02 janvier 2019

AFIF INFOS - Décembre 2018

Bulletin mensuel d’informations sur l’Iran 
ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE           

Décembre 2018
  24 exécutions

Exécution du sixième mineur délinquant en 2018
Iran Human Rights (IHR), 3 décembre 2018
Un mineur délinquant condamné à mort pour avoir commis un meurtre présumé à l'âge de 16 ans a été pendu à la prison de Rajaï Shahr. 
Iran Human Rights (IHR) avait précédemment rapporté l'exécution de 10 prisonniers à la prison de Rajaï Shahr le 14 novembre 2018. De nouveaux documents obtenus par l'IHR montrent que l'un des prisonniers exécutés était un mineur délinquant identifié comme Omid Rostami. 
Omid Rostami est le sixième mineur délinquant exécuté par les autorités iraniennes en 2018.

Iran- Secrets gorgés de sang : Pourquoi les massacres de prisonniers perpétrés par l’Iran en 1988 sont des crimes contre l’humanité en cours
Rapport d’Amnesty International, 4 décembre 2018
L'Iran est complice des " crimes contre l'humanité en cours " résultant du massacre de milliers de dissidents politiques en 1988, selon un rapport d'Amnesty International publié la semaine dernière.
Entre juillet et septembre 1988, les autorités iraniennes ont fait disparaître de force et exécuté de manière extrajudiciaire des milliers de dissidents politiques emprisonnés en secret et ont jeté leurs corps, la plupart dans des fosses communes non identifiées. Depuis lors, les autorités ont traité les meurtres comme des secrets d'Etat, tourmentant les proches en refusant de leur dire comment et pourquoi leurs bien-aimés ont été tués et où ils sont enterrés. Aucun fonctionnaire n'a été traduit en justice et, dans certains cas, les personnes impliquées occupent ou ont occupé des postes de pouvoir en Iran. Ce rapport demande à l'ONU d'ouvrir une enquête indépendante pour aider à traduire en justice les responsables de ces crimes odieux.

Un homme flagellé publiquement à Zeberkhan
Site officiel iribnews.ir, 4 décembre 2018
Un homme a été fouetté publiquement dans le district de Zeberkhan le 4 décembre.  Accusé de trafic de stupéfiants, l’individu a reçu des coups de fouet sur la place centrale du village de Baghchevan. Le procureur de Zeberkhan a déclaré que les trafiquants de drogue seront sévèrement punis. Zeberkhan est un district du comté de Nichapour dans la province de Khorasan (nord-est). 

L'Iran condamne 15 travailleurs d'Ilam Petrochemical à 74 coups de fouet pour grève
hengaw.net, 5 décembre 2018 
L'Iran a condamné 15 travailleurs d'Ilam Petrochemical (usine fondée en 2003) dans la province occidentale d'Ilam à des coups de fouet et des peines de prison. Ils ont été inculpés le 14 octobre pour "trouble à l'ordre public et à la paix" par le tribunal pénal d'Ilam. Les ouvriers avaient barricadé pendant quelques jours toutes les routes menant à l'usine. Ils protestaient contre le non-emploi de travailleurs locaux et le licenciement de 11 travailleurs expérimentés de l'usine.
Des sources des droits de l'Homme ont révélé l’identité des 15 travailleurs qui ont chacun reçu six mois de prison et 74 coups de fouet. Un travailleur identifié étant Milad Dousti est le seul à avoir été condamné à deux ans de prison et 74 coups de fouet… 
Ce n'est pas la première fois que des travailleurs sont condamnés à la flagellation pour avoir exercé leur droit de réunion. 

Exécution collective de 12 détenus à Kerman 
Iran HRM, 6 décembre 2018
L'Iran a exécuté jeudi 12 prisonniers dans la prison centrale de Kerman, dont la plupart ont été condamnés pour trafic de drogue. Quatre des prisonniers exécutés ont été identifiés étant Abdolghani Ghalandarzehi, Yaghoub Ghalandarzehi, Jalil Khodabakhsh et Yousef Jalaledin, tous de la minorité ethnique baloutche d'Iran.
Selon des témoins, les corps de 12 personnes exécutées aujourd'hui ont été remis à leurs familles.

Rapport annuel pour 2018 d’Iran Human Rights Monitor
IHRM, 6 décembre 2018
Le rapport annuel d’Iran Human Rights Monitor pour l’année 2018 est publié alors que le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains sera célébré cette année à l'occasion de la Journée des droits humains, le 10 décembre.
Les chiffres cités dans le rapport proviennent de sources officielles ou de sources non gouvernementales fiables en Iran qui ont risqué leur vie pour obtenir ces informations :
• Au moins 285 exécutions, dont l'exécution de quatre femmes et de six mineurs au moment des faits. 
• Plus de 8 000 arrestations arbitraires au cours des manifestations de décembre 2017 au janvier 2018, dont au moins 58 tuées et 12 manifestants décédés sous la torture.
• Au moins un cas d'amputation de la main a été signalé
• Arrestations et emprisonnements des avocats, militants écologistes, travailleurs, enseignants…
• Au moins 11 personnes ont reçu des coups de fouet et 110 personnes ont été condamnées à la flagellation.
A Arak 15 ouvriers d'HEPCO ont été condamnés à 74 coups de fouet et à des peines de prison de 2 à 5 ans pour avoir protesté en juin contre le non-paiement de leurs salaires et avantages sociaux et  les promesses non tenues par le gouvernement. Ils ont été accusés de "trouble à l'ordre public" et de "propagande contre le régime". 
• Les camionneurs grévistes ont été menacés des "sanctions sévères" s'ils poursuivaient leurs protestations et même avertis par  le procureur général Mohammad Jafar Montazeri qu’ils pourraient être condamnés à mort en vertu des lois sévères du régime. Au moins 264 conducteurs en grève ont été arrêtés…

114 chrétiens arrêtés la semaine dernière en Iran
portesouvertes.fr, 7 décembre 2018
A la veille de Noël, le gouvernement iranien veut envoyer un signal fort aux chrétiens. La semaine dernière, 114 d'entre eux ont été interpellés. Le gouvernement veut "mettre en garde" les chrétiens contre le prosélytisme à Noël. La plupart des personnes arrêtées ont été relâchées après avoir écrit des détails sur leurs activités chrétiennes et ne doivent plus avoir de contact avec d'autres chrétiens ou groupes chrétiens. En revanche, les personnes soupçonnées d'être les responsables des groupes sont maintenues en détention
Le mois dernier, 142 chrétiens avaient également t été arrêtés dans "10 ou 11 villes différentes" à travers le pays et appartenant à différents groupes chrétiens.
Acharnement judiciaire sur Ebrahim Firouzi
Ebrahim Firouzi, 32 ans est en prison depuis 2013. Ce chrétien a été accusé d'avoir fait la "promotion du sionisme chrétien" et "tentative de lancement d'un site web chrétien, de contact avec des étrangers suspects et de services religieux en ligne". Emprisonné pendant un an et condamné à deux ans d’exil, il a été condamné à cinq autres années de prison, au cours desquelles il a été battu. Il est actuellement détenu dans la prison Rajaï Shahr de Karaj. Sa vie est menacée, car il côtoie des criminels dont certains issus du terrorisme et affiliés au groupe Etat islamique.

