Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a fustigé vendredi "l'horreur profonde" du bombardement meurtrier d'une école iranienne le 28 février, exhortant Washington à conclure rapidement son enquête et à "rendre justice" : "Le bombardement de l'école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab a provoqué une horreur profonde", a déclaré Volker Türk devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, soulignant qu'"il revient aux auteurs de l'attaque d'enquêter rapidement, impartialement, de manière transparente et approfondie".
06 avril 2026
AFIF INFOS Mars (2/2) 2026
Bulletin bimensuel d’informations sur les
droits humains en Iran
ASSOCIATION
DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
Exécution des prisonniers politiques en pleine guerre et nouvel an iranien
Alors que l'attention mondiale est focalisée sur le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, le résidu de la théocratie intensifie la répression interne. Menacé surtout par une population qui exige un changement radical face à la corruption et à l'incompétence, le régime utilise la peine de mort comme ultime outil de terreur pour assurer sa survie et compenser son manque total de légitimité politique, religieuse et moral.
Malgré les supplications poignantes de leurs familles et les protestations de la communauté internationale, le régime clérical a exécuté ces derniers jours plusieurs prisonniers politiques, notamment,
Akbar Daneshvarkar, 58 ans, ingénieur en génie civil,
Babak Alipour, 34 ans, juriste,
Pouya Ghobadi, 33 ans, ingénieur en électricité,
Vahid Baniamerian, 32 ans, étudiant d'élite titulaire d'un MBA et professeur de physique, et
Accusés d’appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), et condamnés à m0rt à l’issue de procédures dénoncées comme profondément injustes, ces vaillants résistants ont été pendus arbitrairement et en secret à la prison de Qezelhessar. Leurs familles et avocats n'ont pas été informés au préalable.
ONU-Iran
Le Conseil des droits de l'homme alerte sur l'escalade guerrière au Moyen-Orient
OHCHR – HCR 61, 16 mars 2026
Le forum suprême des Nations unies pour les droits de l'homme s'est réuni à Genève le lundi 16 mars, dans un climat de vive inquiétude face au bilan civil croissant du conflit au Moyen-Orient. La guerre, déclenchée par des bombardements israélo-américains contre l'Iran, a entraîné des ripostes de Téhéran contre les États du Golfe et des échanges de tirs intenses entre Israël et le Hezbollah au Liban.
Un bilan civil tragique en Iran
Sara Hossein, présidente de la Mission internationale indépendante d'établissement des faits, a dressé un constat alarmant de la campagne aérienne lancée le 28 février par les États-Unis et Israël :
. Massacre d'écolières : Une frappe a détruit une école à Minab (sud de l'Iran), tuant plus de 168 personnes, majoritairement des fillettes dès l'âge de 7 ans.
. Infrastructures vitales touchées : Des zones résidentielles, des dépôts de carburant et une usine de dessalement ont été détruits.
Lors de la 61ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (23 février - 31 mars 2026), Sara Hossain a présenté un rapport exhaustif décrivant une situation des droits humains profondément préoccupante dans le pays. S’appuyant sur une documentation étendue et des témoignages directs, elle a mis en garde contre la poursuite d’une répression systématique et l’intensification des violations des droits fondamentaux, ciblant tout particulièrement les femmes.
La Rapporteuse spéciale Mai Sato a précisé que 1 000 civils auraient déjà péri, et que des hôpitaux ainsi que des sites classés au patrimoine mondial ont été visés. Elle évoqué la crise humanitaire et environnementale, que les frappes sur les infrastructures pétrolières provoquent des catastrophes toxiques dans un pays déjà en pénurie d'eau. On compte désormais 3 millions de déplacés internes, aggravés par l'absence de sirènes d'alerte et d'abris antiaériens fonctionnels.
L'Iran entre marteau et enclume
Les experts soulignent que le peuple iranien est pris au piège entre une campagne militaire étrangère d'envergure et la répression continue de son propre gouvernement.
Détérioration alarmante des conditions de détention à la prison d’Evin
Activistes, 17 mars 2026
Selon des témoignages recueillis auprès des familles de détenus, les conditions de vie au sein de la prison d’Evin se sont considérablement dégradées ces derniers jours. Les prisonniers font face à des pénuries critiques de produits de première nécessité, plongeant l'établissement dans une situation humanitaire de plus en plus préoccupante.
Un quotidien de plus en plus précaire
Le quartier des femmes, où sont actuellement incarcérées environ 200 détenues, est particulièrement touché. Leur quotidien est marqué par les coupures répétées d’eau chaude, pénuries graves de produits essentiels et de médicaments.
Les autorités soudent les portes d’Evin, mettant en péril les détenus.
Pendaisons publiques de trois manifestants à la veille de Norouz
Mizan/IranHRM, 19 et 20 mars 2026
Au 21ème jour de la coupure massive d’Internet et à la veille du Nouvel An iranien, les autorités ont exécuté trois jeunes hommes arrêtés lors du soulèvement de janvier 2026. Au matin de jeudi 19 mars, Saleh Mohammadi 19 ans, champion national de lutte, Mehdi Ghasemi et Saeed Davoodi, 21 ans, ont été pendus en public dans la ville sainte de Qom.
Les accusations portées contre ces jeunes, alléguant le "meurtre d’agents", reposaient uniquement sur des scénarios sécuritaires et des aveux extorqués sous la torture brutale en isolement cellulaire.
Des dizaines d'autres manifestants arrêtés en janvier ont été condamnés à mort par le régime et restent menacés d'exécutions similaires, parmi lesquels des enfants et des adolescents.
En outre, des dizaines de milliers de détenus depuis janvier, et des centaines d'individus arrêtés pendant la guerre actuelle, courent le grave risque de procès accélérés pouvant aboutir à davantage de condamnations à mort.
Vague d’arrestations, de disparition et de répression à grande échelle
ONGs/AFIF, 22… mars 2026
La situation actuelle en Iran est marquée par une recrudescence alarmante de la répression. En ce début d'année 1405 le pays traverse une période de troubles intenses, mêlant instabilité politique interne et contexte de guerre.
