19 octobre 2025

AFIF INFOS Octobre (1/2) 2025

 
Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE

Tsunami d’exécutions en Iran

Au moins 200 pendaisons en septembre 2025 en Iran, le mois le plus meurtrier depuis 36 ans
AFIF, 1er octobre 2025
Au moins 200 prisonniers, dont 6 femmes ont été pendus en septembre 2025   sur l’ordre du pouvoir judiciaire en Iran.
C’est le record du nombre le plus élevé en un mois depuis 36 ans. Ce chiffre effrayant est environ 2,5 fois supérieur à celui de septembre 2024 (84 exécutions) et 7 fois celui de septembre 2023 (29 exécutions).
. Au moins 1000 exécutions depuis le début de l'année
ONU/AFP/IHR 
A trois mois de la fin de l'année, ce chiffre, le plus élevé depuis 2008, dépasse déjà le record d'au moins 975 exécutions enregistrées en 2024.
Au moins 64 exécutions ont eu lieu durant la seule semaine dernière, soit une moyenne de 9 pendaisons par jour…
La majorité des cas concernent des crimes liés à la drogue, alors que le droit international réserve la peine capitale aux meurtres intentionnels.
Par ailleurs, l’Iran a exécuté 10 personnes pour espionnage, dont 8 après le 13 juin 2025, dans un contexte de tensions militaires accrues avec Israël. À la suite de ces événements, un nouveau projet de loi a élargi la définition de l’espionnage pour inclure des activités telles que les contacts avec des médias étrangers ou de la diaspora iranienne. 
. Des experts de l’ONU profondément préoccupés par la hausse sans précédent des exécutions en Iran 
L’es Nations unies exhorte l’Iran à instaurer un moratoire, à garantir des procès équitables et à avancer vers l’abolition de la peine de mort.
La rapporteuse spéciale, Mai Sato, a également exprimé son inquiétude concernant le transfert forcé de cinq prisonniers politiques condamnés à mort.

Nasimeh Islam Zehi et sa fillette de 6 mois toujours détenus à la prison d'Evin
HRANA, 4 octobre 2025
Nasimeh Islam Zehi, accusée sunnite pour des raisons de sécurité, est détenue à la prison d'Evin avec son bébé de 6 mois depuis plus d'un an sans jugement ni décision judiciaire. Les conditions de détention inadéquates pour son bébé exacerbent les inquiétudes, elles ne sont en aucun cas adaptées à l'éducation d'un enfant et constituent une menace sérieuse pour sa santé physique et mentale.
Agée d'une quarantaine d'années, Nasimeh, a donné naissance à son enfant en prison début mai de cette année à d'Evin, où elle est détenue dans l'incertitude depuis plus d'un an, sans qu'aucun procès n'ait encore eu lieu. Cette mère et sa fille nouveau-née, Tasnim, ont été détenues dans une cellule d'isolement sans ventilation adéquate ni lumière suffisante pendant environ 40 jours, puis transférées dans le service des femmes.

Une femme de 25 ans exécutée à la prison de Zanjan, 39ème femme pendue depuis le début de l’année 2025
wncri, 5 octobre 2025
Dans la matinée du mercredi 24 septembre 2025, la peine de mort de Roya Abbas-zadeh, une femme de 25 ans, a été appliquée à la prison centrale de Zanjan. Elle avait été condamnée à mort il y a 4 ans pour "meurtre prémédité", à la suite d’une plainte déposée par la famille de son fiancé.
Roya Abbas-zadeh, qui vivait dans un village situé entre Takestan et Zanjan, aurait été contrainte par sa famille à un mariage arrangé et non désiré.

Militante condamnée à l’emprisonnement et à des peines complémentaires
HRANA, 6 octobre 2025
Elham Salehi, une militante de 37 ans basée à Téhéran, avait déjà fait l'objet de poursuites judiciaires en raison de son activisme.
Actuellement détenue à la prison de Qarchak à Varamin, Elham Salehi  a été condamnée suite à un jugement rendu à ce jour par la 23e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran.
Il prévoit une peine d'un an d'emprisonnement discrétionnaire et, à titre de peine complémentaire, une interdiction d'activité sur les réseaux sociaux pendant deux ans.
Elle est accusée de "propagande contre le régime", "diffusion de fausses informations" et "apparition en public sans hijab". La militante a été transférée à la prison de Qarchak le 26 août 2025, après avoir été arrêtée début août à son domicile à Téhéran par les forces de sécurité.

