17 février 2026

AFIF INFOS Février (1/2) 2026

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE

Les Iraniens toujours en deuil national après la tuerie de janvier 2026 par le régime iranien sont inquiets des sorts de milliers de personnes, dont des mineures, arrêtées en lien avec les actions de protestation nationale déclenchées le 28 décembre 2025.  Ces détenus sont exposées à des risques graves et imminents. Ils encourent la disparition forcée, la torture et d’autres mauvais traitements, la mort en détention, ainsi que des peines d’emprisonnement prolongées ou des exécutions arbitraires à l’issue de procès manifestement inéquitables, souvent devant des tribunaux révolutionnaires. La communauté internationale, doit réagir urgemment.


Des lauréats du prix Nobel appellent à l’action face à la répression en Iran, alors que les manifestations de janvier deviennent meurtrières
Iran Focus, 2 février 2026 
Plus de 100 lauréats du prix Nobel ont publié une lettre ouverte condamnant ce qu’ils qualifient de violations massives des droits de l’homme en Iran, au cœur de la phase la plus sanglante des manifestations nationales depuis la révolution de 1979. Ils appellent les dirigeants du monde à prendre des mesures concrètes pour soutenir les manifestants.
Dans cette déclaration de janvier 2026, les lauréats du prix Nobel expriment leur vive inquiétude face aux violations flagrantes et choquantes des droits des citoyens et au recours à la force meurtrière contre les manifestants par les forces du régime.

Sit-in et manifestation des étudiants en mémoire des martyrs du soulèvement
Média, 1er au 3 février 2026
Alors que la résistance national en Iran se poursuit en février, le régime de Khamenei lance une campagne de représailles contre les professionnels de santé qui ont soigné et continue de soigner les blessés du massacre de janvier.
Face à cette brutalité, les campus sont devenus l’épicentre de contestation, bastions de la résistance.
Les étudiants des universités de médecine de Machhad , Chiraz, Téhéran et de la faculté d’odontologie de Tabriz, ont organisé des sit-in et des rassemblements. Ils scandaient " un étudiant peut mourir, mais n’accepte pas l’humiliation ! ",  "libérez l’étudiant emprisonné! " , "libérez médecin honorable! ", "Liberté ! Liberté !  ", "À bas le dictateur! " …

" Ô mères d’Iran"
À travers le destin bouleversant d’une mère iranienne éprouvée par la répression de la théocratie au pouvoir, Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf donne voix à des femmes que le pouvoir iranien  a voulu réduire au silence. Le destin de mère Ebrahimpour, un récit incarné, entre mémoire, deuil et résistance, au cœur de l’histoire contemporaine de l’Iran. (© Editions Intervalles)

Arrestation et disparition forcée de quatre sœurs à Téhéran
wncri 7 février 2026
Dans le contexte de la poursuite de la vague d’arrestations faisant suite aux manifestations nationales en Iran, des rapports font état de l’arrestation et de la disparition forcée continue de quatre sœurs à Téhéran. Des semaines après leur arrestation, leur lieu de détention et leur situation juridique demeurent inconnus.
Niusha Nakhai et Mona Nakhai ont été arrêtées il y a environ 26 jours, tandis que Kimia Davoudi et Tara Davoudi interpellées il y a près de trois semaines par les forces de sécurité et transférées vers des lieux non divulgués.
À ce jour, aucune information officielle n’a été communiquée concernant leur lieu de détention ni leur statut juridique, ce qui suscite de vives inquiétudes quant à la possibilité de lourdes condamnations à son encontre.

Marche et rassemblement des Iraniens à Berlin pour la démocratie et contre toutes les formes de dictature
wncri, Iran Focus, 8 février 2026
Le 7 février 2026, des dizaines de milliers d’Iraniens et de soutiens de la Résistance iranienne se sont rassemblés à Berlin pour réclamer une république démocratique, laïque et non nucléaire en Iran. Coïncidant avec l’anniversaire de la révolution de 1979, la manifestation a affirmé un rejet net à la fois du régime théocratique actuel et de tout retour à la monarchie.
Un slogan central - " À bas l’oppresseur, qu’il soit Chah ou Guide suprême " - a symbolisé cette position, soulignant que le peuple iranien refuse de remplacer une dictature par une autre. 
Plusieurs personnalités internationales, dont Charles Michel, Mike Pompeo et d’anciens responsables allemands, ont soutenu l’existence d’une alternative politique organisée et appelé à une politique internationale plus ferme face au régime iranien, notamment par des sanctions, la défense des droits humains et la liberté d’information.
Ils ont exprimé leur soutien au CNRI et au plan démocratique en 10 points de Maryam Rajavi, qui prévoit notamment le suffrage universel, la séparation religion–État, l’abolition de la peine de mort et l’égalité femmes-hommes.
Des représentants de minorités et de la société civile iranienne ont insisté sur le pluralisme, les droits des femmes, la fin de la censure et la nécessité d’un changement mené par les Iraniens eux-mêmes. Le rassemblement a illustré la mobilisation durable de la diaspora iranienne et sa volonté de relier son action aux luttes internes en Iran pour un changement politique profond.