Les chiffres officiels avancé par le régime évoquent environ 3 000 arrestations, mais les ONG estiment que le bilan réel pourrait dépasser plusieurs dizaines de milliers de citoyens à travers tout le pays.
La répression frappe indistinctement des figures de la société civile, notamment : artistes et intellectuels, activistes , familles des prisonniers politiques… les autorités s'en prennent désormais aux proches de dissidents exilés pour faire pression sur ces derniers.
Accélération brutale des détentions
Les conditions de détention sont extrêmement préoccupantes, avec des signalements systématiques de torture, d'aveux forcés diffusés à la télévision d'État et de disparitions forcées. De nombreux manifestants arrêtés risquent une exécution imminente à la suite de procès expéditifs.
La célébration de Norouz, traditionnellement synonyme de joie, est ainsi assombrie pour des milliers de familles iraniennes dont les proches sont actuellement derrière les barreaux ou portés disparus.
Long silence numérique pour cachet la répression
Médias/AFIF, 22… mars 2026
Au-delà des arrestations, la société iranienne subit actuellement ce que les experts de NetBlocks qualifient de plus longue coupure nationale d'Internet jamais enregistrée dans un pays.
Depuis le début de la vague de protestations et l'intensification du conflit militaire fin février/début mars, la coupure est quasi totale. Elle a officiellement dépassé tous les records précédents de blocage à l'échelle d'une nation entière.
Le trafic internet global en Iran est tombé à seulement 4 % de son niveau habituel. Seul le Réseau National d'Information (l'intranet contrôlé par l'État) reste partiellement accessible pour les services administratifs et bancaires essentiels.
Le gouvernement utilise cette coupure comme une arme de guerre et de répression interne pour isoler la population, empêcher la diffusion d'images des frappes militaires (américano-israéliennes) et des victimes civiles. Et entraver la coordination, bloquer l'organisation des manifestations et des mouvements de résistance civile qui ont suivi l'annonce de la mort du guide suprême.
Nous craignons que ce silence numérique ne serve à couvrir les massacres et les exécutions dans les prisons sans que le monde ne puisse intervenir en temps réel. Cette coupure ne touche pas seulement les activistes ; elle paralyse l'économie, empêche les familles de se donner des nouvelles durant Norouz et isole totalement les étudiants et les chercheurs. C'est un véritable siège numérique.
D'Evin à Chabahar : Les prisonniers entre les flammes de la guerre et les salves des Gardiens
Iran HRM, 22 mars 2026
Alors que l'Iran entame son 22e jour de coupure nationale d'Internet, des rapports vérifiés révèlent un crime atroce commis entre les murs de la prison de Chabahar.
Dans les premières heures du mercredi 18 mars 2026, des prisonniers baloutches manifestaient contre la privation de leurs rations alimentaires. Les forces de sécurité ont répondu à ces protestations par des tirs à balles réelles dirigés directement sur les détenus. Le bilan fait état de plusieurs morts et de dizaines de blessés parmi les prisonniers…
Le blâme unanime du Conseil des droits de l’homme de l’ONU marque un tournant vis-à-vis du régime iranien
CSDHI, 26 mars 2026
Un consensus mondial condamnant l’agression régionale du régime iranien souligne l’échec de l’apaisement et l’urgence d’une responsabilisation.
Dans une démonstration inhabituelle d’unité internationale, le Conseil a adopté une résolution unanime condamnant les récentes attaques de missiles et de drones du régime iranien à travers la région du Golfe Persique.
La décision, prise lors d’une session d’urgence à Genève à la demande des États du Golfe, représente plus qu’un simple geste diplomatique de routine — elle signale un possible point d’inflexion dans la manière dont la communauté internationale fait face au comportement déstabilisateur de Téhéran.
La résolution du Conseil des droits de l’homme, présentée conjointement par Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Jordanie, condamne les frappes du régime iranien contre les États de la région ainsi que sa fermeture de facto du détroit d’Ormuz.
Elle appelle en outre à une compensation pour les dommages infligés aux infrastructures civiles et aux économies — une reconnaissance explicite de l’ampleur et des conséquences de ces attaques. Cette unanimité rare est politiquement significative.
Ecole bombardée en Iran : le chef des droits de l’homme de l’ONU réclame "justice"
AFP, 27 mars 2026
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a fustigé vendredi "l'horreur profonde" du bombardement meurtrier d'une école iranienne le 28 février, exhortant Washington à conclure rapidement son enquête et à "rendre justice" : "Le bombardement de l'école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab a provoqué une horreur profonde", a déclaré Volker Türk devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, soulignant qu'"il revient aux auteurs de l'attaque d'enquêter rapidement, impartialement, de manière transparente et approfondie".
"Les images de salles de classe bombardées et de parents en deuil ont clairement montré qui paie le prix le plus élevé de la guerre : les civils, qui n'ont aucun pouvoir sur les décisions qui ont mené au conflit".
En session annuelle à Genève, le Conseil tenait vendredi une réunion d'urgence sur la sécurité des enfants dans le conflit au Moyen-Orient, après le bombardement mortel de l'école de Minab, dans le sud du pays, qui a selon Téhéran a fait plus de 165 morts.
114ème mardi de grève de la faim contre les exécutions en Iran
AFIF, 31 mars 2026
Les prisonniers participant à de la campagne" Non aux exécutions du mardi" ont annoncé la poursuite de la grève de la faim coordonnée dans 56 prisons à travers le pays.
Ce mouvement, d'une résilience exceptionnelle, constitue aujourd'hui le cœur battant de la résistance intérieure en Iran. En atteignant sa 114ème semaine consécutive en ce début d'année 1405, dépasse le simple cadre de la contestation carcérale pour devenir un défi politique majeur au régime.
Les parents d’Akbar Daneshvarkar et de Pouya Ghobadi, des opposants exécutés il y a quelques jours, faisaient partie des familles actives mobilisées au sein de cette campagne pour la justice. Durant deux années, ils ont participé sans relâche à des rassemblements hebdomadaires, réclamant la fin des exécutions, en toutes circonstances et pour tous.
