22 décembre 2025

AFIF INFOS Décembre (1/2) 2025

 Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran

ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
                                                
Augmentation alarmante des exécutions en Iran
61 femmes pendues en Iran depuis le début de 2025
une hausse de plus de 80 % par rapport à 2024

3 décembre
. Rana Faraj Oghli, 24 ans, victime de mariage forcé pendue à la prison centrale de Tabriz
. Une prisonnière accusée de crimes liés à la drogue exécutée à la prison de Vakilabad, Machhad

10 décembre, Journée mondiale des droits humains
. Elnaz Azizi exécutée le 10 décembre à la prison de Vakilabad à Machhad, condamnée à mort pour meurtre.

13 décembre
. Sediqeh Ghorbani pendue le à la prison centrale d’Oroumieh, arrêtée deux ans plus tôt pour le meurtre     prémédité de sa belle-fille 
. Hamideh Jabbari, 41 ans, exécutée à la prison centrale de Qom, détenue depuis environ 4 ans pour des accusations liées au meurtre de son mari

17 décembre
. Razieh Abbasi, 40 ans , exécutée à la prison de Ghezel Hessar pour le meurtre présumé de son mari


La mémoire indestructible du cimetière de Khavaran
Les familles des victimes du massacre de 1988 défient la guerre du régime contre le souvenir
CSDHI, 1er  décembre 2025 
Dans un puissant acte de résistance civile, les familles des victimes du massacre de 1988 transforment la répression en un message politique renouvelé de défi et de persévérance.
Le premier vendredi du mois iranien d’Azar (28 novembre 2025) a, une fois encore, porté le poids d’une cérémonie qui perdure depuis près de quatre décennies, malgré la guerre acharnée que mène le régime contre la mémoire collective. Les mères et les pères des prisonniers politiques massacrés durant l’été 1988 se sont rendus à Khavaran, ce lieu de sépulture meurtri devenu l’un des symboles les plus puissants de la résistance dans l’histoire contemporaine de l’Iran.
Ils sont venus déposer des roses rouges sur les tombes anonymes de leurs proches et proclamer, comme chaque année, un serment immuable : "Nous ne pardonnons pas et nous n’oublions pas " .
Cette année, les murs de Khavaran étaient plus hauts, renforcés autant physiquement que symboliquement. Le régime avait transformé l’entrée du cimetière en zone militarisée, bloquant l’accès et imposant des ordres mécaniques et aboyés : "Carte d’identité ! " - "Famille directe uniquement ! " - "Pas de groupe de plus de cinq ! " - " Pas de fleurs ! " - " Pas de caméras ! "
Mais, Les familles des victimes du massacre de 1988 ont montré, encore une fois, qu’aucune force ne peut déraciner une mémoire enracinée dans la justice, l’amour et la persévérance.
Tant que ces mères et ces pères resteront debout, Khavaran perdurera.
Que ce soit dans la terre, dans la conscience collective ou dans les roses rouges qui fleurissent désormais derrière ses murs, Khavaran parle plus fort que jamais.


Un Internet réservé aux fidèles : la fracture numérique imposée par le régime iranien
AFIF, 2 décembre 2025 
Alors que l’accès au numérique est devenu indispensable à la vie quotidienne, le pouvoir l’a transformé en un outil de censure, de surveillance et de répression.
Au cœur de ce système se trouvent les "cartes SIM blanches" et l’"Internet blanc", qui offrent un accès non filtré et stable uniquement aux personnes proches du régime - responsables politiques, médias d’État et individus jugés loyaux. À l’inverse, la majorité de la population subit un Internet fortement filtré, lent et sujet à des coupures fréquentes.
Cette fracture numérique est délibérément politique. Elle s’appuie sur une architecture de contrôle centralisée, notamment le Réseau national d’information, qui permet au régime de surveiller, manipuler et isoler rapidement le pays du réseau mondial. Présentées comme des exemptions professionnelles, ces facilités d’accès servent en réalité de récompenses pour les fidèles et d’instruments pour maintenir un ordre numérique hiérarchisé, fondé sur la loyauté plutôt que sur les droits.

Parisa Kamali en grève de la faim à la prison de Yazd
HRANA/CSDHI, 2 et 4 décembre 2025
Parisa Kamali, 39 ans, prisonnière politique détenue à la prison centrale de Yazd, a entamé une grève de la faim le 24 novembre 2025 pour protester contre la "disparition" de son dossier judiciaire, la suspension de toute procédure et le refus de soins médicaux essentiels.
En réponse à sa protestation, les responsables de la prison ont placée à l'isolement et ont coupé tout contact avec sa famille. Elle est restée à l'isolement jusqu'au 29 novembre, puis réintégrée dans son quartier. Elle souffre d'une maladie thyroïdienne toxique et elle est actuellement en mauvaise santé. 
Arrêtée le 29 avril 2024 à Ispahan et transférée à la prison de Dolatabad, puis à celle de Yazd, elle a été condamnée à une peine totale de 7 ans et 9 mois de prison, 2 ans d'exil pour "destruction de biens publics", ainsi qu'à une peine d'emprisonnement pour "outrage au Guide suprême" et "appartenance à des groupes anti-régime". 
Sa famille affirme que les responsables de la prison prétendent que son dossier "n’existe pas" , entraînant un blocage complet de la procédure de libération sous bracelet électronique. 

