17 février 2025

AFIF INFOS 1ère quinzaine de février 2025

 Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran 
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE 



La hausse inquiétante  de suicide chez les étudiantes en médecine 
Iran Focus, 1er février 2025
"Plusieurs cas de suicides enregistrés parmi les étudiants en médecine", a été rapporté par le site officiel Didbaniran le 30 janvier.
Les suicides de résidents en médecine ont fait la une des journaux ces dernières années, mais les médias iraniens les ont souvent traités de manière superficielle avec des expressions telles que " mort subite" ou " fin de vie auto-imposée". 
Les résultats montrent que le taux de suicide chez les hommes médecins a augmenté de 40%, tandis que chez les femmes médecins, il en hausse de 130 % par rapport à la population générale, un chiffre alarmant et significatif.
En janvier 2024, l’Association psychiatrique iranienne s’est également inquiétée du taux de suicide élevé parmi les médecins résidents, avertissant que la poursuite de cette tendance pourrait conduire à "l’effondrement du système de santé".
https://fr.iranfocus.com/iran/femmes/18732-augmentation-du-taux-de-suicide-chez-les-etudiants-en-medecine-en-iran/


L’Iran prive les prisonnières politiques d’Evin de visites pour avoir protesté contre le transfert de condamnés à mort
wncri, 2 février 2025
Un groupe de prisonnières politiques du quartier des femmes de la prison d’Evin à Téhéran s’est vu interdire toutes visites après avoir organisé un sit-in et scandé des slogans anti-régime.
Leur protestation faisait suite au transfert de deux prisonniers politiques condamnés à mort, Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani, vers la prison de Ghezel Hessar à Karadj à l’ouest de Téhéran, connue pour abriter la plus grande prison d’exécutions d’Iran.

Des eurodéputés demandent à l’UE d’agir c
ontre des exécutions imminentes en Iran
CNRI, 2 février 2025
Un groupe de députés au Parlement européen (MPE) a appelé la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, à intervenir d’urgence pour empêcher l’exécution de deux prisonniers politiques iraniens, Behrouz Ehsani, 69 ans, et Mehdi Hassani, 48 ans.
Dans une lettre adressée à Kallas, les eurodéputés ont exprimé leur vive inquiétude quant à l’exécution imminente des deux prisonniers, qui ont été transférés le 26 janvier de la prison d’Evin à la prison de Ghezel Hessar, un établissement connu pour procéder à des exécutions. La lettre avertit que leurs condamnations à mort, confirmées par la Cour suprême iranienne le 7 janvier, font suite à un procès inéquitable entaché d’allégations de torture grave et de violations des procédures régulières.
« Ces hommes ont été condamnés à mort uniquement pour leur activisme politique et leur participation à la campagne « Non aux mardis des exécutions », un mouvement contre la peine capitale qui s’est étendu à 34 prisons à travers l’Iran », ont écrit les eurodéputés.

Des parlementaires britanniques se mobilisent contre les exécutions en IranLe Parlement britannique a tenu une session sur l'augmentation alarmante du nombre d'exécutions en Iran, appelant à une action mondiale pour sauver les prisonniers politiques menacés de mort et soutenant les campagnes contre ces injustices.

ECBA se joint à l’appel mondial pour mettre fin aux exécutions en Iran
ECBA, 4 février 2025
L’Association européenne des barreaux pénaux (ECBA) a signé une lettre ouverte exhortant le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), Volker Türk, et au Rapporteur spécial des Nations Unies, le Dr Mai Sato, à intervenir dans les exécutions imminentes de Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani, deux prisonniers politiques iraniens.
« L’ECBA  et son responsable des droits de l'homme, Alexis Anagnostakis, se sont joints à 302 personnalités internationales pour sauver leur vie. 
Ils ont tous deux été placés à l'isolement dans le quartier de sécurité, ce qui constitue souvent un précurseur de l'exécution... »
https://www.ecba.org/content/index.php/working-groups/human-rights/930-ecba-signs-open-letter-to-ohchr-against-death-penalty-in-iran-for-behrouz-ehsani-and-mehdi-hassani-january-2025