"NON aux exécutions"      نه_به_اعدام#
107ème mardi de grève hebdomadaire des prisonniers en Iran 
AFIF, 10 février 2026 
Les prisonniers participants à la grève de la faim dans la campagne des "Mardis contre exécutions" qui entre dans sa 107ème semaine ont publié un communiqué sur  la détérioration des conditions carcérales, d’une part, et sur la forte hausse de l’application des sentences capitales depuis fin janvier en Iran, d’autre part. 
Ils ont fait également état des centaines détenus qui sont exposés au risque de voir une peine de mort prononcée ou exécutée. Les grévistes demandent à leurs concitoyens de réitérer l’appel à l’arrêt  des exécutions  et continuer de protester. 

Violations des droits humains en Iran,…
12 février 2026
L’oppression systémique, les traitements inhumains et les détentions arbitraires pratiqués par le régime en Iran.
Les députés condamnent les violences perpétrées par le régime iranien contre sa population, visant en particulier les acteurs de la société civile, les manifestants, les femmes, les minorités et communautés, ainsi que l’oppression des femmes. Ils appellent à la libération immédiate des femmes détenues, en particulier la lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi.
Ils expriment leur préoccupation à la lumière des informations selon lesquelles le bilan des victimes des récentes manifestations pourrait s’élever à environ 35 000 morts et avertissent que les actes documentés atteignent le seuil constitutif de crimes contre l’humanité. Ils appellent à ce que les atrocités fassent l’objet d’une documentation indépendante par les organes des Nations Unies et à ce que les éléments de preuve soient préservés en vue de poursuites ultérieures, soulignant la nécessité d’assurer la reddition de comptes par le biais des mécanismes judiciaires internationaux.
Dans la résolution, le Parlement demande la cessation immédiate de toutes les violences et de la répression exercées à l’encontre des civils, notamment les détentions arbitraires, les disparitions forcées et les actes de torture, et exhorte les autorités à mettre fin au harcèlement et aux poursuites engagées contre les médecins et les professionnels de santé qui dispensent des soins aux manifestants blessés.
Les députés réaffirment leur solidarité avec le peuple iranien et soulignent qu’il constitue la seule source légitime de souveraineté en Iran. Ils invitent le Conseil et la Commission à élargir le champ des sanctions ciblées. Ils exhortent en outre l’Union européenne et ses États membres à élaborer une stratégie de réponse visant à soutenir les familles des détenus et à empêcher l’utilisation délibérée par le régime iranien de la diplomatie des otages. Ils rappellent également que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), désigné par l’Union européenne comme organisation terroriste, joue un rôle central dans la répression.
La résolution a été adoptée par 524 voix pour, 3 voix contre et 41 abstentions. 

ONU-Iran
Avertissement sévère de Mai Sato contre l’escalade des exécutions et de la répression 
AFIF, 13 février 2026
Dans un message publiée sur Twitter, Rapporteuse spéciale de l’ONU a révélé que, dans les semaines précédant les manifestations nationales qui ont débuté le 28 décembre 2025, elle et d’autres experts de l’ONU avaient adressé plusieurs communications formelles aux autorités iraniennes concernant plusieurs affaires d’exécution et la dégradation des conditions de détention.
Dr. Mai Sato, a mis en garde contre une escalade de la répression en Iran à la suite de ces manifestations et a dénoncé des condamnations à mort prononcées à l’issue de procès expéditifs, l’usage d’aveux forcés, des conditions de détention inhumaines et un manque total de transparence sur le nombre de détenus, d’exécutés et de morts. 
Elle avertit que des manifestants risquent désormais l’exécution et rappelle le coût humain de la crise à travers le témoignage d’un adolescent tué.