90 ans de prison contre 10 femmes bahaïes à Ispahan
HRANA, 6 octobre 2025
La Cour d'appel d’Ispahan confirme la peine combinée de 90 ans, contre Negin Khademi, Yeganeh Agahi, Yeganeh Roohbakhsh, Neda Badakhsh, Mojgan Shahrezaei, Shana Shoughifar, Arezoo Sobhanian, Parastoo Hakim, Bahareh Lotfi et Neda Emadi .
Selon le verdict, elles ont été reconnues coupables de « propagande contre la République islamique » et de « participation à des activités promotionnelles et éducatives déviantes contraires à la loi islamique ». Ces accusations portaient sur des activités telles que l'organisation de cours d'anglais, d'art, de musique et de yoga, ainsi que d'excursions nature pour enfants et adolescents, dont des Iraniens et des Afghans.
Ces peines sont assorties d’amendes et de peines complémentaires,  900 millions de tomans d'amende, la confiscation de leurs biens au profit de l'État et deux ans d'interdiction de voyager à l'étranger et d'utiliser les réseaux sociaux. 

25 ans de prison contre une citoyenne bahaïe 
HRANA, 8 octobre 2025
La peine de 25 ans de prison prononcée contre Rouya Sabet, citoyenne bahaïe résidant à Chiraz, a été confirmée dans son intégralité par la  Cour d'appel de la province du Fars.
Rouya Sabet, résidant aux Émirats arabes unis, a été convoquée et arrêtée par les services de renseignement du CGRI à Chiraz le 15 février 2024, alors qu'elle était en visite dans la ville. Elle a été libérée environ 5 mois plus tard de la prison d'Adelabad, à Chiraz, après avoir versé une caution.
La cour d’appel l’a condamnée à 10 ans de prison pour chacun des chefs d'accusation suivants : "collaboration et communication avec des ressortissants et des institutions israéliens" et "formation et direction d'un groupe dans l'intention d'agir contre la sécurité nationale". Elle a également été condamnée à 5 ans de prison pour "activité de propagande religieuse contraire à la charia", à deux ans d'interdiction de voyager (y compris l'annulation de son passeport), 5 ans de privation de ses droits sociaux et une interdiction d'activité en ligne.

Féminicide
Raheleh Siavoshi, championne nationale de wushu tuée par son mari
wncri, 8 octobre 2025 
Dans un nouveau cas hautement tragique de féminicide en Iran, Raheleh Siavoshi, championne nationale et entraîneuse de wushu, a été tuée par son mari dans la ville de Nahavand, province de Hamedan.
Jeudi 2 octobre 2025, l’athlète de 26 ans également mère d’un bébé de 2 mois a été attaquée violemment par son mari et cousin, Homayoun Siavoshi, à l’intérieur de leur domicile. Elle a reçu plusieurs coups de couteau à la tête et au corps et est décédée deux jours plus tard à l’hôpital.
Raheleh Siavoshi faisait partie des athlètes de wushu les plus prometteuses d’Iran, ayant remporté plusieurs titres nationaux ces dernières années, dont la troisième place aux championnats nationaux de 2021.
Le meurtre a été commis après des disputes concernant la participation de Raheleh à un stage national et la poursuite de ses activités sportives professionnelles. Après l’attaque, le coupable s’est également donné la mort.
Le corps de Raheleh Siavoshi a été inhumé le dimanche 5 octobre 2025 à Nahavand, dans une profonde émotion de la part de sa famille, de ses amis et de ses élèves.