Campagne de recrutement d'enfants-soldats en Iran
France 24, 31 mars 2026
Les Gardiens de la révolution ont lancé, en pleine guerre, une campagne officielle en Iran visant à recruter des enfants dès 12 ans pour ce qu’ils appellent la "défense de la patrie".
Selon l'agence de presse iranienne ANA, cette campagne de recrutement s'adresse aux garçons et aux filles. Les jeunes recrues pourraient participer à des opérations de renseignement, "à des contrôles d'identité et à des patrouilles opérationnelles", mais aussi effectuer des tâches logistiques comme la préparation des repas, la distribution "d'articles nécessaires" aux combattants ...
Les ONG dénoncent des risques mortels et rappellent que l’utilisation de mineurs constitue un crime de guerre selon le droit international.
La mort tragique d’Alireza Jafari, âgé de 11 ans, illustre cette réalité. Il a été tué le 11 mars lors d'une attaque de drone israélienne visant les forces de sécurité iraniennes sur un check-point de l'autoroute Artesh à Téhéran.
Dans une interview avec le quotidien iranien Hamshahri publiée le 15 mars, Sadaf Manfard, la mère de l'enfant, a expliqué que la nuit de l'attaque, le père d'Alireza lui avait expliqué qu'en raison d'un "manque de personnel", il devait emmener son fils avec lui afin qu'il soit "préparé pour les jours à venir". Le père est mort lui aussi dans cette attaque.
19 mars 2026
AFIF INFOS Mars (1/2) 2026
Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION
DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
https://femmesiraniennes.blogspot.com
https://www.facebook.com/femmiran.afif
https://twitter.com/femmiran
https://www.facebook.com/femmiran.afif
https://twitter.com/femmiran
La date du 28 février marque un tournant historique et tragique. Depuis le déclenchement de ce qu'on appelle désormais la "Seconde Guerre de l'Iran", le pays a basculé dans un conflit ouvert avec les Etats-Unis et l’Israël dont "l'opération de décimation" et les frappes massives ont atteint une intensité record à la mi-mars.
Cette guerre survient alors que le régime clérical était déjà affaibli par des révoltes internes massives début 2026, créant une situation de "double front" pour la théocratie à savoir la répression intérieure et la guerre extérieure.
L'actualité des droits humains en Iran est ainsi marquée par une crise sans précédent. La situation combine une répression interne féroce suite aux soulèvements de janvier avec plusieurs milliers de manifestants tués et des dizaines de milliers d’autres arrêtés, détenus et/ou disparus, ainsi que les conséquences humanitaires de frappes militaires récentes et en cours.
Le guide suprême Ali Khamenei a été tué dès les premières frappes sur Téhéran fin février. Le pays est actuellement dirigé par une sorte de commandement d'urgence des Gardiens de la Révolution dans un climat de chaos politique interne.
Le seconde fils du guide Mojtaba Khamenei, a été présenté dimanche soir 8 mars comme le 3ème dirigeant du régime iranien. Il fut pendant des années l’un des acteurs officieux les plus influents du système et joua un rôle important au sein du noyau dur du régime.
Cette figure mystérieuse de l’ombre est l’un des principaux responsables de la répression des soulèvements populaires de la dernière décennie. Entretenant des liens étroits avec l’écosystème sécuritaire gravitant autour des services de renseignement des Gardiens de la révolution, il est étroitement lié aux crimes de son père.
État de siège et "Black-out" numérique
1er mars 2026
Coupure d'Internet - Les autorités maintiennent un black-out quasi total (connectivité réduite à 1 %) et une surveillance biométrique accrue. Ces mesures visent à empêcher la documentation des abus commis par les forces de sécurité et la coordination de nouveaux rassemblements.
Des points de contrôle massifs ont été installés à Téhéran pour prévenir toute commémoration des victimes des mois précédents.
Situation humanitaire- Sort des blessés
De nombreux manifestants blessés n'osent pas se rendre dans les hôpitaux de peur d'être arrêtés, le gouvernement ayant militarisé certains centres médicaux. Pénuries médicales aggravées par le blocus et arrestations dans les hôpitaux
Tragédie de Minab
La période est marquée par des pertes civiles massives qui suscitent une réprobation internationale, notamment le drame de l'école de Minab. Le 1er mars, une frappe, attribuée à la coalition américano-israélienne par l'UNESCO, a pulvérisé une école de filles à Minab, tuant environ 170 enfants.
ONU Femmes et des experts de l’ONU expriment leur vive inquiétude face à la mort d’écolières à Minab
Dans un contexte d’escalade des tensions militaires au Moyen-Orient et de préoccupations croissantes concernant les conséquences humanitaires du conflit, ONU Femmes a lancé une mise en garde sur les risques graves encourus par les civils, et plus particulièrement par les femmes et les filles.
ONU-Iran
4 mars 2026
L’ONU a lancé une alerte urgente contre des procès collectifs et condamnations à mort "accélérées" et des procédures de peine de mort "expéditives". Les autorités judiciaires iraniennes ont annoncé que les procès seraient organisés rapidement, avec des charges de "moharebeh" (guerre contre Dieu) passibles de l'exécution.
En 2025, l'Iran avait déjà atteint un record avec plus de 1 600 exécutions. Les experts de l’0NU craignent une accélération massive en mars pour "liquider" les dossiers des nouveaux prisonniers politiques.
Frappes sur la prison d’Evin et danger pour les détenus
3 mars 2026
Les environs de l’université Imam Hossein à Téhéran et une partie du mur d’enceinte de la prison d‘Evin ont été la cible de frappes aériennes. Des sections du mur de la prison ont été endommagées. Aucune information vérifiée n’a été communiquée concernant l’état des prisonniers ou d’éventuelles victimes.
Cet incident place une nouvelle fois la sécurité des personnes incarcérées à Evin, tout particulièrement celle des prisonniers politiques, notamment quelque 200 prisonnières politiques et des personnes interpellées lors du soulèvement de janvier, au cœur des préoccupations du public face à l’escalade des menaces militaires.
Détresse des détenues à Qarchak face à la guerre
5 mars 2026
Le personnel pénitentiaire a déserté les lieux, laissant les prisonniers, confrontées à la pénurie d’eau, derrière des portes verrouillées.