Les Voix de la résistance : des étudiants emprisonnés en Iran célèbrent la Journée de l’étudiant par défiance et appellent à la liberté
CSDHI, 5 décembre 2025
À l’occasion du 16 Azar (Journée de l’étudiant), deux étudiants emprisonnés, Amir Hossein Moradi et Ali Younesi, tous deux anciens étudiants primés, ont publié des déclarations reliant la mémoire historique de 1953 à l’actuelle révolte nationale et à la répression continue sur les campus.
Affiliés à l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), les deux étudiants brillants ont fait parvenir des messages puissants depuis leurs cellules des prisons d’Evin et de Ghezel Hessar dénonçant les exécutions massives, la répression d’État et exhortant les jeunes Iraniens à mener le combat pour la liberté.
« Au milieu de la première moitié du XXIᵉ siècle, 72 ans après la répression sanglante des étudiants de l’Université de Téhéran sous le Chah, le gouvernement-exécuteur tente lui aussi de supprimer les étudiants par divers moyens. D’Ehsan Faridi, encore en danger d’exécution, à Ahmad Baledi, poussé au désespoir, et jusqu’aux arrestations d’étudiants à Hamedan. »
« Le gouvernement-exécuteur est dans son moment historique le plus faible et, confronté à des crises économiques, sociales et environnementales, il se tourne vers l’escalade des exécutions — battant ses propres records les uns après les autres. C’est le seul domaine où, avec la coopération des trois branches et par ordre de la direction, ils doivent montrer des progrès quotidiens, de peur que l’affaiblissement de la lame de répression ne laisse rien de leur dictature. »

Khamenei publie une série de messages sur les droits des femmes et déclenche de vives réactions
Médias/AFIF, 6 décembre 2025 
Lors d’une réunion le 3 décembre avec un groupe des femmes en Iran, Khamenei a déclaré que les médias iraniens ne devaient pas relayer ce qu’il présente comme des "points de vue occidentaux" sur le hijab, l’habillement des femmes ou la coopération hommes-femmes.
Ses propos interviennent alors que des députés alertent sur ce qu’ils qualifient de  "montée de l’immoralité et d’un mouvement de nudité" dans le pays.
Dans le même temps, Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i, chef du pouvoir judiciaire, en visite à Yazd, a déclaré que "tous les membres de la société sont responsables en matière de pudeur et de hijab, et bien que certaines mesures aient été prises, elles sont loin d’être suffisantes".
Après son discours, Khamenei a publié une série de messages sur X à propos des femmes.  Ces déclarations ont provoqué de vives réactions, surtout de la part de militants, de la diaspora iranienne et d’organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une forte contradiction entre ce discours et la réalité en Iran : lois coercitives, répression des femmes, absence d’égalité réelle.
Le contexte de renforcement des règles sur le hijab et des tensions persistantes autour des droits des femmes explique l’ampleur de la polémique.

"Le prix du sang": une Iranienne condamnée à mort pour le meurtre de son mari violent libérée 
AFP/The Gardian, 11 et 12 décembre 2025 
Mariée de force à 12 ans, Goli Kouhkan, devait être exécutée pour le meurtre en 2018 de son mari violent envers elle et leur enfant. 
Goli Kouhkan était détenue depuis sept ans dans le couloir de la mort à la prison centrale de Gorgan, dans la province de Golestan dans le nord de l'Iran. C'est dans cette prison qu'elle devait être exécutée. 
Selon les experts de l'ONU, qui ont précisé que cette ouvrière agricole de 25 ans a subi des violences physiques et psychologiques pendant plusieurs années. 
Son exécution a finalement été annulée à la suite d'un accord d'indemnisation de plusieurs milliers d'euros avec la famille de son mari. Un "prix du sang" dénoncé par les défenseurs des droits humains. 
Mai Sato, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits humains en Iran a salué "une vie sauvée", mais a dénoncé le fait qu'en Iran les violences conjugales et mariages forcés d'enfants "ne sont pas criminalisées". 

Mobilisation coordonnée dans 55 prisons iraniennes
99e semaine de la campagne "Non aux exécutions du mardi"   
AFIF, 16 décembre 2025 
La campagne "Non aux exécutions du mardi" a atteint sa 99e semaine consécutive, marquée par des grèves de la faim organisées par des détenus dans 55 prisons à travers l’Iran.
Cette initiative collective, menée depuis l’intérieur des établissements pénitentiaires, constitue une protestation pacifique contre la politique systématique d’exécutions pratiquée par les autorités iraniennes. Elle s’inscrit dans une démarche de défense du droit fondamental à la vie et de dénonciation des violations persistantes des droits humains dans le pays.
La continuité et l’ampleur de cette mobilisation témoignent de la gravité de la situation et appellent à une attention accrue de la communauté internationale.

Risque une exécution "imminente"
Un champion iranien condamné à mort 
AFP/lefigaro.fr, 17 décembre 2025
Mohammad Javad Vafaei-Sani, 30 ans, vice-champion national de boxe, a été arrêté en 2020 pour avoir participé à des manifestations antigouvernementales en 2019. Accusé d'être membre des Moudjahidine du peuple (MEK), organisation interdite en Iran, il a été condamné à mort pour "corruption sur terre". Il risque une exécution "imminente" après le rejet de sa demande d'un nouveau procès, ont alerté mercredi des ONG et l'opposition en exil. 
"Sa vie est désormais en grand danger", a réagi dans un communiqué le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI)... Son porte-parole, Shahin Ghobadi, a déclaré à l'AFP que le boxeur était "affilié" à l'organisation et que les autorités ont tenté de le contraindre à s'en détacher par un usage "intensif de la torture". 

Arrestations violentes lors d’une commémoration pacifique à Machhad
Amnesty International/ Mediaş, 17 et 18 décembre 2025
Le 12 décembre 2025, plusieurs dizaines de défenseur·e·s des droits humains Iraniens ont été arrêtées arbitrairement à Machhad lors d’une commémoration du 7ème jour en l'honneur de Khosrow Alikordi  l’avocat décédé dans des circonstances suspectes.
Des agent·e·s ont eu recours à la violence et à d’autres mauvais traitements lors des arrestations, notamment en passant à tabac Alieh Motalbzadeh et Narges Mohammadi, qui ont toutes deux nécessité des soins médicaux en raison des blessures liées à la torture.
Parmi les personnes arrêtées, plupart ont fait l'objet d'un ordre de détention provisoire d'un mois, tandis qu'une caution a été fixée pour quelques-unes. Les chefs d'accusation retenus contre la plupart des détenus comprennent la propagande contre le régime, l'atteinte à la sécurité nationale et le rassemblement et la collusion contre la sécurité nationale. 
Plus de 20 détenus ont été transférés dans la cellule 2  de la prison de Vakilabad à Machhad. Ils sont privées d’appels téléphoniques et de visites familiales, ce qui laisse les familles sans information et accroît leurs inquiétudes.  