Transfert des prisonnières politiques de la prison de Qarchak à d’Evin 
wncri/AFIF, 9 octobre 2025
Aux premières heures du jeudi 9 octobre 2025, un groupe de prisonnières politiques qui avaient été transférées à la prison de Qarchak à Varamin à la suite de l’attaque contre Evin durant le conflit de 12 jours ont été renvoyées à la section 6 de la prison d’Evin à Téhéran.
Ce transfert a eu lieu avec une importante présence sécuritaire et plusieurs bus escortés par les forces de sécurité. Les gardiennes auraient effectué des fouilles corporelles et des contrôles stricts des bagages lors de l’arrivée des prisonnières.
Mais la prisonnière politique de longue date Maryam Akbari Monfared reste enfermée à Qarchak aux côtes de détenues de droit commun, en violation flagrante du principe de séparation des prisonniers. 
Maryam est emprisonnée depuis 16 ans, sans un seul jour de permission, pour avoir osé réclamer justice pour ses 3 frères et sa sœur - membres martyrisés de l’OMPI - exécutés dans les années 1980.
Le transfert est intervenu après la mort de la prisonnière politique Somayeh Rashidi, détenue à la prison de Qarchak, décédée à la suite d’un refus de soins médicaux. Sa mort a suscité une vague d’indignation et de protestations, tant à l’intérieur du pays qu’à l’international.
Le 30 septembre 2025, 30 prisonnières politiques détenue à Evin ont publié une déclaration conjointe condamnant les "conditions inhumaines" auxquelles sont soumises les prisonnières politiques à Qarchak, et exigeant leur transfert immédiat de vers Evin.

Lennart Monterlos de retour en France après plusieurs mois de détention en Iran
AFP, 9 octobre 2025
Lennart Monterlos, le cyclotouriste franco-allemand de 19 ans qui avait été emprisonné en juin en Iran avant d'être libéré le week-end dernier, est arrivé jeudi 9 octobre dans la matinée à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle.
Il est sorti de l'aéroport en toute discrétion. Interrogés par l’AFP, le ministère français des Affaires étrangères, et l’avocate de ses parents, Me Chirinne Ardakani, se sont refusés à tout commentaire.

10 octobre la Journée mondiale contre la peine de mort
Entre octobre 2024 et octobre 2025
1 537 exécutions en Iran, 8  en public, 3 mineurs délinquants, 49 femmes
+113 % par rapport à la période précédente
+48% liées à des accusations de trafic de stupéfiants
+43% prononcées pour meurtre présumé


Rassemblement citoyen à Paris contre la peine de mort en Iran
AFIF, 11 octobre 2025
À l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, des militants iraniens et français des droits humains se sont rassemblés autour de la Fontaine des Innocents, au cœur de Paris pour dénoncer la hausse alarmante des exécutions en Iran et réclamer l’abolition de la peine de mort.
Une exposition émouvante montrait les portraits des Iraniens tombés pour la liberté, assassiné par la dictature religieuse et informait sur le bilan effrayant de 1100 exécutions depuis le début de l’année 2025.
Jean-Didier Berthault, Conseiller de Paris du 17ᵉ arrondissement a rappelé que l’abolition universelle de la peine de mort doit demeurer un objectif prioritaire. Isabelle Prat, juriste et ancienne magistrate a soulevé des enjeux juridiques et souligné la dimension politique de nombreuses exécutions en Iran.

Féminicides
Membre du groupe d’études féminines de l’Université de Téhéran assassinée par son mari
fararu.com/ hra-news.org, 12 et 13 octobre 2025
Zahra Ghaemi, universitaire, défenseure des droits des femmes et membre du groupe d’études féminines de l’Université de Téhéran, a été assassinée par son mari.
Elle est devenue victime de violences domestiques après avoir demandé une séparation et un divorce. Son mari l’a tuée en l’étranglant dans son sommeil. Zahra Ghaemi était mère d’une fille de 12 ans. Employée à la faculté des sciences médicales de l’Université de Téhéran, elle avait consacré une grande partie de ses travaux universitaires et éducatifs à la lutte contre la discrimination et la violence faites aux femmes.

Deux Français condamnés à des décennies de prison en Iran
Mizan/AFIF, 14 octobre 2025
Mizan, le site web affilié au pouvoir judiciaire iranien, a rapporté que deux Français ont été condamnés à de  lourdes peines de prison pour "espionnage" et "coopération en matière de renseignement avec Israël".
Bien que le communiqué ne mentionne pas les noms des deux accusés, des médias indépendants et des déclarations officielles des autorités françaises indiquent que les peines concernent probablement Cécile Kohler et Jacques Paris, deux ressortissants français arrêtés en Iran en 2022. Le gouvernement français a appelé à plusieurs reprises à  leur libération, et le président Emmanuel Macron aurait évoqué leur cas lors d'une récente réunion avec des responsables de la République islamique. Le ministère français des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire.