Plusieurs membres du personnel issus de divers services, notamment du corps médical, de l’infirmerie, de l’administration et même des unités de garde, auraient déserté leurs postes. Par conséquent, de nombreuses questions liées à la gestion et au bien-être des prisonnières restent dans l’incertitude. Les prisonnières dont environ 80 manifestantes, se plaignent du manque de réaction des autorités pénitentiaires face à une grave surpopulation ainsi qu’à une pénurie de ressources de base.
X, 8 mars 2026
« En cette Journée internationale des droits des femmes, je pense aux femmes et aux filles d'Iran qui devraient être parmi nous. Celles qui ont été tuées lors d'une frappe de missile sur une école primaire de filles. Celles qui sont détenues, disparues ou décédées en lien avec les manifestations nationales. Leurs histoires doivent rester dans les mémoires. »
Attaques contre des installations pétrolières à Téhéran et Karaj
Incendies massifs à Téhéran (Shahran), pluies acides signalées
HRANA/médias, 8 et 9 mars 2026
Suite aux frappes aériennes menées le soir du 7 mars contre plusieurs dépôts et installations pétrolières à Téhéran et Karaj, le ciel de la capitale s’obscurcit, d'importants incendies de réservoirs de stockage de carburant ont dégagé d'immenses quantités de fumée et de polluants dans le ciel de la capitale. Face à la persistance des incendies et à l'aggravation des risques respiratoires, les autorités ont également annoncé une réduction des quotas d'essence. Cette situation, conjuguée aux efforts croissants de certains habitants pour quitter Téhéran, pourrait entraver la circulation et les déplacements hors de la ville.
Déclaration des ONG alertant sur le risque d’exécution des prisonniers politiques comme en 1988
AFIF, 10 mars 2026
Une déclaration écrite conjointe soumise à l’ONU le 9 mars 2026 par Women's Human Rights International Association et 10 autres ONG dotées du statut consultatif spécial et cosignée par AFIF et d’autres associations, appelle la communauté internationale à agir : prévenir de nouveaux crimes, enquêter, préserver les preuves et renforcer les moyens de la mission d’enquête de l’ONU afin de garantir la responsabilité des auteurs et la justice pour les victimes.
Le texte dénonce une répression violente en Iran depuis fin 2025 : manifestations écrasées, milliers de morts, arrestations massives et coupure d’internet, pouvant constituer des crimes contre l’humanité.
Il souligne aussi le danger immédiat pour les prisonniers politiques, dont certains sont condamnés à mort ou risquent une exécution imminente à l’issue de procès injustes (aveux forcés, absence d’avocats) et met en garde contre une possible répétition des exécutions massives de 1988.
Rapport de la Mission d'Établissement des Faits (FFM) de l'ONU
11 mars 2026
La Mission d'enquête de l'ONU a averti dans un rapport accablant que l'ampleur de la répression institutionnalisée - incluant des meurtres de masse, des disparitions forcées et des actes de torture - pourrait constituer des crimes contre l'humanité. Le rapport souligne un ciblage systématique des minorités (Kurdes, Arabes Ahvazis et Bahaïs) sous couvert de sécurité nationale.
Répression transnationale - Menaces à l'étranger
L'ONU rapporte une extension de la répression transnationale, avec des menaces directes contre les familles de dissidents vivant en exil.
Au moins 90 citoyens arrêtés dans diverses provinces en lien avec la guerre
HRANA 14 mars
Ces 90 citoyens auraient été interpellés pour avoir diffusé des informations sur les frappes aériennes, critiqué l'implication du pays dans le conflit régional, ou simplement exprimé des doutes sur la gestion de la crise par les Gardiens de la Révolution (IRGC).
Destruction de l'île de Kharg
Le 14 mars 2026
Donald Trump a annoncé que les forces américaines avaient "oblitéré" les cibles militaires sur l'île de Kharg, le principal terminal pétrolier de l'Iran, paralysant ses capacités d'exportation.
Bilan Humanitaire de la 1ère quinzaine de mars
Plus de 1 300 morts et 10 000 blessés civils en Iran selon les autorités locales.
Une douzaine de civils tués par des missiles iraniens et des tirs du Hezbollah en Israël.
Près de 900 000 personnes déplacées dans toute la région en seulement deux semaines.
Les civils iraniens "pris en étau entre la guerre et la répression"
ONU Info, 16 mars 2026
Les Iraniens sont coincés entre la campagne militaire menée par les Etats-Unis et Israël et une répression persistante de leur propre gouvernement, a alerté lundi la Mission internationale indépendante d’enquête des Nations Unies sur l’Iran.
Selon les enquêteurs indépendants de l’ONU, ce conflit au Moyen-Orient a donné lieu en près de trois semaines à "des rapports de plus en plus nombreux faisant état de victimes civiles, y compris des enfants" en Iran.
Des hôpitaux, des écoles, des sites du patrimoine culturel et des zones résidentielles auraient été endommagés ou détruits, et de nombreux dépôts de pétrole ainsi qu’une usine de dessalement auraient été touchés, causant de graves préjudices aux civils.
"Aujourd’hui, le peuple iranien est pris en étau entre, d’une part, une campagne militaire de grande envergure menée par deux pays et, d’autre part, son propre gouvernement, connu depuis longtemps pour ses pratiques répressives", a déclaré la présidente de la Mission d’enquête.
"Si nous plaçons le peuple iranien au cœur de toute solution, l’escalade militaire doit cesser et toutes les parties doivent reprendre immédiatement le dialogue diplomatique", a déclaré Mai Sato. "La communauté internationale doit veiller à ce que la protection du peuple iranien reste une question de la plus haute priorité ". Dans cette perspective, elle a réaffirmé sa condamnation des frappes "illégales" menées contre l’Iran. "Le droit international ne s’applique pas de manière sélective", relevant que plus d’un millier de civils auraient été tués.
Ces conséquences s’ajoutent à une succession d’épreuves déjà subies par la population iranienne : "une escalade militaire, une répression, des manifestations nationales réprimées par la force meurtrière et des détentions massives - et avant même qu’elle ait pu reprendre son souffle, l’armée frappe à nouveau" .