"Un petit prince au pays des mollahs", est une bande dessinée pas comme les autres, vient de paraitre sur un drame survenu il y a trente ans en Iran mais qui garde toute son actualité, comme le démontre le dernier rapport d'Amnesty international. La préface est d'Ingrid Betancourt :
« De la main d’Ahmad nous rentrons au cœur de la résistance iranienne - celle des Moujahidines du peuple. Du haut de ses vingt ans, il nous fait rêver avec ses compagnons d’un futur meilleur, sans oppression, sans fanatisme, sans exclusions.  »
Comme l'explique l'éditeur : "Ahmad était jeune, intrépide, courageux, et animé par des idéaux de liberté, de partage et d'égalité. Porté par l'espoir de les faire connaître un jour à son pays et à son peuple, il a fait face à la violence du régime totalitaire des mollahs, s'engageant au péril de sa vie dans une longue et difficile lutte, qui l'a mené jusqu'en prison.
"Tout comme lui, de nombreux résistants de tous âges et toutes conditions ont fait face à la tyrannie du régime de Khomeiny, et ont affronté dès leur plus jeune âge l'obscurité et la souffrance des prisons. Ils sont 30 000 à avoir péri lors du massacre de 1988 dans les prisons, organisé par le pouvoir iranien. La grande majorité d'entre eux avaient moins de trente ans ; beaucoup étaient détenus depuis l'âge de 13 ou 14 ans. Cet ouvrage leur est dédié : puissent ces innombrables roses rouges de la résistance du peuple iranien ne pas tomber dans l'oubli."
"Un petit prince au pays des mollahs" : Roman Graphique de Massoumeh Raouf Basharidoust, dessin de Summer Harman - 104 pages - 210x297 publié par la Société des écrivains

Journée des droits de l'Homme
10 décembre
Soyons la voix des détenus politiques, des prisonniers d’opinion en Iran
La Déclaration universelle des droits de l'homme a 70 ans
Œuvrons pour l’égalité, la justice et la dignité humaine


Atena Daemi parmi les cinq femmes en première ligne de la lutte pour les droits humains en 2018
Amnesty International a annoncé le 10 décembre le nom de cinq femmes qui mèneront la lutte pour les droits humains en 2018. Atena Daemi, prisonnière politique et militante des droits humains en Iran, est la deuxième de ces cinq défenseures des droits humains.

Iran- De hauts responsables du gouvernement ont déformé la vérité sur le massacre des prisons de 1988
Amnesty International, 12 décembre 2018
Après avoir publié un rapport accablant sur la campagne de désinformation menée pendant 30 ans par les autorités iraniennes sur le massacre de prisonniers de 1988, Amnesty International a diffusé le 11 décembre une interview vidéo datant de décembre 1988, dans laquelle on peut voir le Premier ministre iranien de l’époque, Mir Hossein Moussavi, nier ces crimes contre l’humanité et déformer la vérité.
La vidéo est diffusée en réponse à un débat public initié depuis la publication du rapport sur la question de savoir si Mir Hossein Moussavi et son gouvernement étaient au courant des massacres lorsqu’ils ont eu lieu entre fin juillet et début septembre 1988 et sur son rôle dans la campagne menée par les autorités pour étouffer la vérité…
Les autorités refusant de révéler ce qu’il est advenu des prisonniers tués, tous les hauts fonctionnaires actuels et de l’époque ayant contribué au climat de secret et aux dénégations qui ont favorisé la perpétuation des disparitions forcées de milliers de victimes doivent aussi rendre des comptes.

121 lauréats du prix Nobel exhortent Khamenei à libérer le citoyen binational emprisonné, Ahmad-Reza Djalali
CSDHI, 12 décembre 2018
Dans une lettre ouverte publiée le 9 décembre 2018, 121 lauréats du prix Nobel ont appelé le guide suprême iranien Ali Khamenei à veiller à ce que le citoyen binational, irano-suédois, Ahmad-Reza Djalali, médecin et universitaire spécialisé dans la médecine des catastrophes, reçoive les meilleurs soins possibles, "soit traité avec humanité et justice" et "permette au Dr Djalali de rentrer chez lui avec son épouse et ses enfants et de poursuivre son travail scientifique au profit de l'humanité".
Cette lettre a été présentée par des partisans de Djalali à la cérémonie de remise du prix Nobel à Stockholm le 10 décembre.

Iran - L'intensification de la répression à l'encontre des avocats
Longues peines de prison et nouvelles arrestations
Human Rights Watch, 13 décembre 2018
«Les autorités iraniennes ont intensifié leur répression contre les avocats. Au cours du mois dernier, des tribunaux révolutionnaires ont condamné au moins trois avocats à de longues peines de prison pour leur activisme en faveur des droits humains et les forces de sécurité en ont arrêté un autre…
Les Principes fondamentaux des Nations Unies relatifs au rôle du barreau prévoient que les avocats doivent être autorisés à exercer leur profession "sans intimidation, entrave, harcèlement ou ingérence abusive". En outre, elle affirme le droit des avocats à la liberté d'expression, également prévu à l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui comprend "le droit de prendre part au débat public sur les questions concernant le droit, l'administration de la justice et la promotion et la protection des droits de l'homme"…
"Les autorités iraniennes sont en train d'incinérer ce qui reste des libertés fondamentales pour camoufler les nombreux abus qu'elles commettent à l'encontre de leurs propres citoyens ", a déclaré Michael Page, directeur adjoint pour le Moyen-Orient à Human Rights Watch.»