ONU-Iran
L’Assemblée générale condamne la répression et les exécutions en Iran
AFIF, 19 décembre 2025 
Le 18 décembre 2025, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté sa 72ème résolution condamnant les violations graves et persistantes des droits humains en Iran, par 78 voix pour contre 27. Le texte dénonce l’usage systématique de la peine de mort, de la torture et de procédures judiciaires arbitraires comme instruments de contrôle politique, souvent fondés sur des aveux extorqués et des procès inéquitables.
La résolution établit pour la première fois un lien explicite entre le massacre de prisonniers politiques en 1988 et l’escalade actuelle des exécutions, soulignant une continuité de l’impunité. Elle condamne l’utilisation de la peine capitale pour réprimer opposants et manifestants, son application disproportionnée contre les femmes, les minorités et les prisonniers politiques, ainsi que l’exécution de mineurs.
Au-delà des exécutions, le texte dresse un tableau de violations généralisées : torture, violences sexuelles, traitements inhumains, amputations, détentions arbitraires, disparitions forcées, refus de soins et décès suspects en détention, répression des femmes et des libertés fondamentales, y compris à l’étranger.
Selon certains rapports, plus de 2 000 exécutions auraient eu lieu en 2025, dont 60 femmes et 6 mineurs, confirmant le caractère systématique et politique de la peine de mort et l’absence de réformes réelles.


11 décembre 2025

 #Iran #DroitsHumains



03 décembre 2025

AFIF INFOS Novembre (2/2) 2025

 Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
https://femmesiraniennes.blogspot.com
https://www.facebook.com/femmiran.afif
https://twitter.com/femmiran
linkedin.com/company/93846472/


336 exécutions en novembre en Iran, soit 11 exécutions par jour
Un niveau de répression inédit depuis 37 ans
Il s’agit du chiffre mensuel le plus élevé observé en près de quatre décennies, rappelant les heures
sombres du massacre des prisonniers politiques de 1988.
Parmi les victimes figurent neuf femmes, et deux exécutions ont été menées en public, illustrant la brutalité d’un appareil répressif qui vise à instaurer la terreur au sein de la société.
Les mises à mort se sont multipliées dans de nombreuses villes et prisons à travers le pays, montrant l’ampleur nationale de la campagne d’exécutions.
Ces chiffres confirment l’existence de ce que de nombreux observateurs décrivent comme une véritable "machine à peine de mort", utilisée comme instrument politique : non seulement pour des délits tels que les affaires de drogue ou les accusations de meurtre, mais aussi pour réduire au silence les voix dissidentes et affaiblir toute contestation sociale.

La double réalité de l'Iran
Alors que les restrictions sur le voile s'assouplissent, la répression politique s'intensifie
Reuters, 13 novembre 2025
Résumé 
Alors que les autorités semblent assouplir certaines restrictions sociales, notamment concernant le port du voile, elles mènent simultanément une répression politique accrue. Des centaines de journalistes, d'avocats, d'étudiants, d'écrivains et de défenseurs des droits de l'homme ont été harcelés, convoqués,ou soumis à d'autres mesures punitives ces derniers mois. 
Cette stratégie vise à calmer l’opinion publique en montrant des signes d’ouverture sociale, tout en étouffant tout risque de contestation politique, dans un contexte de crise économique sévère, d’isolement diplomatique et d’affaiblissement militaire après un conflit avec Israël.
Les autorités soutiennent par ailleurs une campagne de communication positive, en encourageant des influenceurs étrangers à présenter une image attrayante du pays. Dans le même temps, l’Iran connaît une hausse dramatique des exécutions, la plus élevée depuis 1989.
Le gouvernement justifie la répression par des motifs de sécurité nationale après la guerre de juin, adoptant des lois renforçant les peines pour espionnage et criminalisant certaines activités en ligne. Plus de 21 000 personnes ont été arrêtées, y compris des membres de minorités ethniques et religieuses.
Cette légère ouverture sociale sert surtout de soupape de sécurité pour éviter un nouveau mouvement de masse, alors que la population reste profondément frustrée par la crise économique, la répression et l’impasse diplomatique.

Exécution d’une femme à la prison de Sari
Médias, 16 novembre 2025
Qomri Abbaszadeh, une femme de 29 ans, a été exécutée aux premières heures du 12 novembre 2025 à la prison centrale de Sari, en même temps qu’Iraj Aghaei, un homme de 30 ans condamné à mort pour  "infractions liées à la drogue". 
Reconnue coupable de "meurtre avec préméditation",elle avait été arrêtée six ans auparavant et condamnée à mort. 
De nombreuses femmes exécutées par le régime iranien sont elles-mêmes victimes de violences domestiques et de lois familiales discriminatoires. Un nombre important d’entre elles ont agi en situation de légitime défense.
Qomri Abbaszadeh  est la 53ème femme exécutée en Iran depuis le début de l’année.