Huit femmes exécutées en 2026 en Iran
HRANA/wncri, 15 février 2026
Accusée de meurtre, la prisonnière Esmat Najafi, a été pendu au matin du dimanche 15 février à la prison de Qom
Une autre détenue, Shahla Dolatabadi a été pendue à l’aube du 9 février à la prison de Kerman. Elle a été condamnée à la peine capitale pour homicide. 
Selon des rapports récemment publiés,  l’exécution de Shahnaz Javadi, avait déjà eu lieu le 12 octobre 2025 à la prison de Na’in. Elle avait été condamnée à mort pour des accusations liées à des infractions à la législation sur les stupéfiants.
Une autre prisonnière, Mahnaz Roshani, avait été pendue le 31 janvier 2026 à la prison de Dastgerd, à Ispahan.
Ces pendaisons porte le nombre de femmes exécutées au cours de l’année civile 2026 à 8.

50ème  jour des manifestations : intensification des poursuites pour atteinte à la sécurité et incertitude quant au statut des détenus 
HRANA, 15 et 16 février 2026
D'après les dernières données agrégées, au 50ème jour des manifestations, le nombre total de décès confirmés s'élève à 7015. Parmi eux, 6 508 personnes ont été recensées comme "manifestants". 226 des victimes étaient mineures. Par ailleurs, 214 membres des forces armées ou gouvernementales et 67 personnes "non militaires et non manifestantes" ont également perdu la vie. 11 744 cas sont encore en cours d'investigation. 
Alors que les arrestations massives par les forces de sécurité se poursuivent, l’identité des 13 personnes interpellées en lien avec les manifestations, dont 8 adolescents, dans plusieurs villes, a été confirmée.

02 février 2026

AFIF INFOS Janvier (2/2) 2026

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE


"Pire meurtre de masse de l’histoire contemporaine de l’Iran"
35 jours après le déclenchement des manifestations nationales qui a ébranlé le régime iranien,  la répression continue. Un rapport de médecins en Iran fait état d’au moins 16 500 personnes tuées et plus de 330 000 blessées, ces chiffres continuaient d’augmenter et que la coupure d’Internet empêchait toute vérification. 
Une intensification des pressions sur les médecins, le personnel médical et les avocats marquée par une vague d'arrestations, souvent ciblées et sporadiques dans plusieurs villes, de harcèlement judiciaire, avec le recours continu à des tactiques répressives telles que la diffusion d'"aveux forcés ".

ONU-Iran
Réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur l'escalade en Iran
un.org, 15 janvier 2026 
Le Conseil de sécurité fait le point sur la situation en Iran, alors que le pays est secoué depuis la fin décembre par un mouvement de contestation nationale violemment réprimé et que Washington a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'une action militaire contre Téhéran pour protéger les manifestants. 

39e session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme
ohchr.org, 23 janvier 2026
À l’issue de sa 39ème session extraordinaire, consacrée à "la détérioration de la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran", le Conseil des droits de l’homme a adopté  le 23 janvier 2026 une résolution (A/HRC/S.39/L) par laquelle il déplore vivement la répression violente des manifestations pacifiques en Iran, qui a entraîné la mort de milliers de personnes et fait de nombreux blessés, ainsi que l’arrestation et la détention arbitraires de milliers de personnes en lien avec les manifestations nationales qui ont débuté le 28 décembre 2025.
Le texte a été adopté par 25 voix pour, 7 voix contre et 14 abstentions
Le Conseil, tout en prolongeant de 2 ans le mandat de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur la République islamique d’Iran, prie ladite Mission de mener d’urgence une enquête sur les allégations de violations graves des droits de l’homme et de crimes commis dans le contexte des manifestations, y compris en vue d’éventuelles poursuites judiciaires. Le Conseil a en outre prolongé d’un an le mandat de Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Iran.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé vendredi la répression meurtrière des manifestations en Iran qui a entraîné la mort de" milliers de personnes, dont des enfants".
La rapporteuse spéciale Mai Sato a fait état de 20.000 tuées lors des manifestations a affirmé que le moment était venu pour la communauté internationale de réagir et de soutenir le peuple iranien dans sa quête de droits fondamentaux et de reddition de comptes.
Sara Hossain, présidente de la Mission a insisté sur l’importance de rassembler des preuves pour déterminer si des crimes au regard du droit international, y compris des crimes contre l'humanité, ont été commis. Les auteurs et les structures étatiques qui ont permis les violences observées doivent être identifiés et tenus pour responsables.

