le feu sur des manifestants dans la ville de Kazeroun, ce qui a entraîné la mort et les blessures de plusieurs manifestants. L'Agence de presse Fars, affiliée au Corps des gardiens de la révolution, a déclaré qu'une personne avait été tuée et 6 autres blessées lors de fusillades policières contre des manifestants. Les activistes des réseaux sociaux ont signalé le nombre de décès entre 2 et 5 personnes (RFI, 17 mai 2018).
 " Au cours des deux derniers mois, Kazeroun a été témoin de vastes protestations contre la formation d'un nouveau canton, Kouh Chenar. Dans certaines des protestations, on a estimé le nombre de manifestants à 5000 ", a rapporté Fars.

Une kurde iranienne menacée d’être exécutée après le Ramadan
Hengaw, 22 mai 2018
Farideh Saleh, arrêtée en 2001 et accusée du meurtre de son mari, est native de la commune de Marivan (ouest). Elle est emprisonnée depuis 17 ans et risque d'être exécutée après le mois de Ramadan. Dans une déclaration, elle a dit : " J'ai été libérée sous une caution fixée à 8100 euros, avancée par une gentille femme depuis trois mois jusqu'à la fin du Ramadan afin que je puisse avoir le temps de réunir l'argent de la caution... j'ai tout fait pour y parvenir mais malheureusement je n’ai pas pu rassembler la somme demandée". Farideh Saleh est âgée de 55 ans.

Situation des détenus Ahvazis en Iran
Non à la prison, non à l'exécution, 23 mai 2018
Un rapport publié par " Non à la prison, Non à l'exécution" détaille la situation des détenus arrêtés lors des grandes manifestations en mars 2018 dans la province de Khouzestan (sud-ouest). Les habitants d’Ahvaz (sa capitale) avaient organisé des manifestations pour protester contre l'offense que l'une des chaînes de télévision officielle leur a faite et qu'ils qualifient du "comportement raciste ".
Lors des arrestations arbitraires des participants, les agents du régime avaient arrêté les membres de leurs familles, même les enfants, et les avaient transférés dans des centres de détention où ils ont subi de pression, ont été interrogés et même torturés.
Des adolescents de moins de 18 ans sont incarcérés à la prison de Fajr (Centre de détention pour les jeunes). Des femmes sont emprisonnées à la prison de Sepidar à Ahvaz. Leur nombre est de 150, dont 15 arrêtées pendant les manifestations d'Ahvaz.
Les cautions réclamées pour la libération des détenus vont de 4000 à 10 000 euros. Beaucoup de familles ne pouvant pas payer cette somme, leurs enfants sont toujours maintenus en prison.

Vingt militants écologistes détenus en Iran
IranHRM, 24 mai 2018
Payam Dorfeshan, avocat de l’écologiste irano-canadian Kavoos Seyed Imami* a expliqué que selon les informations qu’il a reçues, en relation avec l’affaire connu sous le nom de ‘Environmental Activists’, une vingtaine d'autres militants écologistes ont été arrêtés dans le sud de l’Iran. La raison principale de leur arrestation est inconnue.
*Irano-canadian Kavoos Seyed-Emami (1953-2018) était un professeur d'université et un environnementaliste de premier plan. IL dirigeait la Persian Wildlife Heritage Foundation (PWHF) et enseignait la sociologie.
En février 2018, le pouvoir judiciaire iranien a déclaré qu'il s'était suicidé alors qu'il était détenu à la prison d'Evin, à Téhéran, en raison des preuves contre lui dans une affaire d'espionnage. Cette accusation et le prétendu suicide ont été rejetés par sa famille.

Les binationaux emprisonnés en Iran
iranhumanrights.org, 24 mai 2018
Au moins 14 Iraniens ayant la double nationalité, ou résidents permanents à l’étranger, sont actuellement emprisonnés en Iran. Selon une étude du Centre pour les droits de l'Homme en Iran (CHRI), les arrestations sont suivies d'un régime d'isolement cellulaire prolongé et d'interrogatoires. Puis d’absence de procédure régulière; du refus de l'accès consulaire ou des visites de l'ONU ou des organisations humanitaires, des procès secrets dans lesquels le détenu n’a qu’un accès limité à un avocat, et de longues peines d'emprisonnement fondées sur des accusations vagues ou non fondées "sécurité nationale" et d'"espionnage" ou de menace à la "sécurité d’Etat".
L'Iran dit ne pas reconnaître la double nationalité. En novembre 2017, Reuters a rapporté qu'au moins 30 binationaux avaient été arrêtés par le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGR) depuis la signature de l'accord sur le nucléaire en juillet 2015...

Iran - Les médecins pénitentiaires abusent et refusent le traitement aux femmes persécutées
Amnesty International, 25 mai 2018
«Amnesty International a révélé aujourd'hui que des prisonnières d'opinion de la communauté religieuse derviche Gonabadi sont victimes de violences verbales, notamment d'insultes sexuelles, et de traitements médicaux inappropriés par des médecins et d'autres professionnels de la santé à la prison de Shahr-e Rey [Qarchak], à la périphérie de Téhéran…
Depuis février 2018, au moins 10 femmes appartenant à cette minorité persécutée ont été arbitrairement détenues dans la dite prison dans des conditions inhumaines, sans accès à leurs avocats. Elles ont été arrêtées pour avoir participé pacifiquement à une manifestation à Téhéran, qui est devenue violente lorsque les forces de sécurité ont utilisé des canons à eau, des armes à feu et des gaz lacrymogènes pour disperser les foules…»
Il est à noter que la petite fille d’Avisha Jalaledi, l’une des prisonnières derviches est privée de rendre visite à sa mère.

