Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
Mobilisation contre la condamnation à mort de Pakhshan Azizi
wncri.org,15 janvier 2025
Un groupe de militantes de Sanandaj s’est rassemblé le 15 janvier devant le bureau du gouverneur du Kurdistan pour protester contre la condamnation à mort de la prisonnière politique Pakhshan Azizi par le système judiciaire iranien.
Malgré une forte présence des forces de sécurité, la manifestation s’est déroulée et les participants ont lu une déclaration condamnant le verdict. Les services de sécurité avaient tenté de dissuader le rassemblement en menaçant plusieurs militantes par téléphone la veille.
Action de protestation à la prison centrale de Zahedan
iranhrs.org, 16 janvier 2025
Les détenus du quartier ouvert de cette prison ont mené à une action urgente exigeant des réponses à leurs doléances et d’améliorer leurs conditions.
Ils ont protesté particulièrement contre la mauvaise conduite d'un travailleur social qui néglige ses tâches administratives, notamment le traitement des demandes de grâce, le marquage électronique et d'autres questions liées aux prisonniers.
Pendant plus d'un an, les prisonniers du quartier ouvert ont dû passer la nuit dans des hangars insalubres et inadaptés qui ne répondaient pas aux normes minimales en matière de chauffage, de refroidissement et d'hygiène.
La prison compte huit quartiers pour hommes, des quartiers de sécurité, des quartiers de quarantaine et un quartier pour femmes, avec 400 détenus par quartier. Les prisonniers politiques sont détenus dans un sous-sol humide et sombre, sans installations.
Zeinab Jalalian privée de soins médicaux et interdite de visite depuis plus de 100 jours
HRANA, 17 janvier 2025
Zeinab Jalalian, la seule femme prisonnière politique en Iran condamnée à la prison à vie, purge sa peine dans la prison de Yazd dans des conditions physiques déplorables, sans accès à des soins médicaux spécialisés et en violation du principe de séparation des crimes. Cette prisonnière politique en exil est privée de visites familiales depuis plus de 100 jours.
Zeinab, qui souffre de maladies rénales, gastro-intestinales et oculaires, reste privée de soins médicaux appropriés et continus en raison de l'obstruction des autorités pénitentiaires. Les responsables de la prison ont refusé de fournir les résultats des examens médicaux et de l'imagerie effectués fin octobre, et son traitement a été interrompu.
Zeinab Jalalian a été arrêtée en 2007 et condamnée en 2009 à un an de prison pour franchissement illégal de la frontière et à la peine de mort pour moharebeh en raison de son appartenance à des groupes d'opposition. Sa condamnation à mort a été confirmée par la cour d'appel et la Cour suprême, mais a ensuite été commuée en peine de prison à vie.
Les détenues politiques à nouveau privées de visites et d'appels téléphoniques à Evin
iranhrs.org, 17 janvier 2025
Neuf prisonnières politiques n'ont pas été autorisées à rencontrer leurs familles et leurs avocats. Deux autres se sont vu refuser le droit de téléphoner à leur famille.
Ces prisonnières dont Varisha Moradi et Pakhshan Azizi, condamnées à mort, étaient auparavant interdits de visites pendant l'été en raison de leurs protestations contre les condamnations à mort. Après l'annonce de la levée de cette restriction, ils ont de nouveau été privés de visites familiales à partir du 13 janvier 2025.
Deux juges de la Cour suprême assassinés dans leur bureau à Téhéran
AFP/CNN,18 janvier 2025
Les deux juges abattus à l'intérieur du tribunal de Téhéran samedi. Un homme armé aurait ouvert le feu sur les deux juges dans leur bureau. Cet évènement s'inscrit dans une série d'assassinats de hauts responsables en Iran.
Mohammad Moghisseh, 68 ans, a eu une longue carrière au sein de la justice depuis l’instauration de la République islamique en 1979. Il a été sanctionné en 2019 par les États-Unis pour avoir supervisé "d’innombrable procès inéquitables". Il avait été sanctionné par l'Union européenne 8 ans auparavant.