90ᵉ semaine de la campagne "Mardis contre les exécutions" dans 52 prisons en Iran
AFIF, 14 octobre 2025 
La 90ᵉ semaine de cette campagne nationale a été marquée ce mardi 14 octobre, par un puissant élan de résistance dans 52 prisons à travers l’Iran. Les prisonniers ont, une fois encore, fait entendre leur refus du meurtre légalisé, dénonçant la machine infernale de la peine de mort que le régime continue d’imposer. 
Dans leur déclaration cette semaine, ils ont manifesté leur reconnaissance envers les familles et les citoyens qui s’activent dans la campagne à l’extérieur des prisons…
De nombreuses familles de détenus condamnés à mort se rassemblent courageusement devant les prisons iraniennes, clamant "Non aux exécutions" (نه به اعدام), au péril de leur propre sécurité.

Iran : Les États membres de l’ONU doivent d’urgence faire pression sur les autorités pour mettre fin aux exécutions après une augmentation terrifiante
Amnesty International, 16 octobre 2025
«Les États membres de l’ONU doivent affronter la frénésie d’exécutions menée par les autorités iraniennes avec toute l’urgence qu’elle exige.
Plus de 1 000 personnes ont déjà été exécutées en Iran depuis le début de l’année 2025 – soit une moyenne de 4 par jour. Depuis le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022, les autorités iraniennes ont de plus en plus instrumentalisé la peine de mort pour semer la peur au sein de la population, écraser toute dissidence et punir les communautés marginalisées. Cette année, le nombre d’exécutions a atteint un niveau inédit depuis 1989… »

Kafieh Qobadzadeh exécutée à Chiraz est la 2ème  femmes pendues mercredi
wncri.org, 17 octobre 2025
La prisonnière Kafieh Qobadzadeh, originaire d’Ispahan, a été exécutée dans la matinée du mercredi 15 octobre à la prison centrale de Chiraz, après avoir passé 7 ans dans le couloir de la mort. Elle n’avait que 23 ans au moment de son arrestation, accusée d’avoir tué son mari violent et constamment soupçonneux à son égard, ce qui a finalement conduit à une confrontation se terminant par sa mort.
Ce même jour, Nahid Hemmati a été pendue à la prison de Nahavand, située dans la province de Hamedan.
Depuis le début de la semaine, trois femmes ont été exécutées en Iran. Le lundi 13 octobre, une autre femme nommée Zeinab Khodabandeh a été pendue à la prison de Dastgerd, à Ispahan.
                                           42 femmes ont été exécutées depuis le début de l’année 2025

Iran : Grève de la faim collective de 1500 prisonniers à Qezel Hesar
AFIF, 18 octobre 2025
À la prison de Qezel Hesar, l’un des symboles de la terreur carcérale en Iran, la contestation a pris une ampleur sans précédent. Le 12 octobre, près de 1500 prisonniers du quartier 2 de cette prisons ont entamé une grève de la faim collective après le transfert de 11 condamnés à mort en isolement, signe avant-coureur de leur exécution imminente.
Malgré les répressions des autorités pénitentiaires, rien n’a pu faire taire les voix qui s’élèvent pour le 6ème jour consécutif dans les couloirs de Qezel Hesar.

Appel à sauver la vie  de 17 prisonniers politiques condamnés à mort
qui risquent l’exécution imminente




Intervention d'AFIF à Paris l'occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, 10 octobre 2025



Journée mondiale contre la peine de mort 

2025

"Aujourd’hui, nous nous rassemblons, comme chaque année, pour rappeler que la peine de mort est une tache sur la conscience de l’humanité. Pour affirmer, une fois de plus, que nulle idéologie, nulle religion, nul pouvoir ne peut justifier que la vie d’un être soit ôtée au nom de la justice.

Cette année encore, le régime iranien incarne la cruauté à son paroxysme.

Le nombre d’exécutions atteint des sommets effrayants, un record de pendaisons depuis le début de l’année - souvent à l’issue de procès expéditifs, sans défense réelle, parfois pour des faits qui n’auraient jamais dû être criminalisés.

Mais, sous cette dictature religieuse, la mort ne se limite pas à la potence.

Elle s’insinue dans les murs des prisons, dans le corps et dans l’esprit des détenus. Le refus de soins médicaux, les conditions d’hygiène déplorables et inhumaines, la torture physique et psychologique… constituent une autre forme d’exécution - lente, invisible, mais tout aussi meurtrière.