Après sa mère, Bita Shafi arrêtée et détenue sans nouvelles
wncri/HRANA,14 et 18 novembre 2025
L’étudiante Bita Shafii la fille de Maryam Abbasi-Nikou, a été arrêtée à l’aube du jeudi 13 novembre à Khorramchahr, puis transférée vers un lieu inconnu dans ce qui s’apparente à une disparition forcée.
Son arrestation est intervenue seulement trois jours après celle de sa mère. Maryam Abbassi-Nikou avait été appréhendée le lundi 10 novembre par les agents du renseignement des Gardiens de la révolution islamique. 
Avant son arrestation, Bita Shafii avait publié un message sur Instagram dénonçant la descente des agents à leur domicile, affirmant que sa mère avait été enlevée sans la moindre justification légale.
Bita Shafii avait déjà été arrêtée en 2022 pour avoir protesté contre la vague d’attaques chimiques coordonnées visant les écolières iraniennes. Aucune information n'est disponible concernant son lieu de détention ou son état. Ce manque de nouvelles inquiète fortement sa famille.

Une autre Irano-Américain incarcéré à la prison d'Evin
HRANA, 18 novembre 2025
Afarin Mohajer, ressortissante irano-américaine résidant à Los Angeles, est détenue depuis 51 jours au quartier des femmes de la prison d'Evin et se trouve toujours dans une situation juridique incertaine. Dès son arrivée en Iran, elle a été arrêtée le lundi 29 septembre 2025 à l'aéroport. Aucune information fiable n'a encore été communiquée concernant les charges retenues contre elle.
L'arrestation de binationaux en Iran est largement critiquée par les organisations de défense des droits humains et les gouvernements occidentaux depuis 40 ans. Les critiques affirment que la République islamique utilise ces détentions comme moyen de pression politique ou de négociation. Ce schéma a débuté en 1979 avec la prise d'assaut de l'ambassade américaine à Téhéran et s'est poursuivi au cours des décennies suivantes avec l'arrestation de touristes, chercheurs, journalistes et militants binationaux.

ONU-Iran
La 72ème  résolution condamne les graves violations des droits humains en Iran
AFIF, 19 novembre 2025
La Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies vient d’adopter à ce jour une résolution (A/C.3/80/L.30) condamnant les violations flagrantes et systématiques des droits humains en Iran, par 79 voix pour et 28 contre.
Cette résolution dénonce fermement l’augmentation alarmante du nombre d’exécutions et exprime une profonde inquiétude face à l’usage de la peine de mort comme instrument de répression politique, destiné à faire taire les opposants et les manifestants. Elle souligne également le nombre croissant d’exécutions de femmes et de mineurs, une tendance particulièrement préoccupante. Elle condamne les mesures répressives mises en œuvre par le régime pour étouffer les mouvements de contestation, notamment ceux déclenchés en septembre 2022, en particulier le recours à la peine de mort contre des personnes liées à ces manifestations…
Le paragraphe 29 de la résolution constitue la première reconnaissance internationale du massacre de
1988, un événement profondément ancré dans la mémoire collective iranienne. Cette reconnaissance intervient précisément au moment où le pays connaît une nouvelle intensification des exécutions, établissant un parallèle saisissant entre les crimes du passé et la répression actuelle. 

Le 17 novembre 2025, Mai Sato, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Iran, a une nouvelle fois condamné la destruction de la section 41 du cimetière Behesht-e Zahra, au sud de Téhéran. Elle a rejeté les justifications avancées par les autorités iraniennes pour tenter d’expliquer cet acte.
Cette zone du cimetière abritait notamment des fosses communes où un grand nombre des victimes du massacre de 1988 ont été enterrées, faisant de sa destruction une tentative manifeste d’effacer les traces de ce crime historique.

Négligence médicale délibérée envers les prisonniers politiques en Iran
AFIF, 21 novembre 2025
La pression croissante exercée sur les prisonnières politiques, ainsi que les privations et restrictions de plus en plus sévères imposées dans les prisons iraniennes, en particulier à Evin et à Qezelhessar, témoignent d’une politique d’État systématique fondée sur la négligence médicale, la pression psychologique et des conditions de détention inhumaines.
Le manque persistant d’accès aux soins, la diminution des visites familiales et la dégradation alarmante des conditions sanitaires mettent en danger immédiat la vie de nombreuses détenues, en particulier les femmes âgées et celles souffrant de maladies chroniques.
La santé de Marzieh Farsi et Forough est en dégradation. La détérioration de l’état de santé de Fatemeh Ziaei Azad l’a mis en danger de mort imminente.
Des mesures urgentes s’imposent : assurer le transfert médical des prisonnières gravement malades, rétablir les visites familiales régulières, garantir des conditions de vie dignes pour les mères et leurs enfants, lever les restrictions arbitraires et permettre un contrôle indépendant du quartier des femmes.
Malgré une répression féroce, ces prisonnières font preuve d’une résilience exceptionnelle. Leur situation requiert une attention immédiate, constante et résolue de la communauté internationale des droits humains.

Une plateforme soutenue par le régime iranien facilite le mariage précoce en Iran
CSDHI, 25 novembre 2025 
La plateforme de mise en relation "Adam et Ève" facilite ouvertement le mariage des enfants avec un soutien  institutionnel, révélant un vide juridique systémique et le rôle du régime dans la normalisation de l’exploitation des mineurs.
Ce site de rencontres a créé une voie directe vers le mariage précoce permettant l’inscription de candidates âgés d’à peine 13 ans.
Bien que la plateforme se présente comme un facilitateur de mariage, les informations issues de son système d’inscription montrent que toute personne née en 2010 ou 2012 peut être enregistrée comme futur époux ou épouse, sans aucune restriction ni vérification d’âge ou d’identité.
Cette structure permet aux parents de créer des profils matrimoniaux complets pour leurs enfants mineurs. Une grande partie de ces inscriptions provient de régions défavorisées, où le mariage précoce reflète non seulement des normes culturelles profondément enracinées, mais aussi la crise plus large de pauvreté, d’inégalités et l’absence de protection juridique pour les mineurs.
Malgré les critiques publiques, le directeur exécutif de la plateforme insiste ouvertement sur le fait que l’entreprise est légalement tenue d’accepter les membres répondant aux seuils d’âge fixés par la loi iranienne.