Terrorisme d’Etat Iranien
Conférence en multiplexe de 300 associations de la diaspora iranienne
AFIF, 15 décembre 2018
La diaspora iranienne d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie a organisé le samedi 15 décembre, une conférence en multiplexe dans 42 villes d’Europe, des Etats-Unis et d’Australie de Canada sur le fléau du terrorisme iranien en Europe. Des dizaines de représentants de centaines d'associations et communautés iraniennes de divers pays ont pris la parole lors de cette vidéoconférence.
Ils ont appelé les gouvernements à réagir avec fermeté devant la montée du terrorisme d’Etat iranien. Elles exigent une politique de tolérance zéro face au terrorisme des mollahs, avec l'inclusion du ministère du Renseignement et de la Sécurité du régime (Vevak) sur la liste du terrorisme de l'UE, des États-Unis et de l'Australie.
Les ambassades du régime iranien conduisent le terrorisme en Europe et à travers le monde, ont déclaré les participants qui ont appelé les gouvernements occidentaux à réagir avec fermeté contre le terrorisme d’Etat iranien. En effet, en 2018, le régime iranien est entré dans une nouvelle phase de la pratique de son terrorisme d’Etat en Occident. Plusieurs attentats contre l’opposition iranienne ont été déjoués au cours des derniers mois en Europe et aux Etats-Unis.

Un an de prison pour l'épouse d'un détenu politique condamné à mort
women.ncr-iran.org, 16 décembre 2018
Nashmil Ghavitasi, épouse d'Arsalan Khodkam, prisonnier politique condamné à mort en Iran, a été condamnée à un an de prison pour "atteinte à la sécurité nationale".
Nashmil Ghavitasi avait déjà été arrêtée en mai, mais provisoirement libérée sous une caution de 50 millions de tomans après un mois d'interrogatoire sur son mari.
La condamnation à mort du prisonnier politique Arsalan Khodkam a été confirmée par la Cour suprême. Il est actuellement détenu dans le quartier 3 de la prison centrale d’Oroumieh, où sont enfermés les prisonniers accusés de délits de droit commun.

Iran- Décès en détention de Vahid Sayadi Nasiri
France Diplomatie, 17 décembre 2018
«La France apprend avec consternation le décès en détention, annoncé hier par les autorités iraniennes, du blogueur et activiste Vahid Sayadi Nasiri.
Emprisonné pour son engagement politique depuis le 31 juillet 2018, Vahid Sayadi Nasiri était en grève de la faim depuis le 13 octobre pour protester contre ses conditions de détention et le non-respect de ses droits. Son décès s’inscrit dans un contexte de harcèlement croissant des défenseurs des droits de l’Homme en Iran.
La France appelle les autorités iraniennes à faire toute la lumière sur les circonstances du décès de Vahid Sayadi Nasiri. Elle réitère son attachement à la liberté d’opinion et d’expression ainsi qu’au droit de chacun à un procès équitable, et appelle l’Iran au respect de ses engagements internationaux, en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.»
Voir également : "Iran - Un dissident emprisonné décède", Human Rights Watch, 20 décembre 2018

Assemblée générale des Nations Unies adopte la 65ème résolution condamnant les violations des droits de l’Homme en Iran
ONU/ CSDHI, 18 décembre 2018
Par un vote enregistré de 84 voix pour, 30 contre et 67 abstentions, la résolution adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies a  exprimé sa profonde inquiétude devant le nombre élevé d'exécutions, en particulier de mineurs, d'arrestations arbitraires et systématiques et de conditions de détention dans les prisons iraniennes et le fait de priver délibérément les prisonniers d'accès à un traitement médical adéquat et les morts suspectes en détention.
La résolution "demande instamment" à l'Iran de mettre un terme à la discrimination à l'égard des femmes en droit et en pratique et exprime "sa grave préoccupation face aux limitations et restrictions sévères qui continuent de peser sur le droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de croyance".
Elle met en évidence des violations comprenant le harcèlement, l'intimidation et la persécution contre les minorités religieuses, dont des chrétiens, des Derviches Gonabadi, des juifs, des musulmans soufis, des musulmans sunnites, des yarsanis, des zoroastriens et des membres de la foi bahaïe - et demande la libération des pratiquants religieux, y compris les dirigeants bahaïs…

Rafles et arrestations des ouvriers sidérurgistes en grève à Ahvaz
Iran Manif/CSDHI, 18 et 19 décembre 2018
Dans la soirée de dimanche 11 militants sidérurgistes d'Ahvaz en Iran ont été enlevés chez eux par des agents du régime iranien. En tout 28 sidérurgistes grévistes ont été arrêtés depuis le 16 décembre. 17 autres ouvriers ont été arrêtés le lendemain dans la matinée. Les ouvriers sidérurgistes d'Ahvaz sont en grève depuis 38 jours.
Le 17 décembre les ouvriers sont une fois de plus descendus dans les rues d'Ahvaz pour réclamer la libération des manifestants. Cette manifestation a été durement réprimée. Les 11 ouvriers grévistes arrêtés dans la soirée du 16 décembre +
Nouvelle vague d'arrestations dans la nuit entre lundi soir et mardi matin, qui a abouti à l’arrestation d’au moins 10 autres employés du Groupe national de Sidérurgie (National Steel Group) et portant le nombre total de détenus à 41.
L’Union syndicale indépendante (FLU) iranienne a indiqué que les forces de sécurité avaient pris d’assaut les maisons des travailleurs vers minuit, traînant des travailleurs hors de chez eux. De nombreux autres travailleurs ont passé la nuit dans les rues pour échapper à leur arrestation…
Partout en Iran, des personnes ont exprimé leur soutien à l’égard des travailleurs détenus exigeant leur libération.

Trois filles meurent de brûlures à l'école lors d'un incendie à Zahedan
CSDHI, 19 décembre 2018 
L'incendie s'est déclaré dans un poêle à l'huile défectueux utilisé pendant l'hiver pour chauffer une classe de filles à l'école Osveh Hassaneh à Zahedan, capitale de la province Sistan-Baloutchistan.
L’état d'une autre élève serait également grave. Elle souffre d'une brûlure de plus de 70 %.
Cité par l'agence de presse officielle Tasnim le 18 décembre 2018, Mahmoud-Reza Miri, président de l'Université des sciences médicales de Zahedan, a déclaré que dans un incendie survenu dans une école maternelle de Zahedan, quatre élèves filles ont été gravement brûlées, dont trois sont malheureusement mortes des suites de graves brûlures et blessures au système respiratoire. Maintenant, la quatrième fille est dans un état critique.
Les normes et les conseils de sécurité exigés dans cette école élémentaire pour les filles n'ont pas non plus été respectés. Ce n'est pas la première fois que l'absence de normes dans les écoles iraniennes tue des enfants.