Grande manifestation des Iraniens à Paris
Pour le 46e anniversaire de la révolution antimonarchique,
Pour dire NON aux exécutions,
Pour un Iran libre, laïc et démocratique
AFP/AFIF, 8 février 2025
Plusieurs milliers d'opposants iraniens venus de toute l'Europe ont manifesté samedi à Paris pour appeler la communauté internationale à la fermeté face aux autorités de Téhéran, encouragés par la chute de Bachar el-Assad en Syrie, allié de longue date de Téhéran. 
"Au lieu d'apaiser les mollahs, ils (les dirigeants internationaux, NDLR) devraient se tenir aux côtés du peuple iranien", a fustigé Maryam Radjavi, présidente du CNR". Depuis un certain temps, dans leurs échecs en cascade, un conflit a opposé les factions internes du régime concernant la question de négocier ou non avec les Etats-Unis" a estimé Mme Radjavi. "Notre peuple a renversé la dictature monarchique en 1979. Maintenant, nous nous levons pour renverser la dictature religieuse et pour la victoire d'une révolution démocratique. Dans cette révolution de 1979, une dictature religieuse a remplacé la dictature monarchique. Aujourd'hui, nous allons construire une société où la religion et l’État seront séparés, une société où tous nos compatriotes des ethnies kurdes, arabes, baloutches et turkmènes accéderont à leurs droits. Une nouvelle constitution est en route, dont le principe majeur est que la souveraineté revient au peuple iranien, à son vote et son droit de voter librement".
Les femmes ont participé activement au grand rassemblement iranien à Paris
Le samedi 8 février 2025, des milliers de femmes et de jeunes filles iraniennes, ainsi que des dizaines de personnalités politiques féminines françaises, ont participé activement au grand rassemblement iranien à Paris et y ont prononcé des discours.

https://www.youtube.com/watch?v=HLsLiSRnZ00

https://www.youtube.com/watch?v=nNw5FWHNAUk

 


Une prisonnière été exécutée dans la prison de Sari
HRANA, 9 février 2025
A l'aube du jeudi 8 février 2025, une prisonnière précédemment condamnée à mort pour meurtre a été exécutée dans la prison de Sari.
La prisonnière exécutée a été identifiée comme étant Mahtab Ghazizadeh, âgée de 47 ans et mère de deux enfants.
Les rapports indiquent qu'il y a environ quatre ans, Mahtab Ghazizadeh a été arrêtée pour le meurtre de son mari et condamnée à mort par la justice. Elle a eu sa dernière visite avec sa famille mercredi après-midi, quelques heures avant son exécution.
34 femmes ont été pendues par le régime iranien en 2024

Quels droits pour les femmes en Iran ? 
AFIF, 10 février 2025
En binôme avec le CSDHI, AFIF a été par APEL de l’université de Lille à une conférence-débat sur les droits des femmes en Iran.
AFIF a présenté un exposé sur les lois misogynes et répressives que le régime clérical imposent aux femmes et aux filles en Iran et le combat plus que centenaire de trois générations des femmes surtout au cours des quatre dernières décennies qui ne se limite pas à protester contre le voile obligatoire, mais pour réclamer la liberté, la justice et l’égalité...


Les familles des prisonniers politiques condamnés à mort manifestent pour la 2ème semaine consécutive devant la prison d’Evin
wncri,11 février 2025 
Pour la deuxième semaine consécutive, les familles des prisonniers politiques condamnés à mort, accompagnées de militants des droits de l’Homme, ont manifesté devant la prison d’Evin pour demander l’annulation des sentences d’exécution.
La Cour suprême a confirmé les condamnations à mort de Pakhshan Azizi, Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani, et la demande de révision du jugement de Pakhshan Azizi a été rejetée.
En outre, Vahid Bani Amerian, Ali Akbar Daneshvarkar, Pouya Ghobadi, Seyed Abolhassan Montazer, Babak Alipour, Seyed Mohammad Taghavi et Varisha Moradi sont toujours dans le couloir de la mort de la prison d’Evin. Dans le même temps, Mohammad Javad Vafa’i Thani risque d’être exécuté à la prison de Vakilabad, à Machhad.
En décembre 2024, 6 prisonniers politiques – Vahid Bani Amerian, Pouya Ghobadi, Babak Alipour, Seyed Abolhassan Montazer, Seyed Mohammad Taghavi et Ali Akbar Daneshvarkar – ont été condamnés à mort, à l’emprisonnement et à l’exil pour appartenance à l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI).