Le mois dernier, trois femmes détenues à la tristement célèbre prison de Qarchak ont perdu la vie : Maryam Shahraki, Soudabeh Asadi et la prisonnière politique Somayeh Rashidi.

Elles ne sont pas mortes d’une maladie incurable, mais d’indifférence organisée, de cette volonté délibérée d’éteindre, peu à peu, celles et ceux, qui osent s’opposer, dénoncer, protester.

Les prisonnières politiques, en particulier, subissent un double châtiment : punies pour leurs convictions et punies leur courage, parce qu’elles continuent de résister.

Le 9 octobre, certaines détenues transférées de la prison d’Evin à Qarchak après l’attaque israélienne du 23 juin, ont été renvoyées à Evin.

Mais la prisonnière politique de longue date Maryam Akbari Monfared reste enfermée à Qarchak aux côtes de détenues de droit commun, en violation flagrante du principe de séparation des prisonniers.

Maryam est emprisonnée depuis 16 ans, sans un seul jour de permission, pour avoir osé réclamer justice pour ses 3 frères et sa sœur - membres martyrisés de l’OMPI - exécutés dans les années 1980.


La communauté internationale doit montrer à Maryam, et à tous les autres prisonniers de conscience en Iran, qu’ils ne sont pas oubliés.

Leurs voix, leurs appels, leurs souffrances doivent être entendus, relayés, soutenus.

Quant à nous,  nous continuerons sans relâche à dénoncer les crimes de la théocratie criminelle et misogyne de Khamenei, et  à rappeler que la peine de mort - qu’elle soit rapide ou lente -doit cesser."

Intervention d'AFIF au Rassemblement à Paris contre la peine de mort en Iran 

 le 11 octobre 2025 

Place Joachim-du-Bellay / Fontaine des Innocents

 







02 octobre 2025

AFIF INFOS Septembre (2/2) 2025

  Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran 

Trois ans après le soulèvement de 2022 en Iran
Le 16 septembre, nous commémorons le troisième anniversaire du soulèvement historique de 2022, déclenché par le décès tragique de Jina Mahsa Amini en détention. Ce jour-là, des millions de voix se sont unies à travers l’Iran autour d’un même cri : " Femme, Vie, Liberté". Aujourd’hui, ce cri s’élève encore, plus puissant, transformé en " Femme, Résistance, Liberté ".
Ce mouvement, réprimé avec une violence extrême par les autorités, a coûté la vie à plus de 750 Iraniens, dont plus de 70 enfants. Trois ans plus tard, le souvenir de ces victimes continue d’incarner la quête de justice et de liberté du peuple iranien, au-delà des frontières du pays.


La Rapporteuse Spéciale de l’ONU dénonce les violations persistantes des droits humains en Iran à l’anniversaire de la mort de Mahsa Amini 
@dmaisato, 16 septembre 2025 
«Aujourd’hui, nous rendons hommage à Jina Mahsa Amini, une Kurde iranienne, dont la mort il y a trois ans et le courage dont elle a fait preuve ont captivé l’imagination de millions de personnes et déclenché un mouvement pour les droits et la liberté des femmes. Comme sa famille l’avait pressenti, par les mots inscrits sur sa tombe le jour de ses funérailles, son nom est devenu un symbole.
Trois ans plus tard, il reste encore beaucoup à faire pour les droits des femmes en République islamique d’Iran. Comme je l’ai souligné dans mon rapport au Conseil des droits de l’homme cette année, les femmes iraniennes continuent de subir de graves restrictions à leurs libertés fondamentales. https://tinyurl.com/53j69xwu
La loi sur le hijab a été adoptée, mais elle n’a pas été appliquée, ce qui témoigne d’une réflexion prudente au sein de l’État. Cependant, le port du hijab reste obligatoire en vertu du Code pénal. Au-delà des codes vestimentaires, les femmes sont confrontées à d'importantes restrictions et discriminations en matière de santé, de mariage, d'héritage, de voyages et de nombreux autres aspects de leur vie.
En 2025, les hommes ayant participé aux manifestations de 2022 continuent d'être exécutés.
Trois ans plus tard, les droits des femmes et des filles iraniennes et de leurs alliés exigent notre attention et notre action continues.»