L'Albanie expulse l'ambassadeur d'Iran
lapresse.ca, 19 décembre 2018 
L'ambassadeur d'Iran à Tirana et un autre diplomate iranien ont été expulsés pour leur implication "dans des activités nuisant à la sécurité" nationale, a-t-on annoncé mercredi de sources officielles albanaise et américaine.
"L'activité des diplomates iraniens est contraire au statut diplomatique et la décision de les déclarer persona non grata a été prise après des consultations avec des pays alliés", a déclaré à la presse la porte-parole du ministère, Edlira Prendi.
L’ambassadeur expulsé, Gholamhossein Mohammadi-Nia (A gauche sur la photo), faisait partie de l’équipe iranienne lors des négociations avec le groupe "5+1 " (les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies et l’Allemagne) sur son programme nucléaire.

Nasrin Sotoudeh fera l'objet de nouvelles poursuites
IRNA/CSDHI, 22 décembre 2018 
Nasrin Sotoudeh, l'avocate des droits humains emprisonnée, qui avait été condamnée à cinq ans de prison plus tôt cette année, sera poursuivie pour les nouvelles accusations portées contre elle, le 23 décembre.
L’une des accusations à laquelle elle doit faire face, est avoir déposé un bouquet de fleurs près de la boîte de jonction électrique dans la rue Enghelab, où certaines Iraniennes ont ôté leur voile. 
La célèbre avocate des droits humains est accusée de charges liées à la sécurité.
Le 19 décembre 2018, le Parlement européen a demandé la libération immédiate de Nasrin Sotoudeh.

Bilan des journalistes tués, détenus, otages et disparus dans le monde en 2018
RSF, décembre 2018
 

RSF écrit au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme au sujet de journalistes détenus en Iran
RSF, 20 décembre 2018
Reporters sans frontières (RSF) a écrit à Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, au sujet des conditions de détention des journalistes en Iran, l'un des cinq plus grands geôliers de journalistes au monde, selon le rapport mondial sur la violence meurtrière et le traitement abusif des journalistes que RSF a publié hier. "Emprisonner des journalistes, leur refuser des soins médicaux pendant leur détention et leur refuser le droit à un procès équitable constituent une violation flagrante de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auxquels l'Iran est partie", souligne RSF…

Iran exécute un homme d'affaires surnommé "Sultan du bitume" pour corruption
Mizan online/Iran HRM, 22 décembre 2018
Hamidreza Baqeri Dermani, connu sous le nom de "Sultan du bitume", a été reconnu coupable de "corruption sur terre", après avoir escroqué environ 100 millions dollars (au taux actuel) par "fraude, falsification et corruption", selon Mizan.
Plus tôt en novembre, l'Iran a pendu deux hommes en réaction à l'indignation publique suscitée par la corruption dans la clique au pouvoir. 
L'un des deux hommes exécutés était Vahid Mazloumin surnommé le "Sultan des pièces d’or" par les médias, un trader accusé de manipuler le marché des changes.
Le Centre pour les droits de l'Homme en Iran, basé à New York, a critiqué les tribunaux économiques pour " violation grave du droit à une procédure régulière et du droit à un procès équitable en Iran".

Une jeune femme vient d’être pendue en Iran
Site web officiel yjc.ir, 23 décembre 2018 
Une jeune femme identifiée par son prénom, Noushine, 25 ans, a été pendue le samedi 22 décembre 2018.
On ignore dans quelle ville et dans quelle prison l'exécution a eu lieu. 
La jeune femme avait été interviewée par un journaliste officiel juste avant d'être pendue alors qu'elle attendait dans la cour que l’exécution de sa peine.
Noushine a été reconnue coupable du meurtre d'un homme, Soheil, qui avait promis de l'épouser mais qui en a profité pour la brutaliser, la faire chanter et la forcer à avoir des relations sexuelles avec ses amis.

Le Parlement iranien rejette la motion visant à relever l'âge légal du mariage
Tasnim/iran-hrm.com, 25 décembre 2018
Allahyar Malekshahi, président de la Commission parlementaire juridique et judiciaire, a déclaré dimanche que le projet de loi suggérait d'interdire aux filles de moins de 13 ans de se marier. Pour celles âgées de 13 à 16 ans, le projet de loi exige le consentement parental et l'autorisation du tribunal.
Selon le vice-président de la Commission juridique et judiciaire, Yahya Kamalipour, la motion a été rejetée après que les autorités religieuses et les sources de l'émulation s'y sont farouchement opposées.
Le projet de loi dit "conjoint enfant", présenté au Parlement en 2016, propose une interdiction absolue du mariage des filles de moins de 13 ans et une interdiction absolue du mariage des garçons de moins de 16 ans.
Pour le mariage des filles âgées de 13 à 16 ans et des garçons âgés de 16 à 18 ans, le projet de loi exigerait le consentement des parents et l'autorisation du tribunal. Le mariage des filles de plus de 16 ans et des garçons de plus de 18 ans ne nécessiterait aucune autorisation judiciaire.
Le mariage des filles, qui est l'un des exemples de violence contre les femmes, a été institutionnalisé par le régime iranien en fixant l'âge légal du mariage à 13 ans. Selon les responsables et les experts du régime, quelque 180 000 filles de moins de 18 ans se marient chaque année en Iran.
Ce n'est qu'en 2017 que les mariages d'au moins 37 000 Iraniennes âgées de 10 à 14 ans ont été enregistrés. Il a également été signalé qu'il y a 24 000 veuves de moins de 18 ans, dont 15 000 ont moins de 15 ans.

Iran - Un poète azerbaïdjanais fouetté 74 fois pour "propagande"
iran-hrm.com, 25 décembre 2018
Accusé de propager "la propagande", Mohammad Hossein Sodagar, poète et satiriste azerbaïdjanais iranien a reçu 74 coups de fouet le 23 décembre, dans un tribunal de la ville de Khoy (Azerbaïdjan occidental).
Quatre jours avant l'exécution du verdict, le "bureau d'exécution des verdicts" de Khoy a contacté Sodagar, lui demandant de se présenter devant le tribunal. Lorsqu’il n’a pas suivi, les forces de sécurité de l'État l'ont arrêté à son domicile et l'ont conduit au tribunal.
En vertu des lois du régime iranien, au moins 148 crimes sont passibles de flagellation et 20 autres d'amputation. Les peines considérées comme de la torture par les défenseurs des droits humains et le droit international.