" Les mardis sans exécutions"  
55ème semaine de grève de la faim hebdomadaire 
CSDHI/AFIF, 11 février 2025 
La campagne " les  mardis sans exécutions"  dans sa 55e déclaration du mardi 11 février, a averti que depuis le 10 février 2024, plus de 1021 personnes ont été exécutées par pendaison.
Les membres de cette campagne incarcérés dans 35 prisons du pays ont exprimé leur inquiétude dans la déclaration concernant la condamnation à mort de Pejman Soltani, un prisonnier politique kurde qui avait été arrêté lors des manifestations de 2024.
La déclaration annonce également que la demande de révision du procès de Pakhshan Azizi, prisonnière politique dont la condamnation à mort a été confirmée par la Cour suprême, a été rejetée, ce qui l’expose à un risque imminent d’exécution.
La campagne a également appelé tous les citoyens et les militants des droits de l’homme à s’opposer à cette exécution par tous les moyens possibles :
Selon la déclaration, dans la 55e semaine de la campagne « les mardis sans exécutions », les prisonniers de 35 prisons à travers le pays entameront une grève de la faim le mardi 12 février 2025.


ONU- Iran
Les experts déplorent le décès en prison de Jamshid Sharmahd 
ohchr.org, 12 février 2025
https://www.ohchr.org/en/press-releases/2025/02/iran-experts-deplore-death-custody-victim-arbitrary-detention
Le corps de Jamshid Sharmahd, qui serait mort en détention en octobre 2024, a été libéré récemment par l'Iran. "Sa mort en détention et le retard dans la restitution digne de son corps à la famille violent les droits de l'homme et causent des souffrances mentales supplémentaires" ont déclaré les experts des droits de l’homme. "La mort de cet homme de 69 ans après des années de détention arbitraire est consternante, surtout si l'on considère qu'il a été victime d'un enlèvement et de violations de nombreux droits fondamentaux, notamment de son droit à un procès équitable", ont-ils ajouté. Sharmahd, né en Iran, était naturalisé allemand et vivait aux États-Unis. Journaliste et militant, il avait critiqué le gouvernement iranien sur son site Internet. En 2020, alors qu'il se trouvait aux Émirats arabes unis dans le cadre d'un voyage d'affaires, il a fait l'objet d'une "restitution extraordinaire" de la part des autorités iraniennes, qui l'ont arrêté sans mandat.
Iran 151e parmi 180 pays dans l’indice mondial de perception de la corruption 
Transparency/Iran Focus, 13 février 2025
Dans le rapport 2024 de Transparency International, le régime iranien se classe parmi les plus bas dans l’« indice de perception de la corruption ».
Selon le rapport, l’Iran se classe 151e sur 180 pays en termes de corruption, avec un score de 23 points, soit un point de moins que l’année dernière, ce qui en fait l’un des pays les plus corrompus au monde.


Les autorités iraniennes réitèrent la condamnation à mort de la prisonnière politique Sharifeh Mohammadi
CSDHI, 14 février 2025 
Les avocats de la prisonnière politique Sharifeh Mohammadi, militante syndicale emprisonnée dans la prison de Lakan à Rasht, ont signalé la réémission de la peine de mort prononcée à son encontre dans le cadre de la procédure de révision du procès.
Cette condamnation à mort avait été précédemment annulée par la Cour suprême, et son cas avait été renvoyé à une branche parallèle pour réexamen.
L’accusation sans fondement portée contre la prisonnière politique Sharifeh Mohammadi est sa prétendue appartenance à un groupe d’opposition du fait de sa participation au Comité de coordination, alors que ce comité est une organisation syndicale indépendante qui n’a pas d’affiliation politique.


Iran : Vague de colère  des étudiants
Un étudiant poignardé à mort près du dortoir de l'université
AFP/20min.ch, 14 et 15 février 2025
La mort mercredi soir d'un jeune étudiant de l'Université de Téhéran suscite une vague de colère en Iran. Plusieurs suspects ont été arrêtés.
Mercredi soir, Amir Mohammad Khaleghi, un étudiant en commerce de 19 ans, a été poignardé à mort par un voleur près du dortoir de la prestigieuse Université de Téhéran.
La victime a été enterrée samedi dans son village natal.. La mort du jeune étudiant a suscité une vague de colère en Iran et fait réagir de nombreux responsables politiques.
HRANA a diffusé des images d'étudiants qui défilaient sur le campus en scandant des slogans contre la direction de l'université . Au moins deux d'entre eux avaient été arrêtés, tandis que des actions de protestation se poursuivaient dans la soirée. 
Les autorités iraniennes souhaitent empêcher toute répétition des manifestations de masse qui avaient éclaté à l'échelle nationale en 2022 après la mort en détention de la jeune Irano-Kurde Mahsa Amini