Pour les Iraniens, les conséquences humaines sont immédiates et profondes. "Tués, détenus, déplacés et coupés du monde. Pris entre les sanctions et une répression implacable. Il y a eu tant de violence, et tant de morts", a insisté Mme Sato.
08 mars 2026
AFIF INFOS Février (2/2) 2026
Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
https://www.facebook.com/femmiran.afif
https://twitter.com/femmiran
linkedin.com/company/93846472/
Les cérémonies commémoratives du 40e jour pour des victimes du soulèvement national, organisées les 16 et 17 février, ont donné lieu à d’importantes cérémonies de recueillement dans de nombreuses villes.
Pris rapidement une dimension plus large, ces rassemblements se sont transformées en manifestations marquées par une forte expression de colère collective et par un défi politique assumé.
Au-delà du deuil, ces moments ont révélé la persistance d’une mobilisation populaire de poursuivre la contestation.
Le fait particulièrement marquant de ces commémorations a été le rôle central joué par les femmes. Leur présence visible et déterminée a souligné une fois de plus le rôle décisif qu’elles continuent de jouer, à la fois dans la transmission de la mémoire des victimes et dans la dynamique de mobilisation.
Zahra (Raha) Bahlouli Pour, tuée en janvier 2026 par les forces de sécurité
Parmi ces cérémonies, celle marquant le 40ème jour du décès de Zahra Bahlouli Pour, étudiante en langue italienne à l’Université de Téhéran et issue de la communauté turque qashqai, a revêtu une importance particulière. Elle s’est tenue dans sa ville natale de Firouzabad. La commémoration a rassemblé un grand nombre de femmes et de jeunes filles venues lui rendre hommage. Par leur présence et leur engagement, elles ont transformé ce moment de souvenir en un acte collectif de solidarité, de mémoire et d’espoir.
Des mineurs parmi les 30 personnes qui risquent la peine de mort en lien avec le soulèvement
UNICEF /Amnesty International, 19 et 20 février 2026
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a appelé, le 19 février, à la libération immédiate de tous les enfants détenus lors des manifestations en Iran et a souligné que la détention d’enfants sous toutes ses formes devait cesser.
Exprimant son inquiétude face au maintien en détention des enfants, l’agence onusienne a demandé un accès indépendant à ces derniers et a exhorté le régime iranien à respecter ses obligations au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant.
Amnesty International a annoncé qu’au moins 30 personnes, dont plusieurs mineurs, risquent d’être exécutées suite aux manifestations nationales de janvier 2026 et a appelé à l’arrêt immédiat des exécutions et à l’annulation des condamnations :
« Les autorités iraniennes démontrent une fois de plus leur mépris du droit à la vie et à la justice en brandissant la menace d'exécutions rapides et en prononçant des condamnations à mort lors de procès expéditifs, quelques semaines seulement après l'arrestation. En instrumentalisant la peine de mort, elles cherchent à semer la terreur et à briser le moral d'une population qui réclame un changement fondamental. »
https://www.amnesty.org.uk/latest/iran-urgent-action-children-among-30-at-risk-of-execution-after-grossly-unfair-uprising-related-trials/?utm_source=chatgpt.com
45% des manifestants étaient des étudiants de moins de 20 ans ; des enfants soumis à la torture et menacés d’exécution
wncri, 21 février 2026
Selon des informations publiées sur les réseaux sociaux et par des médias indépendants, des étudiants arrêtés ont fait face à des accusations fabriquées et à des aveux forcés. Dans les centres de détention, les autorités auraient recours à des méthodes sévères de torture pour extorquer des aveux, notamment des décharges électriques sur des parties sensibles du corps, des passages à tabac, l’utilisation de pinces, des tentatives de pénétration avec des tiges métalliques et des simulacres de noyade à l’aide d’eau et de tissus imbibés.
Ces abus seraient systématiques et non limités à une seule ville, bien que seule une fraction des cas ait été rendue publique.
Le 16 février, des informations ont fait état de la mort de deux sœurs âgées de 15 et 17 ans, à la suite de viols et d’actes de torture dans des centres de détention. Leur père a ensuite été arrêté dans le quartier de Khavaran à Téhéran.
Répression sécuritaire dans les écoles
Des agents du renseignement et des officiers en civil sont entrés dans des établissements scolaires à travers le pays, instaurant un climat de surveillance et d’intimidation.
Des enfants parmi les personnes condamnées à mort
Dans une déclaration publiée le 20 février 2026, des experts des United Nations ont appelé les autorités iraniennes à révéler le sort et le lieu de détention des personnes arrêtées, des victimes de disparition forcée et des personnes portées disparues depuis les manifestations, et à suspendre la prononciation et l’exécution des peines de mort liées aux manifestations.
L’exécution des femmes continue
Médias, 17 et 24 février 2026
La prisonnière Mina Nasirpour, 40 ans, a été exécutée le lundi 16 février 2026 à la prison centrale de Tabriz. Originaire d’Ardabil, avait été arrêtée il y a deux ans aux côtés de son mari pour des accusations liées aux stupéfiants. Tous deux avaient ensuite été condamnés à mort.
À l’aube du lundi 23 février 2026, Sohaila Asadi a été exécutée à la prison de Dastgerd, à Ispahan.
Âgée de 30 ans et originaire de Kachan, Sohaila Asadi avait été victime d’un mariage forcé. Arrêtée il y a environ quatre ans pour meurtre, elle avait été condamnée à la peine capitale à l’issue de la procédure judiciaire.
Au moment de cette publication, son exécution n’a été annoncée ni par les médias officiels iraniens, ni par aucune source gouvernementale.
Avec la pendaison de Sohaila Asadi le nombre de femmes exécutées au cours de l’année civile 2026 s’élève désormais à 10.
Conférence internationale "Le leadership des femmes ; une nécessité pour un Iran libre et une république démocratique"
wncri, 22 février 2026
A l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, cette conférence internationale s’est tenue le samedi 21 février, en présence de Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI et de dizaines de personnalités politiques et parlementaires d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine qui sont intervenues lors de cette conférence.