Accident mortel en Iran : dix étudiants tués 
IRNA/ Iran MRH, 25 et 27 décembre 2018
Au moins dix étudiants ont été tués et 27 autres blessés après que leur bus se soit retourné sur un campus universitaire.
L’accident est survenu mardi au centre scientifique et de recherche de Téhéran de l’Université Azad, qui est niché au pied des montagnes d’Alborz.
Sept étudiants, deux femmes et cinq hommes, ont perdu la vie sur les lieux de l’accident, a déclaré la télévision officielle, tandis que trois autres sont décédés à l'hôpital.
Alors que les familles des étudiants ont été vues à l'extérieur du campus à la recherche d'informations sur leurs proches, les autorités ont dépêché des unités anti-émeute sur les lieux, craignant d'éventuelles explosions de colère.
Le nombre de morts pourrait encore augmenter car certains des blessés sont dans un état critique.
Le vice-doyen de l'université a d'abord affirmé que le conducteur avait fait une crise cardiaque, mais plusieurs étudiants interrogés après l'accident ont déclaré que les freins de l’autobus fonctionnaient mal, ce qui a conduit à cet incident tragique.
Un journaliste iranien a tweeté que l’utilisation par l’université d’un "autobus délabré dans une région montagneuse" équivalait à un "homicide involontaire".
Le site web officiel Entekhab a écrit que l’accident aurait pu être évité si le projet de téléphérique de l’université, destiné à remplacer le parc d’autobus épuisé, n’était pas interrompu en 2016 après un changement dans la gestion de l’Université d’Azad.
Le 7ème pays le plus meurtrier au monde pour les automobilistes, selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé, publiés en 2013, l'Iran souffre d'un taux élevé d'accidents de la route, avec environ 17.000 victimes chaque année. Le bilan est largement imputé à une mauvaise sécurité, à la présence de véhicules trop anciens et à l'insuffisance des services d'urgence.

Iran - Des étudiants protestent contre l'accident d'autobus à l'Université Azad
Iran Focus, 31 décembre 2018
Samedi, à Téhéran, des centaines d'étudiants de diverses universités se sont rassemblés pour protester contre l’accident de bus qui a tué et blessé des dizaines de leurs pairs le 25 décembre.
L'IRNA, l'agence de presse officielle de la République islamique d'Iran, affirme que "des centaines d'étudiants" protestent et que leur nombre augmente. Des membres de la famille des étudiants qui ont été tués dans l'accident sont également sur le campus ce week-end. Les photos et les vidéos montrent une grande foule.

05 décembre 2018

AFIF INFOS - Novembre 2018

Bulletin mensuel d’informations sur l’Iran 

ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE           

Novembre 2018
  21 exécutions dont 3 en public

Des centaines de personnes arrêtées lors d’un vaste coup de filet contre les Arabes ahvazis en Iran
Amnesty International, 2 novembre 2018
«Les autorités iraniennes ont pris de vastes mesures de répression contre la minorité ethnique arabe ahvazi, arrêtant des centaines de personnes dans la province du Khouzestan (sud), ces dernières semaines, a déclaré Amnesty International.
Cette vague d’arrestations fait suite à une attaque armée meurtrière perpétrée contre un défilé militaire dans la ville d’Ahvaz le mois dernier, au cours de laquelle au moins 24 personnes, dont des spectateurs, ont été tuées et plus de 60 blessées… »
 "L'ampleur des arrestations de ces dernières semaines est extrêmement alarmante. ", a déclaré Philip Luther, directeur de la recherche et du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

Anniversaire de la prise d’ambassade américaine "fêté " dans l’indifférence générale
Iran Manif, 4 novembre 2018
La célébration officielle du 4 novembre 1979, le jour de l’occupation de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran et la prise d’otages de ses diplomates, s’est heurtée, aussi bien dans la capitale que dans d'autres villes d’Iran, à l'indifférence générale de la population, notamment des jeunes et des étudiants, malgré la pleine mobilisation du régime. 
La dictature religieuse avait déployé tout un dispositif de gardes anti-émeutes, de services de renseignements et de forces de sécurité sur le trajet du défilé par crainte de rassemblements de protestation. En raison de la fermeture des écoles, seul un petit nombre d'élèves ont été emmenés de force dans une des avenues au centre de Téhéran...
L'indifférence à l'égard de cette célébration a été telle que les médias d'Etat ont été très limités dans la publication de photos.

L’épouse d’un militant kurde arrêtée par les forces de sécurité à Sanandaj
kurdistanhumanrights.net, 4 novembre 2018
Parastou Mirzaï a été arrêtée le 3 novembre 2018 après avoir été convoquée par téléphone à se présenter au siège du Bureau des renseignements de Sananda (ouest), d'où elle a été conduite au centre de détention du ministère du Renseignement de cette ville.
Cette citoyenne kurde est l’épouse de Zanyar Dabbaghian, le travailleur activiste bien connu à Sanandaj, qui avait également été arrêté par les forces de sécurité chez lui le 8 octobre 2018 et transféré au même centre de détention à Sanandaj. 

Des manifestants condamnés à l’issu de procès inéquitables
Human Rights Watch, 5 novembre 2018
Saba Kordafshari, 19 ans, et Yasaman Ariyani, 
23 ans, ont été condamnées à la prison pour des 
manifestations pacifiques
La justice iranienne a condamné au moins 24 manifestants iraniens pour de vagues accusations liées à la sécurité nationale.
Leurs peines d'emprisonnement allaient de 6 mois à 6 ans.
Ils faisaient partie de la cinquantaine de personnes arrêtées le 2 août lors d'une manifestation à Téhéran contre la détérioration des conditions économiques et la corruption. Le 28 octobre, les autorités ont également arrêté un avocat spécialisé dans les droits humains qui avait été condamné à trois ans de prison pour avoir signalé le décès d'un manifestant en détention. 

L'Iran au bord de la crise économique 
La Croix, 5 novembre 2018
« Sur fond d’escalade européenne des relations avec Téhéran – pointé dans deux affaires d’attentats déjoués en France et au Danemark –, les sanctions les plus dures de l’arsenal américain contre l’Iran entrent en vigueur lundi 5 novembre.
L’export de pétrole iranien pourrait chuter de trois millions de barils par jour à seulement un million par jour, suite aux sanctions… »

Nouvelle vague de convocations et d’arrestations de journalistes en Iran
RSF, 6 novembre 2018
https://rsf.org/fr/actualites/iran-nouvelle-vague-de-convocations-et-darrestations-de-journalistes
Reporters sans frontières (RSF) dénonce une nouvelle vague de répression des autorités iraniennes contre les journalistes, notamment pour des publications sur les réseaux sociaux. 
En moins d’un mois, plusieurs d’entre eux ont été convoqués et trois journalistes arrêtés cette semaine pour leurs écrits sur les réseaux sociaux.
"RSF demande la libération immédiate des journalistes détenus arbitrairement et exhorte le régime iranien à mettre fin à la répression contre la liberté d’information", dénonce Reza Moini, responsable du bureau Iran/Afghanistan de RSF, ajoutant qu’"Entraver la liberté de la presse et arrêter des journalistes ne peut en aucun cas être une solution pour lutter contre la corruption".
L’Iran se situe à la 164ème position sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 de Reporters sans frontières.