Tedros Adhanom Ghebreyesus (OMS)  
«…Ces derniers jours, des agressions contre des soignants ont été signalées, et au moins cinq médecins ont été arrêtés alors qu'ils soignaient des patients blessés. J'exige la libération de tout soignant détenu. Le personnel de santé ne devrait jamais subir d'intimidation.
OMS  a confirmé que l'hôpital Khomeini, à Ilam( ouest) du pays, a été attaqué début janvier. Des violences ont été signalées à l'intérieur et aux alentours de l'établissement suite au transfert de blessés vers l'hôpital. Les services et l'approvisionnement médicaux ont été perturbés.
De nombreux établissements de santé ont été endommagés à travers l'Iran ces dernières semaines, notamment 10 postes de secours préhospitaliers, où plus de 50 ambulanciers ont été blessés et plus de 200 ambulances endommagées. Des gaz lacrymogènes auraient également été utilisés à l'hôpital Sina de Téhéran.
La crise récente a mis à rude épreuve le système de santé…
La santé ne doit jamais être prise pour cible. »

L’UE inscrit les gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes
AFP/Reuters, 29 janvier 2026 
L’Union européenne a décidé, jeudi 29 janvier, d’ajouter les gardiens de la révolution en Iran à la liste des organisations terroristes de l’UE. Cette décision devrait être entérinée sous peu par le Conseil Européen. Une décision "historique", qui répond à la répression des manifestations qui secouent l'Iran. Kaja Kallas, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a affirmé que "la répression ne pouvait rester sans réponse". Considérés comme terroristes, le CGRI est mis "sur un pied d'égalité avec Daech, et Al-Qaïda", assure l'UE.
Dans le même temps, l’UE a adopté de nouvelles sanctions visant des responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur et des dirigeants des gardiens de la révolution impliqués dans la répression violente. Au total, 21 personnes et entités sont concernées par des mesures de gel des avoirs et d’interdiction d’entrée sur le territoire de l’Union.
Le Conseil de l’Union européenne a aussi imposé de nouvelles mesures restrictives en réponse aux graves violations des droits humains et au soutien continu de l’Iran à l’agression en Ukraine. 

Blocage d’internet en Iran : que dit le droit international ?
Le Club des juristes, 29 janvier 2026 
Après près d’un mois de blocage généralisé de l’accès à internet en Iran, décidé par les autorités en réponse aux manifestations, la connexion commence à être progressivement rétablie dans le pays. Ces coupures limitent les communications de la population et ont porté atteinte aux droits de l’homme.

Quatre femmes pendues en janvier 2026 en Iran
En parallèle des manifestations à l’échelle nationale et du blackout prolongé et généralisé d’Internet, la vague d’exécutions continue  en Iran.
. Tayyebeh Hekmat, 53 ans et mère de trois enfants, a été exécutée à la prison centrale de Zandjan à l’aube du mardi 6 janvier 2026. Elle avait été arrêtée il y a environ 7 ans pour le meurtre de son mari et condamnée au qesas.
. Arrêtée pour des accusations liées à des infractions en matière de stupéfiants, Soheila Azizi a été pendue à  l’aube du mercredi matin 7 janvier à la prison de Vakilabad, à Machhad.
. Condamnée à mort pour des accusations de meurtre, la prisonnière  Akram Rezaei a été exécutée le mardi 13 janvier 2026 à la prison de Rasht. 
. Kimia Khani a été pendue à l’aube du lundi 19 janvier, à la prison centrale d’Ispahan. Elle a été condamnée à mort pour des accusations liées à la drogue.

20 janvier 2026

AFIF INFOS Janvier (1/2) 2026

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE

Mouvement de contestation nationale
L’Iran vient de connaître l’une de ses vagues de protestation les plus importantes et sanglantes de ces dernières années. Déclenchée le 28 décembre dans le bazar de Téhéran par des protestations contre une crise économique aiguë, la mobilisation a rapidement dépassé ses revendications initiales pour se transformer en un mouvement national ouvertement politique, défiant clairement la théocratie en place depuis 1979.
Cette politisation progressive s’est accompagnée d’un élargissement géographique sans précédent, d’une répression particulièrement violente de la part du régime et d’un blackout informationnel visant à contenir la diffusion du mouvement. 
Les conséquences humaines, sociales et politiques restent majeures et continuent de se déployer. 