Nombre choquant de mariages précoces et forcés en Iran
Agence de presse ISNA, 24 mai 2018
La province d’Azerbaïdjan de l'Est (nord-ouest) se classe en deuxième position après celle de Khorasan Razavi en ce qui concerne le nombre élevé de mariages précoces de filles de 10 à 15 ans.
Selon Amir Taghizadeh, un responsable du Département général de la jeunesse et des sports en Azerbaïdjan oriental, 3 944 filles âgées de 10 à 14 ans se sont mariées en 2015. La plupart de ces mariages ont eu lieu dans des villages et des zones rurales. Un an plus tard, en 2016, ce nombre atteint 4 165 mariages.
L'âge du mariage pour les filles dans le village de Zainoub est même inférieur à 10 ans. Javidnia, le chef de ce village, situé à 50 km de Tabriz (la capitale d’Azerbaïdjan oriental), dit : "Ici, les mariages de fillettes sont officiels. Par exemple, la fille est fiancée à l'âge de 10 ans. Un contrat religieux (sigheh) est rédigé, puis lorsque la fille atteint l'âge légal, ledit contrat est enregistré. Certaines filles restent fiancées pendant trois ans et d'autres vont dans leur nouvelle maison après avoir été fiancées.»
Ali Bagdar Delgosha, le conseiller du gouverneur de la province de Khorasan dans les affaires des jeunes, avait déclaré lors d'une réunion à l'Université Ferdosi de Machhad, que "D’après les statistiques annoncées en 2017, 63 000 filles de moins de 15 ans se sont mariées à Téhéran. Mais le moyen d’âge le plus alarmant est de 11 ans dans certaines communes de Khorasan" (Site officiel khorasan.isna.ir, 14 mai 2018).

Iran secoué par une 5ème journée de grève des routiers
revolutionpermanente.fr, 27 mai 2018  
Par Maria Chevtsova            https://goo.gl/dTruF3
« Cela fait 5 jours que les routiers iraniens sont entrés dans une grève massive qui paralyse la circulation de marchandises et de carburant dans une grande partie du pays. Le gouvernement qui craint un blocage total et une contagion de la grève, a du faire très rapidement des concessions, mais trop partielles aux yeux des grévistes qui entendent bien gagner sur l'ensemble de leur revendications, et ont donc décidé de poursuivre leur mouvement d'ampleur…
Mais l’agitation qui anime l’Iran depuis de nombreux mois à travers des grèves emblématiques de la classe ouvrière et des manifestations importantes n’a sûrement pas dit son dernier mot. Les routiers l’ont d’ailleurs bien compris : "Les droits ne sont pas donnés, ils doivent être pris". »

Participation active des femmes aux manifestations en Iran
AFIF, 29 mai 2018
Alors que les informations, images, vidéos… concernant les protestations de la population à travers l’Iran couvrent les médias et les réseaux sociaux, la présence active des femmes iraniennes attire l’attention :
- Grand nombre de femmes faisant partie des enseignants et du personnel retraité du ministère de l'Education se sont rassemblées le dimanche 13 mai 2018 à l'extérieur du ministère de l'Education à Téhéran. Les manifestants réclamaient leurs primes et récompenses après 30 années de service.
- Un groupe de femmes parmi les spoliés par l'Institut du Crédit de Caspian à Rasht, s'est réuni devant la branche de Sarparasti le mardi 15 mai 2018, et a exigé le retour de leurs fonds. Les femmes en colère ont crié des slogans et exigé leur argent.
- Les femmes étaient nombreuses à jouer un rôle actif lors de plusieurs jours de marche de protestation depuis le 16 mai dans la ville de Kazeroun.  Les forces de sécurité de l'État ont utilisé des gaz lacrymogènes et ouvert le feu sur les manifestants, tuant au moins trois personnes et blessant des dizaines de femmes.
- Les femmes étaient particulièrement actives au cours de ces manifestations des personnes pillées par le frauduleux Institut de crédit de Caspian ont organisées à Téhéran, et à Machhad, la 2ème plus grande ville d'Iran, le lundi 28 mai 2018. Les manifestants ont exigé le remboursement de leurs « économies de toute une vie ». Ils ont également scandé des slogans contre la radio et la télévision officielle qui ne font pas état de leurs protestations.
Des femmes ont participé à au moins 40 manifestations des personnes pillées, en avril et en mai 2018 et leurs protestations contre les instituts financiers corrompus continuent…

Plus de 3 millions de femmes chefs de famille en Iran sont dans une extrême pauvreté
RFI persan, 31 mai 2018
Ali Rabiei, le ministre iranien du travail, a déclaré lors d'une réunion avec certains députés et chef de l'Organisation de protection sociale et ses adjoints qu'il y a actuellement 3 200 000 femmes chefs de famille en Iran parmi lesquelles seuls 200 000 bénéficient de l’aide de l’Etat.
Ali Zolfaghari, directeur adjoint du Comité de secours avait auparavant alerté que le nombre de femmes pauvres chefs de famille est de plus en plus à la hausse, de sorte que le chiffre de 2 500 000 en 2015 grimpe actuellement à 3 500 000 personnes.
Par ailleurs, Fahimeh Farahmandpour, n° 2 des affaires féminines auprès du ministère de l'Intérieur a récemment déclaré que 45% de l’ensemble de la population féminine en Iran sont sans revenus.
Parvaneh Salahshori, chef de la fraction des femmes du Majlis (parlement), avait également déclaré à IRNA, le 8 mai 2018 qu’il existe environ 2,5 à 5 millions de femmes chefs de familles monoparentales dans le pays".
Le nombre de femmes à la tête de ces familles a doublé en 20 ans en Iran.