Condamnation d’un jeune délinquant ayant des antécédents de maladie mentale
hra-news.org, 6 novembre 2018
Shayan Saeedpour, aujourd'hui âgé de 20 ans, a été condamné à mort par la première chambre du tribunal pénal du Kurdistan pour un meurtre qu'il a commis à 17 ans, alors qu'il était peut-être sous surveillance psychiatrique.
Selon un membre de la famille, le jeune homme est accusé d'avoir tué Soleyman Azadi dans une bagarre le 16 août 2015, à deux mois de son 18e anniversaire. 
Shayan Saeedpour s'est rendu à la police deux jours après l'incident, accompagné de son père. 

Une détenue à la prison de Khoy condamnée à mort pour adultère
Kurdistan Human Rights Network (KHRN), 6 novembre 2018
La prisonnière Golestan Jankanloo, mariée et mère de deux enfants, arrêtée et inculpée d'adultère en 2017, avait été condamnée à mort par le tribunal de la ville de Khoy.
L'identité de l'homme qui a été détenu avec cette femme puis relâché sous caution est inconnue.
La semaine dernière, le KHRN a également annoncé la condamnation à mort de Zahra Derakhshani, une autre détenue à la prison de Khoy pour adultère.

Neuf militantes des droits de l’Homme conduites à la prison d'Evin 
CSDHI, 9 novembre 2018 
Selon des informations récentes, neuf militantes ont été conduites à la sinistre prison d'Evin, à Téhéran, qui abrite de nombreux prisonniers politiques. Selon Me Amir Raisian, les neuf femmes ont été inculpées cette semaine pour leur implication dans la défense des droits de l’Homme…
Amnesty International a déclaré dans son dernier rapport sur la situation des droits de l’Homme : «En Iran, les autorités ont emprisonné des dizaines de critiques pacifiques, notamment des militants des droits des femmes, des défenseurs des droits des minorités et des écologistes, des syndicalistes, des avocats et des personnes en quête de vérité, de justice et de réparation pour les exécutions massives des années 80».

Une prisonnière bahaïe privée de soins médicaux 
CSDHI, 10 novembre 2018 
La prisonnière bahaïe Negin Ghadamian n’a pas été autorisée à recevoir des soins dentaires en dehors de la prison d'Evin (Téhéran), où elle purge une peine de cinq ans d'emprisonnement pour avoir enseigné la littérature persane à des étudiants bahaïs.

Iran pend 22 personnes à Ahvaz
IHR /Iran News Wire, 11 novembre 2018
Des militants des droits humains à Ahvaz rapportent que 22 personnes ont été pendues le jeudi 8 novembre dans la prison de Sheyban à Ahvaz et que leurs familles ont été informées de leur exécution. Les pendaisons ont été effectuées en secret en représailles à une attaque de septembre contre un défilé gouvernemental dans cette ville.
Les autorités de la République islamique d'Iran ont déjà procédé à des exécutions en représailles à des attentats terroristes. En octobre 2013, 16 prisonniers baloutches ont été pendus à la prison de Zahedan en représailles à la mort d'au moins 14 gardes frontaliers dans une embuscade.

Longues grèves des camionneurs en Iran
262 chauffeurs arrêtés pour avoir participé à cette action  
cfppi.org, 12 novembre 2018
Les chauffeurs de camions en Iran ont eu leur première grève nationale en mai 2018 qui a duré 11 jours. La 2ème série de grèves a débuté en juillet 2018 et la troisième en septembre 2018 qui a duré 21 jours. Suite à ces grèves, le régime islamiste a arrêté 262 conducteurs. Le procureur général du régime a menacé d'exécuter les organisateurs pour "guerre à Dieu" et "menace à la sécurité nationale". Le seul "crime" que ces conducteurs ont commis est de se joindre à des grèves pour exiger une augmentation de salaire, recevoir leur salaire impayé, améliorer leurs conditions de travail, réduire le coût de l'assurance, améliorer la sécurité routière et rendre les pièces automobiles plus abordables.
Des dizaines de syndicats de différentes parties du monde ont déclaré leur soutien aux grévistes iraniens…

Les Iraniennes ont besoin de l’autorisation du mari ou du père pour les randonnées !
Site officiel Entekhab, 13 novembre 2018
Directive publiée par le comité de randonnée de la province de Khorasan- Razavi (nord-est) et adressé à tous les clubs de la province : 
« Les activités dites sportives de plus en plus répandues sous le prétexte d'excursions dans la nature, de randonnées... dans des groupes mixtes et conçues comme des sources de revenus illégitimes, favorisent la promiscuité morale, le dévoilement des femmes, la dissémination de l'impudeur et du libéralisme.  Elles mènent à des relations immorales et illicites entre les femmes et les hommes, prenant pour cible la culture et les racines authentiques de l'Iran, de l'islam et des fondements de la famille »… « Pour respecter l’article 1105 du code civil ainsi que les décrets religieux des érudits religieux, et pour protéger le fondement et les bases des familles, il sera nécessaire que les femmes mariées obtiennent l’autorisation de leur mari et les femmes célibataires et les jeunes femmes de moins de 20 ans devront avoir l'autorisation de leur père pour participer à de telles activités».

Iran.  Une 85e femme exécutée sous la présidence de Rohani
CNRI Femmes, 14 novembre 2018 
Sharareh Almassi, 27 ans, a été pendue le 13 novembre 2018 à la prison centrale de Sanandaj après cinq ans de détention. La jeune femme a été arrêtée et emprisonnée pendant cinq ans pour avoir tué son mari, Kaveh Gholam Veissi, dans une querelle familiale.
Un groupe de militants des droits civils et des droits de l'Homme et de militants contre la peine de mort s'est réuni devant la prison centrale de Sanandaj dès 4 heures du matin pour empêcher l'exécution de Sharareh Almassi. Mais leurs efforts n'ont toutefois pas aboutis. 
Sharareh Almassi est la 85e femme exécutée sous la présidence d’Hassan Rohani.
Le régime iranien est le premier bourreau au monde par habitant. Il détient également le record dans l'exécution des femmes et des mineurs. Parmi les raisons qui conduisent à l'exécution des femmes figurent les mariages précoces forcés, la privation du droit au divorce, la violence domestique contre les femmes, ainsi que la pauvreté.