1–7 janvier 2026 : montée de la contestation et répression accrue
Violence des forces de l’ordre
Les autorités ont utilisé des balles réelles, gaz lacrymogènes, canons à eau, et pellet guns contre les protestataires, entraînant de nombreuses blessures et des dizaines de morts dès les premiers jours de janvier. 
Des attaques contre des hôpitaux pour capturer ou disperser des blessés ont été signalées, ce qui constitue une violation directe du droit international humanitaire. 
Arrestations massives 
Des centaines voire des milliers de personnes ont été arbitrairement arrêtées, y compris des enfants et des étudiants universitaires. 

8–12 janvier 2026 : blackout internet, bilan humain en forte hausse
Coupure des communications 
À partir du 8 janvier, les autorités ont imposé un blackout complet d’internet, limitant l’accès à l’information et entravant la documentation des violations. 
Le bilan humain s’est rapidement aggravé :
Certaines ONG rapportent au moins 648 personnes tuées, dont des enfants, avec des estimations non vérifiées visant plusieurs milliers de morts. 
D’autres chiffres, encore non confirmés officiellement, font état d’environ 2 000 décès dans le contexte du mouvement et de la répression. 

Sanctions et condamnations internationales 
L’Union européenne envisage de nouvelles sanctions ciblées contre les responsables de la répression en Iran. 
La France a convoqué l’ambassadeur d’Iran, dénonçant une répression "intolérable et inhumaine". 

13–15 janvier 2026 : premières menaces d’exécution et réactions internationales
Cas emblématique d’Erfan Soltani 
Arrêté le 10 janvier à son domicile, Erfan Soltani, un manifestant de 26 ans, le premier protestataire condamné à mort. Son procès aurait été expéditif, sans accès approprié à un avocat. 
Rassemblements gouvernementaux 
Pour contrer l’image de protestation dominante, le régime a organisé de manifestations pro-gouvernementales, avec la participation de hauts responsables, dénonçant les protestataires comme des "saboteurs" et "terroristes :"
Des appels internationaux, y compris des menaces de frappes de la part des États-Unis puis de sanctions supplémentaires, ont été lancés  pour faire pression sur Téhéran. 

Des estimations non vérifiées font état de 5 000 à 20 000 morts. En raison de la coupure totale d’Internet et des restrictions sévères d’accès à l’information, la vérification indépendante de ces chiffres est actuellement extrêmement difficile. Il faut également de vérifier les informations faisant état de meurtres survenus au début des manifestations.

50 000 personnes ont été arrêtées et détenues dans tout le pays du 28
décembre au 14 janvier, selon OMPI. Un chiffre basé sur des enquêtes détaillées et spécifiques menées dans 144 villes et à des récits dans 76 villes, recueillis auprès de témoins oculaires, de familles, d’employés locaux et de personnes arrêtées. 
Certains des groupes de personnes arrêtées en masse sur les lieux des manifestations ont été relâchés par la suite, mais leur nombre exact reste incertain
Les arrestations, y compris par surprise lors des descentes aux domiciles, des rafles dans des quartiers et sur des lieux de travail et de commerce fermés, se poursuivent.

L’inquiétude persiste quant au nombre important de condamnations à mort prononcées selon des procédures accélérées, notamment en cas de jugement sommaire. Suite aux déclarations publiques du chef du pouvoir judiciaire appelant à l’exécution rapide des peines de mort contre les manifestants, le ministre de la Justice a déclaré le 14 janvier que toute personne interpellée dans la rue entre le 8 et le 11 janvier serait considérée comme un criminel.


Plus de 20 jours après le début des manifestations antigouvernementales à travers l'Iran, des témoignages sur l'ampleur de la répression sanglante des manifestations, transmis par téléphone, par internet satellite ou des personnes ayant récemment quitté le pays, continuent. Ils révèlent l'ampleur de la répression et la tuerie systématique de manifestants surtout entre le 8 et le 11 janvier à travers le pays.
Des informations provenant de nombreuses villes iraniennes font état d'un déploiement important des forces de sécurité et militaires dans les zones urbaines. Des mesures assimilables à un état de siège de facto, incluant de sévères restrictions de circulation dès le soir, auraient été imposées. 