25 novembre 2025
Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes 
16 jours reliant la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et la Journée des droits de l'homme. En 2025, la campagne se concentrera sur l'élimination de la violence numérique à l'égard de toutes les femmes et les filles – l'une des formes de violence qui évoluent le plus rapidement au monde.
La réalité accablante des violences faites aux femmes en Iran
En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, un constat glaçant s’impose : en Iran, la violence contre les femmes n’est ni accidentelle ni marginale. Elle est systémique, institutionnalisée et idéologiquement revendiquée par le régime.
Le pouvoir en place conçoit, impose et glorifie cette violence. Dans les rues, les forces de sécurité frappent des femmes pour un simple voile jugé "mal porté". Dans les tribunaux, elles sont condamnées à des coups de fouet pour avoir revendiqué leurs droits. En prison, elles subissent la faim, manque de soins, l’isolement et la torture. Et sur les échafauds, la répression atteint son point culminant : au moins 50 femmes ont été pendues depuis le début de l’année.
Pendant que le monde célèbre cette journée du 25 novembre, des milliers d’Iraniennes croupissent dans des cellules insalubres, victimes d’un appareil de terreur qui cherche à briser leurs voix.
Pourtant, malgré la brutalité du régime, les Iraniennes restent au cœur de la résistance. Leur combat inébranlable pour la liberté, l’égalité et la dignité demeure la seule force capable de mettre fin à cette oppression.

Exécution publique d'un prisonnier à Bastam 
HRANA, 25 novembre 2025
A l’aube du mardi 25 novembre, la peine de mort d'un prisonnier de la ville de Bastam, condamné pour viol, a été exécutée publiquement.
Le président de la Cour suprême de la province de Semnan a déclaré que cet homme avait été arrêté en 2022 pour "viol et contrainte" sur deux femmes à Bastam. 
L'identité du condamné n’a pas été mentionnée.
Le régime iranien a exécuté le nombre le plus élevé d'exécutions de ces 12 dernières années dans ses prisons. Malgré l’ampleur de ces exécutions, les responsables pénitentiaires et autres autorités compétentes n’en ont reconnu publiquement que 6 %, ce qui souligne le manque de transparence et de responsabilité du régime.

Risque imminent d’exécution
Huit prisonniers politiques menacés d'exécution : leurs condamnations à mort confirmées
iranhumanrights.org, 25 novembre 2025 
Au cours des deux derniers mois seulement, la Cour suprême du régime iranien a confirmé les condamnations à mort d'au moins huit prisonniers politiques :
. Ehsan Faridi, un étudiant de 22 ans détenu à la prison de Tabriz, 
. Manouchehr Fallah, tatoueur et ouvrier détenu à la prison de Lakan, Rasht 
. Peyman Farahavar, poète détenu à la prison de Lakan, Rasht 
. Seyed Mohammadjavad Vafaee Sani, entraîneur de boxe détenu à la prison de Vakilabad, Machhad 
. Reza Abdali, un prisonnier politique arabe détenu à la prison de Sheyban, Ahvaz 
. Masoud Jamei, un prisonnier politique arabe détenu à la prison de Sheyban, Ahvaz 
. Alireza Mardasi, prisonnier politique arabe et enseignant détenu à la prison de Sheyban, Ahvaz 
. Farshad Etemadifar, prisonnier politique Lor détenu à la prison de Sheyban, Ahvaz
Ces condamnations s'inscrivent dans une tendance meurtrière croissante et suscitant de vives inquiétudes quant au risque imminent d'exécutions. Au moins 42 le nombre de prisonniers politiques condamnés à mort en Iran, et des dizaines d'autres sont accusés de crimes passibles de la peine capitale en vertu de la législation iranienne.

96ème mardi de la campagne "Non aux exécutions" dans 55 prisons iraniennes
AFIF, 26 novembre 2025
Avec l’adhésion de la prison centrale de Birjand, des prisonniers iraniens marquent le mardi 25 novembre 2025, la 96ème semaine de grève de la faim des mardis dans 55 prisons à travers le pays.
Dans leur déclaration hebdomadaire, ils ont évoqué la hausse alarmante des exécutions début de l’année iranienne (21 mars 2025) et la condamnation à mort de Mohammad Mehdi Soleimani, qualifiant l’escalade des exécutions d’exemple flagrant de "crime contre l’humanité". 
La déclaration qualifie par ailleurs, l'adoption de la 72e résolution de l'ONU condamnant les violations des droits de l'homme en Iran de fait juridique décisif.
Les détenus ont également exprimé leur soutien aux familles endeuillées, aux proches des condamnés à mort et ont appelé la population à les soutenir.

Les États-Unis condamnent la montée des suicides et l’escalade des violences contre les femmes en Iran
CSDHI, 27 novembre 2025 
Selon le Département d’État américain, près de 7 000 personnes se suicident chaque année en Iran, un chiffre décrit comme le reflet brutal du profond désespoir qui traverse le pays. Les difficultés économiques, la répression politique et l’absence de libertés sociales ont laissé des millions de personnes—en particulier les jeunes et les diplômés—sans perspective stable. Plus de la moitié des victimes de suicide sont des filles de moins de 18 ans, révélant une extrême vulnérabilité des jeunes femmes.
Dans une déclaration distincte mais liée, les États-Unis ont condamné fermement les discriminations et les violences contre les femmes et les filles en Iran. Au cours de la seule année écoulée, plus de 100 femmes et fillettes, dont certaines âgées de seulement 5 ans, ont été tuées dans des violences domestiques. Beaucoup ont été visées pour avoir résisté à un mariage forcé ou précoce, demandé le divorce, ou simplement tenté d’affirmer leur indépendance. Parallèlement, les femmes demeurent la cible de menaces régulières et de violences orchestrées par l’État iranien.
Le Département d’État souligne le courage extraordinaire des femmes iraniennes, qui continuent de faire face à la répression et de réclamer des changements pour l’avenir de leur société. Les États-Unis réaffirment leur soutien aux femmes d’Iran et à tous les Iraniens qui aspirent à la liberté, à la justice et à la dignité humaine.