Ali Razini, 71 ans, a occupé des postes importants au sein du système judiciaire mais aussi politique de l’Iran. Les deux ont dirigé des tribunaux chargés de juger des manifestants, des artistes et des militants. Dans une seule affaire, Razini a condamné 8 utilisateurs iraniens de Facebook à une peine combinée de 127 ans de prison pour publicité anti-régime et insultes à la religion.
L’annonce de leur mort a suscité une grande joie parmi les Iraniens, en particulier parmi les familles des personnes exécutées sous leurs ordres.
Répression systématique des droits humains en Iran, les cas de deux condamnées à mort et la prise en otage de citoyens de l'UE
Résolution du Parlement européen, 23 janvier 2025
«Dans la résolution adoptée par 556 voix pour, 6 voix contre et 42 abstentions, les députés expriment leur ferme opposition à la peine de mort en Iran, demandant un moratoire immédiat sur son utilisation et son abolition. Ils condamnent spécifiquement les condamnations à mort prononcées à l'encontre de la militante des droits humains Pakhshan Azizi et de la travailleuse humanitaire Varisha Moradi, et exigent leur libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que la libération d'au moins 56 autres prisonniers politiques condamnés à mort…
La résolution condamne fermement la diplomatie iranienne des otages. Les députés exhortent les autorités iraniennes à libérer, rapatrier et abandonner toutes les accusations portées contre des ressortissants européens, notamment les ressortissants français Olivier Grondeau, Cécile Kohler et Jacques Paris, et le ressortissant suédo-iranien Ahmadreza Djalali. Ils réitèrent également leur appel au Conseil pour désigner le Corps des gardiens de la révolution islamique comme une organisation terroriste et étendre les sanctions de l'UE à tous les responsables de violations des droits humains en Iran. »
Dix citoyennes bahaïes emprisonnées
wncri.org, 23 janvier 2025
Le mercredi 22 janvier 2025, à 6 heures du matin, dix femmes bahaïes résidant à Baharestan, Ispahan, ont été arrêtées et transférées à la prison de Dolatabad à Ispahan.
Les forces de sécurité ont perquisitionné leurs domiciles, avant de les transférer en prison pour y purger leurs peines.
la 37e cour d’appel d’Ispahan a confirmé les lourdes peines infligées à ces femmes : 5 ans d’emprisonnement, une amende de 50 millions de tomans, 5 ans d’exclusion des services sociaux et 2 ans d’interdiction de voyager.
ONU-Iran
Examen périodique universel de l’Iran
24 janvier 2025
Vendredi, lors de la 48e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (CDH), des représentants de divers pays ont exprimé leurs inquiétudes quant au bilan du régime iranien en matière de droits de l’homme, soulignant des problèmes tels que le recours à la peine de mort, le traitement des femmes et le et la répression des libertés civiles et politiques.
Plus de 100 pays dont la France, l’Allemagne, la suède… ont exprimé leur profonde inquiétude quant à la situation générale des droits de l’homme en Iran, appelant spécifiquement à introduire un moratoire sur la peine de mort , y compris pour les mineurs délinquants, en vue de son abolition et à éliminer, en droit et en pratique, toutes les formes de répression systématique à l’égard des femmes et des filles dans la vie publique et privée…
Urgent !
Prisonniers en danger d’exécution imminente
Médias, 26 janvier 2025
Dans la matinée du dimanche 26 janvier 2025, les autorités ont soudain transféré de force Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani deux prisonniers politiques condamnés à mort, de la prison d’Evin à celle de Qezel-Hessar où se déroule des exécutions.
Ces deux prisonniers de 69 ans et 52 ans ont été condamnés à la peine capitale pour leur affiliation à l'Organisation des Moudjahidines du peuple iranien. Il y a 3 semaines, la Cour suprême des mollahs a confirmé ces condamnations à mort.