Appel à une action urgente dans le cadre du droit international
Rappelant les obligations de la communauté internationale, nous appelons à une action urgente dans le cadre du droit international.
Les autorités,  individus et institutions qui agissent sous l’autorité d’Ali Khamenei ont commis l'un des crimes les plus atroces et graves de l’histoire de l’Iran. La communauté internationale a le devoir d'agir immédiatement pour empêcher la poursuite de ces massacres. Le peuple iranien a besoin d'aide de toute urgence.  


06 janvier 2026

AFIF INFOS Décembre (2/2) 2025

Bulletin bimensuel d’informations sur les droits humains en Iran
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE
                                                                         
Plus de 2200 exécutions dans 91 villes en 2025
64 femmes, 13 exécutions publiques
un record sinistre après 37 ans de répression par le régime iranien
Ces données indiquent un recours accru à la peine de mort comme instrument de répression, dont l’inefficacité est illustrée par les mouvements de protestation observés à la fin de l’année 2025 qui continuent et prend l’ampleur.

Maryam Akbari Monfared privée de soins en prison, risque d’opération du genou
wncri, 18 décembre 2025 
Maryam Akbari Monfared, prisonnière politique de longue date, détenue actuellement à la prison de Qarchak, est privée d’un accès régulier à des soins médicaux spécialisés, malgré les avertissements de son médecin sur les risques graves pour sa santé, pouvant aller jusqu’à une intervention chirurgicale au genou. 
Bien que son transfert vers des centres spécialisés ait été approuvé par les autorités compétentes, l’administration pénitentiaire conditionne la poursuite de son traitement à des structures publiques inadaptées et ignore sa demande de soins appropriés à ses frais.
Cette mère de trois filles, arrêtée en 2009 a purgé 15 années d’emprisonnement en exil. Elle a été transférée à la prison de Qarchak en novembre 2024, afin de commencer l’exécution d’une nouvelle peine de 2 ans pour "propagande contre le régime et diffusion de fausses informations".
Des membres de sa famille ont également été victimes des exécutions massives des années 1980, notamment du massacre des prisonniers politiques de 1988. 
Après Zeynab Jalalian, Maryam Akbari Monfared  figure parmi des prisonnières politiques les plus anciennement détenues en Iran. 

"Droits humains, résistance et réalités contemporaines"
Conférence sur l’Iran à la Sorbonne - 16 décembre 2025
CSDHI/AFIF, 19 décembre 2025 
La branche Droits humains de Sorbonne ONU (SONU) a organisé, le 16 décembre 2025 à Sorbonne Université, une conférence consacrée à la situation des droits humains en Iran, aux dynamiques de la résistance et aux réalités politiques et sociales contemporaines du pays.
La conférence, co-modérée par les responsables de la branche Droits humains de SONU, et a réuni des représentantes de la société civile dont CSDHI et AFIF, des expertes, ainsi que des témoins directs, offrant une approche à la fois analytique, politique et profondément humaine.
Les échanges ont porté sur la crise persistante des droits humains en Iran, la mémoire du massacre de 1988, la recrudescence alarmante des exécutions, ainsi que le rôle central des femmes dans les mobilisations actuelles. Le débat a également souligné l’importance du rôle de la diaspora iranienne et de la mobilisation internationale pour freiner la répression et exiger des mécanismes de responsabilité. 

Un étudiant en architecture exécuté pour espionnage
ONG des droits humains, 21 décembre 2025 
Le régime iranien a exécuté Aqil Keshavarz, étudiant en architecture à l’université de Shahrud, accusé d’"espionnage au profit d’Israël". Arrêté au printemps 2025, en pleine guerre de 12 jours avec Israël, il aurait été détenu à l’isolement, interrogé et torturé pour obtenir des aveux. Malgré les inquiétudes et appels lancés par des médias étudiants et des ONG, sa condamnation à mort a été confirmée par la Cour suprême et l’exécution a eu lieu le 20 décembre 2025, après une dernière visite de sa famille.
Cette exécution a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et s’inscrit dans une répression plus large : les autorités iraniennes affirment avoir arrêté plus de 700 personnes pour espionnage présumé, tandis que des ONG alertent sur des dizaines de détenus politiques menacés de la peine de mort, suscitant de fortes critiques internationales.