Deux hommes accusés de corruption exécutés
Reuters/Amnesty International, 14 et 16 nov 2018 
Vahid Mazloumin et Mohammad-Esmail Ghasemi ont été déclarés coupables de crimes financiers à l’issue d’un procès inéquitable. Ils viennent d’être exécutés.
Accusés d'avoir manipulé les marchés de l'or et des devises en Iran, ils ont été condamnés à mort en septembre pour "diffusion de la corruption sur la terre". Des dizaines d'autres personnes ont été condamnées à des peines de prison pour des accusations similaires. En procédant à ces exécutions abjectes, les autorités iraniennes bafouent le droit international et font preuve d'un mépris honteux pour le droit à la vie.
Un procès pour l’exemple
Le recours à la peine de mort est déplorable en toutes circonstances. Mais le pire est que ces hommes ont été déclarés coupables à l'issue d'un procès inique "pour l’exemple" diffusé à la télévision d'État.
Des tribunaux spéciaux spécialisés dans les crimes financiers ont été mis en place en août avec l'approbation du Guide suprême, Ali Khamenei, la plus haute autorité de la République islamique.
Ils ont prononcé au moins sept condamnations à mort depuis leur création et certains des procès ont été retransmis en direct à la télévision.
La devise iranienne a perdu environ 70 % de sa valeur en 2018 sous la menace de nouvelles sanctions américaines, la forte demande de dollars et de pièces d’or sur le marché non officiel venant d’iraniens tentant de protéger leur épargne.
Le coût de la vie a également explosé, provoquant des manifestations sporadiques contre le profit et la corruption, de nombreux manifestants scandant des slogans anti-gouvernementaux.

Des députés français pour une approche exigeante vis-à-vis de l'Iran
CPID, 14 novembre 2018
Le Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID) composé de dizaines de députés français vient de publier un communiqué intitulé "La nécessité d’une approche exigeante vis-à-vis de l’Iran", demandant que la France prenne le leadership européen d’une politique de fermeté vis-à-vis du régime iranien en faveur d’un changement démocratique dans l’intérêt du peuple d’Iran.   
Les députés critiquent les visites de parlementaires en Iran qui ignorent la situation des droits de l'Homme dans ce pays et les tentatives d'attentats terroristes du régime iranien en Europe et en particulier en France le 30 juin dernier, qui visait un grand rassemblement organisé par l’opposition à Villepinte (93).

Nasrin Sotoudeh poursuit les autorités iraniennes pour lui avoir interdit la visite de ses enfants en prison
IRNA/CHRI, 11 et 15 novembre 2018  
L’éminente avocate, Nasrin Sotoudeh, incarcérée à la prison d'Evin depuis juin 2018, a poursuivi les autorités iraniennes pour lui avoir interdit de voir ses enfants et d'autres membres de sa famille à la prison d'Evin au cours des deux derniers mois sous prétexte de son prétendu "hijab inapproprié".
Selon les procédures pénitentiaires, les visites hebdomadaires avec les membres de la famille sont un droit auquel tous les prisonniers ont droit, et non un privilège. C’est le cas de plusieurs détenues notamment de Narges Mohammadi, de Maryam Akbari-Monfared,… où même des mères de jeunes enfants, qui se sont vues privées de voir leur famille ou de leur parler au téléphone.
Refuser à Sotoudeh de rendre visite à son fils et à sa fille (12 et 18 ans) est particulièrement cruel étant donné que son mari, Reza Khandan, est également détenu à la prison d'Evin depuis octobre 2018, laisse effectivement leurs enfants orphelins.
La charia n'oblige pas les femmes à se couvrir en présence d'autres femmes, ce qui soulève la question de savoir pourquoi Sotoudeh est punie pour ne pas avoir prétendument observé le hijab dans le quartier réservé aux femmes de la prison d'Evin.
Dans sa plainte, dont certaines parties ont été affichées sur Instagram par son avocat, Payam Derafshan, Sotoudeh a déclaré : "Il n'y a pas de règlement interdisant les visites en prison entre les mères et leurs enfants parce que c'est essentiellement inhumain… Une telle interdiction n'est pas seulement extrêmement préjudiciable sur le plan psychologique, elle nuit aussi gravement à la réputation du système judiciaire du pays aux yeux du monde entier", a-t-elle ajouté.
Sotudeh fait partie d'au moins six avocats spécialisés dans les droits humains qui sont actuellement derrière les barreaux en Iran.

Dix prisonniers pendus en un seul jour à Rajaï Chahr 
Site official Mizan/IHR, 14 et 15 novembre 2018
A part Vahid Mazloumin et Mohammad-Esmail Ghasemi, pendus sur des accusations de corruption économique, huit autres personnes ont été exécutés pour meurtre le mercredi 14 novembre dans la prison de Rajaï Chahr, près de Téhéran. 
Parmi les huit exécutées pour homicide, Iran Human Rights (IHR) a identifié quatre : Saman Yamini, Ali Iranshahi, Ali Amindokht et Sam Sagvand.
Les médias iraniens n'ont jusqu'à présent pas publié d'informations relatives aux exécutions susmentionnées.

ONU adopte une 65ème résolution condamnant les violations des droits de l’Homme en Iran
AP/CNRI, 15 et 16 nov.  2018
Le comité des Nations Unies sur des droits humains a adoptée une résolution exhortant l'Iran à mettre fin à son recours généralisé à la détention arbitraire et s'inquiète de l'application très alarmante de la peine de mort.
La résolution a été approuvée jeudi par 85 voix contre 30, avec 68 abstentions. Il est pratiquement certain qu'il sera approuvé par les 193 membres de l'organe mondial, le mois prochain.
La résolution exhorte également l'Iran à éliminer légalement la discrimination à l'égard des femmes et exprime sa "grave préoccupation face aux contraintes et restrictions sévères qui continuent de peser sur le droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction".
Elle souligne la "fréquence alarmante" du recours à la peine de mort, notamment contre les mineurs, le "recours généralisé et systématique à la détention arbitraire", les mauvaises conditions carcérales, notamment le " refus délibéré d'accès des détenus à des traitements médicaux adéquats" et les "cas de décès suspects de détenus" sous la torture.

Les députés européens durcissent le ton contre le régime iranien
150 députés condamnent les violations des droits de l’Homme et le terrorisme d’État par le ce régime
Iran Manif/CSDHI, 19 novembre 2018 
Alors que le Danemark réclame au Conseil des ministres des Affaires étrangères européens des mesures contre le régime iranien pour ses activités terroristes, une manifestation a eu lieu à midi Place Schuman à Bruxelles pour exiger des mesures de l'Union européenne contre les mollahs pour terrorisme et violation des droits humains en Iran.
150 membres du Parlement européen se sont réunis pour signer une déclaration s'opposant aux violations des droits humains et aux tentatives d’attaques terroristes violentes perpétrées par le régime clérical iranien.