Deux autres femmes exécutées à Machhad et à Chiraz
Médias, 26 et 28 novembre 2025
Mahin Rahimi, prisonnière détenue à la prison de Vakilabad à Machhad, a été exécutée à l’aube du mercredi 26 novembre dans cette prison. Elle avait auparavant été reconnue coupable de meurtre et condamnée à la peine capitale par le pouvoir judiciaire iranien.
Mina Sadoughi, une femme de 41 ans détenue à la prison centrale de Chiraz, a également été pendue en même temps que son mari pour des accusations liées à des infractions à la législation sur les stupéfiants. Privés d’une dernière visite avec leurs proches, ils laissent derrière eux trois enfants âgés de 7, 9 et 11 ans.
Ces exécutions portent à nouveau l’attention sur la brutalité croissante du recours à la peine capitale contre les femmes en Iran.

Une résolution historique du Parlement européen défend les droits des bahaïs en Iran et condamne la persécution par la République islamique
bahai.fr,  28 novembre 2025
Strasbourg - Cette semaine, le Parlement européen a "fermement condamné" les violations commises par la République islamique d’Iran à l’encontre de la minorité religieuse bahaïe, dénonçant plus de 45 années de "persécution systématique" et appelant les responsables européens à transmettre ces préoccupations au gouvernement iranien.
Cette condamnation s’inscrit dans le cadre d’une résolution d’urgence sans précédent et historique - la plus récente initiative autonome du Parlement témoignant de la gravité de la situation des bahaïs. Elle a été adoptée par 549 députés européens, dans une démonstration remarquable d’unité transpartisane.
Les résolutions d’urgence sont des instruments majeurs du Parlement européen destinés à exprimer publiquement des préoccupations en matière de droits humains et d’autres enjeux - en l’occurrence, plusieurs décennies d’attaques contre les bahaïs en Iran...

Féminicide à Ispahan
Un mari tue une femme de 24 ans 
Hengaw, 30 novembre 2025
Shabnam Ahmadi, 24 ans, a été tuée à l’arme blanche par son mari, Ali Kazemi, à Ispahan le 28
novembre 2025. 
Selon une source informée, il s’agit d’un crime d’honneur : Kazemi aurait poignardé sa femme à plusieurs reprises, lui infligeant des blessures mortelles. Le couple était marié depuis environ deux ans.










18 novembre 2025

AFIF INFOS Novembre (1/2) 2025

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE

Depuis janvier 2025, 51 femmes ont été pendues en Iran, 
un chiffre sans précédent
Le pays détient le triste record du plus grand nombre de femmes exécutées dans le monde. Beaucoup de ces femmes étaient elles-mêmes victimes de violences domestiques ou de lois familiales profondément discriminatoires, et certaines n’avaient agi que pour se défendre.
Le silence de la communauté internationale ne fait qu’alimenter la répression, le terrorisme d’État et les violations massives des droits humains en Iran. Il est plus que jamais nécessaire de dénoncer ces crimes et de soutenir celles et ceux qui se battent pour la justice et la liberté.

Ces femmes viennent allonger la longue liste des victimes du régime iranien :
Dima Faramarzi pendue à la prison de Mahabad le 30 septembre ;
Zahra Khan Babaii exécutée à la prison de Bandar Abbas le 15 octobre ;
Katayoun Shamsi exécutée à la prison de Vakilabad à Machhad le 29 octobre ;
Mitra Zamani pendue à la prison centrale de Khorramabad le 1er novembre ;
Kobra Rezaei exécutée à la prison de Yazd le 4 novembre ;
Zahra Mir-Ghaffari, 43 ans, pendue à la prison centrale de Tabriz, 8 novembre ; 
Shokat Veissi pendue à la prison de Damghan le 15 novembre 2025.


Mariée à 12 ans, Goli Kouhkan risque l’exécution en Iran si elle ne paie pas 80 000 £ "prix du sang"
The Gardian, 3 novembre 2025 
Un destin suspendu à une rançon
À seulement 25 ans, Goli Kouhkan se trouve depuis sept ans dans le couloir de la mort de la prison centrale de Gorgan (nord de l’Iran).
Son crime est avoir été mêlée à la mort de son mari, un homme violent qu’elle avait été forcée d’épouser alors qu’elle n’était qu’une enfant.
Condamnée à la qisas, elle pourrait échapper à la pendaison si elle parvient à réunir 10 milliards de tomans (environ 80 000 £) à verser à la famille de la victime avant décembre.
La situation de Goli Kouhkan incarne les inégalités structurelles en Iran : des femmes mineures mariées de force, privées d’accès à la justice, et souvent condamnées à mort pour avoir tenté d’échapper à la violence.
Sa survie dépend désormais d’une somme d’argent qu’elle n’a aucun moyen de réunir - et du regard du monde extérieur, capable peut-être de briser le silence avant qu’il ne soit trop tard…

Une enseignante condamnée à 15 ans de prison
HRANA, 3 novembre 2025 
Forough Khosravi, institutrice et docteure en sciences de l'éducation, résidant à Behbahan, a été condamnée le 2 novembre 2025 à 15 ans de prison par un tribunal révolutionnaire iranien pour plusieurs accusations politiques, dont propagande contre l’État, insultes à Khamenei et Khomeini, insultes aux valeurs sacrées et communication avec des médias liés à Israël.
Selon la loi iranienne d’agrégation des peines, seule la peine la plus lourde, soit 5 ans, sera finalement appliquée. Les accusations reposent sur des messages privés et d’anciennes publications Instagram exprimant sa dissidence.
Arrêtée le 29 juillet 2025, elle a été détenue et interrogée 11 jours à la prison de Sepidar avant d’être libérée sous caution. Son domicile avait déjà été perquisitionné à deux reprises par les agents du CGRI, qui ont saisi des effets personnels et des téléphones.
Elle avait déjà été expulsée de l’université Payam Nour après les manifestations de 2009, dans le cadre de la répression des enseignants contestataires.