Hausse sans précédent et alarmante des exécutions de femmes en Iran
Un record mondial mortifère
CSDHI, 22 décembre 2025 
Compte tenu de l’exécution d’au moins 61 femmes en 2025 jusqu’à la mi-décembre, parallèlement à
1791 exécutions au total à la fin novembre, la communauté internationale doit :
. exiger l’arrêt immédiat des exécutions et l’instauration d’un moratoire sur la peine de mort en Iran ;
. réclamer une transparence totale, incluant la publication des noms, dates, lieux et procédures judiciaires de toutes les exécutions ;
. engager de toute urgence des mécanismes internationaux pour protéger les femmes condamnées à mort, en particulier dans les affaires sécuritaires, et pour traduire les responsables en justice.

"Femme, Résistance, Liberté" 
Appel de 400 femmes influentes pour empêcher l’exécution de Zahra Tabari en Iran
JVMI, 23 décembre 2025
Plus de 400 femmes influentes du monde entier – lauréates du prix Nobel, anciennes présidentes et premières ministres, parlementaires, rapporteuses spéciales de l’ONU, personnalités des médias, icônes du sport et éminentes défenseures des droits humains – ont signé une déclaration publique urgente appelant à la libération immédiate d’une militante des droits des femmes condamnée à mort en Iran. Zahra Tabari, une Iranienne de 67 ans, mère de famille et ingénieure, risque d’être exécutée pour avoir brandi une banderole portant l’inscription "Femme, Résistance, Liberté".
Le 7 juillet 2025, les médias d’État iraniens ont appelé à une répétition du massacre de prisonniers politiques de 1988. Depuis lors, le nombre d’exécutions politiques et de condamnations à mort a connu une forte augmentation.
L’appel visant à empêcher l’exécution de Tabari a été lancé par l’organisation Justice pour les victimes du massacre de 1988 en Iran (JVMI).
Parmi les personnalités qui ont soutenu cet appel figurent huit anciennes cheffes d’État ou de gouvernement, trois anciennes ministres de la Justice et des parlementaires de quatorze pays.

Amnesty International demande la libération immédiate d’un adolescent baloutche de 16 ans emprisonné
Amnesty International, 19 décembre 2025 
Les autorités du régime iranien sont exhortés à libérer immédiatement Mahmoud Baluchi Razi, un adolescent baloutche de 16 ans. Selon l’organisation de défense des droits humains, il a été arrêté arbitrairement il y a environ 2 semaines et soumis à la torture et à d’autres mauvais traitements afin de contraindre son père à se rendre.
Mahmoud Baluchi Razi a été arrêté le 7 décembre dans son école du comté de Nikshahr (Sistan-et-Baloutchistan), par des agents du ministère du Renseignement, refusant pendant plusieurs jours de révéler à sa famille son sort et son lieu de détention, les autorités l’ont exposé à une disparition forcée.

Prison d'Evin : Les détenues politiques sont confrontées à une grave crise sanitaire et à des conditions insalubres
iranhrs.org/wncri, 24 et 26 décembre 2025
Une part importante des prisonnières politiques d'Evin souffrent de maladies graves, parfois incurables, mais sont privées d'un accès régulier à des médecins spécialistes, à des médicaments et à des services médicaux.
Environ 60 prisonnières politiques sont actuellement détenues dans le quartier des femmes de la prison d’Evin. Des rapports en provenance du quartier des femmes font état d'une situation sanitaire et médicale préoccupante pour les prisonnières politiques. Cette situation est marquée par la propagation de maladies graves, le manque de soins médicaux et des conditions d'insalubrité extrême. Ces conditions, en particulier pour les détenues âgées et celles souffrant de maladies chroniques, représentent un danger grave et immédiat.
Une alimentation insuffisante et le manque de denrées alimentaires adéquates, notamment de fruits et de légumes frais, sont identifiés comme des facteurs contribuant à leur état.
L’état physique Fatemeh Ziaii, Shiva Esmaili et Marzieh Farsi est extrêmement préoccupant. Zahra Safaei, atteinte d’une maladie cardiaque et porteuse de deux stents, n’a subi aucun examen médical depuis plus de sept mois et souffre de douleurs cardiaques sévères. Elaheh Fouladi souffre de graves problèmes au genou, notamment d’une masse importante, d’une déchirure du ménisque et d’une sténose du canal rachidien, entraînant des douleurs constantes, sans qu’aucun traitement efficace n’ait été mis en place. Tahereh Nouri est atteinte d’apnée du sommeil et souffre d’une faiblesse physique sévère. Forough Taghipour souffre d’une anémie sévère… 