Trois hommes pendus en public à Chiraz
Iran Human Rights, 21 novembre 2018 
Selon ISNA, Siamak Eslaminia, Kourosh Gholizadeh et Foad Ghanemi ont été pendus en public sur la place Payam à Chiraz. Tous trois ont été condamnés à mort pour vol à main armée et "guerre contre Dieu". Le premier accusé a également été accusé d'avoir tué un policier.
"Des dizaines d'enfants âgés de 3 à 10 ans se trouvaient parmi la foule avec leurs parents", a rapporté l'Agence de presse de la République islamique (IRNA).
Les experts des droits de l'Homme de l'ONU avaient précédemment attiré particulièrement l'attention sur les informations faisant état d'exécutions publiques : "Un effet déshumanisant à la fois sur la victime et sur les témoins de l'exécution" et a finalement renforcé "le caractère déjà cruel, inhumain et dégradant de la peine de mort".
Iran Human Rights (IHR) met en garde contre une nouvelle vague d'exécutions en Iran dans les semaines à venir et exhorte les Nations unies, l'UE et les pays ayant des relations diplomatiques avec l'Iran à réagir immédiatement pour y mettre fin.

Des mesures de répression de plus en plus sévères à l'encontre des enseignants et des militants syndicaux
Human Rights Watch, 22 novembre 2018
Les autorités arrêtent les dirigeants syndicaux et menacent les grévistes. Elles ciblent de plus en plus d'enseignants et de militants syndicaux ces dernières semaines pour avoir organisé et mené des manifestations pacifiques.
Le 13 novembre 2018, le Conseil pour la coordination entre les syndicats d'enseignants a organisé une grève à laquelle ont participé des dizaines d'enseignants à travers l'Iran pour protester contre leurs salaires insuffisants en raison de l'inflation élevée et des mauvaises conditions de vie. Il s'agissait de la deuxième grève organisée par les enseignants depuis le 21 septembre, date du début de l'année scolaire publique en Iran.
25 novembre
Journée internationale pour l'élimination 
de la violence à l'égard des femmes

Appel à une action internationale pour mettre fin à la violence institutionnalisée et parrainée par l'État contre les femmes en Iran
L'Iran possède l'une des statistiques les plus élevées sur les violences faites aux femmes
women.ncr-iran.org, 25 novembre 2018
https://www.women.ncr-iran.org/fr/communiques/3474-l-iran-detient-l-un-des-records-les-plus-eleves-en-matiere-de-violences-faites-aux-femmes
Alors que le monde entier célèbre la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, la Commission des femmes du CNRI appelle la communauté internationale à prendre des mesures pour tenir le régime iranien responsable de la violence institutionnalisée contre les femmes en Iran.
La Constitution et les lois du régime théocratique institutionnalisent la violence à l’égard des femmes et promeuvent les peines cruelles de flagellation, de lapidation et d'aveuglement.
L'Iran est le seul pays au monde où les femmes ont été exécutées ou torturées à mort par milliers pour dissidence. Près d'un millier de femmes ont été arrêtées l'année dernière et ont subi des violences en détention pour avoir participé à des manifestations antigouvernementales. 85 femmes ont été exécutées depuis l'arrivée au pouvoir du président des mollahs, Hassan Rohani.

Nasrin Sotoudeh entame une grève de la faim en prison en Iran
AFIF, 27 novembre 2018
Nasrin Sotoudeh avocate et militante des droits humains détenue a entamé une grève de la faim à la prison d'Evin en Iran le 26 novembre 2018, pour soutenir Farhad Meysami, médecin, et activiste des droits de l’Homme emprisonné qui demeure en très mauvais état de santé.


FIFA appelle pour autoriser les femmes dans les stades en Iran
The Associated Press/ CSDHI, 28 novembre 2018
L'Iran est le seul pays au monde à interdire aux femmes d’entrer dans les stades de football. 
Dans son nouveau rapport, le conseil consultatif de la FIFA a demandé à la FIFA de donner à la République islamique un délai pour lever son interdiction concernant la présence des femmes dans les stades de football.
La campagne Open Stadiums, qui se décrit comme un" mouvement de femmes iraniennes cherchant à mettre fin aux discriminations et à permettre aux femmes d’entrer dans les stades", a salué les recommandations du conseil d’administration qualifiant d’une "grande réussite pour les femmes iraniennes, fans de football qui se battent pour leur droit d'entrer dans les stades depuis plus de 13 ans". 

Manifestations et grèves en Iran : état des lieux de la situation 
au 30 novembre 2018
Médias divers/AFIF

Les travailleurs de la Compagnie de la canne à sucre Haft-Tapeh de la ville de Suse -province pétrolière du Khouzestan- sont depuis 4 novembre 2018 en grève et manifestent en très grand nombre. Une forte présence des femmes est constatée parmi les manifestants qui scandaient notamment "A bas l’oppresseur, vive les travailleurs"… https://youtu.be/lEqU5_awL4k
Malgré plusieurs arrestations, le mouvement de protestation tient bon et revendique sa solidarité avec les travailleurs métallurgistes d’Ahvaz.

Les employés du groupe national de sidérurgie d’Ahvaz - capitale du Khouzestan- poursuivent le 21ème jour consécutif de leurs manifestations, contestation et grève contre la poursuite de l’austérité imposée par le régime.
Toujours à Ahvaz, un groupe de retraités de la faculté de médecine d’Ahvaz se sont rassemblés devant le bureau du gouverneur de la province et ont rejoint les rangs des employés du groupe national de l’acier. Un certain nombre de femmes courageuses ont été vues se joindre aux rangées des manifestants lors de leur marche.

Les enseignants iraniens ont organisé un sit-in généralisée depuis le 13 novembre, semblable au mois dernier,  en refusent d'aller dans les salles de classe  pour protester la répression et l'emprisonnement de leurs collègues et contre la détérioration des moyens de subsistance, la baisse du pouvoir d'achat, et appellent à l'élimination de la discrimination contre les enseignants en service et ceux à la retraite.
Dans certaines villes, des étudiants ainsi que des parents se sont joints à la grève des enseignants.

Manifestations/sit-in des agriculteurs d'Ispahan se poursuivent pour le 3ème mois consécutif en signe de protestation contre la privation de leurs droits à l’eau et la destruction de l'agriculture, conséquence directe du pillage orchestré par les autorités. Ils ont organisé des sit-in en stationnant des tracteurs et des machines agricoles et en campant dans les intersections des routes. Vêtus de linceul, les agriculteurs du district de Ziar (est d’Ispahan) ont effectué vendredi 23 novembre un sit-in contre la pénurie d’eau pour l’irrigation de leurs terres agricoles.