Disparition forcée de deux chercheuses
wncri.org, 5 novembre 2025 
Shirin Karimi, écrivaine et traductrice née en 1983, diplômée en sociologie de l’université de Téhéran, a été arrêtée à son domicile après une fouille au cours de laquelle ses appareils électroniques et plusieurs livres ont été saisis. Elle est connue pour ses travaux sur la critique de l’économie politique et ses traductions d’auteurs comme Judith Butler.
Mahsa Assadollahnejad, 35 ans, sociologue titulaire d’un doctorat en sociologie politique de l’université Tarbiat Modares, a été arrêtée le même jour chez ses parents. Spécialiste de l’histoire politique du régime iranien, elle animait plusieurs groupes d’étude et cercles académiques.
À ce stade, aucune information officielle n’a été fournie sur les charges, le lieu de détention ou le statut juridique des deux chercheuses.

Emmanuel Macron annonce la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris, otages en Iran depuis mai 2022
AFP, 4 novembre 2025
Le président français a annoncé sur X ce 4 novembre au soir la libération des deux Français, qui étaient inculpés par le pouvoir judiciaire iranien notamment pour espionnage au profit des services de renseignement français et israélien.
Après trois ans et demi de détention, les deux Français ont été transféré de la prison d’Evin à la résidence de l’ambassadeur de France à Téhéran, où ils ont reçu un appel téléphonique d’Emmanuel Macron.

Pezeshkian : "Téhéran pourrait être évacuée en raison de la sécheresse"
AFP/Divers médias, 7 novembre 2025
La capitale iranienne Téhéran pourrait devoir être évacuée en raison des pénuries d'eau s'il ne pleut pas d'ici la fin de l'année, a averti vendredi 7 novembre Massoud Pezeshkian. 
L'Iran est confronté cette année 2025 à sa pire sécheresse depuis des décennies…
. Selon les experts, la crise de l’eau en Iran reflète des années de mauvaise gestion, de politiques incohérentes, et l’incapacité du régime à réformer les structures clés de la gestion des ressources hydriques.
. Un religieux du régime iranien accuse les "femmes non voilées" d’être responsables de la sécheresse en Iran.

Zeinab Jalalian dans un état critique après une opération à la prison de Yazd
Infos femmes, 8 novembre 2025 
Zeinab Jalalian, prisonnière politique kurde et seule femme en Iran condamnée à perpétuité pour des raisons politiques, serait actuellement dans un état de santé critique à la prison centrale de Yazd.
Récemment opérée de fibromes utérins, elle a été renvoyée en détention seulement 24 heures après l’intervention, sans convalescence, en dépit des avis médicaux. Déjà atteinte depuis des années d’hémorragies internes, de problèmes rénaux et de douleurs chroniques, son état s’est aggravé en raison du manque de soins, de la malnutrition et des conditions d’hygiène déplorables.
Les demandes de la famille pour un transfert urgent à l'hôpital restent ignorées, tandis que le personnel médical avertit d’un risque d’insuffisance rénale et de dommages irréversibles.
En parallèle, Zeinab Jalalian subit des pressions des services de renseignement, qui conditionnent l’accès aux soins à une "lettre de repentir", pratique qu’elle qualifie de torture psychologique. Ce chantage fait suite à d’autres menaces similaires en 2023.
Arrêtée en 2007, elle avait été condamnée à mort pour "inimitié à l’égard de Dieu" et appartenance présumée à un groupe kurde, peine ensuite commuée en prison à vie. Elle a rapporté avoir été torturée à plusieurs reprises en détention.

La campagne "des mardis contre les exécutions" en Iran entame sa 94e semaine
Iran Focus, 11 novembre 2025
Lancée il y a près de deux ans pour mettre fin aux vagues massives d’exécutions en Iran, cette campagne se poursuit sans interruption et prend de l’ampleur dans 54 prisons à travers le pays. Dans un communiqué, elle souligne qu’aucun gouvernement ne peut faire taire les voix puissantes de la vérité, de la justice et de la liberté par la peine de mort, et appelle toutes les personnes de conscience à transformer le cri "Non aux exécutions" en un puissant mouvement dans chaque ville et chaque rue, car l’inaction et le silence signifient la perte de vies innocentes et sans défense dans les prisons du régime tyrannique et sanguinaire du Guide suprême.
Le quartier des hommes de la prison de Zahedan a également rejoint la campagne en entamant une grève de la faim ce mardi.

Iran : L’étudiant Ahmad Baledi meurt après s’être immolé par le feu
fr.ncr-iran.org, 11 novembre 2025
Ahmad Baladi, un étudiant de 20 ans originaire d’Ahvaz, est décédé après s’être immolé par le feu pour protester contre la destruction du petit kiosque alimentaire de sa famille par des agents municipaux et les forces de sécurité. 
Le père d’Ahmad, Mojahed Baladi, a déclaré avoir été arrêté par des agents municipaux ce matin-là afin de l’empêcher de s’opposer à la démolition. Lorsqu’Ahmad est passé par hasard devant le restaurant après l’annulation de ses cours universitaires en raison de la pollution atmosphérique, il a vu les fonctionnaires démolir le bâtiment. Ils ont coupé l’électricité, le piégeant à l’intérieur, et ont ignoré ses supplications.
Sa mort est une terrible illustration de la répression et de l’indifférence de la dictature cléricale face à la misère qu’elle inflige aux plus pauvres.
La mort d’Ahmad Baladi est bien plus qu’une simple tragédie personnelle : c’est un avertissement. Son immolation par le feu, comme celle de Kourosh Kheiri avant lui, révèle une nation écrasée par la pauvreté et l’humiliation, où chaque acte de désespoir risque d’embraser une société déjà au bord de l’explosion après des années d’injustice et de répression.