Un couple britannique arrêté en Iran
HRANA, 16  février 2025
L'identité d'un couple britannique arrêté précédemment à Kerman a été confirmée pour la première fois. Craig et Lindsay Foreman, sont actuellement en détention pour des raisons de sécurité.
Sa famille a publié hier une déclaration confirmant leur identité et exprimant son inquiétude et déclarant qu'elle coopérait avec le gouvernement britannique pour assurer leur sécurité et leur retour dans leur pays. Jeudi dernier, le bureau du procureur public et révolutionnaire de la province de Kerman a annoncé dans un communiqué que Hugo Shorter, l'ambassadeur du Royaume-Uni en Iran, avait rencontré ces détenus pour des raisons de sécurité au bureau du procureur de Kerman.
Le couple, âgé d'une cinquantaine d'années, était entré en Iran dans le cadre d'un voyage à moto dans le monde entier et avait prévu de se rendre au Pakistan après un court séjour.
Aucun détail concernant les charges retenues contre les deux citoyens britanniques n'a été divulgué jusqu'à présent.


12 février 2025

 


Les Iraniennes subissent depuis plus de 4 décennies un arsenal juridique répressif et discriminatoire.

En profonde contraction avec les principes universels des droits de l’homme, les articles inscrits dans la Constitution et les Code pénal et civil du régime clérical sont des lois et des pratiques sociales basées sur une interprétation stricte de la charia.

Des lois basés sur une vision théocratique fondée sur les lois islamiques, ils prêchent une répression brutale contre toute opposition,  des châtiments corporels et une misogynie institutionnalisée : 

- Le président doit être élu parmi les hommes religieux et politiques.

- Les juges sont élus parmi les hommes ...

- L'homme peut divorcer de sa femme quand il le veut

- Le prix du sang d'une femme est la moitié de celui d'un homme.

- Le mineur sera sous la tutelle de son père ou de son grand-père paternel

- L'héritage des femmes est la moitié de celui des hommes.

- Une musulmane ne peut épouser un non musulman

- L'âge légal du mariage pour les garçons est de 15 ans et pour les filles de 9 années lunaires (8 ans et 9 mois)

Dans un amendement de l'article 638 du Code pénal, on peut lire : “Les femmes qui apparaissent en public sans observer le port du voile religieux, seront emprisonnées de 10 jours à 2 mois, 74 coups de fouet ou auront une amende de 50 à 500.000 rials.”

Pour beaucoup en France et ailleurs, le combat des Iraniennes se résume à protester contre le voile obligatoire.

Or, ce combat s’inscrit dans la continuité de plus d’un siècle de lutte des Iraniennes contre les régimes dictatoriaux. Au moins 3 générations ont mené et mènent une lutte acharnée contre le régime du chah et celui des mollahs, pour la liberté, la justice et l’égalité.

La révolte nationale en 2022-2023, à la suite de la mort tragique en détention de la jeune Jina Mahsa Amini , a montré le courage, la résilience et la détermination des femmes iraniennes devenues des figures de résistance importantes face à la répression du gouvernement.

La jeune génération dont la révolte a ébranlé le régime en place, est l’héritière de plusieurs générations de femmes, des héroïnes de l’histoire récente de l’Iran et des mères courages iraniennes.

Ce plus récent et plus long mouvement de protestation a été réprimé dans le sang et la répression des manifestants et leurs famille continue depuis…

Mais, la protestation aussi continue… malgré les risques importants pour celles et ceux qui s'y engagent.

Pas seulement contre le voile obligatoire et les difficultés économique grandissantes mais surtout contre les exécutions

74% des exécutions en 2023 dans le monde en Iran (Amnesty International)

plus de 1000 prisonniers ont été pendus en 2024 en Iran (un record)

Les prisonnières politiques de la tristement célèbre prison d’Evin ont lancé il y a plus d’un an un mouvement de grève de la faim hebdomadaire en faveur de l'abolition de la peine de mort en Iran qui est actuellement suivi par de nombreux prisonniers dans  près de 40 prisons.