«La Journée internationale des femmes 2026 appartient aux femmes et aux jeunes qui ont pris d’assaut le principal bastion de la misogynie dans le monde aujourd’hui », a déclaré Mme Radjavi. Elle a appelé les femmes conscientes et éprises de liberté du monde entier à se tenir aux côtés des femmes d’Iran et à les soutenir.
En présentant des programmes et des plans précis, le CNRI a insisté sur le principe que les droits humains sont des droits des femmes et doivent être reconnus dans tous les domaines :
– de la liberté d’élire et d’être élue,
– au droit de choisir librement ses vêtements,
– à la liberté de travailler, au droit à l’activité politique, sociale et économique,
– au droit d’utiliser toutes les moyens artistiques et sportifs sans discrimination,
– à un salaire égal aux hommes pour un travail égal,
– à la liberté de choisir son conjoint,
– à l’égalité du droit au divorce et l’interdiction de toute exploitation sexuelle des femmes, sous quelque prétexte que ce soit.
L’Hiver Pourpre : 50 jours de manifestations nationales en Iran (2025-2026)
HRANA, 23 février 2026
Ce rapport exhaustif examine les événements survenus au cours des 50 premiers jours suivant le déclenchement des manifestations nationales en Iran le 28 décembre 2025. Il dresse un compte rendu détaillé du déroulement des événements et de la réponse de l'État de décembre 2025 à février 2026.
Fruit d'un travail de documentation coordonné et mené par plusieurs équipes (HRANA de HRA, Spreading Justice, le projet de documentation Pasdaran et le Département des statistiques), ce rapport d'environ 1350 pages constitue un enregistrement structuré de la phase initiale des manifestations nationales iraniennes de 2025-2026 et de la réaction de l'État.
. Une Mobilisation Nationale et Étudiante Sans Précédent
. Un Bilan Humain Catastrophique
. Arrestations Massives et Intimidation Judiciaire
. Une Quête Inébranlable pour la Justice
Les conclusions sont tirées de plus de 143330 rapports HRANA, issus de sources confidentielles et publiques, collectés, vérifiés et analysés durant cette période de cinquante jours.
ONU-Iran
Annalena Baerbock : les droits des femmes en Iran à l’ONU
24 février 2026
Lors de son point de presse au Palais des Nations à Genève, Annalena Baerbock, présidente de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a mis l’accent sur l’impérieuse nécessité de défendre les droits humains à l’échelle mondiale. Elle a notamment évoqué plusieurs cas de violations des droits des femmes, citant tout particulièrement la situation en Iran.
Elle a déclaré que les jeunes filles sont désormais traitées comme des êtres humains de seconde zone, une notion inexistante et inadmissible en droit international. Elle a également dénoncé le cas d’une femme en Iran, visée par des tirs au visage pour avoir simplement manifesté pacifiquement. Baerbock a placé la situation iranienne aux côtés d’autres exemples graves de violations des libertés et a réaffirmé la nécessité, pour la communauté internationale, de se mobiliser fermement contre les atteintes aux droits des femmes et des filles partout dans le monde.
Iran : 109ème mardi de grève de la faim dans 56 prisons contre la peine de mort
AFIF, 25 février 2026
Pour la 109ème semaine consécutive, la campagne "Non aux exécutions" a franchi une étape symbolique majeure. Le mardi 24 février, des détenus répartis dans 56 centres pénitentiaires à travers l'Iran ont observé une grève de la faim coordonnée pour dénoncer l'usage systématique de la peine capitale par le pouvoir judiciaire.
Ce mouvement de résistance non violente, initié au sein des prisons iraniennes, vise à alerter l'opinion internationale sur l'augmentation alarmante du nombre de condamnations à mort et d'exécutions à travers le pays. Initialement limitée à quelques établissements, la mobilisation s'étend désormais à 56 prisons, témoignant d'une organisation interne sans précédent malgré la surveillance stricte.
La mobilisation de ce mardi revêt une importance particulière car elle coïncide avec les cérémonies du 40ème jour marquant le deuil des nombreuses victimes du soulèvement de janvier 2026.
Cette synchronisation souligne d’une part l'unité des mouvements, un rapprochement croissant entre les prisonniers politiques et les manifestants à l'extérieur. D’autre part, le défi au régime : la contestation en milieu carcéral résonne désormais directement avec les aspirations des mouvements anti-gouvernementaux qui secouent le pays.
Cette 109ème journée n'est plus seulement un acte de protestation interne, mais le symbole d'une lutte nationale unifiée contre la machine judiciaire du régime.
Escalade de la répression universitaire en Iran
Vague de convocations et d’exclusions d’étudiants - 180 étudiants suspendus
Médias, 26 février 2026
Face à une mobilisation estudiantine qui ne faiblit pas, le régime iranien multiplie les mesures disciplinaires. En l'espace de 48 heures, au moins 180 étudiants ont été visés par des procédures d'exclusion temporaire, illustrant la fébrilité des autorités devant l'ampleur de la contestation.
Entre le lundi 23 et le mercredi 25 février, une vague de SMS a été adressée aux étudiants identifiés lors des récents rassemblements. Le message est sans équivoque : leur participation est jugée "contraire au règlement pédagogique et disciplinaire ".
Dans l'attente de leur comparution devant un conseil de discipline, ces étudiants font l'objet de mesures conservatrices immédiates : interdiction d’accès aux campus et aux salles de cours. Et suspension de l'accès aux services universitaires (bibliothèques, restaurants, logements).
Le mardi 24 février a marqué la 4ème journée consécutive de manifestations coordonnées, devenu un mouvement d'envergure touchant les principales facultés de Téhéran ainsi que plusieurs grandes villes de province.
Les slogans, de plus en plus explicitement anti-gouvernementaux, témoignent d'une rupture profonde entre la jeunesse et le pouvoir. Des heurts ont éclaté sur plusieurs sites universitaires entre les manifestants et les milices du Bassidj. Ces affrontements signalent une volonté du régime de briser la dynamique de groupe par la force, alors que l'agitation gagne des secteurs de plus en plus larges de la société académique.
