20 janvier 2026

AFIF INFOS Janvier (1/2) 2026

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE

Mouvement de contestation nationale
L’Iran vient de connaître l’une de ses vagues de protestation les plus importantes et sanglantes de ces dernières années. Déclenchée le 28 décembre dans le bazar de Téhéran par des protestations contre une crise économique aiguë, la mobilisation a rapidement dépassé ses revendications initiales pour se transformer en un mouvement national ouvertement politique, défiant clairement la théocratie en place depuis 1979.
Cette politisation progressive s’est accompagnée d’un élargissement géographique sans précédent, d’une répression particulièrement violente de la part du régime et d’un blackout informationnel visant à contenir la diffusion du mouvement. 
Les conséquences humaines, sociales et politiques restent majeures et continuent de se déployer. 


1–7 janvier 2026 : montée de la contestation et répression accrue
Violence des forces de l’ordre
Les autorités ont utilisé des balles réelles, gaz lacrymogènes, canons à eau, et pellet guns contre les protestataires, entraînant de nombreuses blessures et des dizaines de morts dès les premiers jours de janvier. 
Des attaques contre des hôpitaux pour capturer ou disperser des blessés ont été signalées, ce qui constitue une violation directe du droit international humanitaire. 
Arrestations massives 
Des centaines voire des milliers de personnes ont été arbitrairement arrêtées, y compris des enfants et des étudiants universitaires. 

8–12 janvier 2026 : blackout internet, bilan humain en forte hausse
Coupure des communications 
À partir du 8 janvier, les autorités ont imposé un blackout complet d’internet, limitant l’accès à l’information et entravant la documentation des violations. 
Le bilan humain s’est rapidement aggravé :
Certaines ONG rapportent au moins 648 personnes tuées, dont des enfants, avec des estimations non vérifiées visant plusieurs milliers de morts. 
D’autres chiffres, encore non confirmés officiellement, font état d’environ 2 000 décès dans le contexte du mouvement et de la répression. 

Sanctions et condamnations internationales 
L’Union européenne envisage de nouvelles sanctions ciblées contre les responsables de la répression en Iran. 
La France a convoqué l’ambassadeur d’Iran, dénonçant une répression "intolérable et inhumaine". 

13–15 janvier 2026 : premières menaces d’exécution et réactions internationales
Cas emblématique d’Erfan Soltani 
Arrêté le 10 janvier à son domicile, Erfan Soltani, un manifestant de 26 ans, le premier protestataire condamné à mort. Son procès aurait été expéditif, sans accès approprié à un avocat. 
Rassemblements gouvernementaux 
Pour contrer l’image de protestation dominante, le régime a organisé de manifestations pro-gouvernementales, avec la participation de hauts responsables, dénonçant les protestataires comme des "saboteurs" et "terroristes :"
Des appels internationaux, y compris des menaces de frappes de la part des États-Unis puis de sanctions supplémentaires, ont été lancés  pour faire pression sur Téhéran. 

Des estimations non vérifiées font état de 5 000 à 20 000 morts. En raison de la coupure totale d’Internet et des restrictions sévères d’accès à l’information, la vérification indépendante de ces chiffres est actuellement extrêmement difficile. Il faut également de vérifier les informations faisant état de meurtres survenus au début des manifestations.

50 000 personnes ont été arrêtées et détenues dans tout le pays du 28
décembre au 14 janvier, selon OMPI. Un chiffre basé sur des enquêtes détaillées et spécifiques menées dans 144 villes et à des récits dans 76 villes, recueillis auprès de témoins oculaires, de familles, d’employés locaux et de personnes arrêtées. 
Certains des groupes de personnes arrêtées en masse sur les lieux des manifestations ont été relâchés par la suite, mais leur nombre exact reste incertain
Les arrestations, y compris par surprise lors des descentes aux domiciles, des rafles dans des quartiers et sur des lieux de travail et de commerce fermés, se poursuivent.

L’inquiétude persiste quant au nombre important de condamnations à mort prononcées selon des procédures accélérées, notamment en cas de jugement sommaire. Suite aux déclarations publiques du chef du pouvoir judiciaire appelant à l’exécution rapide des peines de mort contre les manifestants, le ministre de la Justice a déclaré le 14 janvier que toute personne interpellée dans la rue entre le 8 et le 11 janvier serait considérée comme un criminel.


Plus de 20 jours après le début des manifestations antigouvernementales à travers l'Iran, des témoignages sur l'ampleur de la répression sanglante des manifestations, transmis par téléphone, par internet satellite ou des personnes ayant récemment quitté le pays, continuent. Ils révèlent l'ampleur de la répression et la tuerie systématique de manifestants surtout entre le 8 et le 11 janvier à travers le pays.
Des informations provenant de nombreuses villes iraniennes font état d'un déploiement important des forces de sécurité et militaires dans les zones urbaines. Des mesures assimilables à un état de siège de facto, incluant de sévères restrictions de circulation dès le soir, auraient été imposées. 

Appel à une action urgente dans le cadre du droit international
Rappelant les obligations de la communauté internationale, nous appelons à une action urgente dans le cadre du droit international.
Les autorités,  individus et institutions qui agissent sous l’autorité d’Ali Khamenei ont commis l'un des crimes les plus atroces et graves de l’histoire de l’Iran. La communauté internationale a le devoir d'agir immédiatement pour empêcher la poursuite de ces massacres. Le peuple iranien a besoin d'aide de toute urgence.