De nombreux défenseurs des droits, organisme et association se sont joint à ce mouvement pour faire entendre au monde entier l’appel de NON aux exécutions en Iran dont notre association :

L’histoire multimillénaire de l’Iran est remplie d’épisodes de misère et de souffrance imposés par les envahisseurs étrangers et de longues périodes d’occupation, mais ce grand peuple a su conserver sa langue, sa culture, son ciment national réussissant même à subjuguer l’envahisseur par sa culture et ses vastes savoirs et il le fera ainsi avec l’envahisseur actuel.

Nous souhaitons que la France et d’autres pays démocratiques ne tolèrent plus la présence d’un tel régime au sein de la communauté internationale, qu’ils n’acceptent plus ses mensonges, ses bluffs, ses prises d’otages, qu’ils l’isolent et qu’ils reconnaissent  sans équivoque le droit à la résistance du peuple iranien qui lutte depuis plus de 4 décennies pour un Etat démocratique, laïc et pluraliste.

 

 


02 février 2025

AFIF INFOS 2ème quinzaine de janvier 2025

 

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran 

ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE 


Mobilisation contre la condamnation à mort de Pakhshan Azizi
wncri.org,15 janvier 2025
Un groupe de militantes de Sanandaj s’est rassemblé le 15 janvier devant le bureau du gouverneur du Kurdistan pour protester contre la condamnation à mort de la prisonnière politique Pakhshan Azizi par le système judiciaire iranien.
Malgré une forte présence des forces de sécurité, la manifestation s’est déroulée et les participants ont lu une déclaration condamnant le verdict. Les services de sécurité avaient tenté de dissuader le rassemblement en menaçant plusieurs militantes par téléphone la veille.

Action de protestation à la prison centrale de Zahedan 
iranhrs.org, 16 janvier 2025
Les détenus du quartier ouvert de cette prison ont mené à une action urgente exigeant des réponses à leurs doléances et d’améliorer leurs conditions.
Ils ont protesté particulièrement contre la mauvaise conduite d'un travailleur social qui néglige ses tâches administratives, notamment le traitement des demandes de grâce, le marquage électronique et d'autres questions liées aux prisonniers.
Pendant plus d'un an, les prisonniers du quartier ouvert ont dû passer la nuit dans des hangars insalubres et inadaptés qui ne répondaient pas aux normes minimales en matière de chauffage, de refroidissement et d'hygiène. 
La prison compte huit quartiers pour hommes, des quartiers de sécurité, des quartiers de quarantaine et un quartier pour femmes, avec 400 détenus par quartier. Les prisonniers politiques sont détenus dans un sous-sol humide et sombre, sans installations. 

Zeinab Jalalian privée de soins médicaux et interdite de visite depuis plus de 100 jours 
HRANA, 17 janvier 2025
Zeinab Jalalian, la seule femme prisonnière politique en Iran condamnée à la prison à vie, purge sa peine dans la prison de Yazd dans des conditions physiques déplorables, sans accès à des soins médicaux spécialisés et en violation du principe de séparation des crimes. Cette prisonnière politique en exil est privée de visites familiales depuis plus de 100 jours.
Zeinab, qui souffre de maladies rénales, gastro-intestinales et oculaires, reste privée de soins médicaux appropriés et continus en raison de l'obstruction des autorités pénitentiaires. Les responsables de la prison ont refusé de fournir les résultats des examens médicaux et de l'imagerie effectués fin octobre, et son traitement a été interrompu.
Zeinab Jalalian a été arrêtée en 2007 et condamnée en 2009 à un an de prison pour franchissement illégal de la frontière et à la peine de mort pour moharebeh  en raison de son appartenance à des groupes d'opposition. Sa condamnation à mort a été confirmée par la cour d'appel et la Cour suprême, mais a ensuite été commuée en peine de prison à vie.

Les détenues politiques à nouveau privées de visites et d'appels téléphoniques à Evin
iranhrs.org, 17 janvier 2025
Neuf prisonnières politiques n'ont pas été autorisées à rencontrer leurs familles et leurs avocats. Deux autres se sont vu refuser le droit de téléphoner à leur famille.
Ces prisonnières dont Varisha Moradi et Pakhshan Azizi, condamnées à mort, étaient auparavant interdits de visites pendant l'été en raison de leurs protestations contre les condamnations à mort. Après l'annonce de la levée de cette restriction, ils ont de nouveau été privés de visites familiales à partir du 13 janvier 2025.