28 février 2026
Premier jour de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran
Rapport initial sur l'ampleur des attaques et leurs conséquences humaines (HRANA)
Suite aux attaques militaires menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février 2026, les données préliminaires recueillies auprès de sources sur le terrain et dans les rapports publiés dressent le tableau d'une opération de grande envergure et en plusieurs phases : au moins 59 incidents recensés dans 18 provinces ; un minimum estimé à 333 victimes civiles ; des pertes militaires confirmées ; des dégâts aux infrastructures et aux centres éducatifs ; de graves perturbations d'Internet en plusieurs phases ; et une vague de réactions juridiques, politiques et humanitaires tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Iran.
La mort de plusieurs dizaines d'écolières à Minab
Le vice-gouverneur chargé des affaires politiques, sécuritaires et sociales de la province d'Hormozgan a annoncé qu'à la suite de frappes de missiles menées par l'armée israélienne sur le territoire iranien, une école primaire de filles nommée "Shajareh Tayyebeh" a été visée.
Cependant, le porte-parole du ministère de l'Éducation a annoncé par la suite que le bilan s'élevait à 53 morts et 63 blessés.
Ahmad Nafisi a ajouté : "Au cours de la matinée, dans cette école qui a été directement visée, 170 élèves étaient présents. Les opérations de déblaiement et de sauvetage des élèves sont en cours.
Volker Türk demande une enquête rapide, impartiale et approfondie sur les circonstances de cette attaque.
La responsabilité d’enquêter incombe aux forces qui ont mené cette attaque. Le Haut-Commissaire des
Nations unies aux droits de l'homme appelle à rendre publics les résultats de cette enquête et à veiller à ce que les victimes obtiennent justice et réparation.
Nations unies aux droits de l'homme appelle à rendre publics les résultats de cette enquête et à veiller à ce que les victimes obtiennent justice et réparation.
17 février 2026
AFIF INFOS Février (1/2) 2026
Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
Les Iraniens toujours en deuil national après la tuerie de janvier 2026 par le régime iranien sont inquiets des sorts de milliers de personnes, dont des mineures, arrêtées en lien avec les actions de protestation nationale déclenchées le 28 décembre 2025. Ces détenus sont exposées à des risques graves et imminents. Ils encourent la disparition forcée, la torture et d’autres mauvais traitements, la mort en détention, ainsi que des peines d’emprisonnement prolongées ou des exécutions arbitraires à l’issue de procès manifestement inéquitables, souvent devant des tribunaux révolutionnaires. La communauté internationale, doit réagir urgemment.
Des lauréats du prix Nobel appellent à l’action face à la répression en Iran, alors que les manifestations de janvier deviennent meurtrières
Iran Focus, 2 février 2026
Plus de 100 lauréats du prix Nobel ont publié une lettre ouverte condamnant ce qu’ils qualifient de violations massives des droits de l’homme en Iran, au cœur de la phase la plus sanglante des manifestations nationales depuis la révolution de 1979. Ils appellent les dirigeants du monde à prendre des mesures concrètes pour soutenir les manifestants.
Dans cette déclaration de janvier 2026, les lauréats du prix Nobel expriment leur vive inquiétude face aux violations flagrantes et choquantes des droits des citoyens et au recours à la force meurtrière contre les manifestants par les forces du régime.
Sit-in et manifestation des étudiants en mémoire des martyrs du soulèvement
Média, 1er au 3 février 2026
Alors que la résistance national en Iran se poursuit en février, le régime de Khamenei lance une campagne de représailles contre les professionnels de santé qui ont soigné et continue de soigner les blessés du massacre de janvier.
Face à cette brutalité, les campus sont devenus l’épicentre de contestation, bastions de la résistance.
Les étudiants des universités de médecine de Machhad , Chiraz, Téhéran et de la faculté d’odontologie de Tabriz, ont organisé des sit-in et des rassemblements. Ils scandaient " un étudiant peut mourir, mais n’accepte pas l’humiliation ! ", "libérez l’étudiant emprisonné! " , "libérez médecin honorable! ", "Liberté ! Liberté ! ", "À bas le dictateur! " …
" Ô mères d’Iran"
À travers le destin bouleversant d’une mère iranienne éprouvée par la répression de la théocratie au pouvoir, Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf donne voix à des femmes que le pouvoir iranien a voulu réduire au silence. Le destin de mère Ebrahimpour, un récit incarné, entre mémoire, deuil et résistance, au cœur de l’histoire contemporaine de l’Iran. (© Editions Intervalles)
Arrestation et disparition forcée de quatre sœurs à Téhéran
wncri 7 février 2026
Dans le contexte de la poursuite de la vague d’arrestations faisant suite aux manifestations nationales en Iran, des rapports font état de l’arrestation et de la disparition forcée continue de quatre sœurs à Téhéran. Des semaines après leur arrestation, leur lieu de détention et leur situation juridique demeurent inconnus.
Niusha Nakhai et Mona Nakhai ont été arrêtées il y a environ 26 jours, tandis que Kimia Davoudi et Tara Davoudi interpellées il y a près de trois semaines par les forces de sécurité et transférées vers des lieux non divulgués.
À ce jour, aucune information officielle n’a été communiquée concernant leur lieu de détention ni leur statut juridique, ce qui suscite de vives inquiétudes quant à la possibilité de lourdes condamnations à son encontre.
Marche et rassemblement des Iraniens à Berlin pour la démocratie et contre toutes les formes de dictature
wncri, Iran Focus, 8 février 2026
Le 7 février 2026, des dizaines de milliers d’Iraniens et de soutiens de la Résistance iranienne se sont rassemblés à Berlin pour réclamer une république démocratique, laïque et non nucléaire en Iran. Coïncidant avec l’anniversaire de la révolution de 1979, la manifestation a affirmé un rejet net à la fois du régime théocratique actuel et de tout retour à la monarchie.
Un slogan central - " À bas l’oppresseur, qu’il soit Chah ou Guide suprême " - a symbolisé cette position, soulignant que le peuple iranien refuse de remplacer une dictature par une autre.