Trois autres femmes exécutées en décembre 2025
Médias, 24 décembre 2025  
.
Mahdieh Keyhani, 41 ans originaire de Tabriz, a été pendue à l’aube du 21 décembre dans la prison centrales de Hamedan. Elle avait été arrêtée il y a environ 5 ans à Hamedan, accusée du "meurtre prémédité de son mari", et condamnée au qesas par le pouvoir judiciaire du régime iranien.
. Mahin Rashidi, 39 ans originaire de Kachan, a été exécutée le 17 décembre à la prison centrale de Chiraz. Elle avait été arrêtée environ un an et 4 mois plus tôt pour des accusations liées aux stupéfiants, puis condamnée à mort. Mahin a été privée d’une dernière visite familiale avant la mise en œuvre de son exécution.
. Sahra Khanzadeh exécutée le 24 décembre à la prison de Vakilabad à Machhad. Elle avait été condamnée à mort pour des accusations liées aux stupéfiants.
64 femmes exécutées en Iran en 2025, représente une augmentation d’au moins 88 % par rapport à 2024.

UE-Iran 
Déclaration du Haut Représentant de l'UE concernant l'arrestation et la détention de défenseurs des droits humains
30 décembre 2025
L'Union européenne exprime sa vive préoccupation face au recours généralisé à la détention arbitraire par les autorités iraniennes pour réprimer les voix critiques dans le pays, en violation des obligations de l'Iran au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Nous appelons les autorités iraniennes à libérer toutes les personnes détenues injustement pour avoir exercé leurs droits fondamentaux, notamment la liberté d'expression et de réunion. Cela inclut Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix, dont la santé demeure fragile, ainsi que d'autres défenseurs des droits humains arrêtés le 12 décembre à Machhad.
Les défenseurs des droits humains doivent pouvoir faire entendre leur voix et mener à bien leur travail légitime sans risquer leur liberté, en Iran comme partout ailleurs.

La campagne des "Mardis contre les exécutions" 
101ème semaine de la grève de la faim hebdomadaire dans 55 prisons iraniennes 
AFIF, 30 décembre 2025
La campagne des Mardis contre les exécutions en Iran marque sa 101ème semaine par des grèves de la faim observées par des prisonniers politiques dans 55 établissements pénitentiaires du pays. 
En parallèle des grèves et des protestations des commerçants des bazars de Téhéran, les prisonniers poursuivent leur action. Ils adresse leurs vœux de Noël et de Nouvel An à l’ensemble des chrétiens : "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme".
La campagne exprime sa profonde gratitude aux familles et aux soutiens qui ont accompagné la 100ème semaine, et lance un appel vibrant à intensifier l’engagement pour l’initiative "Non à la peine de mort". 

Crise économique et colère sociale
L’Iran secoué par des protestations nationales fin décembre 2025
Divers Médis, 31 décembre 2025
Le mouvement a débuté le 28 décembre 2025, quand des commerçants et artisans, notamment dans des centres commerciaux et bazars à Téhéran ont fermé leurs magasins en signe de protestation contre l’effondrement de la monnaie nationale (le rial), la forte inflation, la dépréciation du rial face au dollar, et la détérioration générale des conditions économiques Les manifestants dénonçaient la hausse des prix, l’instabilité monétaire, la crise économique, et craignaient la faillite de nombreuses petites et moyennes entreprises. Dès le 29 décembre, le mouvement s’est étendu. 
Des étudiants d’universités à Téhéran (et ailleurs) ont rejoint les mobilisations. 
Des villes comme Ahvaz, Kermanchah, Ispahan, Machhad, ainsi que d’autres localités, ont vu des rassemblements.
Ces protestations sont décrites comme les plus importantes depuis 2022 (année des mobilisations massives après la mort de Mahsa Amini). 
Le régime semble face à un dilemme : répondre aux revendications économiques pourrait soulager la pression, mais le caractère politique croissant des protestations rend toute simple réforme économique insuffisante à long terme.
Le risque d’une répression plus violente existe, en particulier si le mouvement continue à s’amplifier, ce qui pourrait déclencher une crise politique majeure.