Deux juges de la Cour suprême assassinés dans leur bureau à Téhéran
AFP/CNN,18 janvier 2025
Les deux juges abattus à l'intérieur du tribunal de Téhéran samedi. Un homme armé aurait ouvert le feu sur les deux juges dans leur bureau. Cet évènement s'inscrit dans une série d'assassinats de hauts responsables en Iran.
 Mohammad Moghisseh, 68 ans, a eu une longue carrière au sein de la justice depuis l’instauration de la République islamique en 1979. Il a été sanctionné en 2019 par les États-Unis pour avoir supervisé "d’innombrable procès inéquitables". Il avait été sanctionné par l'Union européenne 8 ans auparavant.
Ali Razini, 71 ans, a occupé des postes importants au sein du système judiciaire mais aussi politique de l’Iran. Les deux ont dirigé des tribunaux chargés de juger des manifestants, des artistes et des militants. Dans une seule affaire, Razini a condamné 8 utilisateurs iraniens de Facebook à une peine combinée de 127 ans de prison pour publicité anti-régime et insultes à la religion. 
L’annonce de leur mort a suscité une grande joie parmi les Iraniens, en particulier parmi les familles des personnes exécutées sous leurs ordres.

Répression systématique des droits humains en Iran, les cas de deux condamnées à mort et la prise en otage de citoyens de l'UE
Résolution du Parlement européen, 23 janvier 2025
«Dans la résolution adoptée par 556 voix pour, 6 voix contre et 42 abstentions, les députés expriment leur ferme opposition à la peine de mort en Iran, demandant un moratoire immédiat sur son utilisation et son abolition. Ils condamnent spécifiquement les condamnations à mort prononcées à l'encontre de la militante des droits humains Pakhshan Azizi et de la travailleuse humanitaire Varisha Moradi, et exigent leur libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que la libération d'au moins 56 autres prisonniers politiques condamnés à mort…
La résolution condamne fermement la diplomatie iranienne des otages. Les députés exhortent les autorités iraniennes à libérer, rapatrier et abandonner toutes les accusations portées contre des ressortissants européens, notamment les ressortissants français Olivier Grondeau, Cécile Kohler et Jacques Paris, et le ressortissant suédo-iranien Ahmadreza Djalali. Ils réitèrent également leur appel au Conseil pour désigner le Corps des gardiens de la révolution islamique comme une organisation terroriste et étendre les sanctions de l'UE à tous les responsables de violations des droits humains en Iran. »

Dix citoyennes bahaïes emprisonnées
wncri.org, 23 janvier 2025
Le mercredi 22 janvier 2025, à 6 heures du matin, dix femmes bahaïes résidant à Baharestan, Ispahan, ont été arrêtées et transférées à la prison de Dolatabad à Ispahan.
Les forces de sécurité ont perquisitionné leurs domiciles, avant de les transférer en prison pour y purger leurs peines.
la 37e cour d’appel d’Ispahan a confirmé les lourdes peines infligées à ces femmes : 5 ans d’emprisonnement, une amende de 50 millions de tomans, 5 ans d’exclusion des services sociaux et 2 ans d’interdiction de voyager.

ONU-Iran
Examen périodique universel de l’Iran
24 janvier 2025
Vendredi, lors de la 48e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (CDH), des représentants de divers pays ont exprimé leurs inquiétudes quant au bilan du régime iranien en matière de droits de l’homme, soulignant des problèmes tels que  le recours à la peine de mort, le traitement des femmes et le et la répression des libertés civiles et politiques.
Plus de 100 pays dont la France, l’Allemagne, la suède… ont exprimé leur profonde inquiétude quant à la situation générale des droits de l’homme en Iran, appelant spécifiquement à introduire un moratoire sur la peine de mort , y compris pour les mineurs délinquants, en vue de son abolition et à éliminer, en droit et en pratique, toutes les formes de répression systématique à l’égard des femmes et des filles dans la vie publique et privée…