Mort suspecte d’une autre prisonnière en Iran
CSDHI, 13 novembre 2025 
Négligence médicale délibérée dans les prisons pour femmes en Iran
La mort de Sahar Shahbazian, 26 ans, survenue le 12 novembre 2025 à la prison de Fardis (Kachui), révèle une nouvelle fois la négligence médicale systémique dans les prisons iraniennes pour femmes.
Selon des témoins, elle est décédée d’un arrêt cardiaque provoqué par un transfert médical retardé, contredisant la version officielle d’une "overdose". Bien qu’innocentée dans une affaire d’homicide, elle restait incarcérée au moment de sa mort.
Sa mort s’ajoute à d’autres décès récents dénonçant les mêmes pratiques. Deux mois plus tôt, Maryam Shahraki, 40 ans, est morte dans la même prison après que le médecin lui a diagnostiqué à tort des douleurs cardiaques comme un simple mal d’estomac. Un transfert rapide à l’hôpital aurait pu la sauver.
A la prison de Qarchak, la prisonnière politique Somayeh Rashidi, atteinte d’épilepsie, est décédée après un long refus de soins, qualifié d’"exécution silencieuse".
Ces cas illustrent une politique délibérée de privation de soins médicaux, particulièrement envers les femmes détenues et les prisonnières politiques, en violation grave des articles 6 et 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et des Règles Nelson Mandela.
Les prisons de Fardis et Qarchak deviennent ainsi des symboles de cruauté institutionnalisée, où l’absence de mécanismes de contrôle permet la répétition de ces morts évitables.

Zeinab Mousavi condamnée à six mois de prison
HRANA,  14 novembre 2025
Zeinab Mousavi, humoriste iranienne, a été condamnée par une autorité judiciaire à six mois de prison avec sursis et à la rédaction d'un mémoire de recherche sous la supervision de la Fondation Ferdowsi, pour une vidéo qu'elle a publiée en ligne contenant des propos sur le poète iranien Ferdowsi.
Zeinab Mousavi, l'une des premières humoristes iraniennes et créatrice du personnage de "l'empereur Kuzco", a été arrêtée en octobre 2023 puis relâchée quelques jours plus tard. Son dossier a été renvoyé devant le tribunal révolutionnaire et le tribunal pénal de Téhéran pour deux chefs d'accusation.
Elle avait également été arrêtée à Qom en octobre 2022 et libérée sous caution fin novembre de la même année, dans l'attente de son procès. Mousavi a déclaré avoir été détenue à l'isolement pendant 25 jours et condamnée à deux ans de prison.

6ème anniversaire des manifestations de novembre 2019
Le leadership et l'organisation des femmes dans ces manifestations 
iranhrs.org/AFIF, 15 novembre 2025
Les manifestations de novembre 2019, reconnues comme un tournant crucial dans l'histoire de la résistance sociale en Iran moderne. 
Le 15 novembre 2019, des manifestations ont éclaté en Iran après que le gouvernement a annoncé une forte hausse du prix du carburant. Au cours des cinq jours de manifestations qui ont suivi, les forces de sécurité ont tué au moins 1500 hommes, femmes et enfants. Les autorités ont volontairement bloqué l’accès à Internet à l’intérieur du pays, dissimulant la véritable ampleur des violations des droits humains dont elles se rendaient responsables à travers l’Iran.
La participation active des femmes à ce soulèvement national a eu une importance capitale et un impact social considérable.
Le rôle pionnier des femmes lors des manifestations, la présence active et efficace des Iraniennes de tous âges dans différentes villes, leur soutien aux jeunes manifestants, la gestion et la direction des manifestations… ont été l'une des caractéristiques les plus marquantes des manifestations de novembre 2019.
Les médias officiels et affiliés au régime ont également été contraints de reconnaître ce rôle. L'agence de presse Fars a rapporté le 19 novembre 2019 que des femmes âgées de 30 à 35 ans ont joué un rôle clé dans l'organisation des manifestations. 
Le nombre significatif de femmes qui ont perdu la vie pendant ces cinq jours témoigne de leur participation massive et courageuse à la lutte contre le régime en place. 

L'augmentation du nombre de femmes détenues endettées surtout à Téhéran
iranhrs.org, 16 novembre 2025
Ces dernières années, le nombre de femmes incarcérées pour dettes dans les prisons du pays a augmenté de façon alarmante ; reflet de la crise économique et de la corruption structurelle qui sévissent dans le pays.
Ces femmes sont emprisonnées non pas pour avoir commis un crime, mais en raison des pressions économiques, d'une inflation sans précédent, de l'instabilité financière et du pillage généralisé des ressources nationales par les dirigeants et leurs associés. Elles sont victimes de politiques économiques destructrices, d'une mauvaise gestion chronique et d'une corruption structurelle qui détruisent les moyens de subsistance des familles iraniennes.
Les statistiques montrent que Téhéran abrite le plus grand nombre de femmes prisonnières financières du pays. La forte hausse du coût de la vie, la crise de l'emploi et les petits dettes à taux d'intérêt élevés ont plongé de nombreuses femmes dans la précarité financière et, finalement, dans l'incarcération.
73 % des femmes endettées sont mères ; nombre d'entre elles ont plus de trois enfants. Pilier de leur famille; leur absence forcée détruit non seulement leur vie, mais aussi l'avenir de leurs enfants. Beaucoup de ces enfants se retrouvent désormais sans tuteur, sans ressources et exposés à de graves difficultés sociales.