Actions internationales
Lettre urgente de 368 experts internationaux et ONG au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme
Ils ont demandé à Volker Türk d'intervenir immédiatement pour empêcher l'exécution des prisonniers politiques iraniens Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani. Les deux hommes ont été transférés de force à la prison de Qezel-Hessar, à Téhéran, plus tôt dans la journée, probablement en vue de l'exécution de leur peine.
Le barreau de New York lance un appel pour sauver Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani
Amnesty International Prisonniers Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani exposés à un risque imminent d'exécution
La 2ème année des grèves de la faim hebdomadaire dans 34 prisons iraniennes
Mardi 28 janvier 2025
Les prisonniers de 34 prisons à travers le pays ont entamé la 53e semaine de grève de la faim dans le cadre de la campagne des Mardis sans exécutions. Ce mouvement, initié par des prisonniers politiques et non politiques, vise à protester contre le recours généralisé à la peine de mort en Iran, où plus de 1000 exécutions ont eu lieu en 2024.
Au début de la 2ème année de la campagne, les prisonniers réclament une attention mondiale sur l’augmentation des pendaisons, avec des participants provenant de prisons très en vue comme Evin et Qezel-Hessar. Malgré les menaces croissantes, la campagne a obtenu un soutien international, amplifiant l’appel à l’abolition des exécutions "Les potences doivent être démantelées " et à la lutte contre les violations systémiques des droits humains en Iran.
Dernier rapport sur les prisonnières à Evin
Rapport HRANA, 29 janvier 2025
Ce rapport fournit une liste mise à jour et le dernier statut de 77 prisonnières politiques et de sécurité :
69 femmes sont toujours incarcérées dans les quartiers généraux et de quarantaine d'Evin.
8 femmes sont actuellement en congé temporaire
11 femmes sont toujours dans l'incertitude juridique sans que leur condamnation ne soit finalisée
2 femmes, Varisha Moradi et Pakhshan Azizi. ont été condamnées à mort
Ces femmes continuent d'être prises pour cible dans les prisons iraniennes, se voient refuser arbitrairement l'accès à leurs proches. Il est urgent que la communauté internationale se penche sur leur cas.
France-Iran
L’Assemblée nationale appelle l’UE de désigner le CGRI et sa milice comme des organisations terroristes
AFIF, 30 janvier 2025
Le Parlement français a adopté la résolution T.A. n° 38, le 29 janvier 2025 condamnant avec la plus grande fermeté les violations des droits humains en Iran, le recours massif à la peine de mort comme instrument pour distiller la peur ainsi que l’hyperviolence et la brutalité banalisée par le régime à l’égard des femmes et des filles… Les parlementaires appellent la France et l’Union européenne à inscrire le corps des gardiens de la révolution islamique et ses forces subsidiaires, telles que la milice des bassidjis ou la force Al Qods, sur la liste des organisations terroristes.
La résolution exhorte les autorités iraniennes à mettre fin à toutes les exécutions et à libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes arrêtées et détenues arbitrairement…
La traite des êtres humains en Iran
Exploitation par voie aérienne, terrestre et maritime
Rapport HRANA, 31 janvier 2025
La position géographique de l'Iran en fait une plaque tournante du trafic d'êtres humains, les victimes étant transportées par voie terrestre, maritime et aérienne pour être soumises au travail forcé, à l'exploitation sexuelle et à d'autres abus. Malgré les cadres juridiques, les défaillances systémiques - notamment le manque de transparence, la faiblesse de l'application des lois et le recours à la peine de mort - soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à la réponse du gouvernement.
Dans un nouveau rapport, HRANA examine les itinéraires de trafic en Iran, les populations vulnérables et l'approche défectueuse de l'État dans la lutte contre cette crise…
Le gouvernement iranien a manqué à plusieurs reprises de fournir des preuves que les femmes et les enfants ciblés par les trafiquants bénéficient d'une protection significative. En l'absence de réformes systémiques visant à garantir une protection centrée sur les victimes et des procès équitables, ainsi que le recours à la peine de mort, l'approche de l'Iran en matière de traite des êtres humains restera profondément défectueuse, mettant encore plus en danger les personnes les plus vulnérables.