Urgent !
Prisonniers en danger d’exécution imminente
Médias, 26 janvier 2025
Dans la matinée du dimanche 26 janvier 2025, les autorités ont soudain transféré de force Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani deux prisonniers politiques condamnés à mort, de la prison d’Evin à celle de Qezel-Hessar où se déroule des exécutions. 
Ces deux prisonniers de 69 ans  et  52 ans ont été condamnés à la peine capitale pour leur affiliation à l'Organisation des Moudjahidines du peuple iranien. Il y a 3 semaines, la Cour suprême des mollahs a confirmé ces condamnations à mort.
Actions internationales
Lettre urgente  de 368 experts internationaux et ONG au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme
Ils ont demandé à Volker Türk d'intervenir immédiatement pour empêcher l'exécution des prisonniers politiques iraniens Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani. Les deux hommes ont été transférés de force à la prison de Qezel-Hessar, à Téhéran, plus tôt dans la journée, probablement en vue de l'exécution de leur peine.
Le barreau de New York lance un appel pour sauver Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani
Amnesty International Prisonniers Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani exposés à un risque imminent d'exécution  

La 2ème année des grèves de la faim hebdomadaire dans 34 prisons iraniennes
Mardi 28 janvier 2025 
Les prisonniers de 34 prisons à travers le pays ont entamé la 53e semaine de grève de la faim dans le cadre de la campagne des Mardis sans exécutions. Ce mouvement, initié par des prisonniers politiques et non politiques, vise à protester contre le recours généralisé à la peine de mort en Iran, où plus de 1000 exécutions ont eu lieu en 2024.
Au début de la 2ème année de la campagne, les prisonniers réclament une attention mondiale sur l’augmentation des pendaisons, avec des participants provenant de prisons très en vue comme Evin et Qezel-Hessar. Malgré les menaces croissantes, la campagne a obtenu un soutien international, amplifiant l’appel à l’abolition des exécutions "Les potences doivent être démantelées " et à la lutte contre les violations systémiques des droits humains en Iran.

Dernier rapport sur les prisonnières à Evin
Rapport HRANA, 29 janvier 2025
Ce rapport fournit une liste mise à jour et le dernier statut de 77 prisonnières politiques et de sécurité :  
69 femmes sont toujours incarcérées dans les quartiers généraux et de quarantaine d'Evin.
8 femmes sont actuellement en congé temporaire
11 femmes sont toujours dans l'incertitude juridique sans que leur condamnation ne soit finalisée
2 femmes, Varisha Moradi et Pakhshan Azizi. ont été condamnées à mort
Ces femmes continuent d'être prises pour cible dans les prisons iraniennes, se voient refuser arbitrairement l'accès à leurs proches. Il est urgent que la communauté internationale se penche sur leur cas.

France-Iran
L’Assemblée nationale appelle l’UE de désigner le CGRI et sa milice comme des organisations terroristes
AFIF, 30 janvier 2025
Le Parlement français a adopté la résolution T.A. n° 38, le 29 janvier 2025 condamnant avec la plus grande fermeté les violations des droits humains en Iran, le recours massif à la peine de mort comme instrument pour distiller la peur ainsi que l’hyperviolence et la brutalité banalisée par le régime à l’égard des femmes et des filles… Les parlementaires appellent la France et l’Union européenne à inscrire le corps des gardiens de la révolution islamique et ses forces subsidiaires, telles que la milice des bassidjis ou la force Al Qods, sur la liste des organisations terroristes.
La résolution exhorte les autorités iraniennes à mettre fin à toutes les exécutions et à libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes arrêtées et détenues arbitrairement…

La traite des êtres humains en Iran 
Exploitation par voie aérienne, terrestre et maritime
Rapport HRANA, 31 janvier 2025
La position géographique de l'Iran en fait une plaque tournante du trafic d'êtres humains, les victimes étant transportées par voie terrestre, maritime et aérienne pour être soumises au travail forcé, à l'exploitation sexuelle et à d'autres abus. Malgré les cadres juridiques, les défaillances systémiques - notamment le manque de transparence, la faiblesse de l'application des lois et le recours à la peine de mort - soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à la réponse du gouvernement.
Dans un nouveau rapport, HRANA examine les itinéraires de trafic en Iran, les populations vulnérables et l'approche défectueuse de l'État dans la lutte contre cette crise…
Le gouvernement iranien a manqué à plusieurs reprises de fournir des preuves que les femmes et les enfants ciblés par les trafiquants bénéficient d'une protection significative. En l'absence de réformes systémiques visant à garantir une protection centrée sur les victimes et des procès équitables, ainsi que le recours à la peine de mort, l'approche de l'Iran en matière de traite des êtres humains restera profondément défectueuse, mettant encore plus en danger les personnes les plus vulnérables.