Plusieurs personnalités internationales, dont Charles Michel, Mike Pompeo et d’anciens responsables allemands, ont soutenu l’existence d’une alternative politique organisée et appelé à une politique internationale plus ferme face au régime iranien, notamment par des sanctions, la défense des droits humains et la liberté d’information.
Ils ont exprimé leur soutien au CNRI et au plan démocratique en 10 points de Maryam Rajavi, qui prévoit notamment le suffrage universel, la séparation religion–État, l’abolition de la peine de mort et l’égalité femmes-hommes.
Des représentants de minorités et de la société civile iranienne ont insisté sur le pluralisme, les droits des femmes, la fin de la censure et la nécessité d’un changement mené par les Iraniens eux-mêmes. Le rassemblement a illustré la mobilisation durable de la diaspora iranienne et sa volonté de relier son action aux luttes internes en Iran pour un changement politique profond.
"NON aux exécutions" نه_به_اعدام#
107ème mardi de grève hebdomadaire des prisonniers en Iran
AFIF, 10 février 2026
Les prisonniers participants à la grève de la faim dans la campagne des "Mardis contre exécutions" qui entre dans sa 107ème semaine ont publié un communiqué sur la détérioration des conditions carcérales, d’une part, et sur la forte hausse de l’application des sentences capitales depuis fin janvier en Iran, d’autre part.
Ils ont fait également état des centaines détenus qui sont exposés au risque de voir une peine de mort prononcée ou exécutée. Les grévistes demandent à leurs concitoyens de réitérer l’appel à l’arrêt des exécutions et continuer de protester.
Violations des droits humains en Iran,…
12 février 2026
L’oppression systémique, les traitements inhumains et les détentions arbitraires pratiqués par le régime en Iran.
Les députés condamnent les violences perpétrées par le régime iranien contre sa population, visant en particulier les acteurs de la société civile, les manifestants, les femmes, les minorités et communautés, ainsi que l’oppression des femmes. Ils appellent à la libération immédiate des femmes détenues, en particulier la lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi.
Ils expriment leur préoccupation à la lumière des informations selon lesquelles le bilan des victimes des récentes manifestations pourrait s’élever à environ 35 000 morts et avertissent que les actes documentés atteignent le seuil constitutif de crimes contre l’humanité. Ils appellent à ce que les atrocités fassent l’objet d’une documentation indépendante par les organes des Nations Unies et à ce que les éléments de preuve soient préservés en vue de poursuites ultérieures, soulignant la nécessité d’assurer la reddition de comptes par le biais des mécanismes judiciaires internationaux.
Dans la résolution, le Parlement demande la cessation immédiate de toutes les violences et de la répression exercées à l’encontre des civils, notamment les détentions arbitraires, les disparitions forcées et les actes de torture, et exhorte les autorités à mettre fin au harcèlement et aux poursuites engagées contre les médecins et les professionnels de santé qui dispensent des soins aux manifestants blessés.
Les députés réaffirment leur solidarité avec le peuple iranien et soulignent qu’il constitue la seule source légitime de souveraineté en Iran. Ils invitent le Conseil et la Commission à élargir le champ des sanctions ciblées. Ils exhortent en outre l’Union européenne et ses États membres à élaborer une stratégie de réponse visant à soutenir les familles des détenus et à empêcher l’utilisation délibérée par le régime iranien de la diplomatie des otages. Ils rappellent également que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), désigné par l’Union européenne comme organisation terroriste, joue un rôle central dans la répression.
La résolution a été adoptée par 524 voix pour, 3 voix contre et 41 abstentions.
ONU-Iran
Avertissement sévère de Mai Sato contre l’escalade des exécutions et de la répression
AFIF, 13 février 2026
Dans un message publiée sur Twitter, Rapporteuse spéciale de l’ONU a révélé que, dans les semaines précédant les manifestations nationales qui ont débuté le 28 décembre 2025, elle et d’autres experts de l’ONU avaient adressé plusieurs communications formelles aux autorités iraniennes concernant plusieurs affaires d’exécution et la dégradation des conditions de détention.
Dr. Mai Sato, a mis en garde contre une escalade de la répression en Iran à la suite de ces manifestations et a dénoncé des condamnations à mort prononcées à l’issue de procès expéditifs, l’usage d’aveux forcés, des conditions de détention inhumaines et un manque total de transparence sur le nombre de détenus, d’exécutés et de morts.
Elle avertit que des manifestants risquent désormais l’exécution et rappelle le coût humain de la crise à travers le témoignage d’un adolescent tué.
Huit femmes exécutées en 2026 en Iran
HRANA/wncri, 15 février 2026
Accusée de meurtre, la prisonnière Esmat Najafi, a été pendu au matin du dimanche 15 février à la prison de Qom
Une autre détenue, Shahla Dolatabadi a été pendue à l’aube du 9 février à la prison de Kerman. Elle a été condamnée à la peine capitale pour homicide.
Selon des rapports récemment publiés, l’exécution de Shahnaz Javadi, avait déjà eu lieu le 12 octobre 2025 à la prison de Na’in. Elle avait été condamnée à mort pour des accusations liées à des infractions à la législation sur les stupéfiants.
Une autre prisonnière, Mahnaz Roshani, avait été pendue le 31 janvier 2026 à la prison de Dastgerd, à Ispahan.
Ces pendaisons porte le nombre de femmes exécutées au cours de l’année civile 2026 à 8.
50ème jour des manifestations : intensification des poursuites pour atteinte à la sécurité et incertitude quant au statut des détenus
HRANA, 15 et 16 février 2026
D'après les dernières données agrégées, au 50ème jour des manifestations, le nombre total de décès confirmés s'élève à 7015. Parmi eux, 6 508 personnes ont été recensées comme "manifestants". 226 des victimes étaient mineures. Par ailleurs, 214 membres des forces armées ou gouvernementales et 67 personnes "non militaires et non manifestantes" ont également perdu la vie. 11 744 cas sont encore en cours d'investigation.
Alors que les arrestations massives par les forces de sécurité se poursuivent, l’identité des 13 personnes interpellées en lien avec les manifestations, dont 8 adolescents, dans plusieurs villes, a été confirmée.
Inscription à :
Commentaires (Atom)