Le décès en prison de Maryam Shahraki 
Iran HRM, 16 septembre 2025 
Maryam Shahraki, 40 ans, mère de deux jeunes enfants est décédée dans la prison de Fardis, à Karaj. Son seul “crime” : ne pas avoir pu régler une dette de 300 millions de tomans. Elle a perdu la vie en détention, victime d’une négligence médicale flagrante.
Le jeudi 11 septembre 2025 au soir, Maryam Shahraki a été transférée à l’infirmerie de la prison avec de vives douleurs à la poitrine, elle présentait des signes clairs de problème cardiaque. Pourtant, le médecin de garde a attribué la douleur à un trouble gastrique. Sans procéder à aucun examen ni l’adresser à un centre médical spécialisé, il s’est contenté de lui prescrire quelques comprimés.
Quelques heures plus tard, à l’aube du vendredi 12 septembre 2025, Maryam Shahraki a subi une chute brutale de tension artérielle. Avant même qu’un transfert à l’hôpital ne soit organisé, elle a succombé. 

Zahra Fotouhi, 52 ans, pendue à Tabriz 
wncri, 19 septembre 2025
Le pouvoir judiciaire iranien a fait exécuter à l’aube du mercredi 17 septembre 2025, une femme de 52 ans nommée Zahra Fotouhi dans la prison centrale de Tabriz.
Zahra avait été arrêtée il y a cinq ans pour avoir tué son ex-mari et détenue sous le coup d’une condamnation à mort. Elle était victime de violences domestiques et de harcèlement de la part de son ex-mari.

Mort suspecte d’une détenue à la prison de Qarchak
kurdistan-au-feminin/wncri, 20 septembre 2025 
Jamileh Azizi, une détenue incarcérée à la prison de Qarchak, est décédée dans des circonstances suspectes à la suite d’une négligence médicale et du refus de soins appropriés.
Selon les informations Jamileh Azizi souffrait depuis longtemps d’une grave maladie et d’un important gonflement du corps. Cependant, pendant plus de 10 jours, les autorités pénitentiaires ont empêché son transfert à l’infirmerie, et elle est décédée faute de soins médicaux.
Cela s’est produit alors que sa libération sous caution avait déjà été obtenue et qu’elle devait être libérée prochainement. Sa famille et ses proches ont tenu les autorités pénitentiaires directement responsables de sa mort.

Après Bruxelles, un autre grand rassemblement des Iraniens à New York pour réclamer un changement démocratique en Iran
New York, le 23 et 24 septembre 2025 
Après l’immense rassemblement de la diaspora iranienne en Europe le 6 septembre à Bruxelles, des Iraniens d’Amérique, sympathisants de la Résistance iranienne et de dignitaires internationaux se sont réunis les 23 et 24 septembre ont manifesté devant le siège de l’ONU à New York, appelant à des changements démocratiques en Iran et rejetant la légitimité de Massoud Pezeshkian condamnant sa présence à l’Assemblée générale de l’ONU.
Ils ont déclaré que l’ère de la dictature en Iran, que ce soit le Chah ou sous le mollah était révolue. 
Les intervenants ont dénoncé, l’un après l’autre, l’escalade des exécutions, l’agression régionale et la tromperie nucléaire du régime, tout en affirmant leur soutien à la Résistance organisée menée par la présidente élue du CNRI,  Maryam Radjavi, et à son Plan en dix points pour une république laïque, démocratique et non nucléaire. 
Les participants ont appelé la communauté internationale à faire respecter les résolutions de l’ONU, à reconnaître le droit du peuple iranien de choisir son gouvernement et à rejeter toute politique d’apaisement tout en soutenant l’alternative démocratique proposée par le CNRI.

Mahnaz Dehghani parmi 13 femmes exécutées en 56 jours
wncri, 24 septembre 2025
Le mercredi matin 24 septembre 2025, Mahnaz Dehghani, détenue condamnée pour meurtre, a été exécutée à la prison d’Adelabad à Chiraz.
Ni les autorités de la prison d’Adelabad ni les institutions judiciaires du régime iranien n’ont publié de déclaration officielle concernant cette affaire.
Avec la pendaison de Mahnaz Dehghani, le nombre de femmes exécutées en Iran depuis le début de l’année 2025 atteint 37.

Mort de Somayeh Rashidi : la négligence carcérale fait une nouvelle victime en Iran
IranHRS/AFP/CSDHI, 25 septembre 2025 
Somayeh Rashidi, 42 ans, est décédée après 10 jours de coma consécutifs à des crises d’épilepsie à la prison de Qarchak à la sinistre réputation. Le personnel pénitentiaire a qualifié son état de simulation, retardant les soins. 
Née en 1983 à Téhéran, Somayeh Rashidi a attiré l’attention des autorités par ses actes de contestation. Le 24 avril 2025, elle a été arrêtée pour avoir inscrit des slogans dans le quartier de Javadieh. Elle a été interrogée au poste Aghahi 15 Khordad avant d’être envoyée dans l’aile des femmes de la prison d’Evin, son chef d’accusation : "propagande contre le régime". Peu après, la frappe israélienne contre Evin, Somayeh Rashidi a été transférée avec des centaines de détenues vers la redoutable prison de Qarchak dans des conditions insalubres : surpopulation, manque d’hygiène et pénurie de médicaments. Pour une personne épileptique, cet environnement était mortel.
Selon la justice iranienne, Somayeh Rashidi, qui avait déjà été arrêtée en 2022 puis en 2023, était accusée d'appartenir au mouvement d'opposition en exil des Moudjahidines du peuple (OMPI) - interdit en Iran.

Décès d’une autre détenue à Qarchak , 3ème cas de négligence médicale en septembre
Kurdistan au féminin, 26 septembre 2025 
Soudabeh Asadi, détenue à la prison de Qarchak Varamin, est décédée après être tombée malade et s’être vu refuser un transfert rapide vers un établissement médical. Elle est la troisième femme à décéder dans cette prison en septembre seulement, faute de soins médicaux adéquats.
L’administration pénitentiaire et les autorités judiciaires sont restées jusqu’à présent silencieuses sur les circonstances de son décès.
Des sources proches du dossier ont indiqué qu’elle purgeait une peine pour des infractions financières.
Les décès de trois prisonnières dans la prison de Qarchak Varamin dans des circonstances similaires en septembre mettant en évidence une tendance à la négligence médicale systématique.

Des experts de l'ONU consternés par la vague d'exécutions sans précédent en Iran, qui a fait plus de 1 000 morts en 9 mois
OHCHR, 29 septembre 2025
«…Au moins 1 000 exécutions ont été recensées depuis le 1er  janvier 2025. En raison du manque de transparence de l’Iran, le nombre réel est probablement bien plus élevé.
La plupart des exécutions connues concernaient des infractions liées à la drogue et des meurtres, suivis par des infractions liées à la sécurité et des viols…
Le droit international limite la peine capitale aux seuls "crimes les plus graves", interprétés comme le meurtre intentionnel. "Les infractions liées aux stupéfiants n'atteignent pas ce seuil ".
L'Iran a également exécuté 10 personnes accusées d'espionnage, dont 8 après le 13 juin, suite à l'agression militaire israélienne.
Un nouveau projet de loi sur l'espionnage, introduit après l'escalade militaire, élargit considérablement le champ des comportements considérés comme de l'espionnage pour inclure les activités liées à la diffusion d'informations et au travail médiatique, comme les contacts avec les médias étrangers et de la diaspora.
"La communauté internationale ne peut rester silencieuse face à de telles violations systématiques du droit à la vie". "Les États doivent prendre des mesures diplomatiques concrètes pour faire pression sur l'Iran afin qu'il mette fin à cette vague d'exécutions". »

88ème semaine de la campagne "Non aux mardis des exécutions" dans 52 prisons iraniennes
IranHRS/AFIF, mardi 30 septembre 2025
Des prisonniers issus de 52 prisons iraniennes observent ce mardi 30 septembre une grève de la faim hebdomadaire afin de briser le silence face à la vague d’exécutions massives imposée par le régime. Leur action symbolise la détermination de milliers de détenus à dire non à la peine de mort et à affirmer que chaque geste de résistance rapproche l’Iran de l’abolition de la machine de mort.
Dans leur déclaration, les grévistes ont également condamné avec force la négligence médicale qui a récemment coûté la vie à trois prisonnières dans la prison de Qarchak. Ils soulignent que cette politique délibérée d’abandon médical s’ajoute à la brutalité des exécutions et démontre la volonté du régime de transformer les prisons en lieux de mort lente.
En cette 88e semaine de la campagne “Non aux mardis des exécutions”, les familles courageuses et les proches des condamnés se dressent une fois de plus pour exiger l’arrêt immédiat de toutes les exécutions et l’annulation des